THÉÂTRE
Arrêt du parlement, du a 5 janvier i538, qui accorde aux bazochiens de faire jouer leurs pièces à la table de marbre , « ainsi qu'il est » accoutumé , porte cet arrêt , en observant » (Ten retranclier les choses rayées. »
Si les allusions qu'on peut faire doivent empêcher les pièces d'être jouées, il n'y en aurait aucune qui pût être représentée. Tous ces gçn» qui cherchent des allusions odieuses jusque dans les choses les plus innocentes , sont le»
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fléaux de la société ; ils lut Mut l>dM^*àMm^ menter F Apocalypse. • •
n parait que les censeurs de 1^^» tedÉfÀOÙ écrivait Voltaife , ressemblaient beaiicôàj^ à d'autres plus rapprochés de nôttd, dont fat ^ajja* cité et la pénétration savent dévlùéf lef mal oh àes gens ordinaires et même des ^ni âfesptlt se garderaient bien d'en aller cberdhëf :
Une inquisition de la pensée est un mauvais moyen de faire cesser les allusions au théâtre. Le public mal disposé se donne le malin plaisif de Mte des applications bonnes ou mauvaises / et il en ttotttrê dans des passages sur lesquels il ne se sei'ait jadials dfrèté/si les censeurs eux-mêmes n'avaient pris la peine de les indiquer par letu:s coupures.
C'est à propos des allusions politiques, qu'on doit rappeler à l'acteur ^u'il ne doit jamais manifester son opinicHi sui^.la scèqe 9 et que , quelque circonstance qu'il arrive, ii ne doit jamais sortir eu caraetèf e de* son personnage*
Le monde ne subsiste qlM de <mitMdictioiis« Le Roi donne des gages anx comédiens , et le curé les excommunie. Le magistrat de la police a grand soin d'encdiifagèr le |Miple à célébrer le camfttâl; k pebie a-t>ii ortbnpé les ré/omssàfH^^ ^<m £nt des prières foMiqpm,
et que toutes les dévotes se donnent le fouei pour en demander pardon à Dieu.
Dans le palais de nos Rois , le théâtre se trouve positivement adossé à la chapelle.
Le livre le plus curieux qu'on pourrait foire serait le Dictionnaire des contradictions continuelles chez notre faible humanité ; mais on ne pourrait peut-être jamais le 'terminer : îi en serait comme de ce fameux dictionnaire ,
Qui toujours très-bien fait reste toujours k faire.
Voltaire disait que les petits-maîtres, en par; lant de mademoiselle Clairon et de mademoiselle Lecouvreur, s'exprimaient ainsi : la Clairon, la Lecouvreur, tandis que le cardinal de Richelieu et le cardinal de Fleury disaient mademoiselle Clairon et mademoiselle Lecouvreur.
On confond généralement Part dramatique et l'art théâtral ; ils sont cependant bien distincts : l'un est l'art de faire des pièces, l'antre celui de les représenter.
Des Affiches de Spectacles.
Pendant que l'homme opulent balance et reste indécis sur le genre d'amusemens qui le
soir aura Thonneur de le faire bâiller, la grisette et le petit bourgeois se pressent pour découvrir le spectacle qui sera le plus digne de fixer leur intérêt. C'est ordinairement au titre ou au simple aspect de l'affiche, que cette classe d'amateurs s'en rapporte; aussi en voit-on de toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs. On en voit de blanches ^ de rouges , de vertes , de jaunes et de marbrées. Donne-t-on à un de ces spectacles la représentation d'un diable d'une couleur quelconque , l'affiche y répond; joue-t-on V Homme vert y un énorme placard vert captive votre attention ; // semble que y pour produire de Vejffet , // soit nécessaire de sortir de la nature et d'exagérer les sensations.
Les titres de beaucoup de pièces sont aussi ridicules que ceux de nos romans. Ce ne sont plus des sujets doux et simples, indiqués psrr le bon goût et par la saine morale, qui disposent à la sensibilité, et qui offrent une école deis mœurs; mais ce ne sont que des intrigues monstrueuses, gigantesques et ridicules ^ qui , décorées de titres plus ridicules encore, excitent l'avide curiosité d'une multitude igi/*)ranle.
Tout à côté de l'annonce des divers chclfsd'ffiuvre de nos grands mahres, on iôît figure^
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celles des plates rapsodies du jour. Sur la knème ligue , on voit inscrits en gros caractères : Phèdre et Jeannot^ Mahomet et Jocrisse j Phi- Unie et Cadet Roussel.
n nous semble qu'il faudrait afficher première représentatioii de : Les Etourdis j Le Mariage à la Hussarde.
Au lieu de Des Etourdis .
Du Mariage à la Hussarde,
Des Coulisses.
Les coulisses sont les endroits du théâtre de
chaque côté de la scène, où doivent ne se trouver que des personnes attachées au. théâtre. On y voit cependant , presque tous les soirs ^ et surtout lorsque le spectacle est attrayant , une foule de personnes qui ne devraient point s'y trouver , et quelquefois même le public en masse, que Ton fait payer pour s'y placer, lorsque la salle est pleine.
Ces infractions aux lois qui ordonnent qu'il n'y. ait absolument dans les coulisses quele&personnes nécessaire à la représentation , nuisent
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beaucoup à l'illusioa du public et des acteurs j ainsi que la rampe, et cette niche du souffleur qui coupe les acteurs en deux pour un, certain nombre de spectateurs.
Le Vocabulaire des coulisses , dont on doit
désirer vivement la suppression, est très-cpnsidérable. Nous en rapporterons seulement , pour satisfaire la curiosité du lecteur, les mots les plus saillans.
Ancienneté, — Le droit d'aînesse <ies cornéiMens^ diile Dictionnaire théâtraly est au théâtre comme à la ville, abusif, ridicule et tyrannique. Les cadets de famille ont quelquefois plus d'esprit que leurs aînés. Ou a fait la même remarque à propos des acteurs.
Argent. — Faire de l'argent, ne se dit point, comme on pourrait l'enteudre, d'un faux mpnnaycur, mais bien d'un acteur .pad'^ijie pièce qui attire du monde.
Brioche . — Faute quelconq^ue d'un acteur pendant une représentation. Le ihctionuçLire théâtral^ que nous venons de citer ^ oVv^agj^ trèsspirituel et très-piquant , signale eutr'uutres brioches au Ïhéatre-Fi'ança^s', ïe refus delà tragédie des Vêpres siciliennes^' q.\.q., , etc.
Briller les planches .—Sq dit d'un acteur qui enlève la majorité du public^ soit par un jeu véritablement énergique, soit par des mouve-
55o MANUEL TUÉATHilL.
mens désordoniiés et à l'aide d'une certaine chaleur.
Cabale. — On dit qu'il se trouve maintenant dans la cabale, d'un côté, les applaudîsseurs , bisseurs, rieurs, châtouilleurs, pleureurs, pleurnicheurs, nàûusseurs,bonnisseurs, emblémeurs, enleveurs , enthousiasmeurs , et de l'autre , les siffleurs , chuteurs , étemueurs , tousseurs , remueurs et crîeurs.
Cachet — Donner un cachet à un rôle , c'est le jouer bien ou mal , d'une manière originale.
Cracher sur les quinquets. — Faire des efforts inouïs , qui prouvent toujours du reste la faiblesse de l'acteur.
Camarade. — Au théâtre, ce mot est bien rarement synonyme d'ami , et cependant , dans l'Intérêt de l'art, il devrait toujours l'être j mais dans les coulisses on est malheureusement plutôt eniïemi que rival.
Chauffer. — Se remuer, s'agiter , s'évertuer pour faire de l'effet.
Chef d'emploi. — L'ancienneté donne ce titre plus souvent que le talent.
Comique comme une paire de mains jointes. — Riant comme une malle. — Pour dire un acteur de la comédie qui n'est nullement comique.
Déblayer. — Négliger entièrement toutes les
phrases incidentes pour produire un effet. Courir au but à toutes jambes. t
Double y Doublure. — Acteur en second ou troisième après le chef d'emploi.
Double. — Expression ridicule qui présente à l'esprit précisément le contraire de ce qu'elle signifie ; car double est deux fois la même valeur , et Ton entend cependant par ce mot en termes de coulisses , moins ; très-souvent c'est plus.
Par le mot double, les comédiens ont voulu dire représentant. On devrait plutôt se servir du mot remplaçant: il serait plus analogue.
Egayer. — Se dit d'un acteur auquel le public rit au nez. Ce mot n'est pas encore aussi fort que celui d'être trai^aillé; car lorsque facteur est travaillé par le public, il est huè j sifflé, etc.
Enhi^er. — Se faire enlever, redemander ^ couronner. C'est lorsque l'ami dit à l'acteur , comme Potier dans le Bénéficiaire : Ça me coûtera cher, mais je te la jetterai.
Froid comme une corde à puits. — Pour dirç
un acteur privé de tout sentiment. , . . .
Mousser, — Synonyme d'enlever. - ^
Roustissure. — Mot le plus ignoble du Vocfij
bulaire. C'est quand un acteur, à l'aidée d-uu
jeu faux el d'uu effet de voix qui n'est pas naturel, se fait applaudir.
Seri/ir. — Signifie Vattenûon qu'ont dew acteurs de se faire tel geste convenu, ou de parler sur un tel ton de voix , pour produire un certain effet*