THEATRES DE SOCIETE
L'engagement et la contrainte d'âssistqr à. une représentation donnée sur un théâtre de société, doivent être placés dans les mille et une vicissitudes de la vie humaine, tout comme les diners sans façon , les couplets de circonstance, cte.^ etc.
Il faut nécessairement dans ces réunions pittoresques se faire étouffer entre les parens
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et amis qui viennent applaudir à towr de bras ces jeunes enthousiastes de Tart théâtral, qui , souvent dépouvus des mayens indispensables pour y réussir, dénaturent imperturbablement tous les chefs-d'éeuvre de nos grands maîtres. C'est là qu'il faut voir uiï ^de ces novices se pencher avec anxiété vers le souffleur, qu'il n'a pas aussi distinctement entendu que le public , et lui lancer cette exclamation interrogatiye, hein! C'est là qu'il faut entendre les imitateurs mort-nés des artistes les
plus remarquables de tous les théâtres de la capitale , s'évertuer à n'en offrir à leurs bénévoles admirateurs que les pitoyables caricatures.
INous avons vu un doyen de ces artistes de société qui jouait tous les jours , avec le même aplomb^ Agameftinon et Môrinzer, le Misanthrope et Lindor , le vieux célibataire et l'école des Maris. Cet acteur se possédait assez en jouant ses rôles , pour avoir la présence d'esprit d'inviter les cavaliers peu galans à ôter leurs chapeaux ou à faire place aux dames suivant les circonstances; son œil scrutateur pénétrait partout et s'occupait des moindres détails. En un mot , ce laborieux artiste aurait pu êtft à la fois directeur, allu-
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mcur, professeur, décorateur, répétiteur, avertisseur, auteur, acteur, souffleur et receveur.
Nous ne blâmons pas cependant Texistence des théâtres de société; plusieurs de nos artistes en sont sortis. Mais on ne peut se dissimuler que la plupart de ces petits théâtres prêtent au ridicule autant par l'incapacité, que par les prétentions des acteurs. Du reste, dans ces derniers temps, comme on faisait un trafic public de ce qui n'aurait dii être qu'un amusement partica-> lier, l'autorité a supprimé tous les théâtres de ce genre; les plus famés étaient ceux de MM. Doyen et Gromère.