‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 39 sur 90 · SECONDE PARTIE. PITOT INVERSE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. PITOT INVERSE

nâgè des réunions agréables qui n'existent guère dans la fie domestique , où Toii rencontre plutôt la gène et la discorde.

Par analogie, la nature écrase en éventail la feuille de Tiris commun; c'est l'image de la gène qui règne dans les mariages pauvres et les petits ménages. La feuille d'iris commun est terminée par une pointe desséchée , en signe de la pauvreté où conduit le travail des ménages pauvres. On dirait, d'après l'écrasement des feuilles au sortir de la racide , qu'elles manquent d'espace pour s'étendre et s'arrondir : c'est un emblème de la pénurie des ménages malaisés , qui ne peuvent pas obtenir du travail , ou n'en obtiennent qu'en servage et non pour eux.

Gomme il est des ménages riches et heureux, ainsi que (le pauvres et malheureux, la nature a dû figurer cette duplicité d'effets du mariage en donnant au végétal symbolique, duplicité de racines et de feuilles, malgré l'unité ou conformité des dispositions de la fleur.

Une distinction bien essentielle dans cette étude est celle.des 8 sociétés , à l'une desquelles se rapporte chaque Yëgélal (v. tableau, Introd., 33). Une plante représentant quelqu' effet jde bari)ari6 serait incompréhensible pour cdui qui ne connaîtrait pas les usages des barbares ; et ainsi des plantes qui représentent Tes effets sociaux des périodes 6, 7, 8 : elles seront incompréhensibles à ceux qui ne connaissent rien au-dessus de la civilisation , période &.

Des fleurettes bien connues, jasmin, violette, pensée, réséda, sont des tableaux de la période 8 : comment traiter de ces analogies avec un lecteur qui ne connaît pas les coutumes de la 8®. société décrite aux tomes suivants? Pour faire sentir la nécessité d'étudier la 8^. période avant

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d'èladier les analogies debotanîqae, je vais expliquer seulement une des quatre fleurettes citées plus haut. Je choisis le Réséda trës-considéré par l'excellence de son parfum.

Il représente les industrieux enfants de l'ordre sociétaire (tome IV , sections 3 et 4). Sa fleur n'a point de pétales visibles ; elle ne se compose que de la partie produc^ tive , étamines et pistil , par allégorie aux enfants d'Harmonie, sans cesse occupés à des fonctions productives et ne trouvant de plaisir que dans le travail utile, qu'ils exercent dans une foule de Séries pass.; par analogie , le réséda supprime les pétales,, emblème de plaisir improductif. Un parfum trés-suave s'échappe de cette fleurette, en symbole du charme qu'excitent les enfants adonnés passionnément à l'utile industrie. La nature donne aux étamines la nuance capucine , mélange de rouge et orange (couleurs d'enthousiasme et d'ambition, II, 164), en symbole du levier industriel des enfants harmoniens, qui est un enthousiasme soutenu d'ambition.

Au-dessous des fleurs vient une longue file de petits sacs, peu remplis et ouverts ; c'est l'emblème de tous les petits trésors qu'amasse l'enfant harmonien dans sa jeunesse , où il dépense fort peu de chose , et accumule d'ordinaire une cinquantaine de menues sommes, épargnées sur les dividendes obtenus dans les diflPérentes Séries qu'il a fréquentées. Leur ensemble compose & l'enfant un petit pécule qu'on lui livrera à 15 ans. Il y a peu 4e graine dans les capsules , parce que l'enfant ne doit gagner que des dividendes peu considérables dans ses Séries. La nature a laissé les sacs ouverts quoique renversés; c'est manquer doublement aux précautions de prudence , par analogie à l'impossibilité de tromper et frustrer un enlant

harmonien , maigre qu'il dédaigne toute prèeaûtioD contre l'astuce et le vol.

Ce D'est pas aux incBurs des enfants civilisés que peut s'appliquer ce tableau. On comprend par 1& qu'il serait impossible d'étudier les analogies végétales et animales, tant qu'on ignorerait le mécanisme des périodes sociales 6, 7,8, auxquelles se rapportent nombre de plantes, oomme jasmin, violette, pensée, réséda, serpentin, cacao , dont l'analogie n'existe point dans les coutumes et mœurs de civilisation.

Mais du moment oà on connaîtra les coutumes des huit périodes sociales tablées (Introd., 33), on pourra en trouver les portraits dans le vaste musée des quatre régnes , où les effets de nos passions sont hiéroglyphîquement dépeints. Jusque-là, les naturalistes ne peuvent qu'observer des EFFETS, sans connaître les CAUSES qui ont déterminé Dieu dans ses opérations distributives. Si on leur demande pourquoi le lis est enduit d'un pollen qui vient souiller perfidement la face de l'homme ; pourquoi l'œillet crève irrégulièrement son calice , ils sont forcés à se retrancher dans les profondes profondeurs des décrets et l'épaisse épaisseur des voilés d^ airain. Ce qui signifie en langage bourgeois , qu'ils ne connaissent goutte au calcul des CAUSES ; que leurs éludes sont bornées au mode simple , au classement des EFFETS.

Si nous ignorons les causes qui ont présidé à chaque détail de la création, nous sommes tentés à tout instant de critiquer la nature et son docte auteur , dont nous ad*mirerions le pinceau fidèle, si nous savions déterminer par analogie le sens de leurs tableaux. En voyant un réséda , chacun s'écrie : Quel dommage que cette fleurette si odorante ne soit pas un peu plus ornée , qu'elle n'ait

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pas de brillants pétales! et puis ce fatras de capsules presque sans graine , c'est une surcharge inutile : ainsi s'exprime la raison civilisée ou raison iimple qui ne connaît que les effets et non les causes. On a vu plus haut que le tableau manquerait de vérité , si Dieu ayait fait une seule de ces corrections; le réséda ne peindrait plus les coutumes industrielles des enfants en 8®. période ; et le lis qui ne barbouillerait pas les nez civilisés ne serait plus l'interprète exact des périls encourus par' celui qui yeut pratiquer en civilisation la vérité et la droiture.

Est-il de femme qui manque & critiquer la nature sur ce qu'elle' prive de parfum des fleurs superbes, tulipe, renoncule et autres, qui par cette raison sont dédaignées du sexe? Pour dissiper cette prévention, dissertons sur quelques fleurs inodores et douées de caractères vicieux en apparence pour qui n'observe que les effets , sans connaître les tableaux de passions. Choisissons les trois fleurs inodores dites ,

Belsamine , hiéroglyphe de l'égoïste industrieux. Gouronne*impériale , t du savant malheureux. Hortensia, «^ de la coquette prodigue.

Chacun connaît la belsamine , ressource des parterres en automne. Si l'on veut cueillir ses graines , en rassembler dans la main une douzaine de capsules , à peine at-on fermé la main pour les mieux contenir que les enveloppes se brisent ; le porteur se trouble et la graine s'échappe de toutes parts; la cueillette est perdue par l'empressement qu'on met à la retenir. N^est-ce pas là une raillerie de la nature? Nous donner un produit pour nous l'ôter au moment où nous le serrons avec soin! Expliquons le secret de cette bizarrerie.

La belsamine est lé portrait de l'égoTste industrieux

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(i'ègofsme est caractère dominaDt chez les gen» riches qui s'adonnent à rîndustrie). Les feailles finement dentées et symétriquement distribuées sont un emblème de travail intelligent (224). Une toaffe de feuilles surmonte les fleurs y en symbole de l'économe judicieux et prudent^ qui veut que le travail (figuré par les feuilles) et le bénéfice excèdent la dépense. En suivant cette méthode» il peut briller longtemps sans s'appauvrir ^ comme la belsamine qui donne une série de fleurs copieuses , brillantes et longtemps renouvelées.

Les ménages pourvus de cette prudence raflBnée sont ambitieux et égoïstes au suprême degré. Aussi la belsamine^ par analogie, refuse-t-elle tout cadeau à l'homme; ses fleurs sont imprenables isolément par défaut de queue, et collectivement par embarras de feuillage. On ne peut ni les cueillir ni en garnir des vases de salon^; c'est une plante qui ne vit que pour elle , comme les ménages de riches égoïstes donnant du relief au pays ; gens d'industrie et de représentation, utiles à la masse, mais insipides par leur esprit cauteleux; gens qui se rendent néces* saires comme la belsamine , sans être ni aimés ni aimables. Us savent s'installer dans toutes les avenues de la grandeur , comme cette fleur qui s'empare des lieux les plus fréquentés du parterre, et y joue le grand rôle sans y exciter de charme, aussi est*elle privée du parfum, symbole de charme. Elle est tardive et meuble d'automne, par allusion à ces thésauriseurs qui ne commencent que sur le tard à figurer dans le monde. Malgré toute leur vigilance , il arrive que leur fortune passe à des héritiers imprudents qui la dissipent ; et de même la graine ou héritage de la belsamine s'échappe des mains au moment où on la recueille sçns précaution.

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Ladite fleur serait plus intéressante en parallèle avec son alliée d'automne, la reine-margtierite, hiéroglyphe des bonnes ménagères ; mais nous aurions tant de fleurs à passer en revue , que je suis obligé de limiter le choix. Examinons le moule opposé à la belsamine. J'ai dépeint l'intrigant industriel et fortuné > voyons le portrait de la noble industrie humiliée ; c'est celle du savant ou artiste.

11 est peint dans une fleur nommée Couronne impériale, donnant six corolles renversées et surmontées comme la belsamine d'une touffe de feuillage. Cette fleur qui a la forme dç vérité (forme triangulaire du lis et de la tulipe) ^cite un vif intérêt par l'accessoire de six larmes qui se trouvent au fond du calice. Chacun s'en étonne ; il semble que la fleur soit dans la tristesse; elle baisse la tète et répand de grosses larmes qu'elle tient cachées sous les étamines. C'est «donc l'emblème d'une classe qui gémit en secret. Cette classe est très-industrieuse, car la fleur porte en bannière le signe d'industrie , la touffe de feuilles groupées au haut de la tige , en symbole de la haute et noble industrie , des sciences et arts.

La classe d'industrieux qui gémit en secret n'est pas celle des plébéiens grossiers» mais celle des savantis utiles ei obligés de fléchir devant le vice heureux : aussi la plante incline-t-elle ses belles fleurs en attitude humiliante. Elles sont gonflées de larmes cachées , image du sort des savants et artistes, qui font l'ornement principal de la société et n'en sont payés que par des dégoûts , tandis que les agioteurs et sangsues amoncèient des trésors en quelques instants.

Cette fleur est de couleur orange qui. est celle de r enthouêiasme ou composite (Il , 164) , par analogie à la classe industrieuse des savants et artistes qui n'ont

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