Livre iv. âECtioN vu
joûi*s éik surabondance les moyens d'avancement et de bien-èlre pour lui et les siens.
Ces conditions une fois remplies parles Séries pass., on verra» en affaires d'ambition, les hommes aussi conciliants , aussi méconnaissables que le sont , du jour au lendemain , les convives de deux repas , Fun insuffisant , l'autre surabondant.
Un tel ordre sera l'opposé du mécanisme civilisé , où les moyens de fortune sont évidemment trës-restreints pour l'immense majorité, et où chacun est persuadé à bon droit qu'il risque au moindre revers de manquer du nécessaire.
En vertu de ces principes, l'harmonie a pour régie de décupler au moins les fonctions lucratives et honorifiques, ainsi qu'on l'a vu à la table (275) qui présente vingt sceptres au lieu d'un , y compris le masculin et le féminin de chaque titre. Encore ces sceptres s'étendent-ils à 13 degrés, depuis ceux d'un canton jusqu'à ceux du monde entier (table. Il, 376).
Mais où puiser les trésors nécessaires à payer tant de hauts dignitaires? Je réponds : qu'importent leur nombre et leurs émoluments, puisqu'ils produiront plus qu'ils ne coûteront? Le problème se réduit à rendre ces fonctionnaires productifs. Dans ce cas , le peuple sera d'autant plus riche qu'il aura plus de dignitaires.
Dans l'état actuel , un dignitaire est dispendieux sans rien produire, et c'est un sujet de glose pour les philosophes, qui ne s'aperçoivent pas d'un abus bien pire; c'est qu'en échelle de fonctionnaires publics , les infiniment petits sont bien plus ruineux que les infiniment grands. En effet :
Un soldat est un fonctionnaire bien pauvre ; il ne s'en-
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riofail pas aux dépens du fisc : il n'est pas mobs an îinproductif. Dira-t-on qu'il veille à la sûreté des prodacteurs ? Mais quand rien ne les menacera , quand la paix perpétuelle régnera sur le globe , il ne sera pas besoin de prélever, sur un milliard d'hommes , dix millions de travailleurs les plus robustes , et souvent le double , pour ne rien produire en cas de paix , et détruire immensément en cas de guerre; gens qui coûtent négativement, par le fait de leur enlèvement à la culture , au moins le triple de ce qu'ils coûtent en positif ou entretien. D'où il suit que , dans un état où le budget des militaires, ifiarins, douaniers, agents fiscaux, etc, est porté pour 250 millions, on doit ajouter le triple , 750 millions, produit éventuel de leur retour au travail.
Celte masse d'agents improductifs ou destruclifs qu'entretient é grands frai^ la civilisation est beaucoup plus coûteuse que la masse de fonctionnaires qu'étabUra l'Harmonie, pour satisfaire toutes les ambitions aujourd'hui comprimées et frustrées même chez les mopari^s, dont la plupart ne sont que des amljûtieux perclus, privés de tous les biens que le diadème devrait leur assurer.
Un monarque civilisé est toujours logé à l'ensaigoe des Justeg : après avoir payé les oflSciers de sa maigoa, il ne lui reste le plus souvent rien, et il a été roi à ses frais; car il dépense encore , en frais de rojrauté , le produit de ses domaines patrimoniaux , et , a^^és tant de déboursés , il n'a pas satisfait le vingtième des solliciteurs dont il est obsédé.
Un roi, dans l'ordre sociétaire , jouit de tou$ les avantages opposés ; il a a pas d'autre dépense à bire que celle de son entretien personnel, pas un seul officier à payer; parce que les officiers de s» couronne étant, aiwi que le