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chaqae année en magasin , si on n'habituait pas les individas riches ou pauvres à consommer» en solides et liquides, le triple de ce qu'ils consomment dans l'état actuel où, malgré l'exiguilé des récoltes , on éprouve déjà le fléau de l'encombrement local et de l'avilissement des denrées.
J'ai voulu , sur cette importante question , donner une leçon d'équilibre en économie intégrale composée ; elle doit être :
Intégral^ , c'est-à-dire embrassant tout l'ensemble des produits, ou du moins tout l'ensemble d'une branche , comme les graminées, si on ne spécule que sur cette branche seule;
Composée, c'est-à-dire donnée en preuve et contrepreuve du petit au grand comme du grand au petit, et en convenance interne avec les tempéraments, externe avec les rivalités industrielles.
Conformément à ces principes , j'ai dû , au sujet des graminées , mettre en sçéne la pâtisserie considérée comme branche minime en consommation de farines , et choisir dans la pâtisserie ce qu'il y a de plus petit , les petits pâtés examinés dans leurs rapports d'harmonie avec une armée immense , et avec les intérêts du globe entier. ( A la rigueur , il eût fallu choisir le croquet ou autre minutie plus rapprochée de l'infiniment petit en farine ; il se trouve dans la confiserie. }
Pour plaire à nos équilibristes et économistes, il faudrait représenter cette grande armée livrée à une demidouzaine de fournisseurs, qui la feraient mourir de faim pour le bien du commerce , ou lui donneraient du pain noir immangeable, en faisant payer du pain blanc à l'état.
Notre objet ici est fort différent : il s'agit d'examiner
564 ASSOCIATIOH COHPOftis.
eomment eelte année pourra, sur ane brës-petile branche de coosommatioD , sur les petits pâtés» opérer en système intégral composé , se ralliant aux plus grands intérêts da globe.
Le premier de ces intérêts est la gastrosophie » on art de consommer en raison du produit , et par conséquent éleyer la consommation, sur les farines comme sar d'autres objets , au triple de ce qu elle est aujourd'hui individuellement.
Si on ne résout pas le problème sur une miputie comme les petits pâtés, on ne le résoudra pas sur les branches supérieures, comme le. pain. Les beaux esprits , daos leurs gloses, ne tiennent aucun compte de cette connexion du petit au grand.
Un critique judicieux aurait envisagé tout autrement la question , et m'aurait dit : c $1 vous connaissez en plein la théorie des équilibres , donnez-en une preuve par emploi composé , par combinaison d'équilibres infiniment petits et infiniment grands en consommation de graminées.
J'ai satisfait d'avance à ce problème, en choisissant l'objet le plus petit dans une branche très-minime, la pâtisserie : je l'ai traité en équilibre composé intégrai, en convenance matérielle avec • Téchelle générale des tempéraments, et convenance spirituelle avec les intrigues émulatives du globe entier.
En choisissant pour exemple d'infinitésimal deux sujets dignes de raillerie , j'étais assuré de prendre au trébuchet deux classes de critiques : les sophistes, qui croient trouver â mordre sur les calculs facétieux , et les pusillanimes f signalés à la médiante (II, 188), qui croient tout perdu quand on s'écarte des graves calculs de cette philosophie moderne, qui, ayec ses perfectibilités de
UVRR lU. SfiCTlON VI. 365
droits imprescriptibles, n'aboutit qa à ensangiaoter l'Europe depuis 30 ans» et faire nattre la famine au sein de rabondance.
La seule objeclion spécieuse qu'ils pourraient m'adresser , c'est qu'en annonçant ici une harmonie infinitésimale ou de 8®. degré , j'en donne une de 3'. , poiscpie la thèse des petits p&tés n'est établie que sur 32 espèces et 32 tempéraments.
Je me suis restreint à ce 3'. degré, sachant que c'en est déjà assez pour effaroucher les pygmées. J'aurais pu, on spéculant sur une réunion de 600,000 industrieux , décrire une harmonie de 8®. degré qui n'exige que 300,000 coopérateurs en série convergente. L'armée aura foule d'autres intrigues en 8®. degré , ne fût-^ce que sur le pain. Mais il suffit bien d'un 3^. , sur une minutie comme le petit pAté, qui est lui-même de 8®. degré quant au rang qu'il tient en fabrication de graminées, et qui pourtant nous a fourni un moyen d'intrigue universelle.
Bref, cet aperçu des accords infinitésimaux ne paraîtra frivole qu'aux lecteurs vraiment frivoles, à ceux qui , ne jugeant que sur les apparences, méprisent les petits moyens en équilibre. Je leur ai démontré que le plus petit , comme la combinaison sériaire des vUnins goûts de iS®. degré, fournit une harmonie applicable â l'humanité entière ; de sorte que le plus minime des ressorts eng^dre ta plus immense des unités passionnelles.
Pour désabuser le lecteur de ces préventions contre les petits moyens, il a convenu de l'exercer un instant sur deux de ces petitesses apparentes ^ dans les deux articles Infinitésimal inverse , les vilai&s goûts , Infinitésimal direct, les minuties gastronomiques.
Un tel choix est beaucoup plus régulier que n'aurait
366 ASSOCIATION COMPOSée.
été celui d'une industrie grande à nos yeux , comme celle des rivalités sur l'encaissement des fleures ; fonetion que j'ai assignée à l'armée d'Euphrate. Je dois préférer les détails propres à confondre le préjugé , la fausse grandeur qui traite de petitesses les calculs hors de sa portée. C'est un TÎce dont il faut se corriger , si l'on veut s'initier à la théorie de l'équilibre passionnel, toujours composé, opérant toujours sur l'infiniment petit comme sur l'infintment grand.
Rectifions tous ces faux jugements par un rappel aux principes. Comment harmoniser les passions d'une armée de 600,000 individus, hommes et femmes ; la maintenir en plein accord avec 600 Phalanges locales dont elle habite les caravenserais ? Un civilisé répondrait avec les Algériens : on mettra le bon ordre en fusillant et coupant de$ têtes. Rien de cela : il faut que l'armée s'accorde par attraction : il faut donc l'intriguer, selon les lois des trois passions distributives.
i^. Selon la cabaliste^ il faut que cette armée opère par séries sur toutes ses fonctions, sur les repas comme sur les encaissements de fleuves, et sur tous les détails du repas, depuis le pain jusqu'aux pâtés grands ou petits. Tout ce qui ne serait pas distribué et intrigué par séries, deviendrait source de discorde.
i9. Selon la composite ^ il faut savoir créer à cette armée des sujets d'enthousiasme et d'intrigues générales rehaussées par intervention du globe entier, appliquer cet enthousiasme aux plaisirs comme aux travaux. Or, sur quel plaisir opérer ? Sur celui de la table , puisqu'il est de première nécessité. Eh ! sur quelle branche de la table? Sur les très-petites comme sur les grandes, afin d'opérer en ordre composé intégral.
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3^. Selon la papillonne ^ il faut que Tarmée ait un alternat dans ces yasles intrigues ; elle a celui des cabales relatives aux systèmes d'encaissement ; je l'ai omis , n'étant pas en état de traiter cette matière qui est de la compétence des ingénieurs.
C'est ainsi qu'avec une légère connaissance des lois du mouvement, personne ne se serait aventuré dans cette sotte critique où seront tombés les neuf dixièmes des lecteurs.
Achevons de confondre nos Arislarques sur leur adhésion aux intrigues de récréation stérile. Chacun d'eux n'est-il pas sujet è jouer aux cartes ou autres jeux? Quel est son but ? De s'intriguer , pour donner essor à la cabaliste ; c'est reconnaître la nécessité de donner cours à cette passion.
Si l'on disait à ces savants, qu'uqe armée d'Harmonie joue aux cartes dans ses loisirs, ils jugeraient la récréation louable ; elle ne l'est pas ; on dédaigne en Harmonie les récréations improductives» comme le jeu. On a des moyens d'intrigue réelle et productive , soit en cultures et constructions aux heures de travail, soit en beaux arts aux séances du soir» soit en gastrosophie , science infiniment précieuse, et sans laquelle les harmoniens seraient bientôt, comme les Français de 1822, misérables au sein de l'abondance. Pour éviter le sort des propriétaires et fermiers français, pour consommer l'immense quantité de leurs graminées, qu'auront-ils de mieux à faire que d'appliquer intégralement la gastrosophie à tous les emplois du grain, y compris les plus petits, comme pâtisserie, confiserie, et organiser dans une grande armée les luttes propres à faire un choix hygiénique entre les méthodes de 60 empires ?
Ici la maligoitè s'est prise an trèboehet : les orgaeilleiii ont besoin de ces pièges périodiques; je leur en tendrai pins d'une fois , poor leur apprendre è donler de leors arguties, et à reconnaître que Beaumarchais les d lûen jugés , en disant d'eux : que le$ gen$ d'eêprit 9oni hêU$ (surtout quand ils feulent enseigner la science de réquilibre social à celui de qui ils doirent l'apprendre )!
Appendice. Ces notions abrégées sur l'essor infioitésimal des passions et de l'industrie deviennent on sujet d'orgueil pour les Français, nation qui a le plus d'aptilude au raiBnemenl infinitésimal. Observons^n les germes en diverses (acuités sociales do Français.
1^. Dans sa littérature, bien plus châtiée que celle àe% antres nations, plus exigeante sur les unités et les finesses de l'art.
2^. Dans son industrie où les dessins sont plus soignés, les formes plus gracieuses , les caprices de la mode pins raffinés, plus multipliés que chez toute autre nation.
3^. Dans ses amours : le Français est plus subtil en courtoisie , plus quintessencié en coquetterie , plus fécond en intrigues , et par conséquent plus rapproché de l'essor infinitésimal ou raffinement hyper- nuancé.
40. Dans sa cuisine, où il obtient la palme, de l'aveu même de ses détracteurs, et où il sait s'élever des variétés aux ténuités de nuances, approcher plus que tout autre des minimités, et tendre aux infinités.
Enfin dans son aptitude à varier les plaisirs , à vivre ii bien et $i vite ; expression des Parisiens, qui dépeint avec justesse le but du régime infinitésimal. Pour vivre si vitCf voltiger sans cesse de plaisir en plaisir, il faut en avoir grande affluence , et savoir y établir une succession
UV&£ UI. SBCTION VI. 369
oppoiiane qui eo prévienne Texcès* Tel est l'effet des emplois de Tambiga et de l'infinitésimal réunis : en désirer le fruit y l'art de vivre si bien et si vite, c'est prouver qu'on est fait pour les hautes harmonies. Yoilà le beau côté du
Français.
Les autres peuples n'ont qu'une tendance bien moindre aux passions hyper-nuancées ; encore sont-ils limités quant aux genres. Le Français en embrasse 4 que je viens de citer, et peut-être davantage; on en trouvée peine un en dominance chez les autres nations.
Le Français a la même aptitude aux essors de passions ambiguës (Sâ8) qui, méprisées et nuisibles dans l'état civilisé, sont du plus grand prix dans l'état sociétaire, où les deux rôles de haute Harmonie sont l'ambigu et l'infinitésimal.
C'est donc lé Français qui parait la nation la plus faite pour l'Harmonie sociétaire. Aucune nation n'aurait de plus beaux moyens pour y figurer, à part quelques taches, comme celle d'oreille fausse, qui sera un grand vice dans le nouvel ordre.
Hais en balance générale de titres , il est évident que les Français, et surtout les Parisiens, l'emportent de beaucoup en aptitude aux raffinements de toute espèce qu'exige le mécanisme d'Harmonie.
Quel dommage pour eux que l'esprit de détraction , leur maladie endémique, les excite à retarder leur propre bien-être et celui du monde entier, en contrariant une découverte dont il leur serait si facile de prendre l'initiative d'épreuve et s'allouer le bénéfice de fondation !
A ces mots , ils pourraient me considérer comme un flatteur, quêtant leur suffrage, et cherchant parmi eux des fondateurs de l'Association. Je me garderais bien de
370 ASSOaATlON COMPOSÉE.
faire fonds sur eux pour l'initiatÎTe d'aucun bien. Je me borne à signaler leur duperie dans cette conjoncture ; ce sera un sujet d'intermède.
SUJET DULTERLOGUE.
Les Français doublement dupes de la Flatterie.
L''eDnui naquit un jour de l'unlfennïU*
Si cela est irai , les Français doÎTent être bieo blasët sur la flatterie, car ils en reçoivent continuellement des tributs dans les ouvrages que Paris Toit éclore, et dont les auteurs se croiraient hérésiarques, s'ils ne débutaient par encenser tons les ridicules de la belle France. Elle en est dupe comme on l'est toiiyours des flatteurs ; elle joue avec eux le rôle du oort)eau qui laisse tomber son fromage.
Si je débutais comme eux par des distributions d'encens, je serais suspect de vouloir les imiter, payer de sophismes au lieu de découvertes, n faut donc rappeler aux Français la double duperie où les engage ici leur goût poiv la flatterie, i^. Duperie de retard passé qui leur a déjà coûté 1,500,000 têtes perdues sur les champs de bataille ; plus les dommages pécuniaires et autres. 2^. Duperie de retard futur qui leur fera manquer l'acquittement de leur dette publique de 12 milliards, en manquant le titre de fondateurs du canton d'essai.
Voulant éviter le reproche de ne les avoir pas sérieusement avertis , j'ai dû me garder de ces éloges qui donnent à une découverte le ton de jonglerie , la teinte de spéculation littéraire. J'ai donné aux Français (368) le seul éloge qui puisse leur être utile, en prouvant qu'ils sont la nation la plus apte à flgurer dans l'Harmonie, par penchant à l'essor ambigu et au raffinement infinitésimal. Ils sont donc la nation la moins faite pour l'état civilisé , et la plus gênée dans cet ordre de choses. Aussi donne-t-il à leur caractère une foule de développements vicieux ( faux essors et faux contre -essors, 165), qu'on peut rapporter à trois branches ; les petitesses, les vices et les travers.
Pbtitbssbs. i'^. L'engouetnenl anti-national, même pour des étrangers qui les dédaignent, comme Grimm, cite à l'avant -propos; comme Kotzehue, qui vient à Paris les titrer de petits Français, bons tout au plus à raffiner sur la cuisine. Mais ces hommes sont étrangers; ils seront les idoles des Parisiens, en leur disant cent impertinences.
2". L^ servilité. Ou leur avait persuadé, en 1787, qu'un Français
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défait trembler devant la queue d'un Prussien , et qu'il fallait des coupa de bâton pour former de boas soldats. Le nUnistre St.-Germain faillit réussir dans ce beau plan. La nation la plus facile à conduire par le point d'honneur fut près d'y redoncer, par un ser?ile penchant à exalter ses rivaux. C'est yraimeot la vertu que précbele R. P. Franchi^ sous le titre d'amùur du mépris de-êoi''mime,
3°. La duperie. Ils sont partisans outrés de toutes vilenies qu'invente la cbarlatanerie mercantile; sucre de lait ou de raisin, café de chicorée, et vinaigre de bois ; toutes ces immondices trouvent chez eux des prôneurs empressés. Ils sont les premiers à s'engouer de faux systèmes, et les derniers à aocnetllir une invention utile.
4°. La mesquinerie. Elle édate surtout dans leurs libéralités. Oo peut en citer pour exemple récent, les dons relatifs à l'achat de Chambord. Que de lésine et de lenteur! on n'a vu d'empressés donateors que les maires qui donnaient le bien d'aufrui. Les royalistes sont-ils, comme tous les Français ,. prodigues de belles paroles 1 avares de dons effectifs? ils craignent sans doute de passer pour libéraux ; le jeune Dauphin ne pourra pas les en accuser (*).
5**. La fulilHé. Aucune nation n'est pins esclave et plus dupe de la mode. On a borné ce reproche à quelques torts saillants, oomme l'an-
(*) Déjà pareille lésine a eu lieu au sujet de la statue de Henri JV : des dons si lents, si réfléchis » qu'Us deviennent presque offenscmts pour celui qui en est Vobjet! Le grand Henri n'aurMt point voulu d*un homrmage si froidement rendu. Quant à son petit-neveu, je ne â&utepas que si on tut fait Hre à 20 ans les détails de la libéralité française dans Vaffaire de Chambord, H ne prenne en aversion le domabie qui en est le fruit. Je suppose que te neveu tiendra de Vaïeul,
On auraH dû f attendre, dans ces deux hommages, à quelque beoM mouvement , quelque noble élan ée la classe compétente. Il fallait que tes portions royalistes des corps électoraux souscrivissent individueUement ; elles le devaient, surtout depuis la loi qui restreint en leur faveur les droits des petits propnétaires h VHigibilité : dans ce cas, on aurait sans doute vu le parti libéral se piquer d'émulation , et déclarer qu'il ne voulait pas être en arrUre de générosité. C'eût été une explosion subite et collective de zèle national, au lieu d'une souscrlpticn stimulée et pitoyable. Mais les Français, soit libéraux, ^ott ilKbéranx, ne s'éltvent guère à la ubêbàutb. On les disait grande nation; oui, grande en mesquinerie et en excès.
Pour ne parler que de statues, on en a élevé par douzaines à Louis XIV; pas une seule h Charlemagne, à saint Lcuis, à François I*'., à Bavard, à Turenne!
tLTERLOGVE. 373
glomanie ; il es-est bien d'antres^ notamnieDi celui d'adopter on Tètement on meuble incommode et laid, parce qne celai qui réunit i'agréable et futile est mode de l'année précédente. Depuis 30 ans ils avaient renoncé aux btAnts d'étés le drap était obligé pendant la canicule ; enQn ils ont repris cette année le t)Ouracan léger; ils ont donc été bien dapes de s'en passer pendant 50 ans.
6». Le mouvais goût, H règne dans toutes leurs distribntioDs générales. Aussi leurs Tilles et TÎllages n'offreut-ils quedes amasdemaison* nettes, entassées comme si le terrain manquait aux constructions. L'on en est frappé lorsqu'on passe de Belgique, d'Allemagne et d'Italie, dans la bdle France, la belle Picardie, la belle Champagne PooiUease, le beau Yifarais. Ils ne sayent pas apprécier ni même discemer nne superbe campagne. Poissy, le plus beau site des environs de Paris, le local éminemment convenable pour capitale on résidence royale , est tout-à-fait dédaigné. On ne voit pas une maison de plaisance dans le snpert)e amphifhéà^e de coteaux dont il est entouré.
Vices. I<*. Faux patriotisme. Ils ne voient la patrie que dans l'esprit de parti, se consolant par une chanson de la perte d'une province, et afBuant dans les spectacles au moment où ils apprennent la déroute d'une armée ou d'une escadre. On ne connait pas de nation plus indifférente collectivement sur les intérêts et les malheurs de la patrie.
2°. Egotsine communal et individuel II n'est aucun pays ou les autorités municipales soient plus insouciantes sur les intérêts de la commune. On devient ridicule en France, quand on parait s'occuper sérieusement de ce qui peut être utile à une ville, à un canton. Ces soins n'étant partout qu'un masque d'intérêt personnel, on tourne en dérision celui qui les pousse jusqu'au degré de dévouement conunnnal.
Par suite, il n'est aucun pays où le lien d'amitié individodle soit plus faible, plus éphémère, et où les amis soient moins dévoués, moins serviables. On s'en aperçoit surtout dans les successions : le plus riche personnage ne léguera pas une obole à des amis pauvres.
S^. Cruauté inutile. De toutes les nations, le Français est celle qui maltraite le plus les animaux. Tout Français tournerait en dérision celui qui solliciterait pour leur épargner d'inutiles souffrances. Les bouchers, les cuisiniers, les enfants mêmes, n'ont pas- de plus grand plaisir que de torturer les animaux, et se croient justifiés en disant : Pourquoi sont-ils montons, pourquoi sont-ils veaux?
Â^, DéperdUion. L'on ne voit aucune nation plus dévastatrice. Le» Turcs ravagent par férocité et barbarie; les Français ravagent par instinct de malfaisance. Un soldat français à la guerre fait couler vingt tonneaux dans une cave, là où no Allemand se bornerait à prendre sonnécessaire. Effet natUMl du caractère français, qui, destiné à l'essoir
outré, iafinitésimal, ne coooalt aucunes homes dans la défastation, notamment dans celle des forêts.
9°. Injusticet méthodiques. On voit les Français frustrer à plaisir la plupart de leurs grandes villes. Reims, Yalendennes, Dunkerque, Lorient, n'ont pas même une préfecture, qu'il eût été si aisé de leur donner, sans contrevenir aux proportions moyennes de population départementale. Nantes n'a point de cour d'appel. Même injustice dans toutes les distributions de sièges inférieurs, et plus encore dans les circonscriptions. L'on voit d'anciennes capitales de grande province ou d'intendance, Limoges, Besançon, Poitiers, réduites à un petit ressort administratif qui n'est pas moitié de ceux de Saint-LÔ ou SaintrBrieux; d'autres, Nancy, Dijon, Montpellier, ont un ressort inférieur à ceux de Laon ou de Quimper^orentin.
Vingt bourgades, Guéret, Privas, Foix, Digne « Gap, Valence, Draguignan, Mende, Rodez, Alby, Montbrison, Vesoul, Lons-le- Saunier, Laon, Gbaumont, Mézières, Melun, Gbéteauroux, Tulle, Mont-de-Marsan, Vannes, QuimperO)rentin , et autres dont la plupart n'étaient pas même petits chefs-lieux , ont les mêmes administrations que Marseille, Nantes, Lille, Strasbourg, Qermont; une préfecture sans cour d'appel. C'est la sainte égalité des constituants, dépouillant les grandes cités, les grands propriétaires, pour donner an petit peuple.
N'est-ce pas être injuste à plaisir que de priver d'arrondissement une belle capitale d'ancienne province, Valenciennes? réduire à une justice de paix des villes de 10,000 habitants, comme Salins? On sait donner une province à Mont-de*Marsau, et rien à Rayonne. Je remplirais vingt pages des ridicules de cette distribution territoriale dont il fait dire comme des cartes mal données, tout à refaire,
ô**. Esprit vexatoire. Le Français jouit moins du bien qu'il possède que du mal qu'il voit souffrir à ses voisins ou compatriotes. Il n'est pas de nation plus imbue du faux principe , que pour assurer le bien des riches, il faut organiser le mal-être des pauvres. Aussi la France est-elle pleinement insouciante sur fout mal-être du peuple. On voit les soldais manquer de vêtements de propreté, comme le bas ou demi-baa qu'ils avaient en i789 : on s'en aperçoit à l'odorat , lorsqu'on passe à côté d'un régiment, et c'est une humiliation pour le soldat. Mais personne en France ne réclamera, bien qu'on sache que nul député n'oserait reftiser deux millions que coûterait ce service annuel. Il suffit, en France, qu'une classe pauvre soit privée du nécessaire, pour que toute la nation y adhère. Henri IV sous ce rapport était digne de n'être pas Français, puisqu'il souhaitait la poule au pot à toute la classe ouvrière. TiAviBs. f o. La ûêiraction nationale. Une palme scientifique n'a rien
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de flatteur pour eax, si elle peat répandre un lustre sur la nation entière. Tout antre pays serait fier d'avoir enleTé à l'Angleterre la découTerte des lois du mouvement , effleurée et manquée par Newton ; maie les Français sont indifférents sur la gloire nationale» à moins qu'une affaire de parti ne vienne les stimuler; à défaut > leur premier mouvement sera toiyours de traverser tout compatriote qui pourrait illustrer leur nation.
2^. Boue jatottsié. Leur capitale ne jouit que de l'avilissement des autres villes, et ne permet pas qu'elles aient de beaux édifices. On n'a pas acocMrdé à la ville de Lyon de mettre deux péristyles à colonnes sur la jdaoe BèUecour, la plus grande de l'Europe ; Paris se serait ombragé de voir un beau monument dans la seconde ville de France. Je connais telle cité à qui on n'a pas permis de placer quatre petites colonnes au portail de sa bibliothèque publique.
5^. Parisisme. Manie de ravaler les provinces qui auraient besoin de dégrossissement. L'on se plaît à leur en ôter les moyens^ pour favoriser les railleries d'antres provinces privilégiées et plus habiles à flatter. Toutes, au reste, s'accordent sur un seul point, sur le principe, Gniak Paris. Gniak Paris, Toutes se tiennent honorées si on leur fait quelque passe-droit pour l'avantage ou l'amusement des Parisiens.
4®. Borboui^o^e. L'esprit français est le plus ennemi de tonte méthode : aussi ne voit-on aucune nation plus amie de la mauvaise musique et des chanteurs faux. On la verra changer vingt années de suite les uniformes de ses régiments, et sans jamais établir aucune différence méthodique. Sembhible au Sauvage qui ne sait compter que jusqu'à iO, autant qu'il a de doigts, le Français ne sait pas trouver au delà de dix couleurs, quand il serait si aisé d'en employer cent aussi distinctes que solides , même sans recourir aux mélanges. La confusion est bien pire dans les affaires importantes, comme la division territoriale, et dans les opérations extérieures, comme les conquêtes et les catastrophes qui les suivent, effet nécessaire de l'antipathie des Français pour la méthode et la prudence.
5<*. ImpérUie politique, La France abuse de tout ce qui fructifierait ehn d'antres nations. La libeHé a fait prospérer les Etats-Unis, et chez les Français elle a causé tant de désordres , que les monarques en sont devenus les ennemis irréconciliables. Ainsi par la maladresse des Français, l'Europe se trouve privée de la dose honnête de liberté dont elle aurait pu jouir en civilisation.
. fio. ATysti/f cation diptomotiçtie. La France est toiqours, en dernier ressort, dupe de toutes les puissances. On persuada à Louis XV que s'il conservait la Belgique, ce serait agir en marchand; et là-dessus son plénipotentiaire à Aix-la-Chapelle déclara « que le Roi ne voulait pas
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» traiter en marchand, mais en Roi, et tout rendre. » Garder nue province qai rend cent millions , fi t cela est l)on poar nn mareband! Avec de pareilles sornettes on est assuré d'ensorceler la France. Gâgnât-elle cent batailles, elle est toujours mystifiée au dénoiunent, par un crocen-jambe dii^omatique, une ruse grossière à laquelle ne se laisseraient pas prendre les imberbes de toute autre nation.
Le grand Frédéric disait : « Si j'étais roi de France, on ne tirerait pas » un coup de canon en Europe, sans ma permission. • Il savait juger la politique française qui est jouée par tous les cidiinets , et ne sait faire valoir aucun de ses moyens. On peut dire de oe monarque ce qu'un député a dit des Suisses : Frédéric étaii nuUUur Français que wms.
Dans cette esquisse des mauvais côtés du caractère français, j'ai omis au moins la majorité des reproches possibles. Il me suffit d'avoir évité, par quelques lignes satiriques , le reproche de perfidie ; je Venoourrais si je prenais le ton de l'adulation; je mériterais vraiment lerepTOche d'avoir dupé les Français.
En effet, ils ne voient que spéculation littéraire, tactique de vendeur, dans un écrit qui leur donne de l'encens. Imbus à juste titre de cette opinion , ils me confondraient avec ces tacticiens mercantiles qui ont tous l'encensoir à la main. Dès lors envisageant ma théorie comme sophisme ingénieux , ils ne prendraient pa» au sérieux le reproche de la double duperie , ^ l'avis important à répéter, qu'après avoir perdu par délai passé 1,500,000 Ufes dans les combats, etc.. Us doivent se gttrder de délais fuUtrs qui causeraient le rejet de leur dette de douze mUhards.
En réitérant cet avis donné dès l'avant-propos, je dois me mettre à l'abri du soupçon de flatteur cherchant à les capter. Je dois rallier oet utile avertissement à un sujet qui soit l'antipode de la flatterie , à une kyrielle de leurs vices nationaux, exposés avec firam^ise.
Le tableau n*aura rien de désobligeant pour eux, ayant été d'avance balancé par un éloge aussi vrai que précieux (558) , par la preuve de leur aptitude aux deux rôles de haute harmonie , aux deux exercices passionnels d'ambigu et d'infinitésimal, dont l'entrave» permanente en civilisation, fausse le caractère lï'ançi^.
Elle y produit l'impatience et la versatilité si justement critiquées : les Français ne seront donc dans leur élément qfue lorsqnlla auront passé à l'état sociétaire : alors ils deviendront de fait, gfrande taafion et premier peuple du monde , par excellence en fonctions infittltéldnialei, dont on voit les germes dans leur littérature èl leurs habHndea, et même dans leurs défauts, comme la versatilité, qui deviendra perfection lort^ qu'elle sera appliquée à Tétat sociétaire, seul ordre oft elle puisse être utile.