‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 67 sur 163 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Des Damoiselles et Damoiseaux.

Les objections sur la disparate des coutumes d'Harmonie avec les nôtres ont été suffisamment réfutées aux Interliminaires (lU, 86). Achevons de remplir la tâche, de distribuer la tribu de transition amoureuse en deux corporations contrastées , marchant ,

L'une au beau par la route du ban^ — Vestalat.

L'autre au bon par la route du ieau^ ^Damoisellàt.

Le système d'éducation attrayante ne serait pas intégral composé, si cette méthode n'était pas soutenue jusqu'à l'âge de majorité, 49 à 20 ans (tribu 7®., les adolescents), oik se termine l'éducation. Il faut que, jusqu'à cette époque, elle opère de manière à entraîner au travail productif les deux classes de vestalat et damoisellat, tout en favorisant leurs inclinations.

Les fonctions vestaliques ne doivent leur relief qu'à la scission d'une moitié de jouvençaux et jouvencelles qui prennent parti pour des moeurs différentes. Les caractères ne sont pas tous de trempe convenable à se soutenir longtemps dans les voies virginales : il faut donc des mé-

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thodes propres à discerner et employer ulilemenl oeox qui penchent pour la précocité en exercice amoareax.

Il arriye toujours qu'âne moitié des jouvenceaux et jouYenceiles , moins pourrue des talents» de la beauté, de la force de caractère nécessaires pour s'aVancer dans le yestalat y ou bien stimulée par le tempérament , par les dispositions galantes , s'enrôle de bonne heure sous la bannière amoureuse» et prend parti dans le corps du damoisellat » plus nombreux en hommes qu'en femmes.

Le corps des damoiseaux et damoiselles forme une moitié de la secte d'amour 6déle qui est première fonction on première touche en gamme d'amour.

Ce n'est pas à 15 ans [ou 15 1/â], à l'instant même du passée en 6*. tribu» que les jouyenceaux et jouyencelles optent entre le yestalat ou le damoisellat ; tous débutent par la yestalité : il serait même honteux de n'y pas passer aa moins quelques mois. Ce n'est que peu à peu que les caractères faibles se laissent prendre à l'amour : dès l'Age de 16 ans, quelques-uns désertent le yestalat» d'autres plus tard. Ce sont communément les moins beaux qui perdent patience; la chance des unions princiéres d'armée étant c assez faible » pour ceux et celles qui n'ont pas la beauté [ou de grands talents pour briller dans une armée formée par yingt empires.]

Dans l'état ciyilisé» c'est d'ordinaire une classe de femmes peu honorables que celles qui se liyrenl de bonne heure à l'amour : elle est pourtant bien nombreuse ; elle comprend les 9/10®*. des paysannes, et les grisettes de la ville, qui À 16 ans ont déjà eu plus d'amants qu'elles n'ont d'années. On rencontre aussi parmi les demoiselles de la bourgeoisie ou de haut parage , quelques aigrefines qui, avec leurs masques d'Agnès et de bigotes» « sont

ÈBÙ AsaoeiATiOK composéb.

bîeB plus débauchées que les > grâetles. Il ^pie donc en cîvilisalîofl ose très-graude majorîtë de fejQmes prèepee» eu amour el en ISierliiiage secreL

La transition amoureuse est an oontraire fort dèôeote en Harmonie , parce qae le oorpa du damoiseHM à des rivalités qui FoUigeut à se respecter^ et ne pas former ou eoBtraste choquant avec le vestolat où régnent au suprême^ degré Thonneur et la pudieité. Il faut, pour Mablir la concurrence, que les damoiseaux et damoiseiles compensent leur btbiesse précoce par un grand raf&iemeni de délieatesse en amour» de manière que les deux carrières de yestalal et de damoiseUat conduisent par des voies ditTérentes aux buts généraux de Féducalion > aux progrés de Findustrit [et des études} , au lustre des vertus sociales» [et qu'ils marchent » Tun* au bon par la route du beau , Tautro au beau par la route du bon.}

L'époque la plus critique de Téducatîoo > celle d'avènement en puberté , deviendrait Téeueil du ujsUmQ barmonien, si elle faisait dévier la jeunesse de ces nobles sentiments dont l'éducation l'a nourrie. L'amour ne doit donc intervenir que pour donner une force nouvelle à ces impulsions honorables ; il doit opérer é rencontre du mécanisme civilisé, od il ne s'empare des jeunes têtes que pour leur inspirer le mépris de tous les préceptes* de l'éducation , l'esprit d'astuce et de ligue seoréte contre les mœurs et les autorités , le goât des excès, et soqvepl des vices et de la crapule* Voilà ce qu'obtient l'éducation civilisée , en refusant d'ouvrir é Tamour le^ deux carfi^r^s de rivalité honorable qui doivent « l'yliliser 9 et le régulariser dans ses débuts.

Les relations d'Harmopie sont disposées de maniéré que nulle iptrigue d'amour qç peut rester iuQopnue » sqr-

Ll?aCH. 8BCTIMIT. S6I

Umi daoB k If ibu du joHf encellai ; en outre » la fidèlîtè et tontes les affections honnêtes y jouissent d'un lustre dool on se Toii pas même Fembre parmi nous, qui ne pouvons ni garantir la fidélité » (ni lui assurer un lustre ,*une té* compense»] €e serait dose pour un damoiseau comme pour une damoiselie, ito grand désiienoeur que de n'avoir pas débuté par quelques détails honorables » et d'entrer <hitts la carrière comme la jeuaesso cirîKsée, par h roule do défergondage ou d^ Thypocrisie.

Le corps de damoiseliat réviserait de s'agféger de tels personnages : s'il n'a pas pu marcher de front avec iee yestales dans le leaiîer de la virginité » il se pique de les égaler as moins en déKcalesse. Ainsi lejourenceau ou la jou?eneeHe qui débuteraient sans moralité dans leurs amours , essuyeraient Taffront d'être refusés au corps du damoiseliat, qui tient rang» à la cour galante, dans la Série defidéhlé. Ils seraient obligés de prendre ptaeeA laprennére tribu coroplémeniaire (lU, 4i0), et y seraient mal vus, parce que celte tribu est hors de ligne par insuffisance de titrés caraclértels, et non par défaut de mœurs m de procédés.

Ck>mmenl les penefaanls honnêtes pourraient-^ts germer chez les jeunes femmes , si on en dispensait les }eunes gens leurs cooipagnotts de tribu, et si le jeune homme aHait , comme en civilisation, ae livrer à une foule de femmes dés que le premier pas est franchi ; s'il brouvait comme aojourd'kui dans la classe dite honnétt ei tammê U fiiuty des femmes qui voudraient toutes prendre leur part d^n joli débutant ? Dans ce eas le Kbeniâiagn des jennes gens enlratoerait celui de» jeunes filles , ei le corps du damoisetUl'ne serait bieotét qu'une réuaien à'^rpe : l'ordre soesétaire prévient cetUedépravaiionenaslretgiiant

96S ASSOCIATION COMPOSéE.

les damoiseaux aux mêmes statuts de fidélité que les damoiselles.

On vante les premiers amours , leur vive impression dont il reste toujours des souvenirs : il faut donc» en politique sociale, utiliser celte belle passion en lui donnant un brillant essor. Les choix étant libres , on ne verra pas beaucoup de jouvenceaux se passionner pour les jouvencelles de même âge : la nature aime les croisements et rapproche volontiers les âges éloignés. D'ailleurs, elle établit en Harmonie tant de relations amicales entre les âges divers, qu'on verra encore plus qu'à présent, le jouvenceau débuter avec une femme âgée , et la jouvencelle avec un homme fait. Il n'y aura toutefois rien de fixe là-dessus, puisque l'entière liberté régnera dans les choix.

Le premier amour est trés-révéré en Harmonie; on le considère comme une sorte d'alliance perpélueller, et on ne manque jamais de le cimenter par un legs testamentaire. C'est encore l'opposé des usages civilisés, où le premier amour entravé par les parents, méconnu par la loi, déguisé par les amants, ne laisse bientôt après, que les plus faibles souvenirs, et se trouve d'autant mieux déconsidéré , que la loi affecte de ne reconnaître pour premier amour que celui du lien conjugal , qui chez les hommes est plus souvent viiigtième amour que premier, et qui est si rarement premier chez les femmes.

Quelle sera la durée probable de la fidélité d'un damoiseau ou d'une damoiselle? pense-t-on que ceux qui auront débuté à 46 ou 17 ans, puissent être fidèles ju^u'à 19 ou 20 , époque d'entrée en adolescence ? le terme serait long et un peu au-dessus de la puissance humaine : ce^ pendant , pour y arriver autant que possible » on s'attache

IlVR£ II. SECTION It. tSS

à pré?enîr les occasions d'inconstance ; la secte (tes damoiseaux et damoiseiles n'a qa'an demi-accès en eoar galante ; elle ne fréquente pas les séristëres de hauts degrés en amour ; elle n'est qu'un anneau de transition , jouissant d'une demi-liberté amoureuse. Quoique THarmonie distingue des amours de tous degrés, indiqués à la gamn^e (II» 356), elle ne se liftte pas d'y admettre la jeunesse dont l'éducation n'est pas achevée ; aussi le damoisellât ne fréquente-t-il que les Séries du degré de fidélité, et la secte du faquirat qui est celle de Décius amoureux d'un et d'autre sexe ; puis la secte de rigorisme ou pruderie , dernier anneau en gamme de fonctions d'amour.

11 reste à parler des fautes ou peccadilles erotiques ; l'Harmonie sait qu'elle n'obtiendrait rien si elle voulait trop prétendre : il faut donc se borner à maintenir lecorps du damoisellat dans de sages limites, sans exiger l'impossible, comme en civilisation où l'on obtient la fidélité en paroles, mais en réalité le libertinage secret. Qu'arrivet-il des devoirs outrés qu'on impose? Les femmes bien informées du déver{;ondage des hommes se font une conscience accommodante et des principes de représailles , comme celui-ci que j'ai entendu soutenir par certaine fille vertueuse : t Une infidélité , ce n'est rien du tout, > ce n'est qu'un petit oubli : bah! ce n'est rien du tout. » Elle soutenait ce principe contre quatre hommes. Tels sont les maximes de femmes qui ont rang de très-honnêtes; qu'on juge par là de ce que peuvent être- les moins honnêtes!

N'est-il pas plus sage de céder quelque chose au torrent, que de vouloir comprimer la passion, qui rompra les digues et renversera tout l'échafaudage de répression? C'est par cette sot|^ méthode que les femmes civiliséet

TRANS-APPENDICE. — Accord du beau et du bon dans les premiers amours de ^Harmonie.

A ridée de liberté amoureuse , chacun^ avant de s'informer comtnent elle sera pondérée, n'en augure que crapule et scandale. Démontrons que ces désordres sont V ouvrage du régime civilisé, qui a l'impudeur de les encenser et les couvrir de l'égide des lois.

Les diverses classes de jeunes amants cités plus haut ne vivent pas dans une Phalange à la manière de nos jeunes mariés y en couples scandaleux » occupés & becqueter publiquement leur impudique moitié , comme font en civilisation tant de jeunes époux qui ne sont bons qu'à donner de sottes leçons aux sœurs moins âgées, à tous les enfants de la famille et de la coterie, sous prétexte que leurs becquetages sont autorisés pour la gloire de Dieu et de la morale. Dieu ne perdrait rien de sa gloire si les jeunes mariés étaient moins indécents , moins obscènes devant les enfants. Maxima debetur puero rêverentia.

Ces coutumes immondes n'auront pas lieu dans THarmonie; elle parlera moins de bonnes mœurs et en exigera davantage ; elle s'attachera à garantir le premier amour des excès sensuels qui régnent communément en civilisation. Pour prévenir la satiété qui en est la suite, elle mettra en jeu de nombreuses distractions, parmi lesquelles figurera avantageusement l'élude [attrayante] de l'analogie, [cachée aux enfants] (Pivot inyerse), mais en premier lieu l'industrie.

UVftEiK SfeCtlONlt. â67

Le Tice de nos mœurs est de mettre l'amour, dans ses débats, en opposition avec l'industrie et l'étude : on verrait l'une et Tautre abandonnées pour les amourettes, si l'autorité paternelle ou le besoin de subsistance n'intervenaient pour retenir la jeunesse au travail. Examinons comment le régime harmonien sait employer l'amour à redoubler l'émulation de la jeunesse en industrie comme en étude.

On évitera d'abord le ridicule d'encourager et prôner la fainéantise chez les jeunes amants : l'opinion ne les tiendra pas quittes pour des roucoulements et romances. Parmi nous, de jeunes mariés croient avoir fait des prouesses de vertus domestiques , lorsqu'ils ont , jusqu'à neuf heures du matin, travaillé au chevet à célébrer le sacrement. Ces sortes de vertus ne sont pas de recette en Harmonie, où l'on ne préconise en fait de mœurs que ce qui peut concourir au bien de la Phalange entière, & l'accroissement des richesses, au luxe, premier foyer d'Attraction. Les intrigues industrielles sont si actives en Harmonie qu'aucune corporation n'y protège la nonchalance.

Le vice de notre système social est -de ne savoir pas . mener de front les plaisirs et l'industrie : aussi , toute la classe riche est^lle rebelle au travail , du moment où elle atteint l'âge d'amour. Il faut, pour obvier & et vice, que l'industrie, outre l'appât des intrigues de Série, soit encore soutenue de divers appuis inconnus parmi nous. La seule initiation à l'analc^ie universelle suffira à créer une émulation studieuse dont l'enthousiasme se prolongera dix ans au moins, et coolre-balancera la fougue amoureuse de 15 à 1 30 > ans dans tout le cours de sa durée. Sans l'intervention de ces nouveaux ressorts,

il ne serait pas possible d'allier h gpi^t du bon et du Wn cbez i^ jfymie&^e kficcaouienoiç : elle tomt^raji , cpoime la ndAre, d.an^ k d^goftl de l'industriç.

IU[ais le IfilQ des ci|Uures , le qhairme^ ê^e$ iQtrigi](es de Sèrie^ [ les aiporces qu^e présente l'é^de de Tanalogie,] la gaieté d^^ irëuiùo^s industrielles, 90ol de;$, çtiipu^ lants trop actifs pour que raaM)ur puisse les paralyser et faire négliger le travail. D'ailleurs, les riyaUté$ corporatives s'y opposeA(; les dani^eJl^s el, damoi^eaqs ci^ndraiei;it d'encourir ïa^ raiJIerie ^es yest^Ie^ ^X de tçiites les Gorp^^rat^oo^ qui lef olisçryei^t, Uo troubadour, un ménestrel, quoiqu élr^ng^rs da^^ Jla Ph^ngç, Uejivpent à s'y disî^RgMÇT^ et pçfiweftt paT^i ^^^^ tç* groupes adonaës 4 loprs cqltufes ^yorites (i).

B^e(, si up jeune couple* se f$l&cbajit ^\3^r l'ipditôtfie , si, passant ^vi lit la fi^F^ase n)a(ii>é^r '' prétwiJUit tenir une louable co^dij^ite p^rçe que li^ à^ifi^ conjoints auraient, seloifi, Sq^eJi, Àzaïf ei S^^rçJ^, rendv i-R D£9V^iR, se^u effk^enites itUré pq4 ^^bitt^mf oj) leur

(i) Clodomir sur les bords de la Seine eiait sectaire actif des roses mousseuses, des prunes drap-è^Qr, -de» fraises ananas, et de beauooMp chuicres vé^âaut. • A. ilarméf du ntool Hénils» il a

obtenu la ve^t^W AntifiQM ; M l* wit en Uoiib^OiMf V. ^ ^^' lange d^e Vm^poccêf^ : la, il sf lie^a d'emblée, f v^çp tous les groupes qui cultivent ses y^gë^ux fayops; il leur com^uiVQuera les procèdes de France et s'instruira ^es leurs. 11 voudra , \ titre de prince français, se distinguer et se montrer en digne éûiule des habitants de THippocrêne. L^mour ne peut phis exciter ^ la faine'antise dans un ordre oii Ton ne rencontre plus d*otsift, rà les travaux sont mëtamoppbosës en pUisirs sonteaus dft yises intrigues , et oU le monde sncâai » ulus «ml d;»», f ifîbo^Mi W^ 90^» ^ le sfOWdff , HlWi^vm 4U. V4m^ ^s ï^Sf 4*9i^ vçW çen}U|^«

ttVltCll. ^BCMÔKft. â69

sigmlheHut qUe tels *eC tels igToUpies tlkdosIrMs Ww^l que fÉEÎre de sectaires însotttianls qui ne paraissent p&s aux séances de trayail , et qu'on doàne congé 6ux indolents disetples de Sanchez. Ces tollf lereairt seraient courerts et tfdieiile av^c leurs rertus «lèMgères i]6nl se pa- Vâni^ift aujourd^tiui leseouplesde jeunes ëpoti^c.

fètt ai TU se lever A dix heures itx malin : ils avaient dûmètït satisfait an préeepte 4e Sanchez, au d^ivùir ^^^; pois, après la restauration dtt déjeûnô, on Yoyail le tendre époux se prometier an toieil de juin , en reAigote de molletôii, de peur de s'enf humer; et les dames du quartier de s'extasier en disant : t'eH w% jeune mari.

Qyel m/JÊ^ d'enthousiaime ! uu jeune paresseux semen effuHdens inirà e<is debitnmf on ne verra pas de ces extases en Harniontei et il Aiudra que les ^semeneeurs m^raUit toîent sur pied à quatre heures du matin, sous peine d'etne d'abord colaphisés par toute la cour galante qui ne les atra pas vus U la séame du petit lever, et ensuite congédiés ptir les groupes dont ils déserteraient les travauxpour ensoNiefteer inirà vaà debitarà^ tandis qu'on ensemencerait les jardins et tes champs.

La reine Bi^ncHB de Castille ne voulait pas que son fils «aiot Louis ee déieètàt trop sbuvent avec sa jeune épouse Marguerite > qui s'en désolait-, disant à la reine flière : Ne me îcUêBerez-^om jmmêLÎe «otr mon seigneur ? Heaehe les gomtHundatt quand eHe les trouvait , dans le cours de la journée, occupés à se aaruiRE lb »BBvoift cemuGAL. Blanche aurait été dispensée de ces remontrances , en fiartmohîe, oA les jeunes époux smit entraînés sans ^^esse A des /oucfiana utiles qui laissent peu de temps à lears cjaresses morales ; «faolatti mieux qs» leur séance

galante du soir se passe eomme eelles de la journée , en nombreuse eompagnie , occupée en partie à la culture des arts, et alliant une occupation à la galanterie.

Bref, les couples déjeunes amants ainsi que tontes les corporations d'Harmonie, devront tendre au premier foyer d'attraction , au luxe interne et citerne. Ils s'éloigneraient de l'un et l'autre , s'ils passaient leurs journées dans une mollesse qui, en les énervant, compromettrait la vigueur ou luxe interne, ei détournerait de l'industrie, voie de lujce externe ou richesse.

On nous patle sans cesse de cooire-poids en politique civilisée ; mak quel eontre-poids établit-elle dans les premiers amours? Licence absolue chez le sexe masculin, et contrainte légale absolue chez le sexe féminin. On ne saurait voir ni balance ni équilibre dans un tel ordre. Telle fille que le tempérament obsède et expose à de graves maladies, ne sera pas mariée à vingt^inq ans; telle autre, qui pouvait différer, est mariée à quinze ans, [ou pourvue d'uqe demi-douzaine d'amants.] Et les philosophes , auteurs d'un tel ordre , nous rappellent à la simple nature ! doivent-ils s'étonner que la nature ligue en secret toute la jeunesse contre leurs systèmes coércitifs, opposés en tout sens à la règle d'équilibre (185), tendre à la fois au bon et au beau par développements libres et contrastés? peut-on trouver chez nous, dans les premiers amours des femmes, ni liberté légale , ni contraste corporatif, ni tendance contrastée, des unes au bon par le beau, et des autres au beau par le bon?

Ils ont donc établi en premier amour, comme dans toute leur politique sociale, un régime opposé à celui qu'ils promettaient; opposé à l'équilibre, à la vérité , à la justice. Quelle est leur petitesse de n'avoir pas osé,

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en 3000 ans , spéculer sur un ordre différent , sur un essor méthodique de cette liberté dont ils se disent les apôtres , et doiii pat* le fait ils ne sont que les ennemis secrets t

On se hâtera d'accumuler des objections contre ces premiers amours d'Harmonie, entre autres celle-ci: » la » fille d'un grand seigneur, d'un millionnaire , pourra • donc, à Tabri du litre de testale ou damoiselle, se » prendre de belle passion pour im intrigant iom le sou, > et Taffieher pour amant, t

Touùei ces critiques sont prévues; f ai plus de réfutations prêtes qtion ne pourra alléguer d'obstacles. Sur dix tribus qui exercent en anunir^ je n'ai décrit encore ;ue la première; U faut attendre le tableau des neuf autres et de leurs influences. Je me borne à rappeler la condition que je me suis imposée dés F argument (21 1 ) : « pleine coïncidente de T amour libre avec les deux auto- » rites administrative et paternelle, en tout ce qui touche » à L'ucTéRÉT et aux moeurs, t La clause^ je pense, est assez précise et aisez sévère; elle sera strictement remplie à la /indu traité : mais s'il est convenu que je parcourrai tel espace en un jour^ peut-on exiger que je le parcoure dès la première heure ?fai répondu {Interlog. } à ces impatients qui veulent que l'on construise le faîte de ^édifice avant Jfen poser les fondements.

272 A^otiÀtiovr oMtéséir,

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