‹ Theorie de l'art du comédienChapitre 18 sur 131 · BEAU · texte numérisé non relu

BEAU

JîM te proportion des parties ai^ec un agréàhk mélange des coukurs.

Oii dirait que d^nj^ \t sentimetit du beau , comme dans le sentiment de ?amour, il y â quelque chose de vague, de mystérieux, d^itidéfini^sable qui en foit le charme , et que le téXsounéti^nt et Panalise ne peuvent saisir.

La difficulté d'expliquer les sources du beati et du vrai , et d^etl suivre tous les défours pat des règles certaines , a arrêté tous les maitfes.

Jlristotè regarde la grandeur et Yotdté comme les attributs du beau; lé beau é^ foildé rar la raisou.

Tout ce qui pMt est beau. S*il est ^i difficile de créer le beau dàfùs les arts, te û*est que paf6(^ que Vùti n'a appelé beau que le difficile. Il €St un beau simple , naturel , saiis appréft ,

négligé en apparence et qui flatte sans se laisser apercevoir j ce qui est beau^doit être arrondi , doux, poli , délicat , léger et doit s'éloigner surtout des lignes droites.

Tranquillité ^ immobilité.

U y a souvent beaucoup d'expression à n'en pas mettre. Dans les poses , on ne parait ja^ mais plus pathétique.

Dans son cœur oppressé sa douleur se rassemble ; S^. antiques ipalbeuira s'y réveillent ensemble. Spii calme i^'^ouv^nte , U ne s'est poîqt bélaç ! Pft penché sur mon sein,. ni jeté dans mes bras : Immobile et plongé dans une horreur muette , Il mnrfifure les noms de L^ïus etd'Admète; £t« boi|ç(|ç 9VÇQ elFort commence quelques moU 9 Qu'a^rraçbei]^t se^ douleurs , qu.'($tou{tqnt &Q9 ^anglpts».

( Œdipe chez A^jnkte, Ducis. \

\^ çalipe même doit ê^r^ a^îmé de c^rtçiine çbajeur sourde et vive qu'on pe voit pas , mais qui se communique impercepûblemeAt et fi^U par agir avec violîçnce s w l'auditeur > c'e^t le ^^iB^>^/;^//72£fdQQtp^i:leM*L^mer^r dans iupe Notice^ publiée en 18 18 , sur le deuxième Théâ*tre-Français et sur la; décWpation dramatique. ^ Voyez; 1^ 1'* XablQ des. ouvrages relatiffii à l'Art du Comédien . )

GARAGTÉBE.

Qualité de V esprit et du cœur.

Les caractcreè" sont les diférens instrumens qui exercent le jeu des passions ^ les dijfférens ressorts qui les font mouvoir.

Une des choses les plus précieuses à observer au théâtre , c'est la vérité des caractères.'

Le comédien, toujours observateur, doit les saisir partout et les puiser dans la nature même.

Le caractère influe si fort sur toute la personne , qu'il donne à celui qui en' est dominé une physionomie particulière , une contenance qui lui est propre , et un geste dont sa façon de penser a formé chez lui l'habitude, une voix surtout dont le ton ne saurait convenir à un caractère différent.

Chaque caractère a donc une voix particur iièré, c'est un des plus sûrs moyens de le marquer dans sa plus grande perfection.

Le premier coup d'œil que le public jette sur l'acteur ^oit le préparer au caractère qu'il va développer.

Quoique nous ayons à dire les choses les plus indiflérentes , nous devons songer à ne jamais les dire comme pourrait faire celui qui

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ne représente pas le même caractère qift nous.

Il faut s'attacher surtout à copier Bes tics ^i,chez les gens de l'état de votre personnage, ont coutume d'accompagner son ridicule dominant.

M* Benjamin-Constant^ dans la pi;*éfacequi précède sa tragédie de Walstein, fait observer que les Allemands peignent les caractères dans leurs pièces, et les Français seulement les passions.

Pour peindre les caractères il faut nécessairement s'écarter du ton majestueux exclusivement admis dans la tragédie française ^ car il çst impossible de faire connaître les défauts et les qualités d'un homme , si ce n'est en le présentant sous divers rapports. Le vulgaire , dans la nature , se mêle souvent au sublime et quelquefois en relève TefFet.

En général, on juge avec certitude d'un caractère, moins d'après quelques traits isolés que par l'examen et la comparaison de tous les

traits reunis.

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