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jeunesse. Us ne robiiennent qu'à prix d'argent; c]est ne pas rohlenir.
Et pour preuve il conviendrait que ces aïeux» pères et oncles» qui se croient aimés et considères de leurs jeunes descendants» pussent faire sur eux Fessai que fait sur le théâtre VhiMtant de la Guadeloupe , revenir d'Amérique sans fortune. Quel accueil recevraient-ils parmi leurs enlants et neveux? Dix-neuf dédains sur vingt visites. C'est donc leur argent que l'on considère, et non pas eux.
Pour s*en convaincre subitement, il faudrait qu'ils parvinssent à s'introdiûre dans les réunions secrètes où les amants et maîtresses en viennent à gloser sur les parents ; ils s'y verraient traités comme des Harpagons ridicules ou des Argus incommodes; ils entendraient le comité accélérer par ses vœux l'époque où on sera délivré d'eux » où on pourra jouir d'une fortune qu'ils ont mauvaise grftce à retenir» et dont ils ne savent pas jouir» si l'on en croit la jeunesse.
Non-seulement cette opinion domine chez les jeunes gens» mais elle règne chez les hommes d'Âge rassis » à qui elle échappe en vingt occasions; par exemple» au décès d'un homme riche, vous entendez chacun s'écrier : voUà k file qui va jouir. L'existence de son père le privait donc de jouissances bien précieuses au dire du public l Dès lors elle lui suggérait tndirectemeni le désir de la mort du père.
Là finissent les iHusions de père adoré» de tendres enfants » amis des saines doctrines. Rien de vrai dans ces apparences» et les rares exceptions confirment la règle. 11 peut arriver» par exception » que des enfants » des héritiers » en expectative » désirent sincèrement la longévité du détenteur; mais ces cas sont si rares , qu'on ne saurait
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OÙ en chercher des exemples. Un homme Âgé n'est aiaé des siens , ils ne souhaitent sa conservation , que lorsqu'un viager ou revenu quelconque , assis sur sa tète , serait anéanti avec lui.
D'ailleurs , c'est chez ta muttitude qu^ii faut observer sur ce point le caractère civilisé. Croit-on que les pères âgés soient aimés chez le peuple? On les y maltraite, s'ils sont sans fortune; on leur souhaite ouvertement la mort^ s'ils sont dans l'aisance et • tenaces « selon Tusage des villageois.
Ce préambule était nécessaire à éclairer les pères et aïeux sur une erreur des plus grossières où ils tombent du plus au moins, dans l'état actuel.
Après l'âge d'amour, ils conçoivent le plaisant projet de se concentrer dans les affections familiales , au sein de leurs tendres enfants , élevés selon les saines doctrines à l'amour du commerce et de la charte.
Pense-t-on que la nature ait manqué à prévoir ce vœu de la vieillesse, et aviser aux moyens de le satisfaire? elle y a pourvu; mais le destin de l'homme étant composé et non pas simple , elle veut satisfaire à la fois les deux aflectives mineures , qui sont intimement liées en mécanique sociale. Elle veut ménager é la vieillesse des charmes en amour et en famillisme à la fois. Les mesures prises à cet égard impliquent ces deux passions cumulalivement; et toutes les dispositions qu'on lira en équilibre de passions tendront à réserver» aux vieillards d'un et d'autre sexe, un essor combiné des deux affectives mineures, dites amour et famillisme.
Vous vous moquez, répond un modeste septuagénaire. Je n'ai plus ni la beauté , ni les facultés qu'il faut apporter en pareille liaison, et par délicatesse je la refuserais;
tiTRBn. SBcnoniT. S29
]€ croirais faire le supplice de celle qa'on voadrait m'as-* socier.
C'est bîeo pensé : mais Tordre de choses qai Toas méoagera dÎTerses chances d'amour en ftge ayancé, yous ménagera de même la sanlé, comme au scélérat Ali- Pacha, qui s'est marié à 80 ans; la beauté comme à MinoD , qui fut courtisée à 80 ans.
Il est yrai que ce perfectionnement matériel n'est pas applicable à la génération présente : aussi l'ai^-je ayertie qu'on n'a4)as besoin d'organiser, au début de l'Hatmonie, les coutumes qui s'établiront au bout d'un demi-siécle. Mais dans un plan d'équilibre général des passions , il est force de traitende l'ensemble , pour faire apprécier la justesse des opérations partielles qu'on deyra en adopter^ et surtout pour conyaincre les yieiUards, qu'il n'est pas en leur pouyoir de se restreindre eollectiyement à telle ou telle jouissance / quoique la raison paraisse l'ordonner, et qu'en se bornant au famillisme ( affections de famille ), ils y seront en fausse position, en mystification permanente, quelque illusion qu'ils se fassent à cet égard.
Toutefois, c'e«t une science bien neuye et bien profonde : en la publiant, on peut dire avec Horace : < Odi > profanum vulgus, et arceo, » Ce ne sera pas dans ces premiers volumes que je la donnerai en entier; il suffira de la (aire entrevoir.