VERS
Paroles mesurées et cadencées.
Vient du latin versus y de ^êwriere ^V&tm^eir ^ parce qu'après un certain nombre de syllabes on s'arrête , et on revient sur ses pas pour recommencer une nouvelle mesure.
Les vers de Racine et de Voltaire sont les {dus harmonieux et les plus doux de notre langue.
Chez les acteurs , deux obstacles s'opposent à la liaison des vers, pour éviter le froid et la monotonie : i* c'est dans le débit une espèce de pesanteur qui ôte la facilité de pouvoir dire deux vers de suite; ainsi plus de légèreté ou moins de déclamation ; i"* c2é$t une habitudede hoquet ou une aspiration contractée à la fin de chaque vers , aspiration vicieuse et monotone, par laquelle on croit vainement sup-^ pléer au défaut d'âme pu d'eis^traiUe»,
Pour rendre la diction nxesurée .plus> naturelle, il ne faut s'appjliquer ^qu'à réciter: ides phrases plutôt qu'à déclamer lOu cadeuwr des
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vers, car les vers sont au théâtre, comm les décoratioDs , une magie dont on aime sentir l'illusion enchanteresse sans en voir 1 prestige trop à découvert.
Il y a onze sortes de vers.
Les vers d'wwe, deux^ trois ^ quatre^ ci six , sept , huit , neuf^ dix et douze syllahe ^
Les cinq premières sortes de vers ne s'em -< ployent que dans la musique , dans les œuvre5 badines , et ils se mêlent dans les fables avec d'autres vers.
Les vers de douze syllabes sont appelés alexandrins , héroïques ou grands vers ; on les appelle alexandrins parce que ce fut un poète nommé Alexandre > mort à Paris, en 1306, qui les inventa et en fit usage le premier. On les ap* pelle héroïques ou grands vers j parce que ce sont ceux dont se servent les poètes pour les grands sujets, et surtout pour les tragédies, les églogues , les élégies et autres pièces sérieuses de longue haleine^
Les vers de six^ sept et huit syllabes s'em^ ployent pour les petits sujets et les petites fables.
Les vers de neuf et dix syllabes sont appdés vers communs ; ils sont employés le plus souvent pour tous les sujets^ hors les tragédies et les morceaux héroïques.
Vers de
, 0 Mort viens, terminer maYinisèrecrueUe !
S'écriait Charle accablé par le sort.
La Mort accourt du sombre bord.
C'est bien ici ^'on m^appelle !
Ôr^
Or , ça , de par Pluton ;
Que deiji^ndç-t-oa ?
JeveuXjditCbarle, ,
Tu veux, parle.
Hé bien !
Rie?!.
Ce qui fait périr tant de poëmes , c'est la froideur de la versification; l'art id'être éloquent en vers est de tous les arts le plus difficile et le plus rare. On trouvera mille génies qui sauront arranger un ouvrage, et le Versifier d'une manière commune; mais le traiter en vrais poètes , c'est un talent qui est donné à trois ou quatre hommes sur la terre.
Rime n'est qu'une altération du rythme, qui vient du latin rjihmus , du grec f/ô/woç , qui signifie nombre , mesure.
Chez les Latins et chez les Grecs, c'est le nombre des syllabes comptées par leur valeur prosodique, c'est-à-dire par |e teinps qu'on met à les prononcer, qui fait le rythme. Chez nous , le rythme ne consiste guère que dans le nombre de syllabes ; le mot rime ne désigne que la partie finale du rythme.
Il faut éviter d'appuyer et de s'arrêter sur la
rimej afin qu'elle ne soit jamais trop sensible à l'oreille; il faut aussi quelquefois ne pas s'arrêter aux virgules et aux points et virgules, à moins que cela ne soit nécessaire pour le sens.
Beaucoup d'acteurs paraissent compter le» césures , et les font presque toutes sonner à l'oreille du spectateur. Us se trompent étrangement , car c'est pour le poète^ et non pour l'acteur^ que Boileau a dit :
Que toujours dans vos yers le sens coupant les mots ^ Suspende rbémistiche , en marque le repos.