DRAME
La scène tragique, illustrée sous Louis XIV, parles chefs-d'œuvre de Corneille, de Racine et de Molière , le fut encore sous Louis XV par ceuxdeV(dtaire et de Crébillon- Mais il s'ouvrit dans la carrière théâtrale une route nou-
velle ; on y exploita un genre mixte qu'on nomma le drame.
Nivelle de la Chaussée fut le premier qui mit ce genre en vogue dans sa pièce intitulée le Préjugé à la mode. Plusieurs écrivains Timitèrent et prouvèrent qu'il est possible, sans employer ni le poignard de Melpomène , ni le masque * de Thalie, d'intéresser vivement les spectateurs.
Ce genre nouveau, contre lequel s'élevèrent les partisans de la routine, oflfre un nouvel attrait pour la scène , augmente la somme de nos jouissances et choque quelquefois moins que les autres genres la raison et les vraisemblances.
Cependant Voltaire , parlant de la comédie larmoyante ( et voulant sans doute désigner le drame), dit que ce n'est qu'un monstre né de l'impuissance d'être ou plaisant ou tragique. Ce jugement est trop sévère; nous voyons tous les jours des scènes très-comiques et bien conçues dans plusieurs de nos drames.
Au reste, il est certain que des acteurs , médiocres dans la tragédie et dans la comédie, peuvent être bons dans le drame, et à plus forte raison encore dans le mélodrame , genre le plus larmoyant des larmoyans.