‹ Theorie de l'art du comédienChapitre 112 sur 131 · VOIX · texte numérisé non relu

VOIX

Son qui sort de la bouche de rhomme.

U est produit par l'air chassé des poumonSy et modifié par l'articulation.

La formation de la voixhumaine, avec toutes les variations que l'on remarque dans la parole et dans la musique , est un objet bien digne de notre curiosité et de nos recherches , et le mécanisme ou l'organisation des parties qui produisent cet efiet est une chose des plus étonr nantes.

Mécanisme et organes de la voix.

Les organes de la voix sont: les poumons^

la glotte, répîglotte, le larynx^ la trachée, la luette, la bouche, la langue, les lèvres, l'œsophage.

C'est une partie du corps humain qui est composée de vaisseaux et de vésicules membraneuses , et qui sert pour la respiration.

Les poumons sont divisés en deux gros lobes par le médiastin et chacun de ces lobes en d'autres moindres.

Lorsque ces gros lobes sont gonflés , le poumon de rhomme ressemble assez à celui de différens animaux qui sont exposés dans les boucheries.

Le poum.on est une partie extrêmement délicate.

Lobe^ chez les anatomistes, se dit de chacune des parties qui composent les poumons.

Cette séparation du lobe sert à la dilatation du poumon ; par ce moyen , il reçoit unç plus grande quantité d'air , d'où il arrive qu'il n'est pas trop pressé lorsque le dos est courbé.

C'est pour cela que les animaux, qui ont toujours le dos penché vers la terre, ont le poumon composé de plus de lobes que celui de l'homme.

L'air qui sort des poumons est la matière

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de la voix, Larsque la poitrine s'élève par l'action de certains muscles , Tair extérieur entre dans les vésicules des poumons , comme il entre dans une pompe dont on élève le piston. Le mouvement par lequel les poumons reçoivent Tair, est ce qu'on appelle inspiration; quand la poitrine s'afFaise , l'air sort des poumons, c*est ce qu'on nomme aspiration.

Le mot de respiration comprend l'un et l'autre de ces mouvemens; ils en sont les deux espèces. (Voyez respiration. "y

Pour fortifier les poumons , il faut courir beaucoup, les exercer, les forcer, lire loogtemps sans respirer; mais en observant (ou jours de graduer les exercices.

La glotte est une petite fente ovale entre deux membranes semi-circulaires étendues horizontalement du côté intérieur da larynx, lesquelles membranes laissent ordinairement entr'ellps u^ intervalle plus ou moins spaciQiix qu^qlles peuvent cependant fermer (out à fait-

Laglqtte a la forme d'une languette; les Q^W^ l'appelaient glotta , et les latins lA>i^lar

Son oiivexture. est oyale, s^ Iqngjaew ^^ depuis quatre jusqu'à huit lignes »' sa- largeur ne va guère q^'à une ligne daiis les yQii de

MAT^UBL ITHÉATTRAL. /j:6t

bassé-taiîle. Pllts elle est resserrée, plus les sons deviennent aigus , et plus elle est ouverte , plus le son est grave et se porte loin.

La glotte a la faculté de se resserrer ou de se dilater , par le moyen des petits muscles dont elle est garnie.

Les differens tons ou accens dépendent uniquement de l'ouverture plus ou moiils grande de la glotte.

M . Ferrein , célèbre anatomiste , a observé à chaque lèvre delà glotte une espèce de riibaii large d'une ligne, tendu horizontalement; il s'assura que l'élargissement ou le resserrement de la glotte , de même que la quantité de l'air qui est poussé , ne change pas le ton , mais change seulement son intensité; il aperçu! ensuite les rubans tendineux attachés par les deux bouts qui bordent la glotte , et il vit que ces rubans, comme des cordes sonores ^itlcées par un archet, variàieiit leurs tons suivâtit les circonstances; pour l6^0uver> il moiiira sotts la loupe le frémissement de ces rubans^ eîl foi* sant résonnerie larynx de diverses manières; après cela il serra , avec âes pincettes i les rubans tendineux, mais les vibrations qu'elles produisirent cessèrent en même temps ; il fiia ensuite de cette manière la moitié ou le tier^d^ ces rubans , et la portion libre donnait Pdctave

46a MANUEL THEATRAL.

OU la quinte du son qu'on pouvait attendre ; il eut l'adresse de saisir parfaitement le milieu de ces rubans , et il fit entendre l'octaye aiguë du son produit par le ruban entier; chaque ruban fit naître séparément le même effet; mais le son est plus fort quand ils résonnent ensemble ; si on les pince di£féremment , et si on les fait résonner en même temps , alors on entend les deux sons ; enfin si l'on détache les parties qui pourraient avoir quelque part au son de la voix , si on laisse les rubans seuls attachés par leurs extrémités aux cartilages du larynx , et un seul à la membrane qui tapisse la voûte de cet organe , les rubans rendent encore le même son , avec le même degré de force ; mais il y a plus encore , si on sépare entièrement un des rubans dans toute sa longueur , de manière qu'il ne soit plus attaché que par ses deux bouts, comme les cordes des instrumens de musique , la totalité des rnr bans, ou les parties, résonnent encore comme auparavant et rendent les mêmes tons. Ces cordes vocales sont semblables à celles du clavecin , le vent les pince , la glotte en fait Tinr tervalle; le mouvement des rubans en avant ou en arrière , varie les tons et en les allongeant ou en les accourcissant; c'est pour cela que l'allongement ou raccourcissement de

€es rubans, opérés avec des pinces sur le larynx des cadavres, forme tous les sons, tous les cris des hommes et des animaux , dont on mçt le larynx en expérience,

La glotte est couverte et défendue par un cartilage doux et mince qu'on appelle épiglotte j c'est une espèce de soupape qui, dans le temps du passage des alimens , couvre la glotte , ce qui les empêche d'entrer dans la trachée-artère.

Tête ou partie supérieure de la trachéeartère; il est situé au-dessous de la racine de la langue et devant le pharinx ; il donne passage à l'air que nous respirons.

Le larynx est un des organes de la respiration et le principal instrument de la voix ; il est d'un différent diamètre , suivant les diffélens âges.

Dans les hommes il est plus grand que dans les femmes 3 c'est pourquoi la voix des hommes est plus grave que celle des femmes.

Le larynx se meut dans le temps de la dé-

glutilion • lorsque l'œsophage s'abaisse pour recevoir les alimeDs , le larynx s*élèvc pour les comprimer et les faire descendre plus aisément.

La trachée- arlère est le tube qui reçoit Fair extérieur, le porte aux poumons, et rfepôrie Tair des poumons au-dehors de la poîtritie; elle se divise en deux branches, qui se joignent à chaque poumon, où elles se mêlent avec eài par une infinité de petits nerfs. De la poitrine à la base de la langue , elle est en un tuyau seul, dont la partie supérieure est le larynx.

Souche.

Est une partie du visage conlposée des lèvres , des gencives , du dedans des joues , dn palais et des dents.

La bouche modifiée augmente ou diminof le son , selon les proportions qu'elle observe en se raccourcissant. r

La concavité de la bouche, en s'allaii^nt pour les tons graves et en se raccouroissaiit pour les tons aigus , peut contribuer à la for* mation de la voix.

MANUEL TH^TRAL. 4^6

U faut plus d'air pour former un ton grare jue pour former un ton aigu, ( Vojrea Refpi^ ^aJùon. )

La pointe de la langue prend quelquefois part à la formation des tons ; car, lorsqu'ils se suivent de bien prè s , la glotte labiale n'étant pas assez déliée pour prendre différens diamètres si promptement , la pointe de la langue rient se présenter en dedans à cette ouverture, et , par un mouvement très-preste , la retient autant qu'il le faut, ou la laisse agir libre un instant, pour revenir aussitôt la retenir encore.

A la partie postérieure du palais, et perpendiculairement sur la glotte , pend un corps rond, mou et uni et qui est formé parla duplicature de la membrane du palais ; il se nomme la Inette \ il est tnu par deux muscles.

Le bord ou la partie extérieure de la bouche, ou cette extrémité musculeuse qui feraïe et

ouvre la bouche tant supérieurement qu'inférieurement.

Les muscles propres aux lèvres sont au nombre de douze paires , six incisifs , deux canins , quatre zygômatiques , deux rieurs , deux triangulaires, deuxbuccinateurs , et un impair, le carré de la lèvre supérieure.

Les lèvres [et la langue donnent Isl forme aux accens de la voix et aux syllabes dont la parole est composée.

U est à remarquer que, pour être supérieur sur la flûte , il faut ordinairement avoir des lèvres fines et déliées.

Le peuple croit que le gosier sert <Je passage à Tair et aux alimcns; mais Fanatomie nous apprend qu'au fond de la bouche commencent deux tuyaux ou conduits difiercns entourés d'une tunique commune.

L'un est appelé œsophage, c'est-à-dire porte manger j c'est par où les alimens passent de la bouche dans l'estomac ; c'est le gosier.

L'autre conduit est situé à la partie antérieure du col. C'est le canal par où Tair extérieur entre dans les poumons; on Tappelle trachée - artère; trachée, c'est-à-dirè rade>

à cause de ses cartilages, artère d'un mot grec qui signifie réceptacle^ parce qu'en effet ce conduit reçoit et fournit l'air qui fait la voix.

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