‹ Théorie de la monnaie [microform]Chapitre 4 sur 6 · CRITIQUE DES S Y S T E M E S · texte numérisé non relu

CRITIQUE DES S Y S T E M E S

SYSïkMES DES hT.\LO.NS l MOLES ET DU DOUBLE ÉT.M.ÛN

M. ètuluD unique d 'tr. — !■*>. KlJilon iini<iue d argent, lü. Double étalon jud^pcmiaiil.

U. En possession d’un idéal monétaire bien défini, voyons jusqu’à quel point les divers et nombreux systèmes existants ou proposés le réalisent.

Le premier que nous rencontrons est le système de l’t(a/oH unique d'or ou monomélailisme-or. Dans ce système, l'or est seul numéraire et seul monnaie. L’utiliié de l’or comme marchandise augmeiUo sans cesse avec le développement de la population; et notons que, parmi les besoins qui couslitueut celle utilité, il en est qui ne sont satisfaits que par la consommation de la marchandise elle-même et non pas seulement de son service. L’utiülê de l’or comme monnaie augmente aussi sans cesse avec le dé^eloppement des affaires. El la quantité de l’or augmente-l-elle proportionnellement? Loin de là ! Le seul minerai d’or qui soit bien avantageusement exploitable est celui que la nature a pris soin de broyer elle-même et qui se trouve à l’étal de sable dans les terrains d’alluvion. On pont assurément espérer de trouver encore de temps à autre quelques-uns de ces subies aurifères comme ceux de la Galifornie et de l’Australie; mais il est bien évident qu’au fur et à mesure que la surface du globe sera de plus en plus connue et habitée, ces gisements deviendront de plus en plus difficiles à rencontrer. Ainsi, une augmentation toujours croissante, avec quelques diminutions accidentelles et brusques, dans la rareté deTor; par conséquent, une baisse toujours croissante, avec quelques hausses accidentelles et brusques, des nrix : voilà l’avenir monélaiie que nous réserve le monomélallisme-or. G’esl la crise industrielle en perma-

nence. N'importe ! Presiiue partout sévit la monomanie de ce système, exaclement comme a sévi jadis la monomanie du sjslèine mercantile. L’Angleterre s’y cramponne; rAilemagne, en train d’y passer, a dû s’arrêter à mi ebemin en voyant (ju'elle vendait son argent à vil prix pour aciieter l’or de plus en plus cher. Les procès-verbaux de la dernière Conférence monétaire pour la prorogation del’l uioii latine nous montrent la Belgique et la Suisse rêvant d'étalon d’or et y tendant par tous les moyens : la Belgique, après avoir frappé, jusqu’à la suspension, des écus en quantité excessive, spéculant sur l’absence d’une clause de liquidation pour jeter ces écus dans les autres Étals, y prendre de l’or en échange et laisser rLiiion se dissoudre en essayant de soutenir quelle n’est pas tenue de rembourser son billon ; la Suisse, qui ne frappe pas de monnaie, spéculant, au contraire, sur riiilroduclion d’une clause de liquidation pour se laisser inonder d’écus par les autres Étals et sortir derUuion.à la première occasion, en se faisant rembourser ces écus en or. Et tout cela en vue de ce beau résultat ; avoir une monnaie très chère et, par conséquent, toutes les marchandises avilies ! Il est vrai que, dans tous ces pays, des savants, des boinines d’Étal affirmeul, avec celle énergie particulière qu'on met aux affirmations gratuites, que le progrès des payements par compensation suffira, et au delà, à restreindre les e.\igenccs de la circulation monétaire. Je livre, pour ce (lu’elle vaut, aux eulrcpreneurs d’agriculture, d’industrie et de commerce celle hypothèse consolante.

15. L'èUdon unique d'arqenl ou monomètaUisme-urgeni serait infiniment moins déraisonnable. L’argent existe dans la nature en quantité bien plus considérable que l'or; et, grà:e aux perfectionnements des procédés mélallui giques, on traite avec profit des minerais d’une richesse médiocre. 11 serait donc parfuitemcnl permis d’espérer que la quantité de l’argent pourrait se maintenir au moins au niveau de sa double utilité de marchandise et de monnaie que sa rareté non seulement

THKOmK DK LA MONNAIK.

n'aujîmenteiait pas, i temps, comme celle ( queii conséquence, 1 geiit seraient assez sti celle stabilité probabl rail, en tout cas, tr Jiausse et de baisse i ou de ralentissement Î6. Après les systôn systèmes à étalon mu étalon indèpendaïUj pré mais qui n’a, je croi de façon qu'on puis comme faite. Dans cc non tous deux numë naie. L’État frappe poi et des pièces d’argen au comptant se serve des autres, en se basa valeur de l’or à la va les acbeteurs à terme f ou payable en argent, tuer un métal h l’auln un système non enco une chose impossible, et qu’on use d’un raisoi une chose un peu dilï tion des partisans de c négligé d’éclaircir, fau compte tous les élérn d’une marchamlise m( que, dans la combinai catégorie d’affaires, so

lais diminuerait plutôt avec le e la plu[)art des marchandises; is prix des marcltandises en arbles. Mais encore faut-il dire que î n’est pas certaine et (lu’elie seiversée par des alternatives de orrespondant h celles d'activité lans la production du métal, es à étalon unique, viennent les tiple, et d’abord celui du double îonisé par quei(iues économistes, jamais fonctionné nulle part ie en considérer rexpërience système, l’or et l'argent sont siaire, au moins tous deux monr ((ui le demande des pièces d’or à poids rond. Les échangeurs it indifféremment des unes ou it sur le rapport variable de la eur de l’argent. Les vendeurs et tipulentù leur gré payable en or iauf, l’échéance venue, è subsliau cours du jour. Jugeré/jcrn/ i e expérimenté n'est nullement si l’on dispose de principes sôrs nementjuste; cela est seulement cile et délicate. J'appelle l'aUeni système sur un point qu’ils ont te d’avoir fait entrer en ligne de mts déterminants de la valeur unaie. lîien ne semble indiquer ion dont il s’agit, une certaine t au comptant soit ù terme, se-

rait dévolue à la circi lalion d’or et qu’une certaine catégorie serait dévolu ' à la circulation d’argent. Or la volonté pure et simple des contractants, c’est le caprice, c’est le hasard, c’est-à dire que la limite des deux circulations serait tout à Int indécise etvarial)le, chacune des deux empiétant toi rà tour sur l’autre. Aujourd’hui, la circulation d’argen s’étend, la valeur de l’argent monnaie s’élève au-de isus de la valeur de l’argent marchandise, de l'arguit marchandise se transforme en argent monnaie, I irgent marchandise hausse de valeur. En mémetemp , la circulation d’or so restreint, la valeur de l’or moni aie tombe au-dessous de la valeur de l’or mnrehau lise, de l’or monnaie se transforme en or marchandise, et l'or marchandise baisse de valeur. Demain, a sera le contraire. Et ainsi la valeur des deux métau c et le rapport de ces valeurs seraient d’une perpéludle, excessive et insupportable mobilité, circonstance des plus fâcheuses qui, jointe h 1 inconvénient très sér eux des calculs de conversion d un étalon dans Tau re, pour les payemenls, doit, ce semble, faire consii érer le syslèine comme impraticable.

SÏSTKMK DU DOLBI-F. ÉTM.ON SOUDAIME OU DlMhTAl.LISME.

1*7, Thénrie du jHO'octiule. — 18. Posjlton delà courbe du prix lio l'*‘laluu l.itii*^lalliiiu6 par rapport aux oourbos de prix des étalons münüiuétaltiijues ~ lu. I.imitos de l'artton componsalrtce du himélallismu.

17. Avec le système qui suit, nous n’avons pas h rogreUer que les confirmations de l'expérience ne viennent pas se joindre aux indications du raisonnement. Le système du double étalon solidaire ou bimétallisme est le système monétaire français qui est devenu celui de l’Union latine. Nous en devons faire une étude attentive. Or le bimétallisme n’est pas du tout, comme le soutiennent des économistes qui n’y ont jias regardé d’assez près, un système fondé purement et simplement sur celte violation grossière des lois de l’économie politique qui consisterait à décréter un rappori fixe entre la valeur de deux mardiandises ; ou, du moins, si le bimétallisme est né de celte erreur, il n'en constitue pas moins un système très ingénieux et, dans certaines limites, très efficace qu’il importe de bien comprendre avant tout. Dans ce système, l’or et l’argent sont tous deux marchandise pour une certaine fraction de leur quantité totale et tous deux monnaie pour le surplus. Le législateur ne fixe pas du tout le rapport de la valeur de for marchandise â la valeur de l’argent marchandise, qui demeure libre et continuel varier, sur le marché, en raison des varialions dans l’utilité et dans la quantité des deux métaux; il fixe seulement, à 15 1/2 par exemple, le rapport de la valeur de l'or monnaie à la valeur de l’argent monnaie; et ainsi il agit, mais indirectement, et en obéissant, afin de leur commander, aux lois économiques, sur les quantités respeclives d’or et d’argent niarchandiso et monnaie et sur le rapport de la valeur de for marchandise à la valeur de l’argent marchandise. Voici comment. -Si le rappori de la valeur de for marchandise à la valeur de l’argent marchandise est supérieur à 15 1 2 sur le marché, l’or, ayant plus de valeur comme marchandise que comme monnaie, se démonétise, et l’argent, ayant plus de valeur comme monnaie que comme marchandise, se monnaye; double phénomène d'où il résulte que le rapport de la valeur de l'or marchandise ix la valeur de I argent marchandise s’abaisse, en se j-approchaut de 15 1/2, sur le marché. Si, au contraire, le rapport de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l’argent marchandise est inférieur à 15 l 2 sur le marché, l’or, ayant plus de valeur comme monnaie que comme marchandise, se monnaye, tandis que l’argent, ayant plus de valeur comme marchandise que comme monnaie, se démonétise; double pliénomène d’où il résulte que le rapport de la valeur de for marchandise à la valeur de l’argent marchandise s’élève, en se rapprochant de 15 12, sur le marché. En

TIIÉOIUE DK LA MONNAIE.

résumé, le métal qui abonde entre dons la circulation monétaire, et cet emploi modère sa baisse de valeur; le métal qui se raréfie sort de la circulation monétaire, et cette désulilisalion modère sa hausse de valeur. Telle est l’essence de la théorie dite du parnehute, telle que la soutenait Wolouski, et, ainsi présentée, celte théorie est inattaquable; mallieureusemeni, les himétailisles eux-mérnes l’ont très mal connue et, par suite, ils Tout h la fois exagérée et faussée Nous nH- ns on faire une

illustration qui permellra d'en saisir tout cnseml)le la portée et les bornes.

18. Le rapport de la valeur de l’or monnaie â la valeur de l'argent monnaie étant une fois fixé, à 15 12 par exemple, les quantités des deux métaux peuvent s’énoncer en francs : francs d’argent de 5 grammes à

9/10 de fin et francs d’or de = — grammes à 9 10

de fm. Eaisnnl varier ces quantités, en laissant d'ail-

leurs toutes choses égales, prenons un axe liorizonta! O — 45 (fig. 2) sur lequel se compteront les temps et un axe vertical 7O//' sur lequel ou sur les parallèles du<iuel se compteront les (juantitès correspondantes à chaque période de temps : les quantités de francs d’argent au-dessus de Taxe horizontal, suivant la courbe AA^j, et les quantités de francs d’or au-dessous de l'axe horizontal, suivant la courbe Blî...

Gela fait, prenons un autre axe horizontal O — 45 sur lequel se compteront toujours les temps et un autre axe vertical 0;> sur lequel ou sur les parallèles duquel se compteront Ies;>n> du franc d'argent et du franc d’or exprimés soit eu une autre marcliandise (II), suivant

la formule — , soit en toutes les autres marchandises

(^î)» suivant la formule - ^

et correspondants aux quantités ci-dessus dans les trois hypothèses <lu monoiné(allisme-or. du monométallisme-argent et du bimétallisme. Dans la première hypothèse, Tor est à la fois marchandise et monnaie, sa courbe de prix est l’argent n’est que mar-

chandise, sa courbe de prix est p' p\^. Dans la seconde hypothèse, l’argent est à la fois marchandise et monnaie, sa courbe de prix est p" p‘\^\ for n’esî que marchandise, sa courbe de prix Dans la troisième

hypothèse, il peut se présenter trois cas. La courbe z de prix de Tor ù la fois marchandise et monnaie est nécessairement toujours supérieure à la courbe tt' de

TllÉOlUE DE LÀ MO.NNAIE.

prix de l’or seulement inardiandise; mais elle n’esl pas nécessairement touj )urs supiTieure à la courbe p (le prix de rargeni seule neut marchandise. De même, la courbe p de prix de [’argenl à la fois marchandise et monnaie est nécessai ornent toujours supérieure à la courbe p de prix de Vi rgent seulement marchandise; mais elle n’est pas néce: sairemcnl toujours supérieure à la courbe - de prix d ■. l'or seulement marchandise. S’il arrive que les deux courbes cl //' soient supérieures aux deux cour )cs z et//, le bimélallisuie est clïeclif, les deux mélau . se Irouveut tous deux dans la circulation monétaire, et leur prix commun est en même temps inférieur ; ux deux prix des deux métaux i\ la fois marchandise et nounaie et supérieuraux deux prix des deux métau; seulement marchandise. La courbe p de prix du fra »c d’or ou d’argent se place audes>ous des deux courb îs - 'et y/' et au-dessus des deux courbes r’ et p. C’est c- (jui a lieu durant les périodes 0-10,13-25 et35-Zi5.S‘i arrive que la courbe s’élève au-dessus de la courb; p', c'est-à-dire que le franc d'or seulement mardundise vaille plus que le franc d’argent à la fois marcl andise et monnaie, le bimétallismese résouten mono nétallisme-argent. La courbe p cède la place aux deux couibes et /> ’. C’est ce qui j a lieu durant la pério le lü-13. Et s’il arrive que Ja courbe p' s’élève au-des us de la courbe-', c’est-à dire tpie le franc d'argent leulement marchandise vaille plus que le franc d’or à la fois marchandise et monjiaie. Je bimétallisme se résout en luouomélallisme-or. La courbe p code la pla;e aux deux courbes p et - . C’est ce qui a lieu dur; nt la pério le 25-35. Ainsi, eu définilive, dans les coi ililions de quantité des deux métaux supposées par lotre figure, la courbe de prix de la marchandise monnaie, dans le système du bimétallisme, est la courbe suppléée d'abord par la courbe p ", de p,o à p»,, M enstiilc par la courbez , de à Pjs. Cette courbe si remaniuablemeut Jiorizontale, ce qui vient de 'e que nous avons supposé la (liialilité de rargent et a iiuanlité de l'or variant généralement en sens iuve’se; et cependant, telle qu’elle est, elle permet très bic n de reconnaître les limites de l'action compensatrice lu bimétallisme.

10. Complétons d’al ord la première partie de la figure 2 au moyen des deux courbes A A^^.B!]';,, relatives au système bimé aliique, dont l’une partage la quantité totale des fraï CS d'argent eu francs d’argent marchandise et francs l'argent monnaie, les premiers se comptant sur la p rtie supérieure de l'ordonnée, entre les deux courbes A et A , les seconds, sur la partie inférieure, entre la murhe A' et l'axe horizontal, et dont l'autre partage la [uanlilé totale des francs d'or en francs d'or raarchandis î et francs d’or monnaie, ceuxci se comptant sur la | arlie supérieure de l’ordonnée, entre l’axe horizontal et la courbe B', ceux-là sur la partie inférieure, entr ; les deux courbes B' et B. Maintenant, toutes chtses restant égales d’ailleurs, il

peut arriver que la quantité de l’un des deux métaux augmentant ou diminuant, la quantité de l’autre métal diminue ou augmente également, de telle sorte que la quantité totale de francs d’or et d’argent demeure la même, et qu'en outre la quantité de francs d’or marchandise, la quantité de francs d’argent marchandise et la quantité de francs d'or et d'argent monnaie demeurent aussi les mémos, n’y ayant alors que la seule proportion des francs d’or et des francs d'argent monnaie qui change, comme cela a lieu durant la période 15-25. En ce cas, le biméiallisme est toujours effectif, et, en conséquence, le rapport de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l’argent marchandise se mainlicntà 15 1/2 sur le marché. En outre, la quantité de la monnaie n’augmente ni ne diminue, et, en consé(iucnce, les prix des marchandises en monnaie ne haussent ni ne baissent. Mais, d’abord, et même dans celle éventualité d’un des deux métaux devenant abondant ou rare pendant que l’autre métal devienlrare ou abondant, il peut arriver que le métal abondant chasse complètement le métal rare de la circulation monétaire et y fournisse a lui seul plus ou moins de francs que n’en fournissaient auparavant lesdeux métaux réunis, comme cela a lieu dunmtla période 10-15 et durant la période 25-3 i. En ce cas, le biméiallisme se résout en monométallisme, et, en conséquence, le rapport de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l'argent marchandise s’élève au-dessus ou s’abaisse au-dessous de 13 1/2 sur le marché. En outre, la quantité de la monnaie augmente ou diminue, et, en conséquence, il se produit une hausse ou une baisse des prix des marchandises en monnaie. Ensuite, il peut arriver aussi que, la quantité de Tun des deux métauv augmentant ou diminuani, la quantité de l’aulre mêlai augmente ou diminue en même temps, de telle sorte que les deux métaux, or et argent, sc trouvent toujours dans la circulation monétaire, mais y fournissent à eux deux plus ou moins de francs qu’ils n’en fournissaient auparavant, comme cela a lieu au commencement delà période 0-10 et à la fin de la période 35-43. En ce cas. le biinétallisim; est toujours effectif, et, eu conséquence, le rapport de la valeur de l’or marchandise à la valeur de l’argent marchandise se maintient à 15 1/2 sur le marché ; mais la quantité de la monnaie augmente ou diminue, et, en conséquence, les prix des marchandises en monnaie haussent ou baissent.

Tels sont les effets des variations possibles dans la quanlilé des métaux précieux ; il faudrait signaler aussi les effets des variations possibles dans leur utilité, lesquels effets seraient iirécisément le contraire des effets des variations dans la quantité. Ou se rendrait ainsi un compte exact des limites de l’action compensatrice du système bimétallique. Mais c’est là ce que les partisans de ce système ont complètment négligé de faire; ils ont trouvé plus expéditif (et ce l’était

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