LES IMBRICATIONS
182. Cette oraementation très-caractérisée et que l'on retrouve partout, dans la nature comme dans l'art, est particulièrement réalisée par la superposition de feuilles, d'écaillés, de tuiles, etc., distribuées régulièrement et alternant entre elles. Les imbrications naturelles déterminées par des objets réels que Ton aligne et que Ton superpose alternativement par un chevauchement matériel supposent a priori ou a posteriori un réseau losange, en tous les points duquel sont placés les motifs quelconques, symétriques ou asymétriques, réguliers ou irréguliers, et orientés d'une manière uniforme ou variée.
L^imbrication est uniforme étant rapportée au réseau du plan, elle est déclinée uniformément étant rapportée au réseau du cercle (comme dans les rosaces de l'art oriental) ; enfin elle est déclinée d'une manière variée étant rapportée au réseau de l'ovoïde (comme dans les pommes de pin). Toutes ces imbrications se résolvent en des files de motifs qui suivent les lignes principales du réseau ou les lignes dérivées. Ces files sont en général au nombre de deux, qui se résolvent souvent en une seule qui les implique toutes les deux, comme dans les cônes du pin, les rosettes de la joubarbe (voir les Traités de botanique). Les trois files subsistant conjointement ont pour schème dernier le réseau disjoint de l'hexagone qui est à trois files et qui
M .^. ^ .^/|-|'t liP^ L'ORNEM ENT.
' ■"* ||lS^g4SftB''||t^'8iposants centrés au lieu d'éléments
^^^t^'^^^jliiWli?!^ ^''^'^ ^^ '^ diagramme essentiel, le L'''.ll.'H^r^Çi'2*S«trouve alors dans les mosaïques, le
[s sont orientés dans le même sens :
^•'^^E'îltÉ^^Ci^ISpl^t^nérale et la plus répandue. Son dia- ^^i>^»F^»I^^ïlb|^^ comme engendré par une première
"ji^êlure, à laquelle en succède parallè-
icfisrne avec elle. Cette alternance peut
K^ylf&iotif rudimentaire se correspondent
l^^îiance est indéfinie s'il y a déplace-
i^^^gfôg: parallèlement à la direction des ran-
|>la troisième rangée est droit en face
i^'ga^ne en face de la troisième, et ainsi de
arc, une demi-circonférence, une
en général une forme quelconque
i est répété dans deux directions dîf-
ï;277, le motif est répété dans quatre
„ ,. â^dernières formes d'imbrication, les
^^^îîl?.*^^^^â?^^^â^^^' i's ^nt subordonnés à la cons-
'^îS;c^î||seau qui contraint le, motif à être
'S'^^§5^^B^i^(^^^^n particulière.
■!|^l-0^1â-i?S^fg;:|i^nni par la condition du losange qui
est variable et plus ou moins allongé, se définit et s'arrête au réseau quadrillé : le losange devenant alors un carré. En supposant une mobilité à tout le système, et comme des croisillements à tous les joints d'intersection des lignes, un réseau carré peut être aplati transversalement ou verticalement et se transformer en un réseau losange quelconque. Par suite de ce mouvement : i° tous les motifs de la fig. 275 s'allongent ou s'aplatissent uniformément, et l'imbrication reste toujours de forme régulière ; 2^ les motifs de la fig. 276 s'allongent par rangées ; 3® dans la fig; 277 enfin, les motifs horizontaux ou verticaux s'allongent ou s'aplatissent consécutivement aux autres motifs verticaux ou horizontaux qui s'aplatissent ou s'allongent la symétrie, restant toujours écartelée. Ces changements dans le diagramme de la disposition entraînent donc des changements dans la forme du motif.
i83. En général, l'imbrication étant ajustée avec la condition d'une juxtaposition complète (comme dans les mosaïques, la marqueterie, les pavements, etc.), le motif primaire n'est pas arbitraire et doit avoir une construction régulière et définie. Ce motif a quatre joints cardinaux qui inscrivent un losange : chacun des segments du losange est identique aux trois autres, et diagonalement sont suivis, horizontalement à retour, et verticalement contrariés en les prenant deux à deux.
Suivant que le losange est isocèle, trigone ou carré, et que le segment rudimentaire est pair ou impair, on a Tune des formes d'imbrications suivantes :
\^ Le segment étant quelconque pair ou impair, simple ou varié, et le losange quelconque aussi, isocèle, trigone ou carré, on a, dans tous les cas, la forme d'imbrication fondamentale, celle à une direction (fig 275) ;
2*^ Le segment étant pair, simple ou varié comme forme, et le losange étant isocèle, trigone ou carré, on a la seconde forme d'imbrication, celle à deux directions (fig. 276) ;
3^ Le segment étant pair, simple ou varié, et le losange étant
un carré, on a la troisième forme d'imbrication, celle à quatre directions (fig. 277) ;
4® Enfin, le segment étant pair ou impair, simple ou varié, et le losange étant un losange trigone, on a la quatrième forme d'imbrication, celle à trois directions (fig. 278).
Cette forme est analogue à latroisième ; celle-ci pouvant être conçue comme engendrée par le rabattement successif et à retour, dans les deux directions, d'un motif révolvé inscrit au carré, celle-là serait, par analogie, déterminée par le rabattement dans tous les sens d'un motif révolvé de trois pièces, inscrit au trigone.
Les trois formes d'imbrications à une, deux et trois directions correspondent aux trois modes de juxtaposition des losanges (page 25 1).