ÉNERGIE
Force d'esprit; Jbrce de caractère.
U faut une énergie soutenue , pour en imposer aux spectateurs et les forcer à être attentifs j mais qu'on n'entende pas ici <jue par une énergie soutenue , noiis voulions dire cju'il faille continuellement avoir un jeu violent, IJ peut y avoir beaucoup d'énergie dans uci mot prononcé à voix basse , dans un silence , dans un regard, dans le moindre geste. Nous entendons par énergie soutenue , que l'acteur qui représente un personnage soit continuelkment en action.
ENFLUmS.
D^auî opposé â la justesse.
Il vient -de ce qu'on veut faire paraître grandes des pensées qui n'ont rien tfélevé ; il n'y a que les esprits faux qui en soient susceptibles, car en voulant tout faire remarqy^r au théâtre, o^ £aût oiiJbUer ce qui &erak fomanqué.
l6o MANUEL THÉÂTRAL,
EHS:
Exécution complète.
L'union qui doit exister dans le jeu et dans le récit de tous ceux qui se trouvent sur la scène est ce qu'on appelle ensemble. Il fait valoir les acteurs médiocres , et sans lui les meilleurs perdent de leur éclat; cet art demande beaucoup d'oreille et de possession du théâtre.
Maintenant la manière particulière de chaque acteur tue l'ensemble ; cela tient au peu de scrupule qu'ont les acteurs de se renfermer^ sévèrement dans le caractère de leiur rôle. Il faudrait que chaque personnage apportât autant d'attention à rester dans ses limites sur le théâtre, qu'on en apporte ordinairement dans le monde à chercher à les franchir.
On devrait toujours trouver dans les mouvemens et dans les gestes de tous les acteurs , la même correspondance que dans les tons de leur voix :
Occupé du spectacle et non àes spectateurs » Faites toujours valoir vos interlocuteurs \ --^
Pour laisser de chacun ressortir la partie^ Etudiez des tons l'neureuse sympathie.
Manuel tHiâATAAi. i6i
pRiSciPE GÉNÉHAL. Tous les acteurs doivent concourir â augmerUerlaJbrce de P expression de celui qui parlé. ^
Ce principe peut être coimu , mais il n^est pas exécuté, et quand il s'exécute il se fait presque toujours partiellement et souvent niaisement^
Ce qui miit aitôsi à l'ensemble, c'est la haine que dettx wteUrs ^. ^ui doiTent dans leoxs^ per-* saooa^ s'aimer sur la scène ^ peuvent avoir Pm poux l'autre hors du théâtre.
Ia teniite ordinairement ridicule et sale des Igtfifôiisf , leur sang-froid imperturbable dans toutes les circonstances , leurs évolutions gauches, concourent aussi à détruire l'ensemble d'une représetn^tiosi , et nuisent beaucoup à riUosion théâtrale.
Par exemple , est-il rien de plus ridicule , que àt voir ( car nous ne dirons pas entendre ) chanter les choeurs , dans les morceaux les plus anlméa , par des hommes et des femmes qui U6 bougent pas plus que des statues , et qui OBt l'an: de regarder le temps qu'il fait , en disant les choses les plus pathétiques? On pourrait en comparer quelques-uns aux chanteurs des rues , qui viennent brailler sous les
102 MANUEL THÉATEAL.
fenêtres pour gagner quelques sous 5 mai» cependant ces personnes - là devraient être acteurs , au moins en quelque partie , puisqu'en effet elles prennent part à l'action.
Pourquoi, dans l'intérêt général de l'art théâtral , n'établirait-on pas des classes d'exercice pour tous ceux qui seraient appelés à figurer dans les spectacles ?
On nous objectera peut-être que la modicité des honoraires attachés à l'emploi des figurans ne permet pas d'en trouver qui soient fort ërudits ; cela est vrai, mais il n'^st pas moins yrai aussi que les administrations théâtrales pourraient bien faire quelques sacrifices pour avoir des figurans plus capables,
ENTHOUSSIASME.
Transport de V esprit et de V imagination.
« Je n'ai pas mieux défini le mot talent , qu'en reconnaissant par mon expérience ^ dit- Lekain , qu'il était dans notre âme une lumière divine , qui produisait cet enthousiasme assez étonnant, pour nous élever souvesnt au-dessus de nous-mêmes , et pétrifier des êtres qui passaient communément dans, le monde pour insensibles. C'est par la puissance de ces
HâiNUiX THÉÂTRAL. i65
efforts mâles et vigoureux que je me suià cdnyaincu que le talent n'était autre chose que fenthousiasme ; que l'enthousiasme était un je ne sais quoi ' qui était en nous ^ et dont nous ne pouvons rendre compte ; l'auteur seul de la nature connaît les principeA d'une lu^^ mlère aussi sacrée» »
ËNTBAILLBâé
Si tous les acteurs ont besoiii de sentiment , ceux qui se proposent de nous faire répandre des larmes ^ ont plus besoin que les autres de la partie du sentiment, désignée communément sous le nom d'entrailles , et qui s'applique plutôt aux sentimens particuUei^s de la nature;
ÉNTBÊESi
Apparition.
II faut en principe général éntrei" en ii$èiie) doucement, à moins que la situation n'exige delà précipitation; regarder le public en entrjaDty donne un air niais à l'acteur , et ce n'est que dans ce genre de rôle qu'on doit agir ainsi.
■ Vojez ce mot.
l64 MANUEL THÉATHAt.
Il faut aussi arrondir la scène , c^est- à-dire ne pas suivre une ligne droite pour arriver sur l'avant-^scène^àmoinsquele moment ne l'exige positivement. Il ne faut pas non plus venir se placer comme d^ convention , mais bien eomiâe étant appelé par la situation.