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nique, et tout à fait en dehors de la tradition classique, se fondé une école nouvelle composée de poètes et d'historiens, d'archéolo^ gués et d'artiste^ qui tend à renouer la chaîne des tenq>s et entre'prend la réhabilitation de l'art du moyen âge. Notre histoire natio-nale, si longtemps négligée, est étudiée et nos origines reconnues. L'architecture gothique, que l'on réputait barbare, est désormais appréciée et rendue à notre admiration. Ces tentatives si chaleureuses et, après tout, si vivantes à leur début, aboutissent finalement, à fonder une branche nouvelle de l'administration, qui se propose la conservation et la restauration de tous les monuments. En même temps et forts de l'appui des pouvoirs publics, une école de parvenus audacieux et entreprenants répand dans notre pays, devenu facile à toutes les entreprises, et cette architecture d'État qu'on appelle le style diocésain et ces doctrines niveleuses et envahissantes, qui, sous le fallacieux prétexte de rétablir un art prétendu national, ne tendent à rien de moins qu'à anéantir rapidement che\ nous tout ressort individuel, toute manifestation vraiment honnête et virile de la personnalité artiste. Tous ces médiaevistes barbares qu'un prurit de logique rend d'autant plus agressifs qu'ils sont plus ignorants, et qui se payent st volontiers de raisonnements plutôt que de raisons, n'ont que des attaques incessantes et de fort impertinents dédains pour tout ce qui n'est point empreint de leur infirmité originelle ; c'est à savoir : leur origine prochaine et leur ignorance inconsciente de la vraie notion de l'art. Ces tentatives devenues rapidement des institutions d'État, ont pourtant suivi la fortune du romantisme qui, menaçant à son origine d'embraser le monde, a conduit finalement les hommes au mépris de toute vraie grandeur, au dédain de toute vraie beauté, les livrant tout entiers aux faciles jouissances de l'heure présente Le romantisme en haine de toute discipline, de toute convention de sagesse accumulée s'accroche à toutes les branches, poursuit toutes les émotions et finalement aboutit à l'éneii^ement et à la langueur, qui rendant une réaction facile font se redresser les appétits grossiers et vulgaires qui maintiennent l'homme en ses brutalités natives. C'est alors qu'on nous signifie que le monde est à refaire, à remanier de fond en comble, afin de préparer V avènement d'un avenir radieux qui accordant à chacun de nous la libre jouissance de toutes les splendeurs de la vie, rend désormais inutiles, sinon embarrassants, les traditions et les préjugés qui nous maintenaient
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en tutelle. Une tutelle bien redoutable, hélas! qui nous garantissait la possession et le libre usage de tant d'expériences accumulées pen^ dant des siècles.
A ce moment donc, à la fin d'un monde, au déclin d'une civilisation magnifique et qui rebelle à tant d'égards les splendeurs du monde gréco-romain, on voit finir la tradition d'un certain art monumental dont les règles, plutôt senties que définies, paraissent, en effet, fort difficiles à énoncer et, à ce qu'il semble, plus difficiles encore à cqtpliquer; du moins en fait et dans la stricte réalité, les conditions industrielles et économiques au milieu desquelles on persiste à ouvrer, à bâtir et à édifier paraissent exclure les prescrip* tions de cet art monumental et les rendre désormais inutiles.
Mais si Von a renoncé dans la pratique à continuer les anciens, si Von exige que nos œuvres portent une empreinte nouvelle accommodée à notre humeur et à nos caprices, si l'on veut, en un mot, que les éléments que le long cours du temps et la sagesse de nos pères avaient consacrés, soient tellement usés, et dans leur esprit et dans leur forme, qu'on n'en puisse plus rien tirer qui réveille notre curiosité dissolue et nos appétences maladives, nous n'en sommes pas moins restés, et par notre éducation et par nos préjugés, foncier e^ ment imprégnés de l'idéal classique; et, qu'on s'en rende compte ou non, c'est en conformité avec cet idéal que nous apprécions secrètement la valeur esthétique des arts et de l'architecture des différentes civilisations.
En ce sens, tout ce qui n'est point grec ou romain, italien ou classique, sera considéré comme inférieur et condamné en toute sérénité. Les considérants d'une telle opinion sont faciles à établir : les raisons qui l'appuient se dégagent des conditions mêmes qui ont présidé au développement de notre civilisation et à notre ini^ tiation artistique. Car cela n'est point douteux : nous avons été initiés , et dût notre amour-propre en souffrir, il nous faut bien reconnaître que nous. Français, nous ne sommes point naturellement et spontanément artistes ; que nous n'avons point le génie natif de toutes les choses grandes et belles, qu'à force de culture, et moyennant la maîtrise de nos qualités si remarquables de raison, de goût et d'élégance, nous avons su produire dans les beaux siècles de notre histoire. Force nous est bien de reconnaître quel peuple médiocre nous sommes au fond et livrés à nos seules ressources. Notre histoire raconte asse:{ et nos origines si diverses et