‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 22 sur 90 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

OTOPIB D*I980B YIOLBHTBI.

La Sérigermie, ou Ménage centigyne bourgeois.

J'ai promis (Ayanl-propos) de payer tribol à la flatterie; je tiens parole» et sur les qaatres chapitres de celte dernière Notice , j'en consacre deax à innocenter les caractères les plus ?icieiix selon les politiques et moralistes.

Quelles sont y pour ces deux classes de philosophes , les bètes d'aversion? Nos écrivains poKliqnes déclament contre les despotes , qui oppriment l'essor de la pensée , Tessor des agitateurs : nos moralistes condamnent les usuriers qui pressurent le peuple et boivent le sang du cultivateur.

Je vais donner deux chapitres à la louange raisonnée des despotes et des usuriers , envi$agé$ selon le$ eonvenancei de l'Association ; car je n'ai garde de les justifier comme civilisés.

De là on pourra conclure que , si je voulais donner 810 chapitres à la flatterie, je pourrais innocenter successivement toute la civilisation ; car il n'eiisie , ea civilisation comme en barbarie, que 810 caractères (sauf les hauts pivots et les nuances, qui ne sortent pas du cadre général des 810).

1 42 CIS-LÉGOMÊNES »

On voit que je n'esquive pas le problème ; je choisis les deux caractères les plus proscrits par les sciences politiques et morales.

Commençons par les despotes, gens qui aiment à brusquer le bien comme le mal. Démontrons qu'ils sont précieux pour l'accomplissement des vues de Dieu, et qu'il serait à souhaiter aujourd'hui, pour le salut de la France , qu'elle eût un Roi aussi despote que Bonaparte.

Dans ce cas, la dette de France, estimée quatre milliards, serait éteinte en septembre 1832, et le monde entier serait , par la même opération , délivré des lymbes sociales ou état civilisé , barbare et sauvage.

Notre siècle , en poursuivant la nature , en sollicitant l'initiation à ses mystères, ne sait rien oser , rien brusquer. Toujours simpliste dans ses utopies , il ne spécule que sur la vertu, et jamais sur le vice, unique ressort dont on puisse disposer en mécanique civilisée, où la vertu est impuissante.

J'ai avancé (II , 142) que le vice peut fournir plusieurs issues de civilisation. Je vais examiner l'une des plus brillantes : on l'obtiendrait de la contrainte ou despotisme. Elle n'est pas mentionnée au tableau (II, 142) où l'on a omis les deux transitions ,

>* l'Utopie soditaire, dont je décris ici l'essai violenté;

^V Arekiieciure sociétaire, dont je traite à l'Extroduction.

Entrons en matière sur l'apologie conditionnelle du despotisme.

Dieu ne crée rien en vain : la vipère , la sangsue , la cantharide, fournissent à la médecine des remèdes utiles. Tout ce qui nous paraît complètement vicieux en matériel ou en passionnel a des propriétés occultes qui nousètODRe-

SECONDE PàHTIE. NOTICE V. 443

ront un jour, cominc celles da.cafë nous ont étonnés après 4000 ans de dédain.

C'est sur la découyerte de ces propriétés cachées qu'échoue le génie civilisé : il ne sait pas même utiliser les petits défauts » les menus ridicules » comme le goût des vieilles poules; coonnent saura-t-il trouver dans les vices les plus odieux des voies de salut social , et transformer un Néron en sauveur du monde policé , rôle qu'il eût rempli s'il l'eût connu?

Certain adage trivial, mais exact» nous dit, « que t jamais mauvais ouvrier n'a su trouver bon outil. » Tel est le fait de la. politique civilisée : elle ne sait tirer parti ni de la vertu ni du vice. Renconlre-t-elle un Néron ; au lieu de l'utiliser tel que la nature l'a formé , elle veut dénaturer ses passions , le transformer en ami du commerce et de la modération , en ami des raves et du brouet noir. Instituteurs malencontreux , vos leçons rendent Néron pire encore qu'il n'aurait été : sachez employer les germes que la nature a semés dans son àme : il tend au despotisme ; sachez lui suggérer un acte de despotisme grandiose et régénérateur, au lieu de le harceler et le désorienter par le galimatias moral d'un Sénëque.

Il n'est de bon, en politique et en morale, que ce qui est compatible avec la pratique. Les savantes utopies de Platon et Fénélon sont ridicules, parce qu'elles sont im* praticables : celles d'un casse-cou scienliBque seront bonnes, si on peut les mettre à exécution. Il n'a donc manqué aux Néron et aux Philippe II , que l'assistance d'un ca$$e-cou utopiste. Au lieu de Sénéque et Burrhus , il eût fallu prés de Néron un philanthrope d'instinct, habile à pénétrer les plans d'opérations sociétaires , qui

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