‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 37 sur 90 · III · texte numérisé non relu

III

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latin pour nous intéresser à une plante. Qu un botaniste vienne TOUS débiter les mots barbares de Tragopogon, MesembirgafUhemum, Tetrandria, Rhododendrum, il ya vous dégoûter de la science à laquelle vous amorcera de prime-abord une explication d'allégorie sociale. Jugeonsen par quelques végétaux des plus méprisés , comme le buis et le gui.

Bien n'est moins intéressant que le buis, emblème de la pauvreté. Il habite les lieux arides et les terrains ingrats, comme l'indigent qui est réduit au plus chétif domicile, au local dédaigné de tout le monde. On voit les insectes s'attacher au buis, comme au pauvre qui n^a pas le moyen de s'en garantir. Tel que le misérable qui endure patiemment les privations et se fixe au moindre gtte , le biiis brave les intempéries et s'attache fortement au mauvais sol où il est relégué. L'indigent n'a point de plaisirs : la nature a peint cet effet en privant la fleur de pétales, qui sont emblèmes du plaisir. Son fruit est une marmite renversée, image de la cuisine du pauvre, qui est réduite à rien; la nature a peint cet effet par le renversement du vase qui , en tout pays , est le fondement de la cuisipe. Sa feuille est creusée en cuiller pour recueillir une goutte d'eau, comme la main du pauvre .qui cherche à recueillir une obole de la compassion des passants. Son bois est serré et très.- noueux, par allusion à la vie rude et à la gène du misérable chez qui règne rinsalubrité , figurée par l'huile fétide qu'on retire du buis.

.Le tableau du parasite n'est pas moins fidèle danç le gui , vivant des sucs d'autrui , se développant indifféremment en sens direct ou inverse, comme l'intrigant qui prend tous les masques, -he gui figure par sa feuille la

SECONDE PARTIE. PIVOT IIVTERSE. 2t9

duplicité, et donne dans sa gin le piège où viennent se prendre les oiseaux ^ comme les sots se prennent aux ruses du parasite.

Ainsi tels objets, qui au premier aspect n* excitent que le dédain et la critique , s'embellissent par la fidélité des tableaux et la justesse hiéroglyphique. Sans cette application, la nature est inanimée, simple k nos yeux, dépourvue de lien spirituel avec nous, et le Créateur nous paraît en défaut dans ses sages dispositions. Pourquoi , dit la critique, n'avoir pas donné du parfum à de superbes fleurs, comme,

Tulipe , Renoncule, Hortensia.

Justice. Etiquette. Coquetterie ?

On verra plu9 loin que si ces fleurs étaient douées de parfum , elles seraient des peintures infidèles, indignes de la vérité qui doit régner dans les tableaux du grand peintre.

Mais quel rapport entre les analogies et un calcul sur l'Association agricole ? Ces deux sujets sont en rapport très-intime : la théorie d'Association étant fondée sur les propriétés des passions, il faudra démontrer pur des emblèmes de tous régnes que les lois de l'organisation sociétaire sont écrites dans la nature, ainsi que les tableaux des passions vicieuses, ou essors que donne aux passions le régime civilisé. On distinguera donc les hiéroglyphes animaux, végétaux, minéraux et aromâux, en deux classes principales; celle de subvcfrsion qui, comme le buis et le gui, peint des effets de civilisation, de barbarie, de travail morcelé; puis la classe harmonique où sont représentées les dispositions de l'Harmonie sociétaire, et les caractères qu'elle donne au monde social.

Par exemple , si j'enseigne que ,- dans une Phalange ,

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TenfaDce active de 4 1/2 à 20 ans doit être distribuée en S tribas ou cboBurs des deux sexes ,vtom. 4 et S ;

2*. Chérubins et chënibines , 4 i/a à 6 1/3 ans.

5*. Séraphins et sëraphines, 6 1/3 à 9. 4*. Lycéens et lycéennes. 9 à iS.

5*. Gymnasiens et gymnasiennes, IS à 15 i/s.

6*. Jouvenceaux etjouvenceUes, 15 1/3 à SO,

il faut rallier ce précepte h un tableau naturel : on le voit tracé dans la fleur de pensée, dont les cinq pétales bizarrement disposés figurent les relations des 5 tribus de l'enfance. Les trois pfus âgées (n®. 4, 5, 6) exercent une autorité régentale sur les deux plus jeunes 2 et 3 ; aussi , par analogie , les trois pétales supériears ont-ils la couleur jaune , Paternité ( II , 264), dont sont privés les 2 inférieurs. Cette leçon devra se répéter dans toutes les autres parties de la plante; dans les feuilles, semences, racines, habitudes et relations de genre ou d'espèces.

Chaque disposition indiquée pour l'ordonnance d'une Phalange sociétaire devra s'étayer de ces preuves analogiques tirées de tous les régnes. Par exemple, si je dis que la Phalange, quel qu'en soit le degré (II, 19), doit se diviser d'abord en 16 tribus d'âges, formant 32 chœurs, 16 masculins et 16 féminins^ il faudra démontrer que cette distribution est écrite dans tons les règnes par le Créateur; s'étayer sur ce pohit de preuves matérielles, depuis les 32 dents et leur pivot , l'os hyoïde , jusqu'aux 32 planètes et leur pif ot , le soleil ; y ajouter cent antres preuves irrécusables, écrites dans le grand livre de la nature, et visiblement analogues h cette disposition.

Ceci devient bien profond , dira un critique , et vous oubliez que vou£^ avez promis en titre une instruction pour les dames; que vous avez» de plus, pris l'engagement de

Seconde paetie. pivot inverse. 221

leur parier de roses, de tourterelles. Sans doute : mais à la part des dames, je dois joindre la part des sophistes qui dissertent sur l'unité de l'univers, et faussent les esprits sur ce problème comme sur tous les autres.

Je vais passer aux leçons de compétence féminine , qui occuperont les deux articles Citer et Inter. Je les dégagerai à dessein du jargon scientifique relégué au 3®. article, et je réitère que toute femme, après avoir lu les ier. et 2®. , Citer et Inter, pourra déjà donner aux philosophes des leçons élémentaires sur l'unité de l'univers , en attendant la théorie où les dames brilleront tout autant que les beaux esprits.

Cette étude , neuve s'il en fut jamais , doit fixer l'attention sous double rapport :'elle offre, i^'. l'avantage de réduire toutes les sciences vagues en sciences fixes, ralliées à l'ordre général de la nature, et étayées de démonstrations matérielles qu'on puisera dans les quatre régnes.

20. L'avantage de faire dans l'âge adulte une diversion à la grande influence de l'amour; de présenter à la jeunesse de 16 à 20 ans une amorce scientifique assez puissante pour l'entraîner à l'étude , par l'appât même des caractères et propriétés de l'amour qu'elle verra dépeints dans les animaux, végétaux , minéraux et aromaux.

Sous ces deux rapports la science de l'analogie serait déjà ce qu'il y aurait de plus digue de l'attention générale ; mais son plus grand relief est d'expliquer le système d'unité de l'univers, objet de tant de v.aines recherches parmi les corps savants.

L'unité de l'univers est interi^e et externe : l'interne comprend le globe matériel ei passionnel. J'ai traité du matériel et de ses harmonies unitaires ( note A , Introd.

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84). Je vais traiter du globe passionnel et de ses anitès internes, dans les trois articles Citer, Inter et Ulter. Quant à Tunité externe ou cosmogonie (i), elle sera exposée abréviativebient dans la grande note E , dont le plan se trouve à la fin de cet article.

CITER. — Mosaïque de tableaux en règne végétal.

Sans cesse on nous conseille de nous rallier à la nature : elle s'accorde avec nous dans le mépris que nous témoignons à Tordre simple. Comme nous, elle dédaigne la Ceur des champs et le fruit des bois; elle ne les crée que pour s'allier à notre industrie , s'embellir et se perfectionner par les travaux de l'homme , produire sous sa main des fleurs et des fruits composés et non pas simples.

Il en est de même des études ; elles doivent être composées et non pas simples. Il faut envisager dans le système de la nature, le matériel et le spirituel, combiner l'un et l'autre; c'est ce que n'ont jamais fait les naturalistes. Leurs méthodes ne parlent qu'aux yeux et non à Tâme : ils n'ont jamais tenté de. rallier leur science aux

(i) Rien n^est plus commun aujourd'hui que les cosmogonies; tout faiseur de système se croit oblige', en conscience, de donner la sienne. Le siècle tend visiblement a pénétrer ce grand mystère, sur lequel il a fait, bêlas! moins de progrès qu^en aucune autre science. Il va passer subitement de Textreme obscuiitë k la pleine lumière, sauf 2I faire trêve* dé petitesse; s'balntuer à ne voir en mouvement rien de petit ni de grand ; raisonner sur la naissance, Taccroissement , le déclin et la mort des astres , aussi froidemen que sur les phases de la vie d'un homme .ou d*un insecte. C'est à quoi je voulais former les lecteurs , dans la Note E , dont ie ne puis donner que Paperçu.

SECONDE PARTIE. PITOT llfVERSE. S3S

passions , de déterminer des analogies entre les passions et les substances créées.

Quelques sophistes ont publié des fariboles analogiques intitulées le langage des fleurs : il suffit , pour les confondre , de leur demander le langage des feuilles, le langage des fruits, des graines, des racines, etc. : si Ton oonnatt le système de la natwe végétale quant aux analogies, on doit le connaître tout entier, en fruits comme en fleurs.

Cherchons donc dans les fleurs et les fruits des leçons qui s'adressent à Tâme; des emblèmes de nos passions. Je commence par la rose , rœiltet et autres fleurs bien connues; de là nous passerons aux fniits.

La rose est » de tous les tableaux naturels , celui qiii a été le mieux compris. Chacun a su expliquer l'analogie de l'épine qui blesse légèrement le ravisseur. Chacun a vu l'emblème de la pudeur dans la propriété qu'a celte fleur de plaire en demi-éclosion. Une roso est insipide si elle est bien épanouie ; elle est ravissante si elle est à demi-fermée. Ainsi la jeune innocente platt mieux que la femme exercée, et les appas à demi-voilés plaisent mieux que des nudités.

La rose ne présente que des allégories faciles à comprendre. L'incarnat de ses pétales est bien l'emblème des couleurs du bel âge ; la plante affectionne les lieux frais , en symbole de la fraîcheur de jeunesse dont elle esi l'image. Son parfum , qu'on appelle mal à propos doux parfum des roses , est un arôme trés-enivrant , comme Tamour que peut inspirer une jeune fille vraiment pudique. Rien n'est simple dans ces accessoires : ealice trèsorné , feuille parfumée et dentée avec délicatesse ; tout est charmant et soigné dans ce petit arbuste , parce qu'il

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représente noD pas la bergère grossière , simple et champêtre , comme l'ont cru les moralistes , mais la jouvencelle élevée dans le luxe, habituée aux bienséances, et rehaussant les dons de la nature par les secours de l'art ; enfin la pudeur en mode composé ei non en simple.

Cette intervention du travail de Fart se peint dans la feuille financent découpée ; le parfum de la feuille peint une jeune allé qui dans Topulence esi laborieuse (comme le seront les vestales harmoniennes). Observons à ce sujet, qu'en explication d'analogies végétales, chaque portion de la plante fournit des emblèmes génériques.

La Racine e$t emblème des principes qui régnent dans l'essor de la passion;

La Tige , emblème de la marche que suit la passion ;

La Fe;uille , emblème du travaU de la classe ou per^ sonne dépeinte ^ puis du travail et des soins ^ comme éducation et autres, qui ont préparé tel effet de passion ;

Le Calice , emblème des formes dont s'enveloppe une passion, des alentours qui l'influencent;

Les Pétales» emblèmes de F espèce de plaisir attaché à l'exercice de la passion;

Les Pistils et Et aminés» emblèmes du produit que doU donner la passion ;

La Graine , emblème du trésor amassé pmr exercice de la passion;

Le Parfch , emblème du charme qu'excite la passion.

J'indiquerai abréviativement tes analogies par alliage de deux noms , comme ceux-ci:

Feuille-Travail ; Pétale-Plaisir ; Graine-Trésor.'

D'où vient que les écrivains , si habiles à expliquer les tableaux de la Rose, n'ontvu dans I'OEuxet qu'une énigme impénétrable? C'est qu'ils n'ont pas même de notions

Seconde parï ie. pivot iitverse. 3S&

èièmentaîres en ce genre d'ètode; ils ne conaaîsseDt pas eùcore l'analogie des codeurs, dont neuf sont adaptées au tableau (II, 165).

Guidés par cette indication, ils auraient tu queTœillet représente un être gorgé d'amour ; car le corps de la plante , feuillage , tige , calice , est plus prés de Tazur que du Tert. Sa couleur est un petit bleu argentin; d'où il est clair (II, 164), que l'œillet dépeint un être qui ne respire qu'amour, une classe que l'amour obsède et affaiblit, puisque l'œillet, son emblème, tombe et Iratne à terre sa tige élégante. Il faut qu'une main amicale vienne le soutenir, le marier à une branche d'osier nommée-tuteur.

Telle est la jeune fille que presse un tempérament ar* dent : fatiguée de réplétion d'amour , elle succombe comme l'œillet ; elle essuie même des maladies; le besoin du plaisir surmonte en elle tous les obstacles du préjugé ; et, par analogie, l'œillet dans un calice gorgé de pétales' crève son enveloppe et s'écfa24[>pe en désordre , laissant tomber ses pétales, symboles de plaisir. Il faut que la main de l'homme aide à rompre les barrières du calice , et qu'un ingénieux encartage favorise le développement des pétales. Il faut de même à la jeune fille à tempéra* ment un mari aux petits soins, qui btervienne pour le plein essor des plaisirs. (Pétale est emblème de plaisir. )

Aidée de ces divers appuis, la fleur est pompeuse ^ magnifique ; et c'est pour nous peindre fidèlement cet état de la jeune fille , ce besoin de mari protecteur et de soins gplants , que l'œillet succombe sous le poids de sa fleur et réclame de nous double secours de branche d'osier et d'encartage*

{Nota. L'œillet devrait porter un nom féminin, puis* qu'il représente une fille Les naturalistes ont joué de

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