‹ Théorie de l'unité universelle (volume 2)Chapitre 53 sur 105 · Monopole maritime. 4. Pullulation alarmante · texte numérisé non relu

Monopole maritime. 4. Pullulation alarmante

^ Discordes enracinées.

Tels sont les germes d'où ta philosophie tire l'augure d'une perfectibilité colossale sans entrer dans aucun détail ; car toutes ses opinions sur l'avenir ne sont qu'escobarderie , refus d'augures méthodiques dont elle esquive le problème en nous promettant des torrents de perfectibilité : elle nous gasconne comme les diseurs de bonne fortune qui promettent : à la jeune fille , qu'elle va être heureuse en amour et mariée à celui qu'elle aime ; puis à sa mère, qu'elle va recevoir comme Gulistan deux dromadaires

spirituelle d'enseignement. On y joindra l'intégralité matérielle; 1°. par les ouvrages indiqués (III, 387), dont on meublera la bibliothèque minime (destinée à l'enfance); 2°. par le concours de lumières et de centenaires instruits en tous genres , et qui abonderont dans les divers cantons.

Cette réunion complète de moyens matériels et spirituels élèvera, dans chaque Phalange, l'enseignement au degré intégral composé ; perfection très-supérieure à celle que peuvent offrir aujourd'hui les capitales de Paris et Londres , où l'enseignement est à une distance infinie du degré intégral composé. Au reste , il n'est qu'au berceau tant qu'on ignore la voie des progrès rapides , l'analogie des substances avec les passions ( Pivot inverse).

II reste à parler du procédé employé pour la distribution de l'enseignement harmonien ; c'est le mutualisme cornposé convergent, bien différent du mutualisme simple, récemment introduit dans les écoles civilisées. Je vais en traiter dans un petit article pivotai.

chargés d'or. Tels sont en substance les raisonnements de la philosophie sur l'avenir politique du corps civilisé.

Pour peu qu'on eût spéculé régulièrement sur le fâcheux quatuor d'éléments sociaux indiqués plus haut, on aurait reconnu dans la civilisation actuelle un corps qui tombe en caducité, un empiétement de tous les vices politiques , et une imminence de crise funeste qui serait la chute en A*, phase ou féodalité mercantile ( II, 207 ) ; la coalition des Crésus de la haute banque avec les grands propriétaires, pour museler cette populace croissante depuis la vaccine, bâillonner les insidieux apôtres de liberté, partager le gâteau de féodalité entre le haut agiotage et la noblesse, établir la féodalité composée au lieu de la simple. Telle est, au plus juste, la perfectibilité ou court à grands pas la civilisation moderne.

X CHAPITRE PIVOTAI.

Procédés d'Enseignement harraonieo.

Quelques hommes respectables, tels que Montaigne, Rollin , Rousseau , ont pensé avec raison qu'il faudrait introduire dans l'enseignement une attraction respective ou intimité entre les maîtres et les disciples. Rien n'est plus vrai : mais cette sage intention est , comme tant d'autres, incompatible avec le régime civilisé : elle est contrariée,

D'un côté par la répugnance des enfants pour l'étude qui manque de véhicules attrayants ;

D'autre côté par la triste condition et le médiocre salaire auquel sont réduits les instituteurs.

L'état sociétaire fait disparaître ces deux vices ; la civilisation ne peut pas même en extirper un seul. Ainsi, les Montaigne, les Rollin, les Rousseau, ont fait un rêve extra-civilisé, quand ils ont souhaité que le goût au travail et l'intimité entre élèves et maîtres, pussent régner dans les écoles actuelles.

Ce qui manque à nos grands hommes dans les occasions où ils ont des vues louables, c'est de ne savoir pas s'élever à reconnaître, que tout ce qui est beau , honnête, sage , grandiose , est incompatible avec la civilisation, et qu'au lieu de perdre du temps à rêver l'introduction du bien dans ce cloaque de vices qui ne saurait le comporter, il faudrait s'évertuer à découvrir une société différente et compatible avec le bien.

Le rêve de ces doctes personnages se réalise en éducation harmonienne ; il y forme l'un des procédés d'en seignement, le pivot spirituel Y; c'est une double

affinité des esprits, Attraction composée réciproque ; c'està-dire, intimité et bienveillance entre les matlres et élèves ; puis empressement respectif aux fonctions exercées , attraction du maître pour distribuer l'enseignement, et du disciple pour s'initier à la science.

Dans un tel état de choses, les progrès des élèves seront rapides , gigantesques ; mais il faut briser sur ce sujet, le laisser en suspens jusqu'à l'exposé des équilibres passionnels, sans la connaissance desquels on ne saurait apprécier les moyens d'où nattra cette intimité entre des âges et des classes qui 'aujourd'hui ne sont rien moins qu'en sympathie.

Dissertons donc sur le pivot matériel , second procédé distributif déjà désigné sous le nom d'enseignement mutuel, en mode composé convergent,

* Depuis quelque temps, les Européens semblent avoir entrevu quelque parcelle du procédé harmonien en distribution matérielle de l'enseignement. Ils ont, s'il faut les en croire, inventé un système d'instruction mutuelle, que d'autres disent renouvelé des Grecs ( de qui on a reproduit tant d'idées qu'on donne aujourd'hui pour neuves. Voyez à ce sujet l'ouvrage de Dulens , sur les découvertes attribuées aux modernes).

Je me garderai bien de prononcer sur le procédé, car je ne le connais pas. Tout ce que j'en puis affirmer, c'est qu'il est d'ordre simple , et par conséquent très-insuffisant. 11 ne se combine point avec le procédé pivotai spirituel Y, indiqué plus haut. Voilà pour premier vice , une lacune des plus énormes, l'absence de l'un des deux . éléments dont se forme le mode composé convergent.

Autre monstruosité! Ces écoles d'enseignement mutuel sont, comme les collèges , des réunions d'êtres

disparates, hétérogènes, sans esprit de corps, sans intérêts communs , sans unité de mœurs et de principes , sans rivalités graduées, sans concert dans les travaux autres que ceux de l'école. Ces masses divergentes ne peuvent guère éviter les duplicités d'action ; aussi s'est-elle déjà manifestée par des jalousies entre les savantins et les ignorantins. Une voie d'instruction nouvelle est devenue un brandon de discorde, un aliment des esprits de parti. De quel coté sont le bon droit et l'utilité? Je ne le sais ni ne m'en informe ; je me borne à remarquer la fâcheuse propriété qu'a l'ordre civilisé de faire naître le mal des éléments du bien ; je conclus de là que c'est folie de vouloir améliorer la civilisation par des nouveautés quelconques. II n'y aura d'innovation précieuse que celle qui nous ouvrira l'issue de cet abîme social.

Pour opiner sur le fond de la question, il me parait que les mutualistes ont entrevu partie du procédé de la nature, la distribution progressive de l'enseignement.

Parmi nous , les enfants envoyés à une école sont confondus péle-méle sans classement. Lorsque cent étudiants fréquentent un cours, il faut que le professeur abonde à servir et endoctriner toute celte pétaudière, dont les 3^4 au moins sont incapables de raisonner avec lui, et, qui pis est, n'en ont aucun désir. Il peut s'en rencontrer une dizaine de bien disposés : c'en serait assez ; car un professeur ne doit jamais avoir plus de 8 à 10 élèves; il est matériellement impossible qu'il donne des soins efficaces à une réunion qui excéderait la douzaine.

Les sibyls et sibylles d'Harmonie n'admettront que ce petit nombre de disciples titrés pour la conférence indivi- . duelle. Ensuite l'instruction se disbribuera par degrés, par des pro-sibylset sous- sibyls qui, aspirant aux grades supé-

rieurs, et reconnus aptes à donner l'enseignement de 2e., 5e., 4e. degrés, jouiront déjà d'une répartition sur le dividende alloué au corps sibyllin.

Nos écoles n'admettent pas cette échelle progressive et sociétaire d'instituteurs. Callisthène est chargé d'enseigner la rhétorique ; il en doit enseigner seul toutes les branches ; il n'a pas dans son école de vice-professeurs et sous-professeurs co-intéressés comme le sont les entrepreneurs d'un pensionnat. L'Harmonie établit cette graduation en toute espèce d'enseignement sur les cultures et manufactures comme sur les sciences et arts.

Baucis est archi-sibylle des fruitiers de la contrée du Latium. Elle réside à la Phalange de Lucrétile, où sa célébrité a créé par le fait une université en fruitisme. Beaucoup de jeunes gens d'un et d'autre sexe viennent passer une campagne au caravenserai de Lucrétile , pour s'y former à l'art de fruitiste praticien. S'il fallait qu'elle donnât l'instruction à cette multitude, elle serait excédée et hors d'équilibre passionnel ( section 8e. ) : mais elle a sous sa direction ,

3 ou 4 pro-sibylles ou pro-sibyls ; 40 à 12 vice-sibylles, plus, des sous-sibylles, tous vivement intéressés à soigner l'enseignement , par espoir de s'élever aux fonctions supérieures du corps sibyllin, qui sont électives et sont le prix d'une renommée constatée.

Chacun de ces suppléants exerce en diverses branches et se partage les élèves, selon l'espèce et le degré. On n'a recours à l'archi-sibylle que dans les cas embarrassants ; elle ne confère qu'avec une dizaine de disciples titrés et transcendants ; les autres élèves ne sont pas moins for-

més à son école , à ses méthodes. Est-ce là le procédé Lancaslrien? s'il opère ainsi, en co-intéressant tous les agents, il est conforme au vœu de la nature sur une branche du matériel seulement *, et non pas sur la seconde ** : en outre il est pleinement en défaut sur la branche du spirituel , car je sais que dans ces écoles on inflige des punitions et pensums. En Harmonie où l'enseignement est faveur sollicitée , on se garde bien de punir; on refuse l'enseignement à celui qui montre de la tiédeur. Un tel élève serait hors de procédé spirituel , hors d'attraction composée réciproque : voyez plus haut.

Quant au procédé matériel ou mutualisme d'enseignement, il doit , pour être intégral , s'étendre aux plus petits enfants, c'est-à-dire que, parmi les bambins mêmes, il doit exister déjà de petits sibyls titrés, aptes à donner l'enseignement à de moindres bambins, et passionnés pour ce genre de travail , qui sera plus fructueux de la part des enfants que de la part des hommes faits, conformément aux lois du charme corporatif ascendant (46) et note F (34).

Dans notre civilisation perfeclibilisée , un professeur mesquinement soldé et recevant tout à point autant de traitement qu'il en faut pour ne pas mourir de faim, est obligé de suffire à une cinquantaine , à une centaine d'éludiants. Qu'arrive- t-il? Qu'il leur donne des leçons superficielles, expèditives. Chacun de part et d'autre ne s'occupe qu'à éluder la tâche, et n'attend que l'épuisement du clepsidre. La plupart n'écoutent pas le professeur, qui de son côté s'inquiète fort peu si on l'écoute : il en donne au public pour son argent. Désordre inévitable dans tout système où l'instruction n'est pas sollicitée comme faveur, et progressivement distribuée.

Par contre, les leçons, en Harmonie, sont d'autant plus fructueuses en tous degrés, que les maîtres étant nombreux, [et les professeurs non élus, mais suivis par confiance], se bornent àquelques élus qu'ils affectionnent, et que les élèves sont en affinité avec les maîtres et avec la science.

il résulte de ces détails que l'enseignement mutuel qui n'est qu'en mode simple et divergent parmi nous, devient composé convergent dans l'état sociétaire; s'il ne s'élève pas à cette hauteur, son utilité ne peut être que trèsmédiocre ; on n'est jamais dans les voies de la perfection sociale , tant qu'on opère en mode simple.

J'ai observé (H , 75) que les Français qui revendiquent après coup toute découverte, prétendent que l'école de Lancastre n'a rien inventé en ce genre, et qu'un des leurs en a tout l'honneur. D'autre part, les détracteurs assurent que le mutualisme n'est qu'un emprunt fait aux sophistes grecs. Pourquoi donc tant d'érudits fouillant depuis si longtemps dans les archives de l'antiquité, n'onl-ils pas su reproduire et accréditer celte méthode? Le génie moderne est donc bien tardif, bien noueux quand il s'agit de retrouver les procédés utiles que le temps ou les préjugés nous ont fait perdre.

A supposer que cet enseignement mutuel , dépeint par ses antagonistes comme une réminiscence des écoles de Pythagore, soit vraiment conception du génie moderne, il nous faut donc 5000 ans pour pénétrer le moindre mystère de la nature! un procédé dont elle suggère l'invention à tout maître un peu surchargé d'écoliers! et à peine ce procédé est-il mis en scène, qu'on donne le quadruple scandale

de le dénigrer comme inutile et dangereux ;

de le ravaler comme un réchauffé de l'anliquilé ;

d'en faire un levier d'esprit de parti;

d'en faire l'objet d'un plagiat sur les Lancastriens. Que de malfaisance dans les esprits civilisés, que de lenteur dans leurs inventions , quel chaos de vice et d'impérilie dans celte société qui vante à chaque pas ses perfectibilités, quand il est évident qu'elle décline en 4e. phase; et combien doivent être confus ceux qui voulaient perfectionner cette lymbe de misères, lorsqu'ils apprennent enfin qu'on avait (II, 142) seize voies pour en sortir, et que l'option sur toutes ces issues est dès ce moment offerte au genre humain!

Quelle chance pour les Français! Si je la faisais trop valoir, ils me prendraient pour un intrigant littéraire, cherchant à les subtiliser. Qu'ils ne s'y trompent pas : je connais le terrain , et je ne spécule pas sur eux , bien convaincu que la France est encore ce quelle a toujours été :

Le paradis des jeunes femmes, des sophistes ou beaux esprits, et des animaux inutiles;

L'enfer des femmes âgées, des inventeurs ou bons esprits , et des animaux utiles.

Un tel pays n'est-il pas nécessairement l'antipode de la raison sociale , bien qu'il soit le foyer des illusions qu'engendrent le sophisme et l'abus du raisonnement! apostrophe peu flatteuse pour eux, mais indispensable de ma part. C'est une réplique anticipée au reproche qu'ifs m'adresseront bientôt, de ne les avoir pas très-sérieusement avertis des dangers d'un jugement superficiel sur la découverte du calcul de l'Association, des risques de manquer l'acquittement de leur dette consciencieuse et fiscale de douze milliards. Ce sera le sujet de l'Ullcrlogue.

POSTIENNE. — Dès le Pré-Lude (1 ) j'ai indiqué le but de l'éducation harmonienne, I'unite, par voie de X intégralité composée qui achemine à l'unité.

Si quelque branche du régime que je viens de décrire s'écarte de cette règle; s'il n'est pas intégral composé, embrassant (2) toutes les fonctions du corps et de l'âme, et élevant à la perfection tous les ressorts corporels et spirituels, qu'un plus habile me supplée et rectifie mon plan , mais en se ralliant au principe de l'unité par voie intégrale composée.

Nos systèmes procédant en sens contraire , ne s'étudiant qu'à comprimer le corps et l'âme , ont dû arriver à l'opposé de l'unité. Aussi l'éducation chez nous formet-elle trois sortes d'êtres bien distincts et bien antipathiques : les grands, les moyens et les petits; classes à qui l'éducation inculque des principes lout-à-fait contradictoires : il le faut dans un état de choses qui n'est qu'une guerre sociale méthodique.

J'ai démontré que nos théories sont erronées, en ce qu'elles procèdent toujours par méthode simple , appliquée uniformément à des masses d'enfants qu'il faudrait au contraire stimuler aux essors contrastés, et conduire, Les uns au beau par la route du bon- Les autres au bon par la route du beau.

En outre , nos systèmes ne voient que vice dans toutes les impulsions que la nature donne à l'enfant : les petites filles ont tort d'aimer la parure et la danse ; les petits garçons, tort d'aimer la malpropreté et la gourmandise. Dès lors, à en croire nos sophistes, la nature a tort eu tout et partout; elle n'a pas su organiser régulièrement les humains^

J'ai répondu à cette prétention de Titans qui veulent régenter Dieu, lui apprendre à créer les mondes et les passions. J'ai prouvé que tous ces prétendus vices de l'enfant deviennent des germes d'unité sociale, si on les emploie en Séries contrastées, et que, selon l'opinion d'un de nos fameux sophistes, J.-J. Rousseau, t tout est > bien sortant des mains de l'.auteur des choses ; tout dé- » génère entre les mains de l'homme, » c'est-à-dire de l'homme civilisé; car on a vu que l homme harmonien ne s'attache qu'à utiliser, et non pas corriger ni réprimer les penchants que l'auteur des choses a donnés à l'enfance.

Quel fruit recueille-t-on de ces systèmes répressifs ? La fausseté générale des enfants et le malheur des pères qui trouvent dans le lien paternel souvent plus de tribulations que de plaisirs.

Sont-ils pauvres? l'enfant est pour eux une surcharge dès le bas âge. Etourdis par ses cris, affadis par sa malpropreté, ils maudissent dés la deuxième année ce lien conjugal , ce ménage dont ils reconnaissent trop tard le piège.

Quelques riches pourvus d'amples appartements et de nombreux serviteurs sont délivrés de cet importun tracas, et relèguent les marmots loin du salon. Mais pour un riche , n'est-il pas cent pauvres obligés de supporter nuit et jour les incommodités de cet enfant, qui peut-être n'est pas le leur? Cette incertitude de paternité est le côté odieux du régime conjugal, le vice qu'il fraudra rappeler sans cesse, et démontrer par calcul bien régulier; car tout est d'accord en civilisation pour en imposer sur ce chapitre.

On a vu que l'éducation harmonienne est une source de charme perpétuel pour les pères : délivrés des soins

fatigants qu'exige le poupon, exempts de toute surveillance pendant le cours de l'enfance , exempts des corvées d'établissement et dotation dans l'âge pubère, ils peuvent se livrer pleinement à leur impulsion naturelle , au plaisir du gatement (34); plaisir sans lequel les pères sont malheureux, par interverlissement des tons(0 passionnels (II, 515).

Une vérité dont le lecteur a pu se convaincre dans le cours de ce deuxième livre, c'est que dans l'ordre actuel il n'est pas possible , môme à un souverain, de donner à ses enfants l'éducation voulue par la nature, l'essor intégral des facultés du corps et de l'âme, et que cet effet ne saurait avoir lieu hors des Séries passionnelles.

Ainsi notre état social, qui veut fonder le bonheur domestique et public sur les plaisirs de famille , n'a pas la moindre affinité avec la nature , dans la principale des relations de famille, dans l'éducation! qu'on juge par là du prix de ces systèmes qui, voulant nous ramener à la simple

(i) Comme le lecteur peut s'ennuyer de recourir à ce tableau des tons, montrons- lui le principe en action. Quel est le père vraiment heureux , ou d'Henri IV qui , obéissant au vœu de son enfant , lui sert de cheval et marche à quatre autour de la chambre devant l'ambassadeur d'Espagne; ou de ce père moraliste mis en scène par Diderot ( et que je crois avoir déjà cite' ) ? Il résiste pendant cinq actes aux volontés de son fils , et finit par céder, en disant : « Qu'il est cruel , qu'il est doux d'être père ! Il n'est heureux qu'au moment ou il cède a la nature, au ton descendant, déférence des supérieurs aux inférieurs» Henri n'attend pas cinq actes ; il cède à l'instant même, et pour son bonheur, car les pères comme les amants sont plus heureux par le gâtement ou idolâtrie, que par la raison impérieuse; les deux affectives mineures plaçant le bonheur dans l'idolâtrie et la déraison.

nature , ne connaissent en éducation ni la simple , ni la composée intégrale, et pourtant sont révérés comme torrents de lumière : je donnerai , à l'Ultra-Pause , sur un fragment du Télémaque , la mesure de leurs lumières.

Page 1