‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 13 sur 163 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

ReHorU (piritncls d'ioduitrie pour la Basse Enfance.

J'ai donné en note, au début du précèdent chapitre, une table de neaf ressorts spirituels. Ealrons dans quelques détails sur deux seulement, et d'abord sur le miite iio. 3, la singerie, qui se combine toujours avec les eflels mnlënels.

Une propriété générale chez les enlants est la tù^erù ou mante imitative. Ils veulent tenter ce qu'ils voient Taire à de plus avancés en Sge. C'est sur cette fanlaiBie nonunée ton ascendant (III, 345 ) que reposera presque tout le système d'éducation attrayante des hambins et poupons.

Ladite manie se développe avec véhémence, quand on leur Tait voir des manœuvres d'Harmonie , telles que les évolutions

des militaires à l'exerciGe ;

des thuriféraires A la procession ;

des danseurs A l'opéra.

Qu'on rassemble cent bambins ou * lutins > pris au hasard. Si on leur fait voir ces diverses manœuvres , ils s'empresseront tons de les imiter. A défaut de tiisil, chacun d'eux prendra uobfttoa; A défaut d'encensoir, une pierre suspendue à une corde; é défaut de houlette , une branche desanle.

Que si on leur fournit de petits fusils , petits encensoirs , petites houlettes, vous les verrez transportés de joio . écoutant avec une docilité respectueuse les leçons [ ({d'un chérubin de 6 ans] voudra bien leur donner sur Ii3s cvolulions. Leur enthousiasme croîtra encore si on ajoute costume et attirail , si on leur donne de petits bon-

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oets de grenadier poar la manœavre » peliU surplis pour ia procession, petits chalumeaux pour les figures chorégraphiques.

Les lutins et bambins trouvent toutes ces gimbletles aux Sèrislères d'institution harmonienne, et en divers degrés. Ils n'obtiennent que l'encensoir [de bois sans feu,] et le fusil de bois dans leurs essais. Devenus plus habiles, ils auront encensoir d'étain et fusil de fer; puis , en 3®. degré, l'encensoir argenté, etc. Ce uKNle progressif est uo des grands ressorts d'émulation entre eux.

On les rassemble par fois dans une école manœuvriére d'aspirants. Ils ont, dans les jardins comme dans le Phaiaostére, quelques locaux affectés à leurs essais : là, on emploie en exercices utiles toutes les gimblettes et bimbeloteries qpie la civilisation fabrique , sans aucun fruit , pour Féducation. Le c lutin » y trouvera, comme aujourd'hui, de petits chariots et chevaux de bois; mais il faudra qu'il sache atteler en plein le cheval de bois , avant qu'on lui confie le charjot attelé d'un petit chien et fonctionnant ao potager. La progression sera observée là comme partout ailleurs , et l'enfant n'y touchera aucune gimblelte qui De serve à son éducation industrielle.

Ces fournitures de costumes et gimblettes nécessaires à la basse éducation doivent être de trois degrés au moins , et plutôt cinq , afin d'exercer toujours les enfants par divers pelotons et classes , les façonner de bonne heure à- THarmonie, à la dextérité. Chez nous, un enfant mène isolément et gauchement un petit 'char qu'il aura cassé dés le soir même , et les tendres pères seront dans l'extase de voir le char en morceaux. Dans les Séristéres de poupoDnerte , on ne confie ces gimblettes que sous condition de bien figurer dans telle classe , ou de déchoir d'un^'

degré y recevoir' an moindre cbar et passer à an rang inférieur.

Ces roumilaresy qui causeraient à une famille des frais énormes et inutiles, deviennent pour les Harmoniens une semaille précieuse ; on y trouve le bénéfice inestimable d'amorcer Fenfant à rinduslrie, le passionner dësTâge de 30 mois pour une foule de travaux sur lesquels il deviendra en peu de temps assez expert pour soutenir au moins trois épreuves^ et se faire admettre aux bas bambins, âgés de 3 ans, qui sont déjà d'babiles travailleurs, gagnant au moins leur dépense. On ne peut tirer parti de ces fournitures enfantines, qu'autant qu'on réunit des masses de c lutins > en trois corps d'âge et de talent, dont la 3®. seulement, âgée de 35, la 3® , 30 mois, sont admises aux exercices industriels.

Comment essayer cette éducation collective en civilisation, où l'on n'aurait ni le nombre et la gradation d'enfants, ni les salles, costumes etgimbleites en échelle régulière?

Ce n'est que sur les masses divisées en petites escouades, chœurs et sous-chœurs, qu'on peut mettre en jeu le point d'honneur, l'amorce des privilèges gradués, soit en ornements de parade, soit en exercices et instruments d'industrie.

Leur influence est telle , que du moment où l'enfant a passé 3 mois dans le Sérislëre des c bas lutins , i son éducation s'achève d'elle-même par la seule impatience de s'élever d'échelon en échelon. Les esprits de corps , les rivaNtés, l'entratnent à prendre connaissance d'une foule de travaux; les instituteurs n'ont plus à faire que d'attendre les demandes en instruction. La seule envie de passer des aspirants aux novices, des novices aux bacheliers, suffit pour électriser un poupon ou bambin

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daos ies ateliers et maoœu?re8« L'on est moins en peine d*exci4er son émulation que de modérer son impatience , el le consoler d'one impéritie dont il s'indigne et s'efforce de se corriger.

Une immense avantage en éducation harroonienne, c'est de neutrayser l'influence des pères , qui ne peut que retarder et pervertir l'enfant.

L&- dessus y grande insurrection des pères et. des philosophes.

c Vous voulez donc » diront-ils , enlever l'enfant à son # instituteur naturel » qui est le père? » Je ne veux rien. Je ne suis pas la coutume des sophistes , qui donnent pour lois leurs sots caprices en éducation, comme la manie de plonger en hiver l'enfant dans le bain froid, pour imiter quelques républicains de l'antiquité. Je me borne à analyser les vues de l'Attraction. Or , il est de fait qu'elle donne aux 19/20^. des enfants un caractère et des penchants opposés à ceux du père qui s'efforcerait de communiquer ses penchants â son fils : elle veut, au contraire, guider l'enfant par le ton ascendant (III, 345) , déférence des inférieurs aux supérieurs, ton qui est l'opposé de celui qu'elle assigne au groupe de famille.

Désire-t-on , en éducation comme en toute autre affaire, connaître exactement le vœu de la nature ? Il en est un moyen sûr ; c'est d'opiner à contre-sens de la philosophie, toujours antipathique avec la nature ou Attraction.

Or, quels sont les préceptes de la philosophie ? Elle veut r « Qu^ le père soit instituteur de son enfant,

9 Et que le père ne gâte pas son enfant, » Adoptez les deux opinions contraires :

< Que le père ne soit pas instituteur de V enfant ^ » Et que le père se livre au plaisir de gâter l'enfant. >

32 ASSOGUTION COMPOSÉE.

C'est double contravention aux lois de la philosophie , et par conséquent double ralliement au ?œu de la nature, puisque les doctrines philosophiques ne sont autre chose qu'un contresens composé, ou double contrariété avec le vœu de la nature.

On verra, dans le cours de cette section , que les pères harmoniens n'ont d'autre fonction paternelle que de céder à rimpukion naturelle, gâter l'enfant , flatter loutes ses fantaisie^, selon la règle du ton descendant (III, 345)^ déférence du supérieur à l'inférieur.

L'enfant sera suflisamment réprimandé et raillé par ses pairs. Les rebuffades qu'essuient les hauts poupons de la part d'un groupe de bas bambins, et ceux-ci â leur tour de la part des bas chérubins , deviennent le germe d'une émulation qui ne pourrait jamais éclore dans la compagnie des pères et mères, admirant toujours les gaucheries^de leur progéniture.

Le contraire a lieu entre enfants; ils ne se font ni compliments ni quartier : le marmot un peu exercé est inexorable pour les maladroits; et d'autre part, le poupon raillé n'osera ni crier, ni se fâcher avec des enfants plus âgés que lui , qui riraient de sa colère et le renverraient des salles.

Cet art d'assouplir et fasciner l'enfant par autorité attrayante est si neuf, que j'y consacre une note jF{i), pour mieux fixer l'attention sur le ressort employé, le charme corporatif ascendant et gradué.

Bref, le véritable instituteur de l'enfant , le ressort qui , peut seul faire nattre chez un poupon k feu sacré , l'émulation industrielle , c'est une compagnie d'autres enfants

(i) Voyez ci -après, page 54.

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plas âgés de six mois on d'un an» et pins éminenis en*dignités et décorations. Lorsqu'un poupon ou bambin a parcouru dans la journée une demi-douzaine de pareils groupes , et essuyé leurs quolibets , il est bien pénétré de son insuffisance 9 bien disposé à consulter les partriarches et Yénérables qui ont la bonté de lui donner des leçons.

Après cela , peu importera que les parents , au moment du coucher, s'amusent à le gâter, lui dire qu'on est trop sévère, qu'il est bien charmant, bien adroit; ces verbiages ne feront queffleurer , sans persuader. L'impression est faite. Il est humilié des railleries de 7 à 8 groupes de bambins qu'il a fréquentés dans la journée. En vain le père et la mère lui diront-ils que ces bambins, qui l'ont re^ poussé, sont des barbares, des ennemis du commerce et de la tendre nature ; toutes ces fadaises paternelles seront de nul effet , et le poupon retournant le lendemain aux Séristères bambiniques ne se souviendra que des affronts de la veille ; ce sera lui qui , par le fait , corrigera le père , du 6ATEMENT, OU rcdoublant d'efforts et prouvant qu'il connaît son infériorité.

Dq reste, le gàtement ne peut pas avoir lieu aux ateliers, parce que les pères et mères ne se rencontrent pas è l'ouvrage avec les poupons, et fort peu avec les bambins , mais seulement avec les chérubins qui sont déjà admis dans de grands ateliers. Les hauts bambins y ont seuls quelqu'accés ; les pères et mères, gens de 30, 40, 50 ans, sont trop intrigués dans leurs grands ateliers et cultures, pour avoir le temps de s'en éloigner, s'inquiéter des fonctions de l'enfance, assez bien soignée par quelques patriarches, vénérables et révérends des deux sexes, à qui on commet la direction des Séristères et cultures bambiniques.

34 ASSOCIATION GOMPOsiË".

Le gaiement est donc impossible en indaistrie socié-* taire , puisque la plus jeune compagnie que rencontrent les pères aux champs et aux ateliers, se compose de chérubins et chérubines qui sont déjà plus sensés que tous les pères civilisés : chaque chérubin exerçant la remontrance près des bambins la reçoit à son tour des séraphins ; il sait que les flatteries de sa mère n'en imposeraient pas au jury séraphique devant qui il faudra faire ses preuves pour la gradation (9).

Ainsi sera neutralisée et absorbée cette funeste influence des pères en qui la philosophie toujours malencontreuse a cru voir les instituteurs naturels de Tenfant. Ignore-t-elle que le père, tout préoccupé du besoin de richesse, ne fera germer chez son fils que des vues de cupidité , le formera de bonne heure à capituler avec le vice pour arriver à la fortune , « à faire avec le Ciel des accommode- » ments ! > Ainsi , le père gâtera le moral ^ tandis que la mère gâtera le physique par des vices de régime, par une indulgence dangereuse : l'intervention des pères et mères n'est donc le plus souvent pour l'enfant qu'une source de GATEMENT COMPOSÉ. Qu'il y a loin d'un tel rôte à celui

^'instituteur INTÉGRAL COMPOSÉ !

N0T15 F, sur ta Subordination passionnée des Enfants.

Ici je rassemble et resserre les documents théoriques sur cet épineux problème^ et les indices qui conduisaient à la solution.

L^art de rendre les marmots de 5 ans dociles par plaisir, et qui plus est, empresses à ne s*occuper que d'industrie utile ! Ce serait vraiment le double prodige, la magie sociétaire, citée III, 548-

Quadruplons le miracle , en donnant à ces mêmes enfants Penthousiasme affectueux pour leurs supérieurs , et \a faculté de sà-i

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mener'un père flatteur a la raison , en se montrant plus sensës «jue lui.

« Bah ! ces en&nts seront donc tout à fait des créatures cë- » lestes sous forme humaine ! » Oui , il le faudra , par opposition aux marmots cifilisés, engeance démoniaque, élevant la perversité au degrébi-composé, au quadrille de vices :

Aversion pour toute industrie utile f Haine et raillerie à V égard des iupirieure; Ligue de malfaisance pour la destruction f Instinct pour asservir et aveugler les pères, YoilSi Tenfant civilisé, voilk Touvrage de la philosophie : n'estce pas le cas, de dire, avec Beaumarchais, « que les gens d^esprit sont bêtes ? »

En éducation comme en toute branche du système social , partons d*un principe : c'est que si on se trompe au point de départ, on s*engagera de plus en plus dans la fausse route. Ot, quel est le point de départ en éducation ? C'est la [ transition, Teniance brute , ] phase antérieure qui comprend les nourrissons, lutins et bambins. Si nous découvrons Part d*appliquer à cette 1'*. phase la subordination passionnée, nous saurons, par suite, rappliquer aux 5 autres phases. Le ressort sera le même pour toutes. Redoublons donc d'attention dans cette recherche d*un charme d attraction industrielle , applicable h Tenfant dès l'instant oh il peut marcher. Ce qu'on peut donner pour certain \ cet égard, c^est (lue le charme dont il s^agit ne peut se trouver que dan^des méthodes extra^civilisées , anti" civilisées ^ puisque l'état actuel arrive au but opposé, et nUnspire ^ Tenfant que des penchants de malfaisance et de destruction.

L*homme est le seul être qui , par instinct natif, détruise l'ouvrage de son semblable. Un en&nt n*est point encore dépravé par des vues cupides ou haineuses, et poui'tant il n*usc de sa liberté que pour exercer le ravage. Il suffirait de ce seul indice, pour prouver qu*il y a intervertissement dans le mécanisme passionnel, et qu'en s'élevant de Tétat sauvage ou brut , k Tétat civilisé , Tespèce humaine a cheminé comme l'écrevisse, \ contre-sens du but direct ( indice à joindre au tableau des 9 fléaux , II , 120 ). .Remontons a la source du mal ; déterminons le vice radical de

36 ASSOClÀtlON COMPOSEE.

nos méthodes. Elles ont le tort de ne savoir pas cr^r et mettre en jeu rautoritë naturelle ou talisman d^attraction qui impose à Tenfant , le pénètre de charme et de docilité passionnée, l'entraîne par p laisir à Tindustrie.

Celte autorité naturelle n'est assurément pas celle des père ei mère : le marmot s'en forme deux esclaves \k qui il commande en tyran par sas criailleries. Quant k la bonne, elle n'est aimée de lui qu'autant qu'elle est servilement obéissante. Il en est de même des aïeux, autre couple d'esclaves faisant près de l'enfant fonction de flatteurs , et non d'autorité imposante, guidant k l'industrie.

L'indomplabilité de l'enfant présente le même problème que celle du zèbre, animal qui paraît le plus rebelle et qui est conditionnel lemeni le plus docile des solipèdes. Il sera, dans l'état sociétaire, beaucoup plus privé que les ânons, si bonnes créatures, selon La Fontaine. Il sera docile au point de devenir monture de cavalerie minime pour les escadrons de lycéens, âgés de 9 à 12 ans. Mais pour l'amener à cette bénignité , il faudra la fasciner par un talisman d'attraction que nos coutumes ne peuvent créer ni pour Tanimal ni pour l'enfant. Sachez leur présenter ce charme composé (III, 548), qui fait naître k la fois enthousiasme et affection ; vous verrez le lion se coucher aux pieds ùiAndroclès , et l'enfant aussi docile aux leçons d'industrie , qu^Hercule à tenir le fuseau d'Omphale.

Quoi de plus fougueux que certains bretailleurs qui ne sauraient converser sans pourfendre une douziîne de victimes , plus ou moins ? Ces chenapans sont les hommes les plus doux , les plus circonspects , dans une compagnie de quelques maîtres d'armes. Alors cessent toutes leurs jactances ; leur style est mesuré ; ils ne songent plus à terrifier le genre humain ; ils reconnabsent pour égaux et pairs tous les assistants.

On voit par là que les caractères les plus indomptables en apparence deviennent les plus souples quand ils ont trouvé leur contrepoids naturel , une autorité qui les charme et leur impose passion nellement V autorité d* attraction» Je l'ai dit (18), ce pouvoir magique et très-inconnu qui doit chai*mer l'enfant rebelle, n'est autre que sa prévention » son engouement pour les chœurs et sousi-chœurs un peu supérieurs en âge, ses aines de 6 mois, d'un

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an , à peine il ans. Jls sont Tobjet de son admiration , la cbsse }i qui il ambitionne de s^allier et dont il soit passionnënent , bumblemeot , tontes les impoUions. Voilk quel est son maître adoptif ; Toil^ cet instituteur naturel ou attrayant , ^ la recberche duquel se sont vainement épuisés les cenreaux pbilosopbiques.

La ciyiltsation , an lieu de lui présenter ce vébicule dVmulation, lui présente un foyer de dépravation; c^est la tourbe des polissons du voisinage , yen qni Ten&nt est entraîné irrésistiblement. Ils ne Tcxcitcront qu*^ faire du dégât , jouer des jeux \ s'estropier ; ils le formeront \ la muiini^rie, \ la grossièreté de langage et de manières, \ Tart de tromper parents et instituteurs. I4*est-il pas dans l'ordre que la civilisation, source de tous maux, travestisse et transforme en fléau social (II, 55) , le ressort qui, en Association, doit guider au bien les enfants dès le plus bas âge ?

Nous voyonsdansles collèges cette influence malfaisante s*cxerccr en gradation. L'écolier de 6*. considère ceux de 5*., et révère ceux de 4*. Il admet leurs décisions comme des oracles, et s'honore de figurer dan% leurs complots de malice ; tandis qu'il se moque des conseils et ordres donnés par les rdgents ; il met son plaisir a les enfreindre.

Le monde enfantin sera en pleine contre- marche dans l'état sociétaire , oh les chœurs et sous-chœurs des deux sexes , au nombre d'une quarantaine, et les échelons de dignitaires enfantins , présentent des amorces de genre et d'espèce pour toute industrie et pour tout âge.

Quant ^ présent , si l'enfance ne tourne qu'au vice , la faute en Ciità la civilisation, qui est distribuée tout à contre-sens de i'ini>titution naturelle. Dieu a disposé les caractères selon les convenances du régime sociétaire ; il en résulte que l'enfant qui est l'être le plus rapproché de la nature , le moins imbu de préventions sophistiques, est le premier k se révolter contre un ordre anti-naturel : aussi ne &it-il usage de sa liberté que pour se porter au mal.

Le but de l'éducation était donc de créer pour les enfants une suiorce industrielle capable de les dompter et les fasciner. L'emploi du charme est tellement essentiel dans le système de la nature, qu'on la voit distribuer méthodiquement les charmes subversifs , comme celui que le serpent exerce sur l'oiseau pour l'étourdir et le

dcvorer. La'perfide civilisation est parsemée de ces charmes subyersiis qui entraînent les divers âges dans tous les pièges : le vieillard est assiégé par les captateurs d^hoirie, comme le jeune homme par les réductions d^autrcs intrigants. LWdre civilisé présente ^ tous les âges des amorces pour le mal ; d^où il suit que l'ordre sociétaire (loi du contre-mouvement III, 50) doit prodiguer à tous les âges des amorces pour le bien , prodiguer surtout k Tenfance le cbarme industriel , unique voie de sagesse pour le jeune âge. La découverte de ce ressort était le seul problème k résoudre en éducation : il est enfin résolu , par la théorie du charme corporatif ascendant et gradué, ou théorie des Séries pass., €on< trastées , rivalisées , engrenées.

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