Mécanisme. — èquCilTO
1. Les éléments du système astronomique sont des corps célestes qui, sous rinfiuence de l’attraction universelle, gravitent naturellement les uns vers les autres en raison directe de leurs masses et ai raison invei'se du carré de leurs distances. Les éléments du système économique sont des services qui, sous le régime de la libre concurrence, tendent naturellement à se combiner en produits de la nature et de la quantité propres à donner la plus grande satisfaction possible de besoins dsins les limites de cette condition que chaque service comme chaque produit n'ait qu’un seul prix sur le marché.
Ces services sont au nombre de trois : le service de la terre nommé rente, le service des facultés personnelles nommé travail et le service da capital nommé profit. Los détenteurs de ces services, toutes réserves faites quant à la légitimité ou nilégilimité des conditions d’appropriation, sont les propriétaires fonciers, les travailleurs et les capitalistes. En dehors de ces trois personnages, il en existe un quatrième qui est Ventrepreneur d’agriculture, d’industrie, de commerce, dont la fonction propre est de transformer les services en produits. Voici comment cette transformation s’effectue sous le régime de la libre concurrence en matière d’échange et de production. Sur un premier marché que nous appellerons marché des services, les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes d’une part et les entrepreneurs d’autre part se rencontrent, les uns comme offreurs et les autres comme demandeurs de services. On crie un prix en numéraire pour chaque espèce de rente, de travail, de prolit. Si, à ce prix, la quantité effectivement demandée est supérieure à la quantité effectivement offerte, les entrepreneurs vont à l’eucbère
et font la hausse. Si la quantité effectivement offerte est supérieure à la quantité effectivement demandée, les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes vont au rabais et fout la baisse. Le prix courant est celui auquel la demande effective et l’offre effective sont égales. Le prix courant ainsi débattu de la rente s’appelle fermage; le prix courant du travail, salaire; le prix courant du profit, intérêt. Tandis que la vente de la rente et du travail se fait par la location de la terre et des facultés personnelles en nature, la vente du profit se fait par la location du capital en monnaie. Il en résulte qu’il y a un certain prix courant de location du capital monnaie qui est le taux de l’intérêt. Sur un second marché que nous appellerons maiché des produits, les entrepreneurs d’une part et les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes d’autre part se rencontrent, les uns comme offreurs et les autres comme demandeurs de produits. On crie un prix en numéraire pour chaque espèce de produits. Si, à ce prix, la quantité effectivement demandée est supérieure à la quantité efiectivement offerte, les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalistes vont à l’enchère et font la hausse. Si la quantité effectivement offerte est supérieure à la quantité effectivement demandée, les entrepreneurs vont au rabais et font la baisse. Le prix courant est toujours celui auquel la demande effective et l’olIVe effective sont égales.
2. L’égalité de la demande effective et de l’offre effective de chaque produit ou service, qui donne le prix courant, constitue l’équilibre de Técliange. Cet équilibre tend à se réaliser de lui-même, sous le régime de la libre concurrence, par suite de la hausse qui se fait en cas d’excédent de la demande sur l’offre et de la baisse qui se fait en cas d’excédent de l’offre sur la demande. Quant à l’équilibre de la prod uction, il résulte de l’égalité dwprix de vente des produits et de leur prix de revient en services.il tend, lui aussi, à se réaliser de luimême sou^ le régime de la libre concurrence. En effet, si, dans certaines entreprises, le prix de vente des pro-
(Iiiits est supérieur à leur )rix de revient en services, il y a bénéfice pour les entref reneurs; ceux-ci développent alors leur production et 1 >nt ainsi à la fois la hausse du prix des services et la bai; 5e du prix des produits. Et si, dans certaines entreprise , le prix de revient des produits en services est supe leur à leur prix de vente, il va pour les entrepr ‘iieurs ; ceux-ci restreignent ilors leur production et f >nt ainsi i\ la fois la baisse du prix des services et la hai sse du prix des produits. Tel est i’cquilibre de l’écliarv e et de la production autour duquel le monde éconoirique oscille perpétuellement, sans jamais Ealteindre, c< mme un lac autour de Ehorizonlalité de son niveau Étudier les conditions de cet 'équilibre est l’objet de V conomie politique pure, une des plus belles sciences diysico-mathémaliques, j’ose îe dire, quand elle sera f; ite. Entre ces conditions, j'en vais indiquer une des plin remarquables.
rnOlORTIONNALITÉ Di S VALEURS AUX RARETÉS.
'i Ci.urb^^ d’ulilUé wu de iicsoin. — 4. Égalité des prix aux rapports dos valeurs, — 5. Condition do la i ilisfacuon maxima des besoins : égalité de» prix aux rapports dos rareté individuelles. — 0. Rt^serve relative au cas de non-coDSonioiatiun. — igalilé des prix aux rapports des raretés moyennes.
3. Les entrepreneurs i iicrchent à acheter des services et ù vendre leurs prt duits de façon à faire du bénéfice et non de la per e. Les propriétaires fonciers, travailleurs et capitalislîs cherchent à vendre leurs scnices et à acheter des iroduits de façon à se procurer la plus grande sorniie possible de satisfaction de besoins. C’est la conditit n de ce maximum d’utililé clTective qui est emprein e à un haut degré du cachet d’ampleur et de simplic lé réunies qui coiistilue la lieaiUé scientifique ; pour l’expliquer, je dois construire ta courbe d’utililé ou de jesoin.
Il s’agit d’exprimer n alhémaliquement le besoin qu’a un échangeur (1) d une marchandise (A) ou, en d’autres termes, l’ulililé de cette marchaiulise pour cet échangeur. Pour ceh , prenous (iig. 1) deux axes perpendiculaires se croi aiit à une origine O : un axe vertical O7 et un axe lu rizontal Or. Sur le premier, l)ortuiis, à partir del’orig ne, diverses longueurs représeulant les diverses (juam '.lés de (A) que l'échangeur (I) pourrait avoir a consomm r elTeclivemenl dans un laps de temps déterminé, par exemple, dans ITntervalle de deux marchés. Soit Oça.i nne de ces longueurs. Puis, par l’extrémité des longu mrsdont il vient d’élre parlé, menons des parallèles àl ixe horizontal, et, sur ces palaiUMes, portons, ù parlir de l’axe vertical, des longueurs représentant les intensités des derniers besoins sattsfnit$. o\x les raretés, orrespondantes aux diverses quantiU'S de marchandis î consommées. Soit ÿa.ira t une de CCS longueurs corres mndante à la quantité
Celte intensité du dernier besoin satisfait par une quantité de marchandise consommée, ou celte rareté, n’est pas une grandeur appréciable; mais cela n’importe pas pour la théorie qui ii’a besoin que de la concevoir et non de la mesurer. C’est d'ailleurs une grandeur qui décroît à mesure que la quantité consommée croît. Si l’échangeur (1) consommait une quantité de (A) infiniment petite, rinlensiiô de sou premier et dernier besoin satisfait, ou sa rareté, serait O^r.i; s'il en consommait une quantité ü?.,, ,, l’intensité de son dernier besoin satisfait, ou sa rareté, serait nulle : il aurait cousommé à discrétion et il seraifarrivé à la satiété. Les extrémités des horizontales de rareté donnenl donc une courbe qui est la courbe de besoin ou d’utilité
de la marchandise (A) pour l’échangeur (1). Cette courbe, qui donne la rareté en fonction de la quantité consommée par ses abscisses, donne aussi la somme de beso'ms satisfaits, ou l’u//h7f effective, en fonction de la même quantité consommée par ses aires. Ainsi, pour une quantité consommée Oqn.u la somme de besoins satisfaits, ou rulililé effective, serait représentée par la surface Ogo,ira.iar,i. Je suis de ceux qui admettent que l’établissement de ces courbes de besoin ou d’utilité dépend en partie de la volonté libre de l’homme ; mais on doit aussi m’accorder que cela ne les empêche nullement de ressortir, une fois établies, à la juridiction de la mathématique i^).
Cela posé, soient (A), (B), (C), (D)... m marchandises consistant soit en pioduits, soit en services susceptibles de se consommer directement comme des produits étayant, par conséquent, leur courbe de besoin ou d’ulililé comme des produits. Soient pi, pc, p,i... les prix de ;B), (C), (D)... en (A), c’est-à-dire les quantités respectives de (A) néce-isaires pour obtenir 1 de (B), 1 de (G), 1 de (D). Le fait quepb de (A), par exemple, s’écliaiige couramment contre 1 de (C), ou que pb fois la valeur d’échange d'une unité de (A) égale 1 fois la valeur d’échange d’une unité de (B), peut s'exprimer par l’équation
pb Va = 1 Vb
en appelant x\ et ri. la valeur dVcbauge d'une unité de (A) et la valeur d’échange d’une unité de (B). On lire de là l’équation
et on obtiendrait de meme les équations
Vc l\i
Pc — y pd — •••
en appelant iv et va la valeur d’échange d’une unité de (C) et la valeur d’échange d’une unité de (D). Les
(*) Cette exj>ression mathématique de rulilité a été fournie successivement par (’iossen, Jevons et uoi, sans que ce dernier ni moi eussions connaissance des travaux antérieurs aux nôtres.
prix sont donc égaux aux rapports des valeurs d'échange.
^ 5.^ Soient d'autre part (fig. 1) YMTq.i,
... les courbes de besoin ou d’utililé îles marchautlises (A), (B), (C), (D) ... pour l’échangeur (1),
... ^r,n[^q.3» Yr.SYq.S, ...
les courbesde besoin ou d’utilité des memes marchandises pour les échangeurs (2), (3) ... On peut démon-
trer mathématiquement que, quand l’i^hangeur (1) a distribué sa richesse sur ses besoins de façon à se j)rocurer la plus gramlc somme [tossible d’utilité olFective, c'est-à-dire iurs(|u‘il a garde de ses services ou acquis des produits ou services (A), (lî),(C , (D) ... en quantités //a.i, 7i„i, Vc.i, Qd.i ..• et ipi’il a ainsi atteint des raretés r«.i, n,.t, rr.i, /u.i ... de façon que la somme
r.nd',,, ... soit maxima, on a, entre les raretés r«,i, ri,.,, rc.i, r,i.t ... et les prix, les équations
ri..i 7‘r.i r,i i
- = J»b y ~ Pc y pli • • •
Cfc.l Cfl,!
l’ij.i r i
— = Pb I — = Pc , — = P.1 . •
r«.i Coî
ru,:\ y.\A
^ P\. y — = Pc I = Pd
^ a,;* ^ aA
Ce qu’on peut exprimer aussi de cette façon
: Pb :
Pc :
* • ^ fl.l
: Vbi :
rp,! .
rc.t :
ni,2 : . .
^ il.i . • •
' rb.3
Et ainsi : — A l^état ifcquilibrc de l'échanqe et de la production, les prix sont égaux aux rapports des raretés; autrement dit, les valeurs sont proportionnelles aux raretés. Celtevériléest une vérité raliouiiclle; l’expérience
THKOmK DK U MONNAIK.
no saurait la confirmer, ] Üriner que le rapport de
est égal à quatre fois la
ou que, à l’dlat dïîquilib Ycrticale passant par 1< tombe dans l'intérieur d f>. Il y a une réserve live. au cas où un indiv marchandise. Kn ce cas, dans la série des raretés passe l’inlensilé du pren dans rc.\eiuple de notre homme riche qui consoi (lu (D), eu quantités 7, faibles 2, 4, b, 1; réchan qui consomme de l’(A),i bnnt des raretés fortes de (C), par la raison qu< vraient figurer dans la s les intensités 9, 11 des p ces marchandises; et r> simplement aisé qui co (D), en quantités 5,3,2, ( h, 8, 2, mais qui se pri' nombre 12 qui devrait £ relés dépasse rintensilé faire de celle marchanc thèses ces nombres pro des raretés virtuelles et bleau d’équilibre :
as plus qu'elle ne saurait con-
la circonférence au diamètre
, . 1 1 1 1 ,ene;-3 + ---+ ...
e d'un corps sur un plan, la centre de gravité du corps î sa base.
inporlante à introduire j-eladu ne consomme pas d'une le nombre qui devrait figurer pour celte marchandise déier besoin à salislaire. .Ainsi, figure, récliangeur ^1) est un ime de 1' (A), du (B), du (C), i, 7, 0, et atteint des raretés ;eur(2) est un homme pauvre U (D), en quantités 3. 2, et at- , 3, mais qui se prive de (^lî), les nombres 12, 18 qui de- ■rie de ses raretés dépassent ’emiers besoins à satisfaire de changeur (3) est un liomme isomme de V (A), du (B), du t atteint des raretés moyennes e de (Cs par la raison que le gurer dans la série de ses ra- 0 du premier besoin à salisise. En mettant entre parenmrlionnels correspondants à non effectives, ou aura le ta-
: 4 ; i ; ii2)
7. Ou sait que la pre serait la môme que celle drait seulemenl tenir des moyennes, des noi retés virtuelles et non e nir la rareté ; rinlensifi qui devrait être satisfait, lant Ba, Bb. Bc, Bd... le (C), (D)... on peut subs'
portion des raretés moyennes des raretés individuelles, 11 faucompte , dans rélablissemcat îbres correspondants aux ra- Fectives, ce qui revient ù défidu dernier besoin qui est ou A celte condition, et en apperaretés moyennes de (A), (B), ituer aux équations
t’b Vc
pb — — > Pc — pd — • • '
les équations
Bb B. R,i
Cotte substitution d îs raretés, individuelles ou moyennes, aux valeurs st d'une importance capitale ;
elle est la clef de tous les problèmes de réconomie politique. Dabord, la valeur d'échange est un fait relatif, taudis que la rareté, individuelle ou moyenne, est un fait absolu. Le prix de deux marchandises l’une en l'autre ayant varié, ou ne saurait dire que ce soit la valeur d’uue des deux inarchaudises ou de l’autre qui a varié; car la valeur d'une chose n’existe pas autrement que par rapport à la valeur d’une autre chose. Au contraire, la rareté existe par elle-iriéme; et, un prix ayant varié, on peut parfaitement rechercher la- (juelledes raretés dont co prix est le rapport a augmenté ou diminué. Mais il y a plus. On voit tout de suite, sur notre figure, que la rareté aiigiuenle ou dimiuue selon que la courbe d’utilité ou de besoin s'éloigne ou se rapproche de l’origine, c’est-à-dire selon que l’ulilité augmente ou diminue, ou selon que la parallèle à Taxe liorizoutal se rapproche ou s’éloigne de cet axe, c’est-à-dire selon que la quantité consommée diniinue ou augmente; et ainsi, l’on saisit dans les variations de Vutilaé et de la les causes
des variations dans les prix , ceux-ci augmentant quand l’utililé augmente ou que la quantité diminue, et diminuant quand futilité diminue ou que la quanlilé augmente.
ÉTABUSSEMENT DE LA VALEÜI DE LA MARGUAADISE MONNAIE.
8. R<‘le du numéraire; rAla do la monnaie. — 9. Do l'encaisse monél.iiro. Proporlionnalilé des pni à la quanti'é de la marchandise monnaie. — 10. Do la monnaie de papier ci des compeusalions.
8. De l’exposé que j'ai fait du mécanisme de la libre concurrence en matière d’échange et de production, ressort bien clairement la nécessité d’avoir :
1“ Ine marchandise on laquelle on crie les prix des autres marchandises, ou à la valeur de laquelle on rapporte les valeurs des autres marcliandises, soit sur le marché des servi('es, soit sur le marché des produits. Celte marchandise sert alors de numéraire. C’est un des théorèmes fondamentaux de l'économie politique pure que de démontrer que m marchandises
(A) . (B), (C), (D)... étant données, sur un-marché.
on peut se dispenser de crier les m (m — 1) prix de ces marchandises deux à deux pour crier seulement les m — 1 prix pi„ p,.., de m — 1 d’entre elles
(B) , (C), (D)... en la (A) prise pour numéraire.
2° Lue marchandise contre laquelle on vend les services, sur le marché des services, et avec laquelle on achète les produits, sur le marché des produits, et qui sert de monnaie. En effet, nous vendons nos services à des entrepreneurs qui ne fabriquent pas les produits dont nous avons besoin, et nous achetons des produits à des entrepreneurs qui n’emploient pas nos services. D'où la nécessité d'un intermédiaire d’échange ou d’une monnaie. .Mais la désignation d’une marchan-