UNITÉ DE L*HOMM£ AVEC L'UNIVERS O
ov P8TG0L0GIB GOMPAHBB Vt AIIALOGIB UIIITBBSBLLI.
InskractioQ pour les Dames, aux deux articles Mosaïqub.
Initial, c Une instroclion pour les daines : eh I de quoi >» allez-vous les entretenir? D'une question de savantas, t de l'unité de l'homme ayec l'univers , de doctrines psy- » cologues et analogues? votre seul titre fera fuir les » dames: c'est, diront-elles, un songe creux de quelque » savant en US ou en OGUE , d'un astrologue ou idéo- » logue : laissons-le parcourir le vaste univers» nous ne » voulons pas être du voyage.
» Si vous vouliez engager les dames à lire un de vos » chapitres, il fallait, au lieu de* dissertations transcen- > dantes sur l'univers, allier vos calculs d'Association » avec les amours, avec les roses et les œillets; c'est » ainsi qu'on présente la science au beau sexe. >
J'y souscris : on ne lui parlera ici que du parfum des fleurs et du roucoulement des tourterelles. J'ai promis une science joignant l'agréable à l'utile ; voici l'article où il faut tenir parole ; prouver que la théorie des passions est de la compétence des femmes autant que des savants ;.
(*) Les deux pivots doivent traiter de Tunitë de rbomme avec Dieu et avec V Univers; la 5*. unité de la nature, celle de rhomme avec lui-même, est traite'e dans le corps de Touvragc. (V. le plan en têle du livre.)
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qu'elle peut ouvrir des roies d'instruction séduisante , et des chances de célébrité oà le sexe brillera peut-être plus que les académiciens, et aura autant d'aptitude qu'eux à traiter les problèmes d'analogie passionnelle.
Je yeux, en deux courtes digressions sur les allégories végétales et animales, initier les dames au grand mystère de l'unité de l'univers , et les mettre en état de faire la leçon sur ce sujet aux compagnies savantes, si bien desappointées sur ce problème de l'unité. Les femmes pourront bientôt leur en expliquer Tènigme : ne sera-t-il pas plaisant pour elles, d'en avoir appris en un factum plus ^ne n'en savent toutes les académies ?
Avant l'instruction pour les dames , contenue aux deux articles règne végétal et règne animal ^ il faut s'expliquer avec le monde savant sur le sujet traité dans ce morceau, sur l'analogie hiéroglyphique.
Naturalistes, qui savez entrevoir
que la Rose est emblème de la pudeur; la Vipère, emblème de la calomnie; le Gui, emblème du parasite; le Chien, emblème de l'amihV; pourquoi n'avoir pas étendue tous les objets créés ce rapport d'analogie passionnelle? pourquoi n'avoir pas ( selon votre précepte (II, iSl), aller du connu à l'inconnu) présumé que si la rose et la vipère sont emblèmes frappants de certains effets de passions , l'œillet et le crapaud doivent être également des hiéroglyphes de passions , dont quelque théorie inconnue pourra nous dévoiler le système?
Si le chien et la vipère sont évidemment des tableaux d'amitié et de calomnie, pourquoi les autres animaux, comme cheval et âne (portraits du mt'/ttatre et du paysan), ^e seraient-ils pas de même des allusions emblématiques,
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des tableaux de caractères? Le système de la nature serait doDc bien vague» bien contradictoire ! elle aurait modelé dans quelques animaux et végétaux des images de nos passions , tandis que d'autres animaux et végétaux seraient dépourvus de ces rapports symboliques» et par suite dépourvus d'unité et d'analogie avec l'homme, avec le monde passionnel.
Il n'en est rien : l'analogie est complète dans les différents règnes ; ils sont , dans tous leurs détails , autant de miroirs de quelqu'effet de nos passions : ils forment un immense musée de tableaux allégoriques où se peignent les crimes et les vertus de l'humanité. J'apporte enfin la science qui doit expliquer ces innombrables énigmes, l'analogie universelle ou psycologie comparée ; elle est une des branches du calcul de l'attraction que nous avons dédaigné comme le café , pendant des milliers d'années.
L'antiquité mieux inspirée avait e£Qeuré le secret. Plus rapprochée de la nature » elle avait , par instinct » sinon pénétré , au moins pressenti le mystère de l'analogie entre les passions et les choses créées : ses poëtes établissaient une allusion sur chaque objet. Â défaut de connaître la théorie des emblèmes, ils l'imaginaient dans leurs fictions mythologiques dont Boileau dit avec raison :
La , pour nous enchanter, tout est mis en usage; Tout prend un corps, un âme, un esprit, un visage. Chaque vertu devient une divinité ; Minerve est la prudence et Vénus la beauté'. Echo n^est plus un son qui dans Pair retentisse ; G^est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse. Ainsi , dans cet amas de nobles fictions , Le poëte s*égaie en mille inventions , Orne , ëlève , agrandit , embellit toutes choses^, Et trouve sous sa main des fleurs toutes ecloses.
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Les anciens avaient donc entrevu le secret de la nature, Fanalogie générale. Ils partaient d'un principe juste , mais ils ne savaient pas l'appliquer; leurs allégories étaient fantastiques : il leur manquait la théorie d'interprétation. Fart d'expliquer méthodiquement le sens de chaque hiéroglyphe animal , végétal et minéral. ( Je n'ajoute pas le mot aromal, puisque le régne aromal n'est pas encore connu ; il suffit bien de citer les trois autres. )
S'il est dans les productions de la nature des tableaux frappants» comme le cheval et l'Âne, où l'on reconnaît aisément les portraits ei caractères du militaire et du paysan , d'autres tableaux comme la ruche d'abeilles et la fleur de pensée doivent nous sembler bien incompréhensibles ; car ils peignent des effets sociaux qui n'existent pas eneone , et qui sont réservés à l'Association ( 7®. et S^. pèr.,II,55).
Ruche, les 3 fonctions d'industrie unitaire;
Pensée , les 5 tribus d'enfants industrieux.
Il faut donc connattre le mécanisme de toutes les périodes sociales indiquées au tableau (II, 33), pour lire dans ce grand livre ide la nature et de l'analogie. Ainsi , sous le raifort de la curiosité, quiconque veut étudier les mystères de la nature, sera forcé à s'initier préalablement au calcul des passions, sous peine de ne rien comprendre à ce vaste musée des 4 régnes représentant partout les effets de nos passions.
Aussi est-sce une étude bien insipide , quant à présent, que celle de l'histoire naturelle. C'est en vain qne les Buffon , les Linné nous en vantent les charmes ; ils n'en ont su faire qu'un corps sans Âme , en la présentant sans Tappui des allégories qui nous feront aimer, à titre de portraits, uneileur, un fruit,. une feuille, une racine,
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parce que nous y verrons un miroir de nos âmes, des jeux de nos passions.
Qu'on nous présente un bouquet assorti des fleurs nommées Iris, dont il existe beaucoup de Tariétés , depuis Fins papillon et trés-parfumé , jusqu'à l'iris colossal et gris piqueté sans parfum : cette collection sera pour nous de médiocre intérêt , d'autant mieux que plusieurs iris , comme celui de muraille et le gris colossal, sont de nuance terne et triste, l'un sans parfum, l'autre d'odeur amère et rebutante. Mais tous vont devenir intéressants même par leurs teintes sombres, si on nous apprend qu'ils offrent le tableau des variétés du mariage , qu'ils en représentent exactement les divers effets dans les différentes conditions.
Mariage de jeunes amants , iris papillon.
3iariage de pauvres paysans , iris de muraille.
Mariage bourgeois ou d'aisance, iris bleu.
Mariage d'amants opulents , iris jaune et azur.
Mariage d'ambition ou de princes , iris gris colossal. Les détails de cette analogie étendus à une douzaine de variétés répandront du charme jusque sur les espèces les plus inodores, comme l'iris de muraille ou autres dépourvus d'agrément. Ainsi, dans un musée, les tableaux de serpents et de monstres deviennent, par leur vérité, aussi séduisants que ceux d'animaux aimables.
Par exemple , chacun se récrie sur le lugubre aspect du grand iris piqueté de noir : il étale pompeusement les couleurs du deuil , et on pourrait le nommer fleur de grand deuil, sans parfum, sans coloris. D'où vient ce contraste de luxe et de tristesse? Il le faut , par analogie aux unions conjugales des princes , d'où on exclut les convenances d'amour, puisqu'on les marie sans s'être
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jamais vus. Le hasard pool rendre heureuses de pareilles alliances; mais, en principe , elles se priveol du ressort principal d'harmonie conjugale : Dieu a dû dépeindre cette seryilude politique par un emblème tristement pompeux , comme le grand iris gris , fleur fastueuse , qu'il a privée de parfum, en symbole de ces mariages où règne le lien simple et sans charme , les convenances d'état et des grandeurs , sans acception des convenances d'amour. Elles' sont figurées par le parfum des iris bleu , jaune et iris papillon, emblèmes des mariages heureux par aUiânce de l'amour avec la fortune.
Dans ces descriptions il faudrait appuyer l'analogie , de détails sur les formes, couleurs, habitudes et propriétés de la fleur, des feuilles, des graines, des racines : j'y reviendrai plus loin ; mais dans cet article nous n'en sommes qu'à des préludes sur l'analogie : bornons-nous d'abord à constater une lacune absolue d'études en ce genre ; à signaler le vice de la science , qui n'établit ni liens emblématiques, ni unité entre les produits de la nature et les passions, et qui tM>urtant nous rebat les oreilles d'unité de l'univers , de lien universel entre toutes les parties du système de la nature (II , 138). Où donc est le Hen entre les végétaux et les passions ? A quel effet de passion se lie cette fleur nommée iris; à quelle passion correspond chacun des 40,000 végétaux? Même question sur les animaux et minéraux : là-dessus nos escobars répliquent par FimpénétraMité des profondes profondeurs, et la sacrilège audace de cette raison téméraire qui veut son^ der les décrets éternels.
Quelques auteurs ont reconnu le vice des méthodes actuelles en étude de la nature : J.-J. Rousseau se plaint de ces théories qui , dit-il , nous crachent dn grec et du