DE LA VOIX
Le grand canal de la trachée qui est terminé en haut par la glotte, ressemble si bien à une flûte, que les anciens ne doutaient point que la tra-^ chée ne contribuât autant à former la voix que le corps de la flûte contribue à former le son de cet instrument.
Galien lui-même tomba à cet égard dans une espèce d'erreur : il s'aperçut à la vériié que la glotte est le principal organe de la voix ; mais en même temps il attribua à la trachée artère une part considérable dans la production du son.
Mais M. Dodart ayant fait attention que nous ne parlons , ni ne chantons en respirant ou en attirant l'air, mais en soufilant ou en expulsant l'air que nous avons respiré, et que cet air en sortant de nos poumons passe toujours par des vésicules qui s'élargissent à mesure qu'elles s'éloignent de ces vaisseaux et par la trachée même, qui est le plus large canal de tous; de sorte que l'air trouvant
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plus de liberté et d'aisance à mesure qu'il monte le long de tous ces passages, et dans la tritchée plus que partout ailleurs , il ne peut donc jamais être comprimé dans ce canal avec autant de violence , ni acquérir là autant de vitesse qu'il en faut pour la production du son ; mais comme l'ouverture de la glotte est fort étroite en comparaison de la largeur de la trachée , l'air ne peut pas sortir de la trachée par la glotte, sans être violemment comprimé et sans acquérir un degré considérable de vitesse; l'air ainsi comprimé et poussé , communique en passant une agitation forte , vive, aux pa^ ticales des deux lèvres de la glotte, leur dcmne une. espèce de secousse ^et leur fait faire des vibrations qui frappent Tair à mesure qu'il passe et forme le son.
Ce son ainsi formé passe dans la cavité à^ la bouche et des narines , où il est réfléchi et où il résonne ; c'est de cette résonnance que dépend entièrement le charme de la voix» Aussi l'iisage du tabac gâte la voix.
Cette résonnance dans la cavité de la bouche ne consiste point dans la simple réflexion comme celle d'une voûte j mais elle est proportionnée aux tons du son que la jglotte envoie dans la bouche j c'est pour cela que cette cavité
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s^allonge OU se raccourcit à me&ure que l'oa forme les tons plus graves ou plus aigus.
Pour que la voix se forme aiséiuent , il faut lo de la souplesse dans leâ muscles qui ouvrent et resserrent la glotte ; a® que les ligamens qui unissent les pièces du larynx obéissent feexlement ; 5° une liqueur qui humecte <:onti' nuellementle larynx; peut-être quelqite suG buileux de la glande tyroïde exprimé par les muscles qu'on nomme sternotyrattlieiw^ €dntribue-t-il à rendre la surface interne du larynx glissante et par conséquent, plus propre
à ficHrmer la voix ; 4*" ^^ ^^^^ ^^ ^^ ^^^^ ^^ ^^^^ pas bouché ; 5* il faut que le thorax puisse avoir une dilatation considérable , car si les poumons ne peuvent pas bien s'étendre , il faudra reprendre haleine à chaque instant.