LIVRE II. SECTION IV
J'ai proavé que les veslels hartnoniens n'auront rien do ridicule où tomberait un tel rôle en civilisation , et seront au contraire distingués à titre de caractères de forte trempe , en qui les germes de vertu l'emporteront surFamour. lis en seront récompensés, soit par l'ayanlage d'obtenir à Farmëe la vestale qu'ils auront attendue, soil par la préférence de magnâtes ou princesses qui auront un héritier ft fournir pour les sceptres de divers degrés, soit par diverses voies d'avancement attachées h cette fonction. Ainsi le petit retard de 3 à 4 ans en exercice d'amour leur vaudra toujours des chances d'accroissement en fortune, en vigueur, en considération.
Quoique l'Harmonie prodigue à Tune et l'autre compagnie veslaiique tous les délassements, elle s'attend avoir une moitié de la jeunesse opter , au bout de six mois ou un an , pour le damoisellat ; défection qui n'est point vice, ledit emploi étant nécessaire.
Une vestale est d'autant plus considérée , qu'elle n'a parmi ses poursuivants aucun préféré d'inclination : mais elle n'est pas congédiée pour en avoir un ; elle risque seulement d'être moins recherchée à l'armée par les princes qui viendront faire choix d'une génitrice. Au reste, leur vie active et joyeuse leur donne assez de moyens de faire diversion à l'amour , contre qui le meilleur antidote est l'abondance même (t) des poursuivants titrés et admis à leur cour.
(i) En théorie d*équiUbre passionnel , il faut absorber la tentation vicieuse, par la multiplicité des chances d'essor et par l'étendue des chances de compensation.
L'on voit quelques-uns de ces effets en civilisation, entre autres dans la classe des commis- marchands. Il n'en est pas de plus généralement probe en gestion , parce que c'est la classe qui
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Lorsque les union» vestaliques sont consoinm^s à Tarmée , il est d*usage et la courtoisie exige que le plus Agé suive le plus jeune en qualité de troubadolir, La campagne leur est comptée double, cooime cbe? noui les campagnes de guerre > soit pour la vestale et son troubadour » soit pour la troubadoure et son veste (ISc^nypagnes donnent rang de paladin ou paladine).
Les troubadours vont se fixer quelque temps daps la Phalange du plus jeune ; ils y jouissent du rang de magnat; leur vestale passe au rang de pro-vestale. Cet usage s'étendra communément aux femmes» et on verra d'ordinaire la troubadoure suivre le pro-vestel. l!îos coutumes veulent que la femme parte avec un homme qui Ta marchandée et obtenue : cette suite du mariage est aussi galante que les négociations préalables du courtier. .
Les farouches admirateurs de Tantiquité ne manqueront pas de s'informer par quel supplice oq punit les pro-TOstales et pro-veslels qui manquent à )a fidélité. Siont-ils, comme aux beaux jours de 1^ liberté romajne , enterrés toqt vifs pouf le bien de la morille? JHoq \ i|s çn sont pour la renonciation à leur rang; encore ne soqt-il^ déchus qu'à la deuxième infidélité coiinue , |t moins que dés la première il n'y ait rupture formelle de la p^rt dé leur conjoint.
Le troubadour et la troubadoure qui viennent ^'établir quelque temps avec une vestale ou un veste] , ne PAan-
a la plus d*ocGation3 de la^rçin. Peut-être 7 coderaient- i)s sauvent s'ils n'avalent pour Tavenir des pers^iectives d'avanceiiieat qui les soutiennent dans les voies de U probité. Dès -lors cette renonciation au larcin n'est plus priyatiQU pour eux, mais o^ilion , soutenue d'espérances , conuoQ ceiU du corps vcsuliq^e dans $e« dictais d'abandon ik Tamour.
UTUII. flBCftOiriT. XI
qwmwi pis de rejoindre eMoke leur Phahnge. L'anoûr de la ptCrie est ao lien trop forl en Harmonie , pour qa*aaeon antre puisse le rompre. Au reste , ehacon est Kbreàcetégard.
La stérilité d'une Tsstale' n'ôlera souTont rien aux avanti^as que sa Phalange pouvait se promettre de lai^ écouté. Le monarque troubadour une fois habitué ^t choyé dans cette Phalange y fera cboii de quelqu'autre femme d'une fécondité connue , et rarement il ira chercher ailleurs une génitrice.
En Harmonie, on distingue des degrés dans l'union des sexes : le mariage n'arrire en degré ultérieur et n'a lieu que lorsqu'il y a enfantement. La grossesse même n'est pas encore un motif suffisant pour concéder les titres d'époux et épouse ; car la femme peut accoucher d*un enfiint mort, et le but de l'hymen ne sera point rempli; il n'y aura pas lien i>b famillismb.
Ces considérations obligent l'Harmonie à établir une échelle de droits et de titres en amour, et ne pas concéder le titre d'époux avant de savoir si la principale condition en sera remplie. Nous blâmons à bon droit l'autorité, lorsqu'elle nomme aux fonctions des gens qui n'ont aucune aptitude à les exercer. Il en est de même en mariage, dans rHarmonie : si une femme est stérile, eHe ne peut pas être épouse , créer le lien familial : elle reste aux échelons inférieurs (indiqués chap. XU); et il en est de même d'un homme qui , dans son union avec une femme déjà mère antérieurement, n'obtiendrait d'elle aucun enfant; il ne serait pas promu au rang d'époui.
Ces détails s'écarlent de notre sujet , qui ne s'étend qu'aux premiers amours , à Tart de les concilier avec le progrès de l'industrie et des études , et avec rbarmonie
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générale. Il suffit qu'on ait vu dans ces (rois chapitres , que les chances de yestalité ou yirginilé sont aussi honorâbles , aussi attrayantes en Harmonie , qu elles sont ingrates dans Fétat actuel, où la dépravation ne laisse en amour aucune carrière aux mœurs loyales; pas même dans l'adolescence» et moins encore dans les période» plus avancées, où Famour n'est si souvent qu'un masque* de vénalité et de méprisables intrigues.