CHAPITRE n
Appilf matériab dlniiiitrie pour la Baiie EafMee.
Il semblerait plus méthodique de traiter d'abord des Doorrissops et des poupons : direrses eonsidèratioiis me dècideot à commencer par le plus âgé de trois ordres de basse eniance , par les bambins.
Nous ayons à examiner comment on bit naître chei eux LE Feu sACRiy le point d'honneur industriel; sentiment si inconnu des enfants ciyilisës » qui Tèprourent à contresens, en mode subversif. Ils n'ont d'émulation que pour mal faire ; le plus triomphant , le plus considéré des autres, est celui qui a commis le plus de dégftt.
Le régime sociétaire inspire à l'enfant , dés le plus bas âge y des inclinations tout opposées , le désir de se signaler dans vingt ou trente sortes d'industrie.
C'est vers l'Age de 2 1/2 à 3 ans que l'on commence à débrouiller l'énigme des vocations , qui » je le répète » sont au nombre de 20 ou 30 dans chaque enfant de 3 ans » quoiqu'on civilisation l'on ait peine à lui en découvrir une seule f à l'âge de 20 ans.
L'état sociétaire a de nombreux moyens de faire éclore chez l'enfant ces vocations industrielles. J'en vais citer • seize , dont trois » ont été déjà mentionnés séparément, c'est une sorte de récapitulation à placer en note(i).
(i) Ressorts iutébiels en éclosion des vocations.
* 1*. L'élëgance des ateliers-minîatares, a£fectës \ chacun
des Si^ristères.
* 9*. [Le furetage, flanage. ]
* 5*. L'appit des ornements gradués.
90 ASSOCUTION COMPOSis.
Aneone de ces amorces n'étant mise enjeu dans Tëdacation civilisée » on ne doit pas s'étonner si les enfants sont
* 4*. Les pri?il(^es de parade et maniement d*outils.
* 5*". L'avantage de cbobir dans chaque branche d^in-
dustrie , le détail auquel on vent se liyrer.
* ••. [La singerie.]
^ 7*. La manie îmitatiTe qui domine dans le bas âge.
Ressorts spuitoels eu écLOsioif des vocations.
** 8*. L*absence de flatterie paternelle , inadmissible dans Tordre sociétaire, ob Fenfant est jugé et remontré par ses pairs.
** 9*. Le ton ascendant (II, 545), ou inclination des en^ fiints a suivre Timpulsion de leurs camarades un peu plus âgés,
** 10*. [L'entraînement, la déférence graduée.]
** il*. L'agrément de séances courtes, joyeuses , intriguées et fréquemment variées.
** W. [La crainte da renvoi aux chœurs de demi-caractère.]
** 19*. L'enthousiasme pour les prodiges exécutés par les chœurs supérieurs [d'un degré] , seuk êtres que l'eniant choisisse passionnément pour modèles.
** i4*« Les émulations et rivalités entre chœurs et souschœurs contigus , émulations excitées par Tironie de ceux qui ont déjli obtenu l'admission en échelon supérieur.
** 19*. La pleine liberté d*option en travail et durée du travail.
** 10^. L'intervention oflScieuse des patriarcbes y très-aimés de la basse en&nce, et très-patients à lui donner des leçons.
X L'influence de la « série contrastée , des courtes
séances , » ordre qui peut seul exciter chez l'enfant le charme et la docilité nécessaires en études industrielles, [ et donner essor aux trois passions distributives , essor naturel du caractère qui, dans une phalange portée au grand complet, trouye et développe sans obstacle toutes les inclinations distribuées par la nature li chacun des- 810 caractères primitif. ]
LiTMBn. SSCTiOHin. SI
rétifs au tratail. Examinons brièyemeni l'infliienoe de quelques-uns de ces douze moyens d'Attraction ; étudionsles en matériel dans ce chapitre , et en spirituel dans le suivant ; distinction assez difficile » car les deux sujets se confondent presque toujours.
Deyisons d'abord sur l'influence des ornements et pri- TÎléges. Un beau panache suffit déjà» chez nous , pour séduire un yillageois» l'enrôler au régiment, lui faire signer l'abandon de sa liberté. Quel sera donc l'effet de ces parures pour enrôler un enfant au plaisir» à des réunions amusantes arec ses semblables?
Entreterops : expliquons-nous sur le mot priyilége, qui ferait insurger les farouches républicains. L'idée de privilège semble contradictoire ayec la pleine liberté dont les eoiants harmoniens doirent jouir ; précisons le sens de ce mot.
Dire que les enfants seront pleinement libres , ce n'est pas prétendre qu'on doive leur accorder des licences dangereuses. Il y aurait folie de permettre à un séraphin de 7 ans le maniement des armes à feu , ou aux chérubins de 5 ans , le maniement des haches. La liberté qu'on donne aux enfants consiste dans l'option sur toute fonction et tout plaisir qui est sans danger pour eux , et qui ne lèse point les convenances d'une autre corporation d'enfants. S'il plaisait à un [bambin, un] chérubin, d'arracher les fleurs cultivées par un groupe de séraphins , il y aurait lésion et motif de répression. [Hais cette malfatsance, ce vandalisme, ne pourraient se rencontrer que chez un enfant arrivant de civilisation et jamais chez ceux élevés dès le bas ftge en Association. ]
Les tribus de Tenfance doivent donc avoir des prérogatives graduées selon leur âge. La tribu 6, jouvenceaux
KtmS €t CtBKS ^ OB ■£ p'"^ W^ Aouwocr
âge de f2àfS lyS ss, jooil éidnitde dttfier à Faraie à fso, droit ^tHL mt sent pas pnidnt d'aeeofder an Ijcèeas ci Ijcécanes, âge de 9 à 42 ans. Cens-ci OBl le droit de aMmIcmr les diefanaaiDS, et de paraftie eo escadm da» les parades et lOHiœiifTes. Oo ne pourrait pas , sans imprudence» accorder cette mooliire au séraphins ^és de 6 1/2 4 9 ans. Us sont trop faibles pour manier nn cfaeral; mais ils ont dêgà le droit d'empto jer les petites hadies et antres ootib qui sont interdits aux cbèmbins de 4 1/2 à6 lAans. Ceuxci peorent manier des cooteanx, dseanx, rabots» fortes scies; conduire des chars & chien, et raquer & une foule de fonctions très-enTièes des bambins » & qui pourtant il est force de les interdire : on leur accorde seulement quelques accessoires et diminutifs. Par exemple , les hauts bambins ont remploi des petites scies d*un pied » propres à couper des bûchettes et allumettes , & exercer TenGuil, rbabituer de bonne heure au maniement des outils [ et à Tatelage des chiens. ]
L'impatience d'admission à ces pririlëges est un grand stimulant pour les enfants qui brûlent de s'ëleyer de triba en tribu, d'échelon en échelon, toujours empressés de devancer l'âge, s'ils n'étaient contenus par la sévérité des examens et des thèses : on en laisse le choix au récipiendaire, car il est indifférent que l'enfant prenne parti pour tel ou tel groupe industriel ; il doit seulement faire preuve de capacité dans certain nombre de groupes , qui, eo se l'agrégeant, attestent par le fait son interven* tion utile.
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Ces aitesiatioiis sont expërimeiitales » et nulle protection ne pourrait les obtenir, puisqu'il bat opérer et figurer adroitement dans les fonctions d'èpreuye. Les groupes et séries travaillent par émulation bien plus que par intérêt , n'admettent chaque postulant qu'autant qu'il est pourra de Taptitude nécessaire pour coopérer eflicacement , et soutenir arec honneur les riyalités du groupe luttant contre ceux des cantons voisins.
Les chœurs de l'enfance » même les plus petits qui sont ceux des bambins et bambines, sont en rivalité ouverte afec pareils chœurs [néophites] des Phalanges voisines. On rassemble les tribus homogènes de plusieurs Phalanges , comme 5 à 6 tribus de chérubins ou tribus de bambins» pour les faire concourir» lutter de manoBUvre à la parade» [à la procession»] à l'opéra» aux petits ateliers.
D'après cela » les chœurs même les plus jeunes sont pétris d'amour-propre et de prétentions » et n'admettraient pas un candidat maladroit; il serait renvoyé mois par mois » d'examen en examen » tant qu'on le croirait assez novice pour compromettre la renommée d'une tribu» d'an chœur» d'un groupe» etc.» [et au bout de 3» 4 ou 5 renvois» il serait classé aux chœurs de demi-caractére.] Les enfants sont des juges trés-rigoureux sur ce point ; l'affront du refus devient piquant pour ceux qui ont passé l'âge d'admission dans une tribu. Après six mois de répit et d'épreuves réitérées » ils sont » en cas d'insuflBsance » mis hors de ligne et relégués dans les chœurs de « demicaractère. » Les parents ne peuvent pas se faire illusion sur leur infériorité » ni prôner comme à présent la gentillesse d'un petit sot.
Notre objet spécial dans ce chapitre est l'éducation de la tribu des bambins seulement; mais pour en prendre
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connaissance 5 H faut, tout étant lié dans Tédncation harmonienne y observer le mécanisme des 5 tribus supérieures, dont celle des bambins doit imiter les dispositions.
Chacun des chœurs d'enfants trouve des travaux adaptés à ses moyens : la Difinité en a ménagé pour tous les âges. Par exemple, sur les voitures; les groupes de chérubins et chérubines qui cultivent de petits légumes et qui en font la cueillette , les conduisent aux cuisines dans des chars attelés de chiens , travaillent à l'épluchage , au lavage. Les groupes de séraphins et séraphines conduisent des chars moins petits, attelés d'ânons, et affectés au transport d'objets plus pesants. Les groupes de lycéens conduisent des chars attelés de chevaux nains; les groupes de gymnasiens mènent déjà ceux attelés . de chevaux moyens ; enfin , les jouvenceaux conduisent de grands chars et grands chevaux. On a soin d'établir cet ordre échelonné dans tous les ateliers et travaux , afin d'exercer chaque enfant selon ses facultés. Même graduation industrielle pour les chœurs féminins.
Les enfants étant trés-fidélesà l'impul^n de la nature, point distraits par les spéculations d'intérêt, seront les plus ardents à organiser dans la Phalange d'essai leurs 5 tribus, numérotées 2, 5, 4, 5, 6. Celle des bambins, n<>. 1 , dont nous allons parler, sera plus difficile à former , car elle ne peut agir qu'en écho des 5 antres. Elles donneront le bizarre exemple d'enfants offrant aux pères des modèles d'Harmonie sociale ; car ces enfants formeront, dès le l^i*. mois, toutes leurs intrigues de série , que les pères n'auront guère formées qu'au bout de trois mois.
L'industrie de la tribu des bambins et bambines est initiative d'éducation harroonienne , puisque c'est sur
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l'âge de 3 aos à 4 \Ji qa'ii faut opérer le déTeloppement des oofflbreases yocations indosirielles.
Pour les faire éclorechez renfaot/on loi donne pleine liberté de parcourir les ateliers dés qo'il est en état de marcher et d*agir» dés l'âge de 3 ans 1/2, et même plus 161, poorro qu'il soit conduit par l'un des surveillants désignés pour guides enfantins (nous les nommerons BONNES et BOHNAiRs) , qoi cbaque jour ont des postes et sentinelles dans tous les ateliers où abordent les'poupons qu'il font conduire.
D'ailleurs , à défaut du guide » l'enfant peut , au moment où on léye la séance , être accompagné par Tun des membres qui , au sortir de là , se rend à la réunion yieinale où le bambin yeut prendre part. Chacun sopplée au besoio les guides enfantins.
On peut donc, dés l'âge de 2 ans 1/2, dés que l'enfant est en étet de bien marcher, l'abandonner & l'attraction; car elle ne le poussera que vers les points dn Phalanstère, ateliers et jardins , où se trouveront des réunions d'enfants annexées à des groupes d'âge supérieur , et pourvues de petits instruments pour s'exercer au travail , sur lequel UD patriarche ou révérend présent à la séance prendra plaisir à instruire les bambins et poupons.
Terminons en assignant la différence du classement d'âge an classement d'industrie. S'il s'agit de l'échelle d'âge, on distinguera
Les hauts bambins , mi-bambins , bas bambins. Les hauts poupons , mi-poupons , bas poupons.
Mais le talent ne suit pas toujours l'échelle des âges, ^l les bambins , considérés sous le rapport du ta.ent , se classent comme toutes les autres corporations industrielles, en 3 degrés de sectaires dans chaque branche de travail :
2R ASSOCIATION composée:^
Les « Novices et Novices » ; Les Bacheliers et Bachelières ; Les Licenciés et Licenciées.
De sorte qu'on haut bambin peut être Licencié au groupe des allumettes , Bachelier au groupe d'ègoussage , Novice au groupe du réséda , avec ornements indicatifs de toutes ces dignités.
On procède avec beaucoup de pompe dans les distribua tions de grades, qui ont lieu périodiquement, chaque mois f chaque semaine. A Tissue de la grande parade , le carillon de la tour d'ordre sonne la promotion. Alors toute la basse fanfare s'avance vers les dars sous lesquels siègent les deux chœurs des patriarches tenant les ornements à distribuer. Les petits tambours battent le ban; le héraut et la héraute des chœurs de bambins proclament : De par la Phalange souveraine de Gnide et la très-honorable tribu des bambins de Gnide.
llylas f haut lutin , âgé de 35 mois , est promu au chœur des bambins, admis à porter les ornements de bas tamUn, et partager les prérogatives de cette noble corporation. [Son talent permet qu'on anticipe d'un mois sur l'époque d'admission. ]
Alors le capitaine du chcBor des bambins conduit Hylas vers un des patriarches , qui lui remet les ornements de ta nouvelle dignité. D'autres enfants sont amenés vers les patriarches, dès que le héraut les a préconisés, et la basse fanfare honore d'une courte salve chaque dignitaire. Après la promotion de rang, vient celle de talent. La héraute du chœur des bambines pfoclame : De par, etc. Zélie, sous-bambine de Gnide , etc. Ici on fait le récit de son grand titre , contenant la ky-
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riellede sesdignitëi; pais od ajoute : Eil promue an rang
de bachelière du groupe d'égouttage de$ Ugumei. Une officière bambine la conduil fers une palriarche, de qui elle reçoit les mtigtui ou dëcoralions de sa nouvelle fonclioD; et ainsi des autres lutines ou bambines qu'on ëlCve en grade, d'aprèsespertises devant le jury de leurs pairs.
Ce 2*. classement s'applique aux compagnies de 30 ans comme è celles de 3 ans; il influe puissamment sur les enfants en bas fige , stimolës d'ailleurs par les ornements et les prèrogatÎTes industrielles. Moyennant ces deux privilèges, la distinction aes 5 grades eicile chez l'enbnt bien plDsd'émalatioo qu'elle n'en peut exciter chez rbomme lait , et par cette raison il importe de la menlionner dès les premiers détails de l'éducation du bas âge.
Donnons sur celle émulation enlanline deux cliapilres spéciaux, et rappelons que si oo parvient A exciter l'émulation chez la plus jeune des tribus, celle des bambins , HIe naîtra par suite chez la masse entière de l'enfance. Ici comme en culture, il Tant donner le plus grand soin an premiers déreloppements du germe ; oo peut ensuite abandonner l'arbre ft lui-même , quand il a pris des Torcea.
Eludions doncl'art d'entraîner Al'industrie les bambins el poupons . art auquel se coordonne tout le mécanisoK de l'éducation aolërienre dans Ies3 ordres de nourrissons, poupons et t>iiml>iris. Tnut srr.iit ricieux eu institution si on rn.ini]ii.iit i'iri d'amorcer au travail la l^le ctintrii u^rail des go&ts d'oisiveté
W'^ 'MHJIlN* Analysons avec soin la mér ' ^p .^^W^ li-3 iHilànls barmonieos , el
en alblAtes industriels.
SK ASBOCUTIOK COMPOSEE.