CHAPITRE IX
Des Testels Harmoniens.
On a pu remarquer dans les deux précédents eha-' pitres des aperçus de mœurs iacompatibles avec I)bs ^ois actuelles.
J'ai maintes fois redit qu^il ne conviendrait pas d'introduire ces usages dans la Phalange d'essai , ni dans la première génération d'Harmonie ; que si je les décris» c'est pour acheminer à la théorie des équilibres » d'où il est impossible d'exclure les accords généraux d'ordre mineur, d'amour et de famillisme.
Quant à Fobj^ection sur l'incompatibilité avec les coutumes existantes» j'ai levé tous les scrupules à l'Interlogue (III, 86), où j'ai donné d'avance sur ce sujet une solution trés-satisfâisante pour ceux même qui en doutaient le plus.
IF est à propos de rappeler que ces coutumes , qui à la lecture peuvent sembler insignifiantes, ont pour but de décupler la richesse effective. L'accroissement de richesse n'est que triple ou quadruple , si Tordre social s'élève en Harmonie simple, période 7®. (II, 53); le produit général de l'industrie devient septuple et même décuple, si l'on passe en période 8®., en Harmonie composée.
C'est donc une théorie de la plus haute importance que celle des deux accords mineurs d'amour et de famillisme, à défaut desquels on resterait en 7®. période. On ne pourra les bien établir qu'autant qu'on en aura posé les bases par un essor constaté des amours du
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premier âge, dans rorganîsalîoo des qaalre sectes de
VeHales et Vestels , Damotsellet et Damoiseaux , toutes quatre nécessaires en système général des relations amoareuses, où Ton doit ménager, surtout dans l'âge d'initiative, pleine garantie à l'industrie et aux vertus sociales, honneur, justice, vérité, etc. Les objections sur cette méthode seront examinées «< ailleurs. >» Terminons d'abord sur la description des usages de la 6^. tribu, notamment sur le corps vestalique dont il reste à passer en revue le sexe masculin.
Une corporation de vestels n'aurait pas dans n os mœur» la faveur de l'opinion. La virginité a peu de grâce chez le sexe masculin ; elle n'a de prix ni aux yeux des hommes, ni aux yeux des femmes. On badine le jouvenceau de 20 ans qui passe pour novice : la chasteté de Joseph , dé Tobie, d'Alexis, a de tout temps apprêté à rire.
Ihins l'Harmonie , un jeune homme sera d'autant moins persifflé en conservant sa virginité jusqu'à 19 ans, qu'elle < aura même pour les femmes > des emplois précieux , inconnus en civilisation , où elle est , comme la probité , risible, faute d'utilité. On se moque aujourd'hui d'un financier qui ne grivëlle pas, d'un marchand qui ne trompe pas : ces railleries n'auront pas lieu dans un ordre où les astuces mercantiles et fiscales seraient des fléaux éversifs de l'ordre social. Il en sera de même des plaisanteries sur la virginité d'un jeune homme de 18 ans; elle n'aura plus rien de ridicule quand elle sera utile à tout le monde , même aux femmes.
Il faut donc attendre l'exposé de ce nouvel ordre social , pour juger de la dose d'appâts que présentera la virginité aux jeunes gens au-dessouà de 19 à 20 ans. h dis au-dessous, car elle ne s'étendra pas au delà de
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ce terme; et le corp» des festeb ne eoiapreodra qu'un tiers des jouveaœtux , qui 9 eoit par attente (Time vestale arec qui le lien matériel sera différé, soit pfflr caractère, disIraetioD indostriell>e et spécniatKUi sur les avantages du yestatat, pourront abéoient eu observer tes statuts jnsqu'À 19 ou SO ans.
On ne commettra pas, en Harnonie, rineonsèqnenee de créer des vestales sans créer des vestels : ce serait imiter la eontradiction de nos coutumes qui veulent que les femmes soient chastes , et qui tolèrent la fomieation eliei les hommes. C'est provoquer d'un c<Vté ee qu'on défend de Tautre; dupKeité digne de ht eivilisation. [ Analysons les amorcesde virginité enrègîme soeiètaite.]
J*ai signalé précèdefluinent l'indèeence de raîjler les Biles qui ont passé leur jeunesse dans b virginité, par respect pour les lois et les mœurs» Le fégioie civilisé , en affaires d'amour comme en d'autres , est toujours en contradiction avec lui-même.
Il veut , il ne veut pas , il accorde , il refuse ; II proioet, il rétracte, il condamne , il excuse. Nos opinions, surtout à l'égard de f amour, sont le pendant de la cacophonie du mardi gras , où Ton voit le gouvernement autoriser, salarier des mascarade! et bacchanales, tandis que la religion fait des prières de 40 heures pour demander à Dieu pardon de ces orgies qu'on va commettre avec Taveu du gouvernement, [plaçant en rue plus de gendarmes que de masques , afin de bien protéger le péché mortel.] Un étranger qui ne Gonnatirait pas nos bizarreries politiques serait fondé à croire que le sacerdoce et le gouvemetnent sont en scission , ou ne professent pas la même religion , puisque l'un autorise les délits pour lesquels l'autre demanda
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griee à Dieii. Telle of t W oif ilmlion , toujoan dupliqué en nécaolsme » TaoUpI à tout propos sa periecUbilité de raîfOB , et n'offrapt dans louies ses coatuioes que la dtoûsoD syslèmalique ; (émoio son engouemeni récent pour le eonomerce. Nos écrivains prétendent aimer et chercher l'augaste férité ; eo même temps ils aiment et protègent le commerce arbitraire , qui est an exercice eootinoel da mensonge et des rosés les pins Yiles.
Même déraison dans nos préceptes sur la firginilé : si on yent sincèrement qu'elle soit consenrée par les jeunes filles non mariées » on devrait veiller à ce qu'elle fui conservée de même par les jeunes garçons. Il n'existe pas de 3*. sexe en amour : si donc les jeunes gens reooncent de bonne heure à la virginité , ils ne peuvent s'adresser qu'à des femn^es mariées ou non niariées. Dans le premier cas, il y a crime d'adpltére; dans le deuxième cqp; , crime de fornication , selon les lois civiles et religieuses*
Cependant l'opinion établit pour ré^le, qu'un homme ne doit se marier qu'à 30 ans ( Lycurg^ue fixait ce lien à 37 ans); qu'il n'a pas, avant cet âge, l'aplomb con- Yenable à l'état conjugal et paternel. Or, si l'opinion le ridiculise lorsqu'il conserve sa virginité jusqu'à 37 ans, c'est exiger qu'il séduise des femmes mariées ou non mariées , et qu'il tombe dans les crimes d'adultéré , fornication» stnpre» viol, etc.
i Yoilà ce que produisent » la fégisration et Topinjon ayec leurs impulsiopa contradictoires ? Pourraient*e|^6 i^en^^pdre en un se^l points spr ce qui est conimapdé |tF riine et défendu par l'autre ? On remplirait un vo-^ lame 4^ tableau des absurdités qii'entratuerait l'«b9?rlaoce de leurs préceptes respecli(a» notamment sur la