‹ Theorie de l'art du comédienChapitre 53 sur 131 · RÉFLEXIONS GÉNÉRALES SUR LE GESTE · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS GÉNÉRALES SUR LE GESTE

Ne pourrait-on pas éviter de faire toujoi les mêmes gestes dans le courant d'un rà) en parlant d'objets difierens ^ et à la fin toutes les tirades dans des situations toat fait opposées?

Quand les chanteurs ne lèveront-ils ou baisseront-ils plus les mains , suivant les m hauts ou bas qu'ils font entendre?

(T Le majestueux mouvement des bras par quel Kemble , acteur anglais , avec la grâee la variété d'un jeu noble et naturel, im

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l'agitation des branches d'un chêne auxquelles Un vent léger prête un mouvement majestueux , est entièrement inconnu sur les théâtres de France ^ ou le proverbe poétique :

Chassez le naturel il revient an galop ,

n'a certainement pas reçu son application. Dans la tragédie, les bras des acteurs ne semblent animés que depuis le coude jusqu'aux doigts, et leur geste lejlus fréquent est de baisser la paume de la main , et d'allonger l'index j la nature n'y montre pas de ses élans , de ses écarts , de ses caprices ; Une ^tile de ses irrégularités , de ses grâces , ou ttiême de ses inconvenances pardonnables , suite d'un jeu plein de chaleur et de vérité, ï^out semble conventionnel et imité.

y* Après avoir vu représenter une tragédie française , je ne trouve nullement ridicule que Quelqu'un qui sortait d'assister à un ballet où * on avait mis en action le Qu'il mourût de Corneille , ait demandé à Woverre , de faire danser par sa troupe, les maximes de la Rochefoucault ».

Ces critiques^de Lady Morgan, que nous avons déjà citée plusieurs fois , sont im peu partiales , et par conséquent outrées. Celte

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dame préfère le jeu des acteurs de sa n tion ; on ne peut lui eu vouloir ; mais co venons , quoi qu'il en soit , que ses observatio peuvent quelquefois être utiles aux com diens français. Lady Morgan a voulu se do ner et s'est donné en effet un air original et * quant ; le style caustique et sardonique de s* ouvrage sur la France le prouve : mais comédien doit profiter de la vérité partout < elle se rencontre, et de quelque part qu'ei vienne; car en fait de théâtre, la persoiu qu'on pourrait supposer le moins apte , pei donner de très-bons conseils.

A propos de l'éloquence du geste , nous à Ions citer le fait suivant : Un sourd-muet sai instruction, réduit aux simples notions qu't acquiert par la vue, et aux seuls élémenspi mitifs du langage d'action, a fait preuve i grandeur d'âme , il y a un an , à la cour d'à sises de Paris. Ce pauvre sourd-muet figurai sur le banc des accusés , garda religieusemei le silence sur un parlant avec lequel il buva dans le cabaret où un vol fut commis.

L'exhortation que lui fit M. Paulmier, in titeur des sourds-muets , son interprète ^ si l'invitation de M. le président , qui venait è prononcer sa mise en liberté , ne fut pas d*u moindre intérêt.

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«r Vous venez de courir un grand daiiger , >* a dit rinstituteur , vous pouviez être con- » damilé à une peine infams^te ! Pourquoi y* fréquenter de mauvaises sociétés et les ca- » barets? M. le préskient vous engage à ne » plus aller dans de semblables lieux , et sur- }) tout à mieux choisir vos amis. Apprenez ^ ^u'il est des lois divines et humaines, qui ^ punissent les mauvaises actions comme elles * récompensent les bonnes. »

L'action de l'instituteur , tout à-la-fois pathétique et imposante , a fait la plus vive impression sur l'auditoire, et a laissé dés traces profondes dans l'âme de ce malheureux qui ^laît ému jusqu'aux larmes.

En sortant de la salle , de jeunes avocats «saient : Nous venons de voir une sorte de ^lomphe du geste sur la parole.

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