‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 57 sur 163 · UVEB U. SECTION IT. 2SI · texte numérisé non relu

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per une héritière oa gruger une douairière ; la civilisation n'étant, en amour comme en intérêt, qu'une mascarade universelle dont on peut dire avec Regnard :

Les meilleurs en un mot ne valent pas le diable.

Différons donc toute explication sur l'espèce de vertu que les femmes harmoniennes estgeront des poursuivants de vestales et des hommes en général.

J'entends répondre: on laissera vos vestales, si elles sont si bégueules , si précieuses. Quel homme voudra se bufiler avec un comité de femelles qui se donneraient les airs de le censurer dans leur synagogue, sur ses actions, ses habitudes, son caractère?

Yoilà des objections de civilisé : le mieux est de n'y rien répondre. Quand on connattra le mécanisme d'Harmonie , on verra ce qu'un homme gagnerait à être mal dans l'opinion des vestales. Il serait, dès le lendemain, rayé du testament d'une cinquantaine de vieillards de qui il attend des legs et portions d'hoirie. Un tel incident ne serait pas plaisant pour nos civilisés, grands amis des richesses perfides.

La vieillesse et le corps vestalique sont en étroite alliance dans l'Harmonie, et les patriarches ont voîx consultante au synode vestalique. La viellesse d'Harmonie ne commet pas la sottise de se laisser sans alliés parmi la jeunesse; elle s'y ménage des protecteurs de plus d'une espèce : on le verra à l'article du Faquirat ou corps des faquiresses et faquirs (ftge de 20 à 30 ans ), qui sont des sdliés du corps vestalique, siégeant et votant en synode avec lui.

Nos vieillards ont su organiser les amours de manière à. se faire ha!r, persiffler et pousser dans la tombe par la

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jeunesse. Il est plaisant que ceux qui ont fait la loi (car les lois ciyilisées sont toutes l'ouvrage de la vieillesse ) niaient pas su la faire à leur avantage , n'y aient ménagé ni leurs intérêts ni leurs plaisirs ; je l'ai dit à l'Argoment : les Orientaux sont plus sensés dans leurs barbares coutumes; au moins chez eux le légistateur n'opère pas sciemment contre lui-même, et la législation barbare» ouvrage du sexe masculin , a bien ménagé aux hommes vieux ou jeunes tous les avantages en amour comme en autres passions.

Chez les civilisés , au contraire , la vieillesse n a réservé ni aux hommes, ni aux femmes âgées, aucune chance en amour. Je l'entends répondre qu'elle ne Veut plus y figurer, que cela n'est plus de son âge : momerie que cet isolement prétendu! il n'a rien de naturel ni de réel.

// n'est point réel, puisque tous les vieillards opulents se ménagent en secret les faveurs de quelques poulettes , en feignant de renoncer à l'amour.

Il nest point naturel , car parmi les Barbares, gens plus rapprochés que nous de la nature , on n'a jamais vu un seul souverain abandonner son sérail : il le conserve jusqu'à la fin.

Il n'y a donc ni réalité, ni naturel j dans ces simagrées des vieillards civilisés qui disent avoir oublié l'amour. Les uns l'oublient par nécessité, parce que, faute d'argent , ils ne peuvent plus apprivoiser aucun tendron ; les autres l'oublient par amour-propre, ne voulant pas s'exposer aux dédains d'une jeunesse railleuse. Dans l'un ou l'autre cas, c'est oubli forcé et non volontaire; mais ce qu'il est honteux à eux d'oublier, c'est le point d'honneur.

En admettant qu^^ils renoncent franchement à l'amour, ils devraient nu moins se maintenir la considération de la

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