‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 79 sur 163 · LITRE U. SECTION IT · texte numérisé non relu

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rïears , et reconnus aptes à donner l'enseignement de 2®. , 3^.» 4®. degrés^ jouiront déjà dune répartition sur le dividende alloué au corps sibyllin.

Nos écoles n'admettent pas cette échelle progressive et sociétaire d'instituteurs. Callisthéne est chargé d'enseigner la rhétorique; il en doit enseigner seul toutes les branches; U n'a pas dans son école de vice-professeurs et sous-professeurs co-iotéressés comme le sont les entrepreneurs d'un pensionnat. L'Harmonie établit cette graduation en toute espèce d'enseignement sur les cultures et manufactures comme sur les sciences et arts.

Baucis est archi-sibylle des fruitiers de la contrée du Latium. Elle réside à la Phalange de Lucrétile, où sa célébrité a créé par le fait une université en fruitisme. Beaucoup de jeunes gens d'un et d'autre sexe viennent passer une campagne au caravenserai de Lucrétile , pour s'y former à l'art de fruiliste praticien. S'il fallait qu'elle donnât l'instruction à cette multitude, elle serait excédée et hors d'équilibre passionnel ( section 8®. ) : mais elle a sous sa direction ,

3 ou 4 pro-sibylles ou pro-sibyls ;

10 à 12 vice-sibylles,

plus, des sous-sibylles, tous virement intéressés à soigner l'enseignement , par espoif de s'élever aux fonctions supérieures du corps sibyllin , qui sont électives et sont le prix d'une renommée constatée.

Chacun de ces suppléants exerce en diverses branches et se partage les élèves, selon l'espèce et le degré. On n'a recours à l'archi^sibylle que dans les cas embarrassants ; elle ne confère qu'avec une dizaine de disciples titrés et transcendants ; les autres élèves ne sont pas moins for-

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mes é son école, à ses mélhodes. Est-ce là le procède I^ancastrien? s'il opère ainsi , en co-inlèressant tons les agents, il est conforme an Toeo de la nature sur une branche du matériel sealement*, et non pas sor la seeonde ** : en outre il est pleinement en dèfaot sor la branche do spiritael, car je sais qoe dans ces écoles on inflige des punitions et pensams. En Harmooie od l'enseignement est fareur sollicitée , on se garde bien de punir; on refuse renseignement à celui qui montre de la tiédeur. Un tel éiéTe serait hors de procédé spirituel , hors d'at* traction composée réciproque : voyez plus haut.

Quant au procédé matériel ou muiuaHmne d'enseignement , il doit , pour être intégral , s'étendre aux plus petits enfants, c'est-à-dire que, parmi les bambins mêmes, il doit exister déjà de petits sibyls titrés, aptes à donner l'enseignement à de moindres bambins, et passionnés pour ce genre de trarail, qui sera plus fructueux de la part des enfants que de la part des hommes faits , conformément aux lois du charme corporatif ascendant (46) et note F (54).

Dans notre civilisation perfeciibilisée , un professeur mesquinement soldé et recevant tout à point autant de traitement qu'il en faut pour ne pas mourir de faim, est obligé de suffire à une cinquantaine, à une centaine d'étudiants. Qu'arrive-t-il? Qu'il leur donne des leçons superficielles , expéditives. Chacun de part et d'autre ne s'occupe qu'à éluder la lâche, et n'attend que l'épuisement du clepsidre. La plupart n'écoutent pas le professeu^", qui de son côté s'inquiète fort peu si on l'écoute : il en donne au public pour son argent. Désordre inévitable dans tout système où l'instruction n'est pas sollicitée comme faveur, et progressivement distribuée.

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Par conlre, les leçons, en Harmonie, sont d'autant plus fractueuses en tous degrés, que les mattres étant nombreux, [et les professeurs non élus, nnais suivis par conBance], se bornent à quelques élus qu'ils affectionnent, et que les élèves sont en affinité avec les mattres et avec la science.

11 résulte de ces détails que renseignement mutuel qui n'est qu'en mode simple et divergent parmi nous, devient composé convergent dans l'état sociétaire; s'il ne s'élève pas à cette hauteur, son utilité ne peut être que trèsmédiocre ; on n'est jamais dans les voies de la perfection sociale , tant qu'on opère en mode simple.

J'ai observé (II , 75) que les Français qui revendiquent après coup toute découverte , prétendent que l'école de Lancastre n'a rien inventé en ce genre, et qu'un des leurs en a tout l'honneur. D'autre part, les détracteurs assurent que le mutualtsme n'est qu'un emprunt fait aux sophistes grecs. Pourquoi donc tant d'érudits fouillant depuis si longtemps dans les archives de l'antiquité, n'ont-ils pas su reproduire et accréditer cette méthode? Le génie moderne est donc bien tardif, bien noueux quand il s'agit de retrouver les procédés utiles que le temps ou les préjugés nous ont fait perdre.

A supposer que cet enseignement mutuel , dépeint par ses antagonistes comme une réminiscence des écoles de Pytbagore, soit vraiment conception du génie moderne, il nous faut donc 5000 ans pour pénétrer te moindre mystère de la nature! un procédé dont elle suggère l'invention à tout maître un peu surchargé d'écoliers ! et à peine ce procédé est-il mis en scène, qu'on donne le quadruple scandale

de le dénigrer comme inutile et dangereux;

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de le ravaler comme un réchauffé de ranliquitè ; d'en faire un levier d'esprit de parti ; d'en faire l'objet d'un plagiat sur les Lancastrieus. Que de malfaisance dans les esprits civilisés , que de lenteur dans leurs inventions , quel chaos de vice et d'impéritie dans celte société qui vante à chaque pas ses perfectibilités, quand il est évident qu'elle décline en 4**. phase; et combien doivent être confus ceux qui voulaient perfectionner celte lymbe de misères, lorsqu'ils apprennent enfin qu'on avait (II, 142) seize voies pour en sortir, et que loption sur toutes ces issues est dés ce moment offerte au genre humain!

Quelle chance pour les Français! Si je la faisais trop valoir, ils me prendraient pour un intrigant littéraire , cherchant à les subtiliser. Qu'ils ne s'y trompent pas : je connais le terrain , et je ne spécule pas sur eux , bien convaincu que la France est encore ce qu'elle a toujours été :

Le paradis des jeunes femmes , des sophistes ou beaux esprits, et des animaux inutiles;

L'enfer des femmes ftgèes, des inventeurs ou bons esprits , et des animaux utiles.

Un tel pays n'est-il pas nécessairement l'antipode de ta raison sociale , bien qu'il soit le foyer des illusions qu'engendrent le sophisme et l'abus du raisonnement! apostrophe peu flatteuse pour eux, mais indispensable de ma part. C'est une réplique anticipée au reproche qn'its m'adresseront bientôt , de ne les avoir pas très-sérieusement avertis des dangers d'un jugement superficiel sur la découverte du calcul de l'Association , des risques de manquer l'acquittement de leur dette consciencieuse et fiscale de douie milliards. Ce sera le sujet de l'Ullerlogue.

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