‹ Theorie de l'art du comédienChapitre 58 sur 131 · HABILLEMENT · texte numérisé non relu

HABILLEMENT

f^étementj costume, I Pourquoi , dans la tragédie , les actrices posent-elles leur manteau sur l'épaule , où cBes attachent ensuite un pater qui devient inutile, tandis que c'est lui seul qui devrait fixer 1(B manteau? Il faut, comme la nature l'indique , que les tuniques, et surtout les manteaux soient posés en plein sur l'épaule et ^apés près du col. Doit-on, quand on joue la tragédie , s'attacher aux atours ? Et une prêtresse de Melpomène doit- elle ressembler à nne nymphe de Terpsichore ?

Les tragédiens doivent en général faire descendre leur tunique ou jusqu'au dessus du ger nou. ou bien tout à fait à la cheville du pied; et les ceintures qui serrent les tuniques ne doivent pas être placées comme des cordons de capucin au beau milieu du corps ; mais bien un peu au^essous du cœur. Des exceptions peuvent avoir lieu quelquefois à Tégard de cens qui jouent les rôles de vieillards.

Malgré l'antipathie naturelle que l'on doit avoir pour les modes étrangères » on pourrait cependant engager nos actrices , et même beaucoup de nos dames françaises , à suivre en partie la forme des corsets anglais. Ils laissent^ ouik mettent du moins les choses 'à leur place , et n'en dénaturent point les formes naturelles; tandis qu'en France , en voulant , sous ce rapport, embellir la nature, on la détruit. En étudiant les statues antiques qui représentent la plus belle et la plus séduisante moitié da genre humain, les personnes intéressées se convaincraient de ce que nous venons de dire. 11 faut observer encore à l'égard des corsets, que c'est une manie bien funeste que de les porter trop étroits ; ils gênent les épaules €t la poitrine; ils font souffrir l'actrice et le spectateur.

Les acteurs , dans les costumes de chevaliers, pèchent souvent par leur chaussure;.

MANUEL THÉATRAJi^ ^^

JjtiXÊi bottes sont montées qxuelqaefoi9 jui$qH*Au geqou, ou descendait trop près dd la dbieyiUe} c'est ici le cas de dire qu'il faut adopter un juste milieu.

Dans la comédie, peu d^acteurs fanant les rôles de militaire , placent convon^blement leur épée ; elle est ou trop basse , ou trop de côté, On peut leur reprocher aussi de se décorer presque tous de rétoile de la Lé^iondUonneur, et surtout lorsque la pièce ne l'indique point. Certes lorsqu'on représente un soldat français on peut porter la croix : tous nos braves ont pu la mé^^ter ; mais enfin tous ne Tout pas obtenue.

HABITUP^R.

Coutume , disposition acquise par (fes actes iitérés.

L'habitude ^ on l'a souvent dit , est une

seconde nature j une chose arrivée une fois a

toujours de la tendance à se reproduire. Or,

dans les répétitions , les acteurs devraient

en agir comme s'ils jouaient en effet, et ne

point aussi ajouter à leurs rôles quelf|ues plai-r

santeries; car le jour de la représentation , ils *

pourraient fort bien les laisser échapper, ou

s'ils se les rappellent seulement, cela peut

Êûcoiie nuire à leur jeu.

!226 MANUEL THÉATUAL.

On a vu plusieurs exemples fâcheux de mots répétés le jour de la représentation , et qui avaient été dits dans les répétitions.

HABMONIE inUTATIVE.

Accord de divers sons ; accord parfait.

Quelquefois l'harmonie imite certains bruits, exprime certains mouvemens par la nature même des sons j c'est ce qu'on appelle harmonie imitative.

Exemples :

Pour qui sont ces serpens qui sifflent sur vos têtes? Fait siffler ses serpens , s'excite k la vengeance.

L'effet de ces s est tel, qu'on croit entendre le sifflement des serpens.

L'essieu crie et se rompt.

L'imitation est frappante, surtout quand l'acteur articule bien.

Le moment oii je parle est déjà loin de moi.

Ce vers , comme le temps , marche avec rapidité. Les syllabes sont brèves.

Quatre bœufs attelés , d'un pas tranquille et lent ,

Promenaient dans Paris le monarque indolent.

Ici les syllabes longues dominent , surtout par la place qu'elles occupent.

Le jeu, les gestes et la prononciation pitto-

MAKtTEL THÉÂTRAL. 227

rcsques , généralement proscrits au théâtre , surtout dans les pièces de haut genre , peuvent quelquefois être permis dans les exemples que nous venons de <:iter.

HlâLTUS.

Prononciation gênée par le choc de deux voyelles , dont l'une finit un mot , et Vautre en commence un y sans qu'il j ait élision.

La prose «oufFre les hiatus , pouvu qu'ils ne soient pas trop fréquens, ou trop rudes.

Ils contribuent même à donner au discours un certain air naturel 5 et nous voyons en effet ^e la conversation des honnêtes gens est pleine d'hiatus volontaires. Uy a des hiatus qui sont tellement autorisés par l'usage, que si Ton parlait autrement , cela serait d'un pédant Ou d'un provincial. D'Olivet et tous les grammairiens, après lui, ont prétendu que la rencontre d'une nasale avant une voyelle fait un hiatus qu'il faut éviter. Us avouent cependant que cet hiatus peut se souffrir, quand après la nasale il peut se faire un repos quelconque. Le fait est que les meilleurs poètes ne regardent point comme un hiatus la nasale rencontrée par une voyelle.

:i!28 M^lNUEL th^thal.

Ainsi , dans la comédie en prose il pçm: y avoir aussi beaucoup de cas où il ne faille p^J faire sentir de semblables liaisons , ex notamment» dans les rôles de paysans^ de niais, eto«

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