CHAPITRE IV
Organisation des Petites Bandes.
J'en demande grâce aus partisans de la sainte égalité : j'aurai ici un nouveau démenti à leur donner ; le reproche de vouloir introduire l'égalité où elle n'est pas admissible, et de la repousser là où elle doit être admiae, dans les études et la carrière de gloire scientifique et littéraire , d'où nos aristartiques yeulent esetoe le sexe féminin ; despotisme fort contradictoire avec leurs doctrines d'égalité ! tAi^ee donc la force corporelle qui est mesure du génie et du talent ? Renvoyons ce débat , et venons au siqet de ce chapitre.
Chez les enfants comme chez les pères , la nature organise les contrastes de caractère. Sans le contraste , il n'existerait aucune voie d'essor ni pour h iO^. passion , la Cabaliste (111, 404), ni pour les Séries pas», qui ne
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s'orgam^ent que par les cabales et rivaUiès, donl le germe est dans les contrastes de goûts^
Spècidons dano sur les goûts opposés à ceux des Pe^ tites Hordes que j'ai décrites dans les trois précédents chapitres. 11 n'y aurait ni régularité , ni raffinement dans Tessor d'une passion , si on ne donnait pas l'essor à son caiUrasie ou amÈre-poids.
Ainsi, quelqu'utilé que soit le serrîce des Petites Hordes , leur émulation doublera d'intensité si on leur oppose le contraste que la nature a dû leur ménager. Il nous sera facile de le découvrir; procédons à la recherche..
Si la majorité des enfants mâles incline pour le va*carme et la saleté , on voit la m^orité des petites filles incliner pour la parure et les bonnes manières. VoilÀ un germe de rivalité bien prononcé; il reste à le développer.
Selon la lot du cootraste» il doit arriver que si les gar^ çons se trouvent en majorité de S/3 dans les Petites Hordes, les filles seront en majorité de S/3 dans l^s Petites Bandes dont le 3®. tiers , (orme de jeuaes garçons impubères, seeomposera,
Ou de ces jeunes savants ,* esprits précoces comme Pascal, qui ont, dès le |dus bas Age, une vocation déclarée pour l'étude;
Ou de ces petits efféminés qui , dés l'Age de 9 ans, inclinent à la mollease, à la vie de Sybarite.
Ces deux classes refuseront de s'enrMer aux Petites Hordes, et prendront parti dans la corporation rivale où le sexe féminin est en majorité; corporation trés^utile* sans 4o<ite, mais qui n'a pas le rang de ressort cardinal en équilibre passionnel.
Les Petites Bandes, quoiqu'entiérement composées de lycéen^ et gymnasiens, enfants de 9 à 15 ans, sont si
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polies , que les garçons y cëdeot le pas aux filles , soit parce que les femmes y sont en majorité, en rapport de deux pour un, soit parce que la corporation a pour statut et goût dominant , Yatticistne , le ton opposé à celui de Petites Hordes, qu elle éclipse dans les sciences, les arts, et dans diverses branches d'industrie.
Cette rivalité suffit à créer chez les Petites Bandes un ton et des mœurs diamétralement opposées à celles de l'Argot. La différence de manières entre les deux corps est comparable à celle qu'on voit'aujourd'hui entre les militaires et les gens de robe. Le contraste est encore plus saillant.
Bref, les Petites Bandes sont des réunions d'enfants aussi raffinés sur le bon ton , que peut l'être chez nous la meilleure compagnie de Paris ou de Londres; mais à cet atticisme elles joignent une qualité plus précieuse , qui est la prétention d'exceller dans les sciences et les arts , à commencer par l'agriculture, première des sciences.
Le créateur a ménagé, en répartition de caractères, une division fondamentale en nuances fortes ou majeures , et nuances douces oumineures ; distinction qui régne dans toute la nature: en couleurs, du foncé au clair; en musique , du grave à l'aigu ; et ainsi dans tout le système de l'univers.
Ce contraste qui règne parmi l'enfance comme chez les autres Ages, suffit seul à enrôler une moitié des lycéens et gymnasiens aux Petites Bandes , qui font un service beaucoup moins pénible que celui des Petites Hordes.
J'ai observé que cette moitié est contrastée en nombre et en sexe comme en caractère , savoir :
Aux Petites Hordes , 2/3 de garçons et 1/5 de filles ;
Aux Petites Bandes, 2/5 de filles et 1 /S de garçons.
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Si Taoe des corporations brille à vaincre les obstacles en matériel , il faut que Taulre excelle à les vaincre en spirituel. Aussi les Petites Bandes se distinguent-elles davantage aux études, aux cultures et fabriques. Elles sont généralement plus industrieuses , excepté en certaines fonctions , comme l'équitation, le soin des chevaux et chiens^ la grande chasse, la grande pèche, qui sont plus spécialement le lot des Petites Hordes ; mais les animaux dont le soin exige talent et patience, comme les zèbres et castors , les abeilles et vers à soie , sont affectés aux Pe* tites Bandes qui se piquent de raffinement industriel. Ceci tient au chapitre suivant, qui traite des fonctions. Continuons sur le dispositif.
En costume , elles adopteront les vêtements chevaleresques et romantiques , soit de l'antiquité, soit de l'âge moderne , en variant de Phalange à Phalange pour les formes de l'habillement. Si la bande de Saint- Gloud a costume Troubadour, celle de Marly aura costume Athénien, et ainsi dès autres.
Cette variété est opposée è celle des Petites Hordes, qui sont unes en costume pour une province entière , mais qui varient les couleurs individuellement; de sorte que chaque horde en manœuvre espacée a l'éclat d'un carreau de tulipes toutes différenciées de leurs voisines.
En attendant qu'on puisse monter les Petites Bandes sur zèbres , et monter sur quaggas leurs corybants et corybantes ( acolytes âgés correspondants aux coures et coèresses des Hordes), on sera obligé de s'en tenir aux chevaux nains.
Les Petites Bandes adoptent en manœuvre le mode rectiligne composé, par opposition au curviligne composé qui est celui des Petites Hordes.
i 70 AflSOCiiTIOBI COlPOiéE.
Le mot ecmpoêé s'enteod de l'ordre «erré et de Tordre Iftehe on espacé. La cayaleVie hannoaieooe envoie ces deoi modes, en manœuvre conriligne et reetiKgne*
La caralerie ctiîli^ et barbare ne connaît guère 40e l'ordre serré ; cependant les Cosaques font usage de f ordre espacé, lorsqu'ils jouent de la lance; maia c'est un ordre eifaeé confus, sans distances régulières faTorisant les engrenages coBectifs« U fout» dans Tordre lAdie, que les escadrons engrènent l'un dans l'autre , che?»! par .cheyal, comme chez nous les compagnies dans Tèyelutioo appelée rupture des Itgnaa.
Ces détails sont de peu d'intérêt; je ne m'y arrête que pour bien établir le contraste qui doit régner entre les deu% troupes , et qui est un véhicule d'émulation trèspropre à aiguiser l'esprit cabalistique , pécessaire dans les Séries pass.
Dans cet article sur le matériel , n'oublions pas ce qui louche aux tempéraments.
Quoique les deux corporations, P. H. et P. B«, se .couchent à peu prés à la même heuret av a«t les séances du soir d'oik on doit les éloigner , les Petites Bandes ne se lèvent que plus tard, et n'arrivent guère avant 4 heures aux ateliers. EUes n'y seraient pas nécessaires plus tAt : elles ne sont que peu ou point chargées du soin des grands aniniaux, sauf leurs zèbres. Elles s'adonnent davantage au soin des animauxdiOiciles à élever, des pigeons de correspondance, des i abeilles , » etc. , qui n'exigent pas de séances matinales comme les boucheries et autres emplois de l'Argot.
Cette différence d'une heure que j'assigne sur le somc meil n'est point arbitraire : elle tient aux convenances de tempérament. Les enfants dont le matériel est moins actif,
uvmsH. aicnoifiT. 171
eemne 1«6 pUegmatiqiies et mèlanMliqQes (107) obC plos besM de sorameil el B'enrôlerool Toloniien mm PetUei Bande»; les sangoins el biUeiix eonvieêdreot laieiix aui Petites Herde».
Cette distribtttieQ eat siqeUe è exceptiona ; mais le daaaeoieMi sera asaea eonforme à ta dif iiion dea quatre kempérameiits cardi«aiix :
A . Bilieux* —Ambition. )