‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 48 sur 90 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DES QUiTRB GAOCPBS.

Sommaire de leurs propriétés principales.

Une théorie des Groupes! I! à celte annonce chacun s'attend à entrer dans des chemins de roses : mais les roses n'ont-elles pas des épines?

Il y en a trés-peu dans cet abrégé : je l'ai dégagé du jargon méthodique, parce qu'il est de lecture obligée, même pour ceux qui veulent juger sur la préface et la table des chapitres. Je Jes ai prévenus (avant-propos) que cet abrégé fait partie du traité, et qu'on ne peut pas le franchir.

Apprivoisons ces impatients : quel est leur but? C'est d'apprendre par quel procédé on établit le lien sociétaire, si impraticable selon les coutumes civilisées. On ne peut l'organiser que par emploi de groupes et séries dégroupes industriels [ è courtes séances ] ; il n'est pas d'autre moyen.

C'est assez dire quelle attention les étudiants doivent à cet abrégé , réduit à cinq chapitres , qui sont les fondements de l'édifice. On ne pourrait pas sans la lecture de ces cinq chapitres passer à celle du traité [qui les suil].

Dans le plan tracé à Tavant-propos, j'ai adopté la

marche progressive par aperçu^ abrégé et iraHé. L'aperçu a été donné (Inlrodaciion, 19 à 26).

Nous passons à l'abrégé qu'il a convenu de placer dans la théorie mixte : il ne tient ni à la positive , puisqu'il n'est pas Cûficret, appliqué à l'industrie sociétaire; ni à la négative ou critique de fausses lumières ( 1'^. partie).

J'ai annoncé, à i'avant-propos, que je prétendais, dans l'une des notices, Taire la conquête des moralistes. Nous touchons à ce dénoûment ; et à la fin du chap. 5, la morale va capituler à discrétion avec le théorie des groupas, s'eo. déol«rer l'apôtre, et abjurer les méthodes philosophiques. Il faut se sentir fort en moyens, pour se Oatter d'opérer pareille conversion.

Notre siècle, trés^porté à tenter des recherches sur l'Association, ridiculise les bfaoohes primordiales de .cette étude, les groupes et l'AitractioD pasaioanée. L'on .60 fait des sujets de plaisanterie. Parlesfen France d'une théorie des groupes, vous êtes assuré qu's^ant d'entendre une observation sensée , il faudra essuyer, mènie de la part des savants , vingt bordées de fades, équivoques et d'allosioQS triviales à certain groupe qui est l'un des quatre.

Souvent ces verbiages sont des ruses par lesquelles .un faible dialecticien esquive le débat qu'il ne se sent pas /capable de soutenir. Chacun faisait de même du bel esprit iaux dépens de Colomb» avant son eipéditioQ d'Amérique, et chacun trouva bientôt à décompter*

Tel sujet qui nous parait plaisant au premier aoapd'œil , peut , après un mûr e^men , devenir un obamp de vastes et profonds calculs. Telle est la théorie des groupes , dont le moindre abrégé exigerait une ample

Maieors J ,,

G110UPE8 Et SÉRIES. 359

section ; mais il convient, vu les préventions, de se borner d'abord à quelques détails suffisants pour désabuser ceux qui considèrent cette étude comme une amusette, une grivoiserie.

Les groupes ou modes élémentaires des relations sociales sont au nombre de quatre , en rapport avec les éléments matériels de l'univers (II, 248). En voici le tableau analogique.

Groupes Eléments,

d* Amitié , affectioa unisexoelle , Terre. 'Ambition, — corporative, Air.

. C d'Amour, — bissexuelle, Arôme.

( de Famille , — consanguine , Eau. Pivotai. X 5*. d'uifiTÉisHE ou fusion des liens. ^ Feu.

Le groupe pivotai n'est qu'un lien composé et non élémentaire ; il est applicable à chacun des quatre autres.

On ne peut pas découvrir d'autres liens chez l'homme social. S'il ne forme aucun de ces quatre liens , il devient, comme le sauvage de l'Aveyron, une bête brute à formes hiunaines. Il ne fait de progrés en sociabilité qu'autant qu'il parvient à former i , ou 2 , ou 3 , ou 4 groupes. C'était donc par l'analyse des groupes qu'il fallait débuter dans l'étude de l'homme social, tout à fait négligée , quoi qu'on en dise.

Les sens ne sont point isolément des ressorts de sociabilité, carie plus influent des sens, le goût, besoin de se nourrir 9 pousse à l'anthropophagie. La sociabilité dépend donc de la formation des groupes ou ligues passionnées.

Les quatre groupes exercent alternativement l'influence dans les quatre phases de la vie ; chacun d'eux est dominant dans l'une des phases, selon le tableau suivant.

Domlnance alternative des CSroapes*

En Phase antër. ou enfance, 1 à 15 ans, Tamitie'. £n Phase citer, ou adolescence, 16 à 55 ans , Tamour. En Phase foyère ^ ou virilUé, 56 k 45 ans, amour et ambition , En Phase uUër. ou maturité, 46 \ 65 ans, Tambition. En Phase poster, ou vieillesse , 66 à 80 ans , le iaraillisme.

Ladite succession d'inflaence correspond à celle de bouton, fleur , fruit, graine y aux quatre âges de la yè^ gétation.

Ce tableau n'a pas besoin de commentaire. On ne sau^ rait contester que l'amitié ne prédomine chez Tenfaoce , comme Tamour chez l'adolescence; que Fambilion ne règne sur l'âge mûr , et quB la vieillesse, isolée du monde , ne soit concentrée dans les affections familiales , par inhabileté aux trois autres, même à l'amitié; car les vieillards civilisés sont communément trop défiants pour se livrer & la franche amitié : on leur reproche avec raison de donner à corps perdu dans l'égolsme , qui est Topposé de l'amitié. Aussi se croient-ils de vrais philantropes, quand ils ont pourvu au bien de leur famille , selon le beau principe ,

Faire le bien est si doux , ' Pour ne rendre heureux que nous

Et les nôtres.

Conformément au i^^*. principe des sophistes (11,129), explorer eh entier le domaine de [la nature , on doit , en étudiant les groupes , ne pas se borner à une demi-exploration; il faut les analyser tous quatre, sans prévention pour ou contre aucun des quatre. Si Dieu les a créés tous , il faut qu'il ait prévu un emploi pour tous. Tel groupe , comme celui d'amour , étranger au succès de l'industrie morcelée , sera peut*être le plus précieux en

GROUPES ET SÉRIES. 34i

emplois d'indastrie sociétaire; et par contre , tel groupe, comme celai de famille 9 qui nous semble en civilisation le plus paissant pour attirer à l'industrie (1) , pourra bien se trouver le moins influent pour attirer au travail sociétaire, où les groupes se soutiennent réciproquement et doivent intervenir tous quatre , comme les roues d'un char^

Distidguons^les d'abord en harmoniques et subversifs.

Un groupe harmonique est une réunion pleinement libre , et liée par une ou plusieurs affections communes aux divers individus dont se compose le groupe.

Si le groupe est harmonique , la dominante ou passion réeHe est conforme à la tonique ou passion d'étalage.

Le groupe est subversif, lorsque la dominante est différente de la tonique.

Par exemple ^ rien n'est plus commun que les réunions de prétendus amis , tout pétris d'égolsme, n'ayant de Tamitié que le masque, et de mobile réel que l'intérêt. Telles sont les assemblées d'étiquette , où l'on ne ressent pas l'ombre du dévouement qu'on y affecte. Chacun y vient dans des vues particulières d'ambition, de galanterie ,

(i) Le groupe ^e famille n^excite à l'industrie que par frayeur de la famine ; aussi Tarrière- secret des politiques civilises est-il d*exciter le peuple aux mariages et à la puUulation , afin qu'il travaille par effet d'alarme pour le sort d'une famille. Un tel mobile est attraction subversive , et non pas harmonique ou fondée sur le charme attaché au travail. C'est pour cacher cette vérité, ce vilain côté de la civilisation , que les politiques s'insurgent en chorus contre ceux qui, comme Stewart et Malthûs, aperçoivent le danger de l'excessive puUulation , et confessent franchement ce cercle vicieux qui ne tend qu^ mukipHer les mendiants alimenter les germes de révolution, et fournir ï un conquérant de la viande à canon.

342 GROUPES ET SéftIES.

de gourmandise , tont en prétendant qae ramiUè Tire et pare est son seul mobile.

Ces groupes ont une ionmantâ eontradieloire avec la tonique. En effiet , leur tonique ou passtM d'étalage est l'amitié ; leur dominante ou ressort féritablef est Tiotérèl personnel»

En ToNiQirE y une réunion de elubistes prétend n'aimer que la patrie, la fraternité, Tauguste philosoptxie et le salut du peupTe souterain. En DonHAWre, il^ ne sont mus que par le désir de s'enrteKir et d^euvabir les fonctions administratives.

La contrariété Je tonique et dominante constitue le groupe subversif, qui est ressort général en mécanique civilisée. Les quatre groupes y sont communément subversifs , et presque jamais baimoniques ou mus par des passions qui soient à la fois ébminantes et t(m^pêes.

On trouve pourtant quelques gro«|>es harmoniques en civilisation , car il eiiste dans tout système social une exception du 8^. qui confirme la règle. Par exemple :

Dans une partie carrée, les deux couples d'amanls res-> sentent vraiment les passions dont ils font étalage : ils ont réellement de rameur d'^amant à maltresse , et de f amitié de coupte à couple» Us donnent un essor bieu franc à cea deux passions ;; elles^ sont donc à la fois dominantes el toniques. Cette unité constitue le groupe d'hannonie, très-rare en civilisation : il n'y f^ure pas même en dose du i6^. ni peut-être du 32?. ; et quand il y figurerait en dose du 8^., Texceplion confirmerait la régie; d'autant mieux que» par fois, Kexception s'étend à iy4, ce qui n'empêche pas d'appliquer la règle aux trois autres quarts. Ainsi , parmi les quatres grocqpes, celui de famille est en exception ou déviation du cadre général , parce que soo

(movi^ES ET séaiBS. 343

lien formé par le sang est indSssolQble. Ce â*es( donc pas un groupe libre , comme les trois «aires.

Rien de moins harmonique, parmi nous, qoe ce groupe de famille » qtti pourtant est pivol sodial. On y voit commanëment les pères opposés aux goûts des enfants, sur les plakîrs» la dépense et la parure, sur le choix des amours et des niarts : de là vfient Jque les enfants , et souvent la ménagère , dégolsebi babituellemenl; leur donmanie, pour affecter la temque voulue par le père. Dès lors le groupe est fana et subversif i il perd les propriétés des groupes harmoniques dent non» allons parier aux pages suivantes.

La difltinetion des groupes en UartiéMijue» et subver-^ s^B BOUS donnera huit groupes au lieu de quatre. Nous aurons à étudier les propriétés des ^latre groupes har^ moniques, ayant même passion en tonique et dominante; puis les propriétés des groupes sidiversifs , ayant la dominante hétérogène avec la tonique, selo^n l'usage civilisé.

Et comme la distinction sera ta même sur les huit autres passions radicales, dont cinq sedsttites et trois dis^ tributives , nous aurons , dans TAIphabet de l'étude de rhomme, vingt-quelle passions radicales (0 et non pas douze.

(i) Les S4 passions correspondent aiulogiquemeQt aux 34 consonnes , accolées par douzaines aiajeare et mineure ; be-pe, DE- TE, Ffi-vB. L'alphabet des articulations naturelles formé de 12 consonnes majeares, 12 consonnes mineures, 4 voyelles mixtes, 4 voyelles sous-pivotales, et la pivotale quadruple, est exactement conforme ^ Talphabet passionnel de 5*. degré, formé de 52 passions et le pivot quadruple^

Je ferai connaître , dans le cours du traité , Talphabet naturel et son analogie aux passions. Ce sera un sujet intéressant pour les

344 GROUPES BT SÉRIES*

Par exemple, en traitant de raroitié, nous distinguerons TAmicisme ou amitié harmonique; rAmicâtre ou amitié subTersire.

Et de même sur la vue , nous distinguerons le Visuîsme ou vue harmonique ; le Visuâtre ou vue civilisée, amie des vilenies, du mauvais goût, des villes et villages hideux.

Propriétés. Les groupes, lorsqu'ils sont harmoniques, tels que les formera Tétat sociétaire > ont des propriétés régulièrement contrastées et graduées : j'en donne ici trois tableaux comparatifs, sur Yenirainement^ le ^onet la critique.

i^. L'entraînement: s'il s'agit de braver un péril, dans le cas de guerre, de brigands, d'incendie, on verra les quatre groupes soumis à des influences très-différentes.

Maj. Groupe d'amitié ; Cercle :

tous s'entraînent en confusion.

Haj. Groupe d'ambition; Hyperbole :

les supérieurs entraînent les inférieurs.

Min. Groupe d'amour; Ellipse :

les femmes entraînent les hommes.

Min. Groupe de famille ; Parabole :

les inférieurs entraînent les supérieurs. Ces propriétés se développent même en civilisation, où les groupes , quoique subversifs , conservent encore des appâts d'entraînement, parce que, dans le cas de danger ou d'enthousiasme , on oublie les rangs et les préjugés ; on n'écoute plus que l'impulsion de la nature.

sophistes , qui ont tant disserié sur la langue naturelle ; ils reconnaîtront qu^elie est calculée , et que par conséquent elle n a pu exister chez aucune des peuplades primitives.

GROUPES ET SÉRIES. oib

^. Le ton. Chacun des groupes adople, en relations iolernes» un ton et une manière.

. Groupe d'anaitié ou nivellement ; la cordialité et la confusion des rangs.

Groupe d'ambition ou ascendance ; la déférence des inférieurs aux supérieurs.

Groupe d'amour ou inversion; la déférence du sexe fort au faible.

Groupe de famille ou descendance ; la déférence des supérieurs aux inférieurs. Il est impossible que ces tons s'établissent dans les groupes civilisés^ Par exemple^dans celui de famille, les pérës ne peuvent pas suivre leur impulsion naturelle, qui est de céder constamment aux. enfants : les convenances de l'éducation obligent le père à tenir l'enfant dans la dépendance, ou du moins dans le respect .L'état des choses est bien différent en Association, où le père, n'étant chargé ni de l'éducation ni de la remontrance, n'a d'autre tâche que de flatter l'enfant, et se livre sans dang«r au ton naturel de ce groupe , au gaiement ou déférence du supérieur pour rinférieur.

Il est de même à peu prés impossible , dans les groupes d'amour civïisé , d'observer le ton naturel , la pleine déférence du sexe fort ati faible: aussi n'est-^elle qu'apparente. Si elle était réelle , il en résulterait d'innombrables duperies, dont lés hommes savent bien se garder. La polilique prévient ces duperies, en excitant les jeunes gens à ne point céder aux suggestions d'une maîtresse qui , si elfe est pauvre, débutera par demander le mariage. Les Français sont très-habiles à esquiver ce piège; aussi sontils la nation la moins galante, celle où les femmes sont le plus trompées par les hommes^

346 GROUPES Et SéRfÊS,

3<^. La critique. C'est one ëes relalions les plas im-' portantes dans Fétat sociétaire, oAeHe est source d'émulation et de perfectionnemenl* Voici en quel ordre elle s'y exerce.

Maj. Groupe d'amitié :

ta masse eritic(ue facétieusement Tindifidu.

Maj. Groupe d'ambition :

le supérieur critique grayement riofèrteur.

Min. Groupe d'amour :

l'individu excuse aveuglément l'individu.

Mb. Groupe de famille :

la masse excuse indulgemment l'iodivido.

Les groupes civilisés , presque tous subversifs , n'ont pas ces propriétés : de là vient que certains personnages, comme les rois » sont tout à fait dépourvus du secours de la saine critique; tandis que les gens dénués de protection et de fortune sont criblés par la fausse critique ou dé~ traction. Personne ne jouit de la vraie , sauf quelques exceptions, comme celle d'^un écrivain riche et puissanl. Lorsqu'on critiqua, il y a 3 ans » f ode de Fontaoes sur les tombeaux de St»-Denis, on se bœna strictement à ce qu'exigeait la saine critique : mais Foi^aiies était un potentat scientifique. S'il eût été un écrivain sens forlune , on aurait traité son ode comme Geoffiroy traitait les vers de Voltaire.

La nature, ayant voulu que la critique s'exerçât par les deux groupes majeurs, nous a donné de la répugnance pour celle qui vient des deux groupes mineurs t ils ne sont faits que pour aimer et flatter ; ils- deviennent haïssables quand ils s'adonnent à moraliser et eensurei*^ ils sortent de leurs attributions. La critique étant attribut essentiel des groupes majeurs d'amitié et d'ambition, n'est jamais

GROtrPES ET SÉiÙES. 347

désobligeaaie de la part de ces deax groupes, quand ils sont régulièrement organisés selon le traité des Séries passionnées.

Cependant la eîyilisation est obligée d^en^Ioyer sans cesse l'un des deux groupes mineurs , celui de famille , à critiquer el remontrer l'enfent. U en résulte double contré-sens en lien domestique; d'une part » irritation et rébeilioBf secrète de Tenfant , qui suit la loi de nature en dédaignant la critique du père et du précepteur; d'autre part, gène et frustration du père, qui» remplissant à regret ce pénible deroir, n'en recueille pour salaire que Tindifr féreoce de l'enfant. Ces inconvénients disparaissent pleinement dans rHarmonie , où Feniant fréquentant une trentaine de groupes et de Séries y rencontre une foule d'amis et sectaires trés-séyères sur son impéritie ; leur franchise dispense bien le père 'de remontrances.

Chacun des quatre groupes est produit par l'impulsion de deux principes ou ressorts; Fun spirituel S, l'autre matériel M, dont suit le tableau.

ReMMMTts éléuM^taf re« Aem onAtre dronpe*.

Hypomajeur ou Groupe d'amitié.

S Affinité spir. de caractères.

M Affinité mater, de penchants industriefs.

Hyperm0Jeur ou Groupe d'ambition.

S Affinité spir., ligue pour la gloire. M Affoité mater*, ligue pour l'intérêt.

Hypermineur ou Groupe d'amour, M Affinité matéir* par la copulation.

S Affinité spir. par la cèladonie (r),

(i) En d'autres termes, lien de cœur. Mais l^ex pression lien

Hypommeur ou Groupe de famUie.

M Affinité mater., lien de consanguinités

S Affinité spir., lien d'adoption.

' j ^ en identité Y.

X Essor des Groupes,

en contraste \.

On peut s'étonner que je compte ici tes affinités industrielles pour ressort d'amitié : c'est un effet incompréhensible en civilisation, où le travail morcelé est un sup* plice et non un lien de plaisir. Il faut attendre Ià*dessus l'exposé de l'ordre sociétaire , où l'industrie devient aussi attrayante qu'elle est répugnante dans l'ordre morcelé, si contraire à la nature de l'homme, que le sauvage dit à son ennemi : puissés^iu être réduit à labourer un champ! imprécation déjà citée, et qu'il faut rappeler sans cesse à nos philosophes, prôneurs de l'industrie morcelée etanlisociétaire.

On voit à la priorité des deux lettres S ou M, que le ressort spirituel tient le l^i*. rang dans les deux groupes majeurs , et que le ressort matériel domine dans les deux groupes mineurs y moins nobles, par cette raison.

Si les deux ressorts interviennent combinément , le groupe est composé; s'il n'est stimulé que par l'un des

de cœur est bien équivoque en amour : il faut des noms qui évitent la confusion du maiëriel et du spirituel. Par exemple , pour le matériel , la médecine et la théologie emploient les noms de copulation et oeuvre de chair. J'ai adopté le premier. On ne connaît guère de nom spécial pour l*amour purement spirituel , si rare et si douteux , qu'il n'a sans doute pas paru digne d'attention. Autrefois on l'a nommé, dans les romans, amour p/a^0~ nigue et cèladonique; je me fixe au 2*. nom. Au reste, je répète que sur les nomenclatures j'admettrai toute correction régulière qui me sera indiquée.

€ftOtP£S ET séKlES^ 349

àeat ressorts » il est groupe simple : \l devient fmxte , s'il est mu par deux ressorts de groupes différents ; il est sur-composé, si aux deux ressorts d'un groupe s'en joint quelqu'un d'un autre groupe; et bt-eomposé, s'il réunit quatre sessorts de deux groupes différents.

Les groupes simples, à ressort isolé, sont d'ordinaire Lien méprisable en dominance du matériel; Lien de duperie en dominance du spirituel.

Exemples. Deux associés de commerce, travaillant pour l'argent et non pour la gloire , sont en affinité simple d'ambition , en lien d'intérêt sans acception de la gloire. Ce groupe limité an ressort matériel est un liei^ méprisable.

Deux artistes sont ligués par amitié et passion pour la gloire : ils négligent des voies de fortune que la flatterie pourrait leur ouvrir; ils restent véridiques, indépendants et pauvres. C'est un lien de dupes , un mixte de deux ressorts spirituels d'amitié et d'ambition. Le mode mixte peut participer des vices du simple comme des perfections du composé.

Un amour sans sympathie , comme celui d'une prostituée qui ne se livre qu'à beaux deniers, est groupe «tm/y/e et méprisable , parée que le ressort matériel en est l'unique mobile. Et par opposition , deux amants céladoniques et chastes sont un coiiple de dupes, si, n'étant pas entravés par des surveillants, ils se bornent au lien spirituel ou groupe «tmp2e. Tout essor simple est toujours méprisé en matériel et raillé en spirituel, sauf rares exceptions.

Exerçons-nous sur un mixte, à la dissection des groupes.

Deux hommes peuvent se protéger , se soutenir à titre de frères. C'est groupe de familisme, simple mater.

550 GfiOOPBS ET 8ÉA1ES.

S'ils sont liés par Gonvenance de caractère » c'est groupe d'amitié simple spir., combiné avec le lien de fanûlie en simple matériel ; ce groupe devient mixte.

S'ils se soutiennent par ligue de pillage ou autre fourberie j c'est alliance cupide , groupe d'ambition en ressort mater. Ce 3«. lien élève le groupe au degré hypermixte. La morale civilisée confondra ces trois liens sous le nom de douée fraternité f cpiand il est évident que la fraternité ou lien familial n'y intervient qu'en tierce-partie.

Les détails élémentaires qu'on vient de Kre sont les ronces de la science. Mais si l'on veut étudier la théorie d'Associatfon qui n'opère que sur des groupes , il faut s'exercer à ne pas les confondre ni en genre , ni en mode» ni en degré. Je viens de définir le genre; passons au mode , qui n'exigera qu'un paragraphe des plus courts. X Mode général d^e$eor»

Les liens dans les quatre groupes s'établissent en identité ou en contraste. Par exemple, en amitié : l'aiBnitè de caractère s'établit par contraste ou lien hétérogène » aussi bien que par identité ou lien homogène* C'est un effet si connu qu'il est inutile de l'ètayer de preuves.

Divers sophistes ont voulu fond» exclusivement les liens sur l'identité de penchants : c'est l'erreur favorite des moralistes , qui veulent niveleir tous les goûts » rendre les hommes tous frères, tous amis du brouet noir, comme si le caractère devait être identique chez tons.

D'autres veulent fonder tous les accords sur l'aiBnitè de contraste ; entre autres. Bernardin de St.-Pierre , qui ne voit de germe d'harmonie que dans le contraste.

Rien de plus erroné que ces méthodes exclusives : les accords de caractère et autres naissent de double source, des identités et des contrastes. L'état sociétaire emploiera

GfloirpEs ET siaiBft. 35{

(oujbars ces deux ressorts eoociirreinmeot et en alternat.

Il suffit de ce peu de noliomi pcnor désabuser ceux qui coDsidèreut Tétttde de9 groupes eoimne plaisante. Ou pourrait leur faire entrevoir sur ce sujet des calculs trèsprofonds et très-matbématiqoes dont f épargne l'aperçu.

Résumons par une définition exacte et succincte.

Les groupes réguliers ou haimoniques , ceux qui ont b dominante conforme à la toniq)Ae » doivent remplir les trois conditions suiranCes :

i'«. Association spontanée sans ReK obligé et san^ autre engagement que celui des bienséances*

â^. Passion ardente et aveugle pour une fonction d'in*dustrie ou de plaisir commune fr tous les sectaires.

3^. Dévouement sans bornes aux intérêts du groupe ; disposition à des sacrifices pour le soutien de la passion commune.

Ce dévouement déit régner même dons le groupe de famille : seul des quatre , il a le vice d'immutabilité en lien matériel. Il faudra» en Harmonie, que ce lien forcé par le sang soit ramené par afibetion à la spùntanéité; qu'il soit passionné^ chez lès consanguins comme chear les adoptifs.

J'ai beaucoup abrégé ces^détaifs élémentaires ^ et tfop^^ peut-être; mais si l'on veut connaître l'art de s'associer, Tart d'où dépend le bonheur général ; si Ton veut enfin décupler prompiemmi $on retenu, il faut bien se résoudre à étudier les trois leviers qu'emploie l'Association;: savoir :

les Groupes en genres , modes eC degrés ^

les Séries contrastées, rivalisées» ei^reoées ;

les Claviers ou gammes de caractères des sept titres.

352 GAOUPES ET SÉRIES.

Elude peu effrayante, A* après ma promesse (50) de l'épargner au lecteur , de me borner à la lui faire entrevoir» et de le guider par synthèse routinière. Au moins préludons à cette routine par une légère teinture des principes.

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