INTONATIONS
Facultés dont la voix humaine est suscep tible.
Elles peuvent suffire à l'expression de toute les idées , de tous les sentimens quelconques ,
et c'est là un des plus beaux dons que nous ait faits la nature. ^
La parole est le moyen intermédiaire de leurs mouvemens.
C'est* presque toujours faute de saisir profcmdément le caractère d'une idée , qu'on la transmet si diversement et d'une manière si imparfaite.
On peut distinguer en général quatre sortes ^J'intonations vicieuses :
Celles qui n'expriment rien; Celles qui expriment à faux ; Celles qui expriment trop ; Celles qui expriment désagréablement.
Les premières sont le résultat ordinaire de * ignorance et de l'insensibilité.
Les secondes , du mauvais goût ou d'un défaut d'intelligence.
lies troisièmes , d'une sensibilité trop vive ^U d'un raisonnement trop minutieux.
Les quatrièmes , d'un vice dans l'organe vocal . De toutes ces intonations vicieuses , celle qui expriment à faux sont les plus intolérables.
La variété et la richesse des intonations ^Ont le charme de la diction.
U y a des comédiens, et beaucoup même de ^^ux qui passent pour les meilleurs, qui ne Parlent que sur trois ou quatre tons , comme
26o MANUEL THÉATRiO..
ils -n*agissent qu'avec quatre ou cinq ges qu'ils répètent successivement.
La justesse de l'iniouation dépend de voix, de roreille et de l'exercice.
JE HE SAIS QUOI (du).
Ce qui plaît y ce qui cliamie et est indéjih sable.
Nous pouvons parler duye ne sais quoi^ c'est une locution dont on se sert irès-souv^: dans tous les arts , et particulièrement dai celui du théâtre. Cette locution exprime beat; coup plus qu'op pe pense; mais il est difficit9 <1 la définir parfaitijment; il en est comme de l'es prit, qui se sent, s'apçrçoit et ne se défiqîtpQiQC quoique ce soit lui-même qui chercha cependant a se définir.
Il y a quelquefois dans les p^fSjOfiQe^ on dans les choses un charme invinçibla ^ uœ grâce naturelle qu'on ne peut définir e^ qu'çp a été forcé d'appeler le je ne sais quoi, 0'es(,mi efTet qui semble principalement fopdé sX)? Ifi surprise. Nous sommes touchés de ce qu'une personne nous plaît plus qu'elle ne noos a p^ d'abord devoir nous plaire, et nous sommes agréablement surpris de ce qu'elle a su vaincre des défauts, que nos yeux nous montrent ei
MANUEL THÉATRArt. jl6l
qwjLe notre cœur ne croii plus. Voilà pourquoi les fejmmes laides ont très-souvent d^s grâces^ et f^xe les femmes belles en ont moins apropo^ion. Nous admirons la majesté des draperies de E^sidI Véronèse ; mais nous sommes touchés de simplicité dé Raphaël et de là pureté du itègé. Paul Véronèse promet beaucoup et 16. ce qu'il promet. Raphaël, le Corrège X>^o^ettentpeuet paient beaucoup; et Cela âous "plaît davantage.
IBB.^nVK DE THÉÂTRE.
Action ^^ fine^sè^
D vaut mieux jouer, ce qu'on appelle eii Wrtte de fart , sagement ^ qtie de hasarder un jett fetti eu cherchant à mettre dôiâs ce qtté l'oûditdelafiïiesse.
Data la tragédie^ il e^t e^entid qtïé ce qtfon iiomme jeu de théâtre^ soit imime*0^e»t lié à faction.
Dans la comédie il- &(&t .y avoir beaucoup plus de jeux de théâtre.
Une règle principale pour chaque acteur , et ?ui contribue à rendre la représentation plus ^mée, c'est la condmdié du jeu/
Le jeu théâtral ou la pantomine est u»e des plus fortes fatigues physiques. Il y a tel silence
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de passion concentrée , qui demande plus force physique pour en soutenir Teffort ; qa< des fardeaux réels.
Dans le chanta la perfection exige d'autre s efforts qui se croisent avec les efforts pénibles du jeu. La perfection du chant et celle du jeu sont ordinairement incompatibles. Quel effet produiraient les acteurs italiens, s'ils joignaient à leur supériorité dans le chant , un jeu plus animé et plus vrai !
Il est essentiel dans les jeux de théâtre que les attitudes et les gestes des divers acteurs contrastent ensemble le plus possible.
Principe général : Tout doit être varié au théâtre.
C'est un défaut d'être trop à la scène comme de n'y être pas assez : l'un est négligence » l'autre est affectation ; et la multiplicité des jeux de théâtre, ainsi que le trop peu , nuisent également à la vérité de l'action.