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DE LA VARIATION DANS LES FORMES FONDAMENTALES

78. Toutes les formes possibles se composent avec les deux dimensions de l'étendue. Dans la composition de ces deux dimensions, il arrive trois cas : i*^ les deux dimensions softt égales, 2<* la dimension longitudinale est la plus grande, 3® la dimension transversale est la plus grande. Les types qui correspondent à ces trois cas, sont *: le cercle, Tove et l'ovale. Dans le cercle, les deux dimensions sont égales, la figure se concentre tout entière en un point, et par conséquent est indifférente en soi à toute 'orientation. Dans l'ove, la dimension dominante est longitudinale, c'est par cette dimension que l'ove est susceptible de telle orientation déterminée, droite ou renversée, c'est-à-dire conforme à l'ordre vertical , ou bien oblique à tous les degrés, et alors rapportée à une disposition déterminée. Dans l'ovale, la dimension dominante est transversale et conforme à Tordre horizontal ou symétrique.

On passe par des transitions continues du cercle à l'ovale, et de l'ovale à l'ove. Un cercle légèrement déprimé d'un côté, devient un ove dont la dimension déterminante est longitudinale et le sens vertical -, un cercle déprimé de deux côtés parallèles, devient un ovale dont la dimension déterminante est transversale et le sens horizontal. Une troisième dépression équilibrée avec les deux premières ramènerait l'unité circu-

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laire, mais déterminerait trois axes ou trois saillants à la forme. Ainsi pour quatre, cinq, etc. Un ovale qui s'allonge d'un seul côté devient un ove. Si, partant de Tove typique, on déprime Fabside, la forme, au lieu d'être exclusivement dans le sens longitudinal , prend une assiette horizontale ; c'est cette modification de forme qui rend si remarquable l'ove des Grecs, et c'est par la corrélation de ces deux variations, l'une verticale, l'autre horizontale, que l'on donne naissance aux variétés infinies des panses de vases. Par la dépression de l'abside de l'ove, on fait descendre la masse circulaire et l'on diminue l'allongement, qui, s'il était prononcé, anéantirait la coordination essentielle de l'à-plat où doivent subsister les deux coordonnées verticales et horizontales, l'une étant plus grande que l'autre seulement pour donner un sens à la forme. Si ces dimensions étaient égales, on aurait le cercle où finit toute forme.

Fig. 23.

Les déclinations angulaires ou ovalaires, droites ou recourbées sont des formes essentiellement 'prolongées et qui échappent à toute forme équilibrée ou dont la mesure serait déterminée par le cercle, l'ovale ou l'ove. Ces déclinations impriment aux formes dont elles sont les parties des accentuations remarquables. Si la déclination recourbée devenait une déclination enroulée, l'unité de masse serait le cercle, cette forme impliquant essentiellement un centre virtuel ou un pôle autour duquel s'enroule la ligne, tandis que les recourbées ont des pôles successifs qui coexistent linéairement.

Après cette première variation qui s'applique à l'allure générale et au sens de la forme, viennent les modifications qui

s'appliquent particulièrement au diagramme directeur. Dans le cercle, le point directeur implique un nombre infini d'axes ou de rayons qui passent par ce point et qui s'arrêtent au contour ; si Ton conçoit que Tà-plat flue légèrement au delà, on s'arrête en deçà de cette limite, et suivant un nombre quelconque de ces rayons, on imprime à la forme générale et à la ligne de contour de petits accidents de forme qui, tout en maintenant la dominante essentielle, rompent la monotonie et la sécheresse de la forme générale, et d'ennuyeuse qu'elle était, la rendent saisissante. Dans l'ove, bien plus de diversité encore s'intrpduit, le diagramme possédant deux points circulaires et une directrice qui les relie. Les deux points directeurs introduisent les variations inhérentes au cercle; la directrice peut être droite, arquée, recourbée, infléchie, polygonale ou brisée, etc. Ladéclination ovalaire, se conformant à cette variation de la directrice, introduit dans la forme générale de l'ove un nombre considérable d'éléments de variation ; la prolongation de l'à-plat peut être uniforme dans une certaine étendue, pour de là passer à une déclination adoucie ou rapide, courte ou prolongée, droite ou ondulée, etc., etc. Le contour accuse ces différentes variations et s'y conforme. A l'inverse , si, conformément à l'image intérieure que Ton s'en fait, on traduit une forme par le dessin, les coups de crayon, s'ils sont accusés franchement, introduiront ces mêmes accents d'abord dans ^ le contour, puis solidairement dans l'à-plat.

L'ovale participant du cercle et de l'ove, en subit toutes les variations, d'abord dans les dimensions déterminantes, puis dans le diagramme directeur où la directrice peut être rectiligne ou curviligne, uniforme ou variée, etc.

79. La variation qui s'attache particulièrement au contour, doit toujours rester solidaire de l'à-plat proprement dit. C'est ce dont généralement se préoccupent fort peu beaucoup d'habiles gens de notre époque, pour qui le dessin est l'art tout entier, et qui dans leur ignorance profonde du fond essentiel à la fois

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inhérent à la nature des choses et à la nature de notre esprit, se croient artistes parce qu'ils sont adroits, et font consister toute la perfection de Fart dans la perfection du coup de crayon. Le dessin est une langue comme une autre, et de même que Ton peut parler fort adroitement pour ne rien dire, de même aussi on peut dessiner fort élégamment pour ne rien exprimer. L'enchaînement harmonieux des mots, tout comme le fini des délinéations, fait le plus souvent illusion, et si nos sociétés modernes possèdent beaucoup d'habiles écrivains et beaucoup d'habiles dessinateurs, cet avantage n'est pas sans compensa-» tion; on compte aujourd'hui, si tant est qu'il en reste encore, les bons littérateurs et les bons artistes.

On peut dire, en gros, qu'il y a deux manières de dessiner, selon que l'on indique toutes les parties du contour par des traits qui se succèdent brusquement, ou qu'au contraire on suit la totalité du contour par un mouvement non interrompu. Dans le premier cas, ,on accuse l'accent, et l'on ne perd pas de vue l'intégrité de la forme ; dans le second cas, on poursuit la continuité et la netteté du trait, au détriment de l'intégrité de la forme que l'on néglige pour ne penser qu'à l'image. C'est dans ces deux modes de procéder que se trahissent les caractères et les manières de sentir personnelles. Le second mode entraîne la mollesse et la rondeur des formes, et le dessin devient une sorte de calligraphie où l'on s'attache à la propreté et à la sûreté du trait. Au contraire, le premier mode qui se lie généralement à un vrai sentiment de l'art, ne s'atteint pas du premier coup, et c'est au milieu d'un fouillis de traits et de lignes que le véritable artiste finit à la longue et sans se départir de la recherche incessamment active de la forme, par la découper et l'accuser en quelques traits énergiques et derniers .

Un contour quelconque implique un à-plat, réel ou imaginaire, c'est-à-dire qu'une forme quelconque exprime un à-plat implicite ou explicite. Quand l'à-plat est réelj c'est au contraire

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le contour qui est implicite ou expliche, et les modes d'ornementation varieront suivant ces conditions. L'indication linéaire d'une forme représente un champ coloré ou bien un relief, et dans ce dernier cas il se joint aux traits principaux des traits secondaires qui sont harmoniques à la forme, ces traits sont des consonnances du contour et représentent le relief.

De même qu'on induit d'un contour l'existence d'un à-plat, de même aussi on induit du tracé figuratif d'une disposition comme une ombre d'à-plat corrélatif à ce tracé, et cela en vertu de cette tendance particulière " de l'imagination qui évoque à propos d'une figuration abstraite, une image à plat ou en relief, qui étend et gonfle pour ainsi dire les lignes et les points du diagramme figuratif. Cette extension figurative que l'on ne fait qu'entrevoir si l'esprit seul s'y attache, prend forme et consistance si les énergies vitales et esthétiques l'élaborent en vue d'une réalisation immédiate et individuelle à l'aide des matériaux réels et tangibles que fournissent les arts.

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