SECONDE PARTIE. PITOT INVERSE
d'autre soutien que l'eDlbousiasme contre la pauvreté et les humiliations dont ils sont abreuvés dans le jeune &ge.
A la suite d'une pénible jeunesse , ils parviennent à obtenir quelque relief ou quelque petit bien-être : par imitation, la fleur 9 après avoir passé le bel Age dans une attitude humiliante , élève enfin soa pédoncule et sa capsule de graine ; mais il est trop tard pour prendre cetèe attitude , quand le pédoncule n'est plus orné de sa belle fleur et n'a plus qu'une triste gousse à présenter. Cet effet dépeint le tariHf bien-être des savants et artistes, qui ne peuvent lever la tète, sortir de l'état de gêne et d'oppression, qu'après avoir consumé péniblement leur jeunesse à amasser quelqu'argent, après avoir fléchi dans leurs jeunes années sous le poids de la détraction, de la pauvreté, de l'injustice, et perdu les beaux jours de la vie à préserver leur vieillesse de l'indigence.
Ainsi la nature, toujours en contradiction avec la philosophie , ne voit qu'ennuis et disgrâces dans cette étude où la morale nous petnt des torrents de charmes ineffables; mais n'oublions pas que l'article est consacré aux dames; je vais me rallier aux convenances du sexe , et lui présenter dans l'hortensia un tableau plus à sa portée.
Vhorieniià, emblème de la coquetterie , étale farce parure y plus de fleurs que de feuilles (j'ai compté 108 grosses boules sur un hortensia de moyenne dimension). C'est une plante qui fatigue l'œil par ses massifs de fleurs: elle donne dans le même excès que la coquette qui voudrait consumer en colifichets toute la fortune dii ménage. Par analogie , l'hortensia cache ses feuilles sous un fatras de fleurs inodores et à demi-nuancées, en rosat ou demirose, argentin ou demi-bleu, /iZa« ou demi-vioiet; teintes ambiguës comme les sentiknents de la coquette , qui sont :
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Ud faible amoar , argentin et non azur. Une demi-amitié , lUas et non violet.
Une fausse pudeur, rosat et non rose.
L'hortensia et la belsamine ( coquette et égoïste ) sont deux fleurs qui ne vivent que pour elles , et se refu* sent à la coupe. On ne peut employer Iliortensia coupé ni en bouquets, à cause du fatras, ni en rases où il se flétrit subitement. Non coupé , c'est-à-dire en pots , il figure & merveille dans les salons et les jardins , comme la coquette dans le grand monde. Il'n'a pas de parfum, parce que la coquette éblouit les yeux et fascine l'esprit sans trop gagner les cœurs ; elle charme les sens : le lien est simple ; il faut que le charme de la fleur soit simple , récréant la vue sans flatter l'odorat.
La coquette se ruine par le luxe ; et Thorlensia , par analogie , craint l'astre du luxe , et périt d'un coup de soleil. La coquette, au déclin de l'âge, appauvrie par ses folles dépenses, €st forcée à s'industrier : par imitation , l'hortensia, après avoir amplement brillé, perd son coloris, son luxe, et prend la nuance du travail, le vert, couleur de la feuille . Il n'arrive qu'au demi-vert , parce que la coquette ne revient qu'à un demi-travail allié aux intrigues. Enfin, à un âge avancé, elle tombe dans le rôle de prude; et l'hortensia , par allégorie , revêt dans l'arrière-saison la couleur de la pruderie, le brun, nuance de la scabieusé qui est îfleur delà pruderie,rebelleà la main qui veut la cueillir.
Les coquettes du grand ton sont des femmes qui ont reçu une éducation soignée ; et pour emblème de ce travail préparatoire la nature donne à l'hortensia une feuille élégamment dentée en losange symétrique. La fleur semble privée d'étamines et pistils; c'est le tableau de la coquette qui ne s'occupe nullement du rôle productif. Aussi
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leâ parties de fructification sont-^elles cachées dans l'hortensia , fleur qui , pour arriver à la perfection , exige un grand attirail de soins : sa toilette agricole est des plus compliquées 9 image exacte des personnages que représente la fleur.
Obligé de laisser en suspens cet article , j'invite à différer tout jugement sur cette branciie intéressante de la nouvelle science , en annonçant qu'elle ne se borne pas & l'agréable , et que soùs le rapport de Futile elle nous vaudra l'avantage de déterminer les antidotes naturels à tontes les maladies. Les remèdes à la goutte, à l'hydrophobie, à l'épilepsie, seront exactement connus» lorsqu'on aura porté au complet la science de l'analogie passionnelle. Cette condition de complet suppose l'achèvement du calcul d'analogie, exigeant sur les seuls végétaux, 40,000 solutions. Poury parvenir, il faudra que les corps savants paient tribut d'études , et non de belles phrases.
Cet article Citer sera continué au demi-volume additionnel , et augmenté de la série suivante.
Odorantes.
Inodores.
Enfantines.
ntëroglyphes en
K Le GÉBANicM ,
La ihuhéreuse , La hyacinthe , LajonquiUe»
L'héliotrope ,
La R. Margiterite La renoncule, Vanémone , LatvUtppe»
Le jasmm »
La pensée , La violette, L'oreille d'ours ,
^ LaMiUTB»
règne Tégétal*
L'industrie sériaXre.
La galante émancipée.
La galante contenue.
L'amour maternel.
L'esprit sordide,
La bonne ménagère.
L'étiquette de Cour.
Les parvenus opulents.
La justice individueUe.
Lambition enfantine.
Les chœurs impubères.
Les bambins laborieux.
Les enfants studieux.
L'amlnition civïi^sée.
240 GJS^LÉGOHiNES.
On y ajoutera uoe grande note d'analogie sur les végétaux philosophiques , les chtmx et les raves de tous calibres, petits et grands: les carottes , panais , salsifis, céleris, pommes-'de'terre et betteraves. C'est dans cette note que seront méthodiquement jugées et réfutées les visions de nos moralistes sur le doux plaisir des champs (voyez Post-Logue, tom. Y). Ladite note sur les raves et les choux contiendra les premiers aperçus de. médecine composée ou naturelle. Dans cet article on donnera aussi quelques notions d'analogie sur les fruits ^ les arbres et végétaux quelconques.
L'article Irter contiendra une mosaïque de tableaux en régne animal : il traitera des quadrupèdes les plus connus , ainsi que des oiseaux domestiques , tels que
K Le Cygne, La vertu inutile.
Le poulet , Les amants inconstants.
Le pigeon ', Les jeunes amants.
Le faisan , Les amants jaloux.
Le canard , Les maris « subjugués. »
Le dinde , Les amoureux transis.
Voie , Les paysans rusés.
La pintade , Les gens communs.
X Le Paon , L'Harmonie sériaire ,
Aux deux articles CUer et Inter indiqués sous le titre d'instruction pour les dames , il eût convenu d'ajouter un article d'analogie en minéral : connaissant fort peu ce régne, je me bornerai à en dire quelques mots.
L'article Ulter est du ressort des savants ; il contiendra un résumé sur l'ensemble dès unités de la nature» et sur leur mécanisme classé en quatre quadrilles; comme les ralliements passionnels (tom. V, section 7®.). Entretemps : on peut déjà reconnaître que l'étude de
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rbistoire Dalurélie par Toie d'analogie aux passions» sera aussi altrayante qae les mélbodes actuelles sont insipides. J'insisterai sur ce parallèle quand j'aurai donné des notions suffisantes sur Tanalogie universelle. Enrisageons-la en externe : ce sera le sujet de la note E , dont je me borne à donner une esquisse bien insuffisante sur un sujet de si baut intérêt.
Eiquisse de la Note E^ sur la Coemoyonie appliquée, sut les Créations scissiannaires et contre'-motdées.