‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 27 sur 163 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Des GuiiBÎDes sérfaires et de leur influence en édncation.

Etrange paradoxe ! Il s'agit de démontrer l'utilité de la gourmandise chez les enfants ; c'est peut-être le sujet le plus propre à confondre les antagonistes de l'Attraction , et mettre en évidence la sagesse du Créateur des passions.

Si la nature est sage dans ses impulsions générales , elle doit être sage dans la plus puissante passion qu'elle ait donnée à l'enfant ; c'est la gourmandise.

Pour constater la justesse distributive de Dieu dans cette impulsion dominante des enfants, il faut prouver que la gourmandise tendra , dans Vitat sociétaire, à les conduire aux trois foyers d'Attraction ; d fo richesse, aux groupes, aux Séries industrielles. Il n'y a de juste et louable en mécanique sociale, que les ressorts qui nous dirigent à ces trois buts , et par suite à l'cRiTé sociale.

Signalons ici une erreur de mots, c qui entraîne ». Terreur du jugement ; vice condamné si souvent par nos sages, qui pourtant y tombent sans cesse.

r Les enfants, disent -ils, sont de petits gourmands ; i[ » faut les corriger, modérer leurs passions. » Rien n'est plus faux : lés enfants ne sont point gourmands, maïs

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seulement gloutons, goinfres, goulus. Le moi goarmand esté peaprès synonyme de gastronome; il se prend en bonne part, puisqu'on dit un fin gourhand; on ne dira pas, finjfiouton^, fin goinfre, fin goulu; tous trois sont de genre triYÎal.

Les Apicius sont gens de bonne oompagnie, raisonnant saTammentde leur art, dont ils sont- trop préoccupés. Or» quel rapport entre un Apicius et des enfants qui mangent avec avidité des pommes vertes, des prunes c vertes! » S'ils étaient gourmands» connaisseurs délicats, ils renverraient ces aliments aui pourceaux. Ils sont donc goinfres , gloutons , goulus ; et pour les en corriger, il faut les ramener à la gourmandise ou gastronomie. Analysons les c vertus > industrielles et sociales à obtenir de cette métamorphose.

On observe partout que la classe la plus réservée à table est celle des cuisiniers ; ils sont en général gastronomes , juges sévères , dissertant bien sur tous les mets, sans en faire aucun excès. Us sont proportionnément la plus sobre des classes qui ont la bonne chère à discrétion.

Le meilleur préservatif de la gloutonnerie serait donc, pour les-enfants [comme pour les pères] , un ordre de choses où ils deviendraient tous cuisiniers et gourmands raffinés^ autrement dit gastronomes. [ Dégourdissement composé , alliant les plaisirs de la table avec l'hygiène graduée selon les tempéraments. ]

La thèse étant des plus neuves, j'ai dû l'étayer de distinctions exactes sur le sens des mots et sur les indices que fournit l'état des choses en civilisation.

Sur ce , on va reproduire l'objection déjà faite, au sujet de l'opéra, c Vous voulez donc, dira-t-on, élever tous >^ les enfants & l'état de cuisinier! » Même réponse qu'à

la page 97. Ce n'est pas moi qui yeux ; c'est l'Attraction qui en ordonne ainsi, et Ton ya se convaincre cpi'elle veut passionner pour la cuisine tous les enfants.

TOUS, en style de mouvement, signifie les 7/8«»-, puisqu'il est connu que l'exception de i)S^. confirme la règle.

Or, quand les 7/8"* des enfants sont passionnes pour jouer l'opéra et faire la cuisine , en vaudront-ils moins pour cela? c'est ce que nous allons examiner.

Observons d'abord que c'est le but indirect de la morale crviffsëe : elle exprime sans cesse et implicitement le vœu de voir les enfants se faire cuisiniers , car elle veut qu'ils s'adonnent aux soins des animaux et des végétaux'.

Comment pourront-ils juger des méthodes préférables dans le soin des animaux et végétaux, s'ils ne connaissent pas les rapports de manutention agricole avec les ressources de manutention culinaire? l'agriculteur qui ignore cet art, travaille sans principes et sans but économique.

Ainsi font nos villageois , qui élèvent un animal ou cultivent un légume, pour tâcher de tromper celui qui l'achètera; mais si on spécule sur un état d'unité c 'industrielle, § si le cultivateur veut favoriser le consommateur, il doit connaître l'emplof mixte ou art de la cuisine , et se guider dans ses cultures selon les convenances de cet art.

De là résulte déjà que la cuisine est portion intégrante des études agricoles , et que , pour faire de l'enfant un parfait agronome en gestion animde et végètàte, il faut de très-bonne heure l'initier aux raffinements de cette cuisine, de cette gastronomie proscrites par les farouches amis des raves et du « brouet noir. »

Autre motif qui milite pour élever l'enfant harmonien au travail de cuisine : c'est celui où il se formera le plus

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pronpIenieDi aux cabales noaDcèes et gradaëes qui sont resseoce des Séries pass. On n'est apte à figurer et rÎYaliser dans les Séries, qu'autant qu'on sait se passionner pour telle nuance , telle fantaisie , qui forme un échelon dans une grande Série de 30 nuances, 10 Tariélés et 3 espèces. Or, pour habituer l'enfant à distinguer les échelons de qualités et se passionner spécialement pour quelqu'une , il fiiut mettre en jeu le sens le plus puissant sur le bas-âge ; c'est sans contredit le goât , la gourmandise , divinité de tous les enfants*

Le sens du goût , le plus impMeut de tous , est un char à 4 roues, qu smit :

i. La culture, 3. La cuisine,

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