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LES DOMINANTES FONDAMENTALES DES A-PLATS

73. L'étendue étant essentiellement uniforme et homogène en tous ses points, se compose Harmoniquement avec ses deux dimensions; toutes les formes fondamentales de l'étendue et les segments qui en dérivent immédiatement, participeront de sa nature essentielle en tous les points et dépendront dans leur allure générale de la relation de leurs deux dimensions principales, la longueur et la largeur.

Ces deux dimensions dans leur extension indéfinie déterminent le plan. Les segments ou parties de plan sont les à-plats véritablement simples et dont les dimensions actuelles sont nettement déterminées. Ces segments sont les formes polygonales en général.

Si Ton conçoit que ces deux dimensions se balancent harmoniquement dans un tout confus, où ces dimensions sont dissimulées, on aura l'idée de l'espace circulaire, où l'on conçoit l'a -plat non plus subordonné aux deux dimensions de l'étendue superficielle, mais irradié uniformément autour d'un point virtuel, et par conséquent déterminé par une seule longueur, le rayon d'extension ou d'irradiation. La représentation actuelle de l'espace circulaire est le cercle virtuellement inséparable de ridée de centre. Toutes les figures déterminées par la segmentation de l'espace circulaire participent de sa nature

MATÉRIAUX ANALYTIQUES. loi

essentielle et Tidée de centre en est inséparable. On a ainsi les polygones proprement dits qui ont pour dimension le rayon d'étendue, et où par conséquent les deux dimensions fondamentales de retendue superficielle sont dissimulées.

La différence fondamentale entre Tà-plat proprement dit, et l'espace circulaire, consiste en ce qu'on embrasse Tà-plat successivement en tous ses points et par la présence simultanée des deux dimensions ; tandis qu'on embrasse d'emblée l'espace circulaire, à l'exclusion de l'idée des deux dimensions. Ceci deviendra plus clair, si l'on joint à l'aperception de l'étendue, la perception d'une qualité particulière qui lui serait attachée, celle de la couleur. Physiologiquement, la sensation de couleur se concentre en un point autour duquel l'intensité de la sensation va diminuant de plus en plus. Un cercle coloré déterminera une sensation vive, s'il est de grandeur convenable. Pour percevoir la sensation en tous les points d'un à -plat proprement dit, il faudra donc se placer successivement en tous les points de cet à-plat, qui paraîtra alors uniformément coloré.

Si l'on considère d'autre part que la ligne courbe a pour caractère essentiel de ramasser l'étendue superficielle dans sa concavité, en impliquant l'idée actuelle ou virtuelle de centre, on s'expliquera le caractère tranché des formes polygonales, et pourquoi l'idée de l'à-plat s'impose invinciblement quand on contemple les figures terminées par des lignes droites, et cela indépendamment de la coordination ordinale de ces lignes ou de la disposition de la figure, ce qui est une considération spéciale et qui relève de l'idée de l'ordre.

Si dans l'à-plat une dimension l'emporte décidément sur l'autre qui lui est subordonnée de très-loin , on a la troisième forme de l'étendue superficielle, ou la bande. Les segments de la bande emportent avec eux la caractéristique fondamentale, celle de la prolongation linéaire ou suivant le cours d'une ligne. Il ne s'agit plus ici de l'à-plat dont on contemple tous

loa THÉORIE DE L'ORNEMENT.

les points ensemble ou successivement et dans les deux dimensions de retendue, ni de Tespace circulaire où la contemplation se concentre en un point qui contraint l'espace environnant, mais il s'agit d'une espèce très-particulière d'à-plat qui tient le milieu entre les deux précédents, étant, comme Tà-plat proprement dit, uniforme en tous ses points, mais où une dimension est réduite, tandis que l'autre grandit démesurément, et comme l'espace circulaire de contemplation immédiate en tous les points successifs de la ligne directrice. Dans la bande, l'à-plat est indéfiniment symétrique de part et d'autre du point que l'on considère.

Enfin, si l'on conçoit que, relativement à cette dimension qui caractérise la bande, l'espace est non plus réparti uniformément de chaque côté de la ligne, mais, au contraire, s'en va décroissant depuis une extrémité de la ligne jusqu'à l'autre et y finit à rien , on a la quatrième forme de l'étendue superficielle ou la déclination angulaire. Tous les segments de cette étendue ont pour caractéristique l'à-plat angulaire.

74. Tous les segments polygonaux ont donc pour caractère primitif et général d'être une portion d'à-plat ; puis, considérant successivement leur dérivation des formes principales de l'étendue, il s'y joint une caractéristique fondamentale que nous appellerons la dominante de l'à-plat. C'est cette caractéristique qui détermine la forme de l'à-plat du segment. Les espaces étant théoriquement indéfinis et de composition homogène dans toute leur étendue, une première détermination architectonique consiste à imaginer la segmentation harmonique de ces espaces. Chacun d'eux donne lieu à des segments particuliers et propres qui participent de sa nature fondamentale, savoir :

I® Segments du plan. — L'étendue du plan étant subdivisée par les lignes harmoniques, donne lieu à des segments en général polygonaux et particulièrement quadrilatères. Leur dominante est l'à-plat proprement dit.

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2^ Segments du cercle. — L'espace circulaire étant régulièrement ou irrégulièrement segmenté par des droites, et sous la contrainte du point virtuel ou du centre, donne lieu à des segments qui sont les polygones proprement dits. Leur dominante est circulaire.

3** Segments de la bande. — L'espace linéaire étant recoupé par des droites, on a pour segments propres les quadrilatères. Leur dominante est linéaire.

4® Segmettts de l'angle. — L'espace angulaire a pour segments propres les triangles. Leur dominante est angulaire.

Si, dans ces segments, Ton fait abstraction de Tà-plat pour ne plus considérer que le contour, on a une figure linéaire composée dont les parties sont soumises à un plan ou diagramme de disposition. Si Ton fait abstraction, enfin, de ces contours eux-mêmes pour ne plus considérer que le diagramme dans son existence abstraite et idéale, on en fournira un signe ou une représentation à Taide de lignes et de points, ou une définit tion par les voies ordinaires du langage.

D'après cela, et reprenant à ces fins les formes fondamentales de retendue, il faut concevoir et se mettre en Tesprit les corrélations suivantes :

A Tespace rectangulaire, ou au plan, correspond la répartition coordonnée, ou Tordre simultané, corrélatif aux systèmes de lignes et de réseaux qui relient les différents points do retendue.

A l'espace circulaire, ou au cercle, correspond Tordre circulaire corrélatif à la répartition régulière de points autour d'un centre.

A l'espace linéaire, ou à la bande, correspond Tordre linéaire uniforme, c'est-à-dire récurrent ou indéfiniment symétrique de part et d'autre de chaque point.

A l'espace angulaire, ou à l'angle, enfin, correspond Tordre linéaire successif, c'est-à-dire tout d'un côté et dans le sens de la ligne ou d'un point à un autre.

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