CHAPITRE III
Application aax éqoililires paMionoeU.
Vous cnANGEREz DORC LES PASSIONS» s'écricnt uosscep' tiques, nos mponiblesl l\s ont tout dit, quand ils ontdit^ voui voulez donc changer les passions^
C'est vous, politiques imbéciles, qui essayez de les changer dans vos traités de perfectibilité perfectible. Voyons qui de yous ou de moi prétend changer les passions.
Il n'en est pas de mieux constatée que de celle de la saleté chez les écoliers et enfants de 10 à 12 ans. Tout moraliste déclare qu'il faut les corriger, les punir, lors* qu'ils ont souillé tous leurs vêtements et ceux d'autmi, fait des ordures dans la chaire du professeur : voiIà*ce que la bonne nature inspire aux enfants, une frénésie de saleté [quand ils sont rassemblés. Us n'en abuseraient pas si ou savait appliquer ce goût à des travaux utiles au pu* blic et flatteurs pour L'enfance. ]
ff Bah ! vous pariez d'enfants mal élevés , dira quelque moraliste : il s'en trouve d'autres qui ont des penchants honnêtes. >
Sans doute , il en est : je vais les utiliser au chapitre des Petites Bandes: mais il demeure constant que jusqu'à 12 ans les deux tiers des garçons et un tiers des filles inclinent à la saleté. Or, si l'on veut he pas changer les FASSIONS , il faut trouver un moyen d'utiliser ces goûts.
UTREII. SECTION IT. 457
ifflfflondes qae la nature donne évidemment à unemoilië de Fenfance ; prétendu vice» dont l'Harmonie fera, dans les Petites Hordes , remploi le plusprécieiu en équilibre social.
Ha théorie se borne à utiUser les paisions [réprourées] telles que la nature les donne , et sans y rien changer. C'est là tout le grimoire» tout le secret du calcul de KAtlraction passionnée. On n*y discute pas'si Dieu a eu raison on tort de donner aux humains telles et telles passions; Tordre sociétaire les emploie sans y rien changer et comme Dieu les a données.
II faut de bonne heure établir ce principe sur une question indifférente en morale» comme la « frénésie ordurièro des » enfants qui ne touche pas aux mœurs. Le principe une fois posé, nous en étendrons l'emploi en 4®. Notice; nous l'appliquerons aux relations d'amour» sur lesquelles nous établirons » comme en 3®. Notice» qu'il faut employer les passions telles qu'elles sont» et que , selon la fable du gland et de la citrouille» Dieu fit bien ce qu'il fit.
Étendons la démonstration aux âges inférieurs dont j'ai traité en i'^. et 2®. Notice, et reproduisons» à ce sujet» une thèse déjà débattue » mais dont il est force de disséminer les preuves.
Il s'agit de l'opportunité de l'Attraction passionnée, de sa convenance avec tous nos besoins, et de la sagesse du Créateur qui l'a distribuée , dans tous les âges » en doses proportionnelles aux emplois d'Harmonie sociétaire.
En 1'®. etâ®. Notice» j'ai justiGé Dieu sur plusieurs attractions du bas-Age qui nous semblent vicieuses ; la curiosité et l'inconstance : elles ont pour but d'attirer ^enfant dans une foule de Séristères où il doit se former
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à rindustrie ; k penchant à fréquenter les polissons plus Agés: c'est d'eux qa'il doit recevoir, en Harmonie , l'impulsion du charme corporatif ascendant (46) : la désobéissance au père^ au précepteur; ce ne sont pas eux qui doivent l'élever ; son éducation doit se faire dans les Seristères par les rivalités cabalistiques.
Ainsi, tous ces prétendus vices <}e l'enfance deviennent qualités utiles dans l'état sociétaire, et judicieusement adaptées par le Créateur aux convenances des Séries.
En 3®. Notice, je viens de le justifier d'une attraction trés-généralement critiquée; c'est le penchant de l'enfance à la malpropreté. Ce goût, chez les petits enfants, est innocent et sans prétention : il prend un vol plus élevé chez ceux de 9 à 12, vrais maniaques de saleté; ils la poussent du simple au composé , et conçoivent de vastes plans de cochonnerie. Par exemple, ils vont le soir frotter d'ordures lès marteaux de portes et cordons de sonnettes, les enduire de leur denrée favorite ; ils ne rêvent qu'aux moyens d'en barbouiller tout le genre humain. Leurs complots sont bien tramés et sagement exécutés; sauf quelques horions et coups de fouet que les laquais leur administrent, mais qui ne ralentissent pas leur noble ardeur.
D'où vient cette frénésie ordorière chez les écoliers de 10 à IS ans? Est-ce- vice d'éducation, défaut de préceptes? Non, car plus on les sermonnera contre la saleté, plus ils s'y acharneront. Est-ce dépravation? La nature serait donc dépravée, car c'est ^e qui excite en eux de tels penchants ! S! le système distributif de l'Attraction est juste en tous ses détails, il faut f que tous ces instincts réputés vicieux aient un emploi très-utile, puisqu'elle ^t si puissante sur la majorité des enfants de 10 à 13 ans*
Nous ne saurions , en civilisation , débrouiller cette
unsu. SBCTiOHiy. iS9
énigroe ; la ? oUà eipUqnèe : la maoîe de saleté est une impulsion Dèeessaire pour enrôler les enfants aux Petites Hordes, les aider à supporter gaiement le dégoût attaché aux traraux immondes» et s'ouvrir , dans la carrière de la eockonnerie , un faste champ de gloire industrielle et de philanthropie unitaire.
Sur ce point comme sur tout autre , le créateur et distribntear de l'Attraction a donc bien Tait tout ce qu'il a bit , et la science en aurait jugé ainsi , même a? ant la solution du problème » si elle arait su (129) franchir les limites du génie civilisé , ne pas croire la nature eociale bornée aux moyens connue, aux mécanismes civilisé et barbare. Mais notre siècle, tout engoué des abstractions » n'a jamais su s'élever à celles qui auraient provoqué les recherches en politique sociétaire.
La manie de saleté qui régne chez les enfonts n'est qu'un germe informe comme le fruit sauvage ; il faut le raffiner, en y appliquant les deux ressorts d'e$prit religieux unitaire et honneur corporatif. Étayés de ces deux impulsions, les emplois répugnants deviendront jeux d'attraction iudirbcte composée. Cette condition établie au précédent chapitre se trouve remplie par les deux amorces que je viens d'indiquer.
En s'adonnanl aux fonctions méphitiques, où souvent la santé.du peuple est compromise, les enfants barmoniens n'exposent jamais la leur, étant toujours bien parfumés et purifiés avant et après une courte séance. Leurs austérités n'ont aucun rapport avec nos exercices , qui exténuent FenCant sons prétexte de l'endurcir aux fatigues.. Les Petites Hordes sont sur jHcd à trois heures du matin , même au fortde l'hiver; mais on parcourt le Phalanstère à couvertydans la rue-galerie, dans des corridors chauffés,
suspendus sur colonnes, et traversant les cours allongées. ' On va du Phalanstère aux élables, en souterrains sablés : l'enfance n'a donc point à souffrir des intempéries dans ses fonctions noatinales ; se couchant à huit heures du soir, elle donne au sommeil un temps suffisant : il n'y a dans ses travaux aucune lésion d'équilibre sanitaire.
Passons de ce préambule à l'équilibre passionnel.
Pourquoi l'enfance est*elle appelée au rôle principal en mécanisme d'amitié générale? C'est que les enfants, en passions affectives, sont tout à l'honneur et à l'amitié. Mi l'amour, ni l'esprit de famille ne peuvent les en distraire : c'est donc chez eux qu'on doit trouver l'amitié dans toute sa pureté, et lui donner le plus noble essor, celui de charité sociale unitaire , prévenant l'avilissement des classes inférieures par l'envahissement des fonctions abjectes, et maintenant l'amitié entre le riche et le pauvre [item aux Petites Bandes, libéralité en lutte avec la philanthropie].
Dans les divers chapitres qui ont traité des Séries (Groupes et Séries, III, 337), j'ai démontré que s'il existait dans l'Harmonie une seule fonction méprisée, réputée ignoble et dégradante pour la classe qui l'exerce , les services inférieurs seraient bientôt déconsidérés en chaque branche d'industrie, aux étables, aux cuisines, aux appartements, aux ateliers, etc. : l'avilissement s'étendrait d'une fonciion à Tautre ; le mépris du travail renaîtrait par degrés, et l'on Gnirait, comme en civilisation, par titrer de gens comme il faut y ceux qui ne font rien, ne sont bons à rien. Il arriverait que cette classe riche ne prendrait plus parti aux Séries industrielles, et répugnerait toute relation sociétaire avec la classe pauvre. ' C'est à l'enfance à préserver de ce vice le corps social,
UVRB II. SECTION IV. IGl
s'einparant corporativement de tout service dèdaigDè, en l'exerçant pour la masse et non pour rindividu ( sauf le service des malades qui no peut être confie qu'à une corporation d'&ge mûr, celle des infirmiers; encore les Petites Hordes y interviendron4*elles quant aux fonctions iiDDiondes).
Ce n'est que sur cet âge qu'on pouvait jeter les yeux pour faire exercer par attraction indirecte la branche des travaux répugnants. Pour prix de ce dévouement généreux, on les autorise à un autre sacrifice, à celui d'une partie de leur fortune. Ainsi l'Harmonie sait produire double dévouement, là où la civilisation ne ferait germer que double égoYsme.
Eh! qu'en coûte-i-il pour amener les Petites Hordes à ces prodiges de philanthropie? Quelques fumées de gloriole; un premier rang dans les parades, un carillon de suprématie, le privilège de mettre la première main an travail , d'être les premières au poste difficile ! C'est payer une fatigue par une autre fatigue. Ainsi l'exige Tordre composé , seul assorti aux penchants du cœur humain. Les corporations civilisées les plus austères sont souvent celles qui obtiennent de leurs cénobites le plus cTaffection et de persévérance; que sera-ce dans les Petites Hordes , où le dévouement n aui*a presque rien de pénible malériellemenl, grâce aux penchants de leur âge à braver la fétidité et se faire un jeu de la malpropreté ?
Longtemps je commis la faute de blâmer ce ridicule des enfants , et chercher à le faire disparaître dans le mécanisme des Séries pass. : c'était agir en Titan qui veut changer l'œuvre de Dieu. Je n'obtins de succès que lorsque j'eus pris le parti de spéculer d'accord avec l'Attraction ; chercher à utiliser les penchants de l'enfance ,
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tels que la nature les crée. Ce calcul me donna ia corporation que je viens de décrire, et qui est l'une des 4 roues du char, Tun des leviers cardinaux en équilibre passionnel.
On a vu illl^ 77 ) que chacun des A groupes domine dans l'une des 4 phases de la vie , et que c'est le groupe d'amitié qui régit l'enfance ou première phase. Aussi raniitîë n'est-elie , *& aucun âge , plus dominante et plus franche que chez les enfants.
Puisqu'il faut extraire de chacune des 4 phases de la vie ,• un des rouages d'équilibre passionnel, on ne peut extraire de la phase antérieure, dite Enfance, que le rouage d'amitié.
Eh! comment obtenir des enfants un effet d'amitié tititiaire , applicable & tout le genre humain , et formant l'un des pivots cardinaux de l'unité ? Ce problème est résolu par la corporation des Petites Hordes; elle exerce en mode unitaire lé seule branche de charité qui reste en Harmonie; il n'y a plus de pauvres à secourir, plus de captifs à racheter et délivrer des bagnes ; il ne reste donc aux enfants que l'envahissement des travaux immondes ; charité de haute politique, en ce qu'elle préserve de mépris les dernières classes d'industrieux, et par suite les moyennes. Elle établit ainsi la fraternité rêvée par les philosophes^ le rapprochement spontané entre toutes les classes.
Si, dans un tel ordre, le peuple est pdi, loyal, exempt de besoin , il ne peut plus exister chez les grands ni défiance, ni mépris pour le peuple. De là na!t l'enthousiasme amical dans tous les groupes industriels , où le peuple est nécessairement mêlé avec les grands. Ainsi se réalise le rêve qui veut faire de tous les humains une famille de frères.
Celte précieuse unité cesserait du moment où il exis-
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lerait ime fondioD dédaignée , avilie : par exemple » s'il existait «n HarmoDie des dècrotears salariés, ces enbots, et par suite Jeurs parents » seraient répotès classe niférteure, non admissible en comité de Série où figurent des gens riches.
Si ce genre dé service est réputé ^noble * les Petites Hordes s'en emparent et l'ennoblissent. On se crotte rarement eo Harmonie, grâceanxcommunications couvertes; et d'nllears , chacun a des chaussures de rechange , aux salles de vestiaire, à son armoire. Le cirage est fonction d'un groupe de la Série des pagesses; mais dans le cas où il faudrait subitement des décroteurs locaux, opérant sur la personne chaussée , on voit s'empresser une vingtaine de jeunes filles âgées de 7 à 10 ans, les unes déjà admises , les autres aspirantes aux Petites Hordes , qui ont un corps d'aspirants adjoints parmi les séraphins. Ces jeunes personnes exécutent le travail avec dextérité et prestesse , et on ne leur en doit d'autre salaire en les quittant, que de serrer amicalement lechatnon de fer dont toute sacripane est parée, en signe d'enchaînement à la cause sacrée de la charité unitaire.
Ainsi l'amitié collective, qu'on nomme en style philosophique la douce fraternité , s'établira par l'entremise des fonctions mêmes qui aujourd'hui créent les divisions de castes et les haines entre les diverses classes.
Concluons de cet aperçu, que si Ton sait employer à propos les passions telles que les crée la nature , on en obtient un hénéfiee compote; tandis que le système répressif ne produit qu'un dommage composé. Appliquons la thèse au sujet qui nous occupe , au penchant des enfants à la malpropreté.
Pans les Petites Hordes , où ce penchant se développe
en toute liberté et avec rang de passion honorable , il donne les deux bénéfices d'ESsoa et contre-essor.
Bénéfice d'sssoR direct , par les fonctions immondes et, gratuites auxquelles il entraîne Tenrance; curage des égouts et des fosses, destruction des reptiles , et travaux de ce genre, tous trés-profitables et très-coûteux.
Bénéfice de contre-essor ou contraste, dans l'extrême propreté dont se piquent les enfants après avoir usé leur fougue aux emplois répugnants. Dès que les nuées de l'Argot ont quitté le sarrau gris ou habit de combat et repris l'uniforme , elles sont la plus brillante cavalerie , non par le faste , mais par la bonne tenue des chevaux et harnais, par l'éblouissante variété des couleurs^ en costumes , panaches , etc.
'C'est, en passionnel, un assemblage des deux extrêmes. Elles sont, en essor, ali vœu de la nature ou Attraction qui les passionne pour le genre immonde. Elles sont, en eontre-^ssor^ à l'effet opposé , à l'extrême propreté , par Torgueil qui natt du titre de première cavalerie du globe.
Ce contraste , semblable à celui de réfraction et réflexion de la lumière, a toujours lieu quand on sait donner à une passion son cours naturel.
La même passion réprimée comme elle l'est dans nos mœurs , devient doublement préjudiciable en non essor et FAUX essor. Examinons.
En non essor, elle excite l'enfant comprimé à la rébellion secrète ou intentionnelle , et souvent à la mutinerie. Elle compromet l'autorité du père [ et de l'instituteur], qui luttent contre la nature sans pouvoir la dompter. L'enfant privé de satisfaire ses goûts , ne les conserve pas moins, et s'y livre dès qu'il échappe aux Argus.
LITRE If. SECtfON IV. i6S
En vaux essor, elle excite reDfant à d'autres iDéfaits. Entravé sûr l'un de ses goûts, il deviendra rancuneux, malfaisant; il brisera , querellera, refusera l'étude qu'il aurait acceptée , si on lui eût ménagé un essor honorable de sa manie orduriére.
D'après ce parallèle, on voit ici le système répressif OQ engorgement passionnel produire double viee^ au lieu do doMe bien qu'aurait donné le développement passionnel. C'est le mal composé ^ au lieu du bien composé.
Cette propriété est inséparable des passions. Chez l'homme elles donnent toujours en mode composé [ou double effet] le bien et le mal qu'elles donnent en mode simple chez les animaux.
Étudions donc les moyens de développer et non pas réprimer les passions. 3000 ans ont été sottement perdus à des essais de théories répressives: il est temps de faire volte-face en politique sociale , et de reconnaître que le créateur des passions en savait sur cette matière plus que Platon et Calon ; que Dieu fit Hen tout ce qu'il fit; que s'il avait cru nos passions nuisibles et non susceptibles d'équilibre général , il ne les aurait pas créées , et que la raison humaine , au lieu de critiquer ces puissances invincibles qu'on nomme passions , aurait fait plus sagement d'en étudier les lois dans la synthèse de l'Attraction.
J'ai répliqué sur le reproche de vouloir changer les passions ; j'ai prouvé que cette prétention n'existe que chez nos perfectibiiiseurs.
Peu à peu je paie la dette contractée avec les moralistes. Je me suis engagé à réaliser, dans le cadre d'Harmonie pass., toutes les chimères de vertu dont ils se repaissent , comme celles de la douce fraternité et du mépris des richesses perfides. Voilà les deux préceptes mis
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en pratique par une secte qui sait les appUqaev ^raeeroissèment de la richesse générale, et qui ne méprine pas la richesse , bmis Tégolsme en usage des richesses.
Je reprendrai ces aperçus d'équilibre passionnel » à Targumenl spécial de 4^. Notice, oà il faudra préluder sur les trois autres équilibre», non moins importants que celui d'amitié, dont les Petites Hordes sont le palladium.
80U8- NOTICE DEUXIÂMB.