‹ Théorie de la monnaieChapitre 6 sur 15 · Soit (A) le numéraire et la monnaie et soient · texte numérisé non relu

Soit (A) le numéraire et la monnaie et soient

/3b pG pà

TTb = — , TTc = — , ^d = — ...

pa. pa pa.

les prix-, égaux aux rapports des raretés, de (B), (C)^ (D)... en (A) à un moment donné. Ces prix sont prix courants d'équilibre, c'est-à-dire qu'ils résultent, à notre moment donné , de ce vaste tâtonnement qui a consisté à crier d'abord des prix au hasard , puis à faire la hausse quand la demande était supérieure à l'offre et la baisse quand l'offre était supérieure à la demande, puis aussi à augmenter la quantité des produits quand leur prix de vente était supérieur à leur prix de revient en services et à diminuer cette quantité quand le prix de revient était supérieur au prix de vente , puis enfin à transformer de r(A) marchandise en (A) monnaie ou de r(A) monnaie en (A) marcban-

dise suivant que la valeur de (A) était plus grande comme monnaie que comme marchandise ou comme marchandise que comme monnaie; cette triple série d'opérations se faisant d'ailleurs simultanément et réagissant les unes sur les autres. Enfin l'équilibre est atteint. Il y a un prix courant pour chaque espèce de services , un fermage pour chaque espèce de rente , un salaire pour chaque espèce de travail, un taux d'intérêt du capital ; ces fermages, salaires et intérêts fixés souvent à forfait pour un certain temps. Il y a un prix courant pour chaque espèce de produits, lequel est égal au prix de revient en fermages , salaires et intérêts. La valeur de la marchandise monnaie est la même comme monnaie que comme marchandise. Et de quoi dépend , en dernière analyse , le maintien de cet équilibre? Du maintien de ses conditions premières qui sont les utilités et les quantités, et, plus exactement, les raretés des marchandises (A), (B), (C), (D)... Or voyez la différence ! Que la rareté de (B) varie, le prix TTb varie. Si (B) est un service, les prix de tous les produits dans la confection desquels entre ce service varient. Si (B) est un produit, les prix de tous les services qui entrent dans la confection de ce produit varient. Mais, après tout, ce n'est là qu'un phénomène isolé comme une très légère agitation du lac sur un point particulier. Qu'au contraire , la rareté de (A) varie , tous les prix TTb, îTc, Tra... doivent varier. Et comment s'effectue cette variation? Si la rareté de (A) augmente , les prix de vente de tous les produits baissent d'abord et tombent au-dessous de leurs prix de revient

5î2 THÉORIE

en services. Les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes y gagnent ; mais les entrepreneurs perdent jusqu'à ce que, à l'échéance de leurs baux, ils puissent obtenir une baisse des fermages , des salaires et des intérêts en vue de l'établissement d'un nouvel équilibre. Si la rareté de (A) diminue, les prix de vente de tous les produits haussent d'abord et s'élèvent audessus de leurs prix de revient en services. Les entrepreneurs y gagnent, mais les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes perdent jusqu'à ce que, leurs contrats prenant fin , ils puissent obtenir une hausse des fermages, des salaires et des intérêts et rétablir un équilibre nouveau. C'est un changement complet de niveau du lac. Ce trouble général de l'équilibre économique s'appelle une crise. Les théoriciens de l'école orthodoxe ont beau s'évertuer à nous soutenir que u la monnaie est une marchandise comme une autre » ; ce n'est pas une marchandise comme une autre que celle dont toute variation soit d'utilité, soit de quantité occasionne une crise. On s'est demandé laquelle était préférable de la crise de baisse ou de la crise de hausse , et la réponse a varié selon que ceux qui se posaient la question appartenaient à la catégorie des consommateurs ou à celle des producteurs. Quant à moi , sans m'arrêter à discuter des théories de cette nature , je me borne à poser en fait que toute crise , soit de baisse , soit de hausse , est mauvaise et devrait être évitée; et c'est là ce que j'entends dire en parlant des avantages de la stabilité des prix.

Principe de la constance du prix de la richesse sociale en le numéraire

et la monnaie.

13. Que faudrait-il pour cela? Que la rareté de la marchandise (A) lût constante? Assurément, si les raretés de toutes les autres marchandises (B), (C), (D)... étaient constantes. Mais supposez que ces dernières raretés fussent toutes croissantes, ne vaudrait-il pas mieux que la rareté de (A) le fût aussi , de telle sorte que les prix. ne haussassent pas? Et supposez que ces mêmes raretés fussent toutes décroissantes, ne vaudrait-il pas mieux que la rareté de (A) le fût aussi, de telle sorte que les prix ne baissassent pas ? Et enfin, comme il est certain que, parmi les marchandises (B), (C), (D)... il y en a, comme les produits agricoles, dont les raretés sont croissantes, et d'autres, comme les produits industriels, dont les raretés sont décroissantes, dans une société progressive, n'est-il pas évident qu'en somme l'idéal de l'intérêt et de la justice serait que la rareté de la marchandise numéraire et monnaie, variât de telle sorte qtCnn certain prix moyen de la richesse sociale en cette marchandise ne variât pas ? Laissons ici de côté la question de savoir comment doit s'établir le prix de la richesse sociale en (A), s'il doit être purement et simplement la moyenne géométrique, arithmétique ou harmonique des prix de (B), (C), (D)... en (A), ou s'il ne doit pas plutôt être le prix en (A) d'un étalon multipie composé d'une quantité b de (B), d'une quantité c de (C), d'une quantité d de (D)... de façon à ce qu'il soit tenu compte de la quantité débitée

de chaque marchandise. Il est certain que, selon qu'on aurait, entre les prix nouveaux 2?b, i>c, i>d ... et les anciens TTb, ttc, iià ... le rapport

V TTb TTc TTd

OU le rapport

m — 1 \ TTb TTc TTd

OU le rapport

1 /TTb . TTc . TTd

7)1 — 1 \ph Pc Pà

OU le rapport

hph 4- cpc 4- dpà 4- ...

^TTb -H CTTc 4- diià 4- ...

on aurait aussi, entre les raretés nouvelles Ra, Rb, Rc, Rd... et les anciennes p&^ ph, Pc.^ pà — , le rapport

Ra

Bc

Ra

Pc

* • • • < Pd

ou

le

rapport

Ra

jOa '"m

/Rb

Rc

OU le rapport

Ra^ 1

m — 1 \ Rb Rc Rd ou le rapport

Ra iRb -h cRc + dRd -H .-.

Pa, bph -h cpc •+• dpà -+■ ... '

et qu'en conséquence on peut dire, en d'autres termes, que ce qui serait à souhaiter, ce serait que la rareté de la marchandise numéraire et monnaie variât comme la rareté moyenne de la ricliesse sociale.

Page 1