LIVRE IV. SECTION VII
de corps que ce vieaz magnat donne à ses groupes , & titre de vétéran et dojen d'une industrie où il a brillé » dont il aime & s'entretenir, à soutenir les cabales et prétentions.
Lazare qui, aujourd'hui, n'obtiendrait pdifiks miettes de la table de ce riche, devient donc participant à sa fortune ; il aura pour lui des sentiments de frère , et de même pour d'autres magnats de la Phalange , sur qui il fonde pareille espérance. Quant à présent, Lazare peut-il ressentir quelqu'affection fraternelle pour des égoïstes de qui il n'a rien à attendre ni au présent ni à l'avenir?
Cet ordre ne s'établira point tlans l'Harmonie hongrée, ni même dans les premières générations d'Harmonie composée; mais il est nécessaire de le décrire, pour initier les lecteurs au calcul de ralliement , dont le thème est ,
Que Tétat sociétaire, en donnant aune passion le plus vaste développement, l'essor en tous degrés de gamme ( selon la table, III ^ 586) est assuré d*en voir naître des gages de concorde générale ^ et des ralliements entre classes les plus opposées.
La thèse appliquée aux familles est d'autant plus digne d'examen, que le groupe familial est parmi nous 1e plus discordant des 4, et le principal foyer d'égoYsme. Continuons donc à analyser ses relations dans l'ordre sociétaire, notamment en ce qui concerne l'hoirie disséminée snr 7 générations.
Démontrons d'abord que le plaisir d'hériter, si rare en civilisation, devient en Harmonie un charme périodique, et presqu'aussi fréquent que le retour des quatre saisons.
Quelle que soit la longévité des harmoniens, il en meurt chaque année : ne fût-ce que 16, il s'en trouvera,
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2 de haute fortooe,
3 de moyenoe forluoe,
4 de basse fortiuie, et 7 pauvres.
Chacun aura des parcelles d'hoirie à recueillir sur 4 des 16 défunts» et chacun pourra recueillir au moins sur 14, y compris la chance des ricochets : dès lors les héritages en Harmonie sont une aubaine périodique répétée plusieurs fois par an; elle s'étend aux pauvres comme aux riches > aux enfants comme aux pères. Il faut bien cette périodicité d'héritage» dans un ordre de choses qui doit élever à l'infini tous les plaisirs.
L'amour familial ne serait plus réciproque, s'il excitait à de viles spéculations sur la mort du testateur. Aujourd'hui, l'homme qui jouit le plus du plaisir d'hériter est celui dont les parents sont frappés d'une mort prématurée. Eln Harmonie, au contraire^ chacun voit les héritages se multiplier pour lui, en raison de la longévité générale : il en résulte que chacun désire longue vieillesse à tous ceux dont il veut partager l'hoirie. Effet assez inconcevable pour des civilisés , à qui le délai d'héritage inspire une impatience dévorante, bientôt transformée en malveillance , quand le détenteur est tardif à trépasser.
Cette soif d'héritages est entièrement calmée par la dissémination que je viens de décrire ; elle habitue le jeune honune à recueillir annuellement des lots de lignée ou d'adoption : la fréquence de ces récoltes le rend d'autant moins avide, qu'il a très-peu de besoins en Harmonie où il trouve , sans dépense, la plupart des plaisirs de son âge. 11 s'habitue à considérer les héritages comme fruits successifs dont on attend patiemment les récoltesconsécutives. On n'est guère désireux de raisins ni de pommes , quand on jouit de la cerise et de la fraise ; mais si on n'avait
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daDs le eoufs de Vannée qu'an seul fitiit d'une semaine de dorée , on aurait cinquante 'Semaines de TÎolenle împa* lieoce : telle est la situation des héritiers 6ivitîsés ; la chance est bien pire pour le grand nombre , qui n'a aucune hoirie à espérer.
LarjeuAètise, en Haanftoivîe, n'a rien de ce •caractère ignoble 6t fapaoedes légataires actuels qoi^ attendant tout<m presque lout d^uu seul côté» «oui réduits k souhaiter lé mort ée celui dont l'existence prolongée les prire do tolal. Un tiiarmeMien, réouérillftat chaque année quelque 1^9 patiente sâiM peine «ur les hoiries différées ; il les considère comme une rèsenpe assurée; il se plaît à voir quelques patriarches prolonger leur carrière» amasser, grossir le trésor dont portion hii est garantie* Il spécule sarcelle réserve, comme tm homme aisé sur les <bois dont il dil^re la coupe , afin qu'ils gagnent en hauteur et matarHè; Tel un héritier harmonien souhaite , pour son intérêt tt^éme, la longévité des testateurs; et Jorsque l'hoirie lui éehoil, il peut dire avec sinoérité : J'aurais désiré qu'elle Ml diifeMede 90 ans. [Il les aime réqllement. ]
{Nota. L'^ffluence de dignités et fondions publiques produit, en HarafKMiie^.méme générosité chee tous les prétendants, aujourd'hui si impatienta ée ia mort de leurs sopénéurs.)
C'est donc dans té grand4f nAdiffièiandek kériêage^ , et dans la coutume des 3è4 ordfes delegs, ceux dei lignée directe, ceux d'adoption industrielle, ceiix de collatéraux, <mi d'amis, amaiates, etc. , que ré^a le germe de rallieinent eâtre4es jeunes héviticvg et les ^qleux daniteurs. Cette df^tninatidn est l«f|yraticabl6 hors de l'état ^ociètûre : rètfeît eiifiKeé, etifor(aot 4 coiaceairer les héritages 9uf un4rés<^tit tiombre de têtes. Tait èelore de part et
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d*aulre les germes de haine. S'il Caial attendre d'op seul point le tout on majeure paUie de son bien-^Atre , le jeune homme 9 en botto aux priratîonsy ne peut pas aimer les détenteurs de son futur patrimoine.
Aussi tous les vieillards opulents de civilisation smit«>ik plutôt bals qu aimés de kurs hoirs; ik le savent; Us^ défient d'eux et cherchent ailleurs des amis. Ils sont d'autant moins aimés» que le lot est plus eopîeiH. L'héritier se dissimule ceUe ingratitude;, il ^e persuade qu'il ne les hait pas : mais estrce aimer on homme , que de lui souhaiter en secret un prorapt départ pour le grand Tojage? Effet inévitable des hoiries ooneeptrées et limitées à un petit nombre de suceesflieurs I
Ainsi l'ordre civilisé, ^a:cômprimailt l'essor des passions, en les restreignant dans un .cercle étroit, transforme en gemjes de haine tout ce qoi serait gage d'affection dans le cas dé vaste essor. Notre système social crée à chaque père, dans ses enfants , une troupe de conspirateur à intentionneU : jlaJe sent m4me iiwohntairemetu , et les exceptions . confirment la régte. D'ailleurs, il n'jr ^ura jamais de Irannhe pié|é Jli4le, tant que l'é^tat des choses poussera :à' désirer pri^mpteiîouissQBce de h succession, désir qifi implique celoî de la mort du pérp ou détenteur de la proie convoitée. Les rois sont. fins que d'autres sujets â cette disgrâce «^ur place ét^nt» pour l'héritier, l'objet d'um^violiént àbmtf
Sur ce point la politii)tte lanlUîstesô trouve, eooraie l'administrative , en étàt.de siiiçiiiaïus m fausse position. ( Ulterpause , 53S. ) Elle met aux prises les deux ressorts, affeetim ^\^intérét.: C'est touMr que l'un des.deuz étouffe l'autre; or; ce ne s^a pa?» en civilisatîoii, l'intéréi^ qui Dédercf le pas' aux devoirs d'affidctio»; il but un méca-
nisne qui leseoiMiilie» ei qui faspe trouver les convenances d'mlërèt ilaii9 la Itagèvîlè noème. Il n'est. d'autre moyen que les hoiries dUsé|Biii6ea «q 3 oi| 4 ordres; eff^i rèsul^ tant des deux oonditiops de Polygamie bknxudy et kmr gévité êepUgétfêre. A ce prix, le descendant ressent pour Tasoendant une affection iovpoaÉE» où le vœu de l'intérêt coïncide avec celui de l'amour filial, et milita spéculativemeftt poutf la longévité.
Quelle cacophokiie, quelle duplicité d'action dans tout le système des affections familiales civilisées! La Causseté enestsiaT^tarèe, que chacun , après la mort d'un père, félicite hautement et orûment Iç fils héritier sur ce qu'il va enfiil jouir. Cet zsmn est synonyme du tandem custoderemQta: on s'alFOue nettement, aprte la mort du père, que le fib.éitajt impatient de cette mort , comme lejouveiîceau d'Horace l'est do départ de son pédant.
A Ift vérité I ce n'est ni au fils , ni en sa présence , qu'on tient ee langage , mais en son absence ; on raisonne sur ce ton dans les compagnies les plus morales , dans celles où rhéritier viendra, un quart*d'henre «près, jouer la corné* die et assurer qu'il aurait voulu que cette jouissance fût différée de 310 ans; Qn sait ce qu'il fajpt en croire.
Je W\ saurais trop accuser cet odieux mécanisme des hoiries iQoncentrées, qui. excite l'héritier é souhaiter la mort d^ bienfaiteur, mMne d'un ptee, et à plus forte raison d'un frère, d'un oncle, et d'un parent éloigné. Ainsi, le civilisé est poussé dans la tombe par ceux mômes dont il fera le bonheur : juste représaille de la nature contre cet égoïsme paternel (fù donne aux chefs de famille un CŒur de (erpour tout le reste du gepre humain, et leur persuade qu'ils ne doivent de sollicitude ^u'4 leqrs enfants ! Si ebatoun est Tertueox pour accorder sa tendresse à l'ob*
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jet de sa passioti exisluisite » il 's'énsoiTra' qi/mie dévergondée comme M éssaline, oiie «fiHpotsottnMse CMmio Locuste, seront des Ames •seiiaiUes; parce qn^dlea sMi afleclaeuses poor ietr'ânàiiit oè letir amaotr
Il reste à parler cl*ba 2«i ralNment en tilre.^ eotlsanguinité; c'est le dêêcen^dant, 4u scipèiriear ft rintMeor, par les lignées m maJorHë. ^
Sar 1 ,600 individus dont 4& eomposfé hi Phalange^ le patriarche Ithuriel est parent de tamajoilitéren eflbtses descendants ^ants en ligné direeie s'eléi^ent A 490 an moins; sesadopfibaîiiiiWneMfnbre;<etal2404 soitâOO, formant le 8«; dti canton ; efn AjjtMAAdt' tels Mllilér«tot:de cette lignée directe, on Mrà aamdibil le ^aflâMiAi V 800 et 900 ; tc^al 1 ,000 :;fe'e^^lQsi 4e mdMA dei4a Ptutenge; de sorte qo'Ithurfel, par eÈprit Sèfamitie/tè}iitmtëhi6sirer le bien pMk, te bien dé fti nmlattge^tiére, dont les S/8^\ sont jses parents, el tes 3/8"*. sàtfC' d'éaciens amis on jeunes cô-£iectairc^ en' îndMtrie, itMfiemaes maîtresses ou leurs efiifentfi</>CéneîmpoN<(Mi edi ralltimmu (fe<C0fidaiii; éilabti'^ •^élfienf^ ëH "AHe A wâi Mb IMfe* rieul^s. . » ' •'•■' • ^* • -."' • •
Ici, comme danslèrégitaëdès iM^iKeli éiétëàiëêèê];^ mécanisme détient «compcfsé : le mMiMJesprii4iaiiA(liAl'qoi porte un ciyiKsè Aidêifh*êrie bien de satatMHd^lHft ^p«ns du bien de laniaMe, ficirtëri Mlôi^el «lold Ai^e¥'q«feFle bien de la Phalange qui'é^ 'en nlfljorffé sa fAmillë,iei en minorité son anrié. <Id edfln î'i litërèt -fÉmiliat se trouve d'accord avec l'intérêt pdbRedollt ft' est ëari^ 'oesse Isolé dfeins le mécanismeHciirilfeéV Ge rAHiemeilt pttr'mmfùrùé de Kgnée pourrait être' le sujet d'un aniple' châpitl^ , 9t le défaut d'espace ne me forçait A abréger. Il restêrift Ameuter, 5ur ce quaMIIe'de KeÎDis hmfliëk d'milionie^ '^ttelques
<4N(en6ftiioPflii.g^riJi93 qpi.serqDl^ mieux placées aux PiMyUakbies»