THKOBIE DE LA MONNAIE
effectivement) de niera priori la possibilité de toutes ces variations. « La production de l’or est très irrégulière, disait M. Cernusebi dans le troisième considérant de son Projet de convention wtei'riationalr binv taUifjuc proposé à la Conférence monétaire de 1881, très irrégulière celle de l’argent, tandis que la production additionnée des deux métaux évalués à la proportion légale est très suffisamment régulière. » •Conférence monétaire intcrnationalef juin-juillet 1881. Procès-verbanx^ p. 154.) Que la production totale de deux métaux soit moins irrégulière que celle d'un seul, que la pro luction totale de trois métaux fût plus régulière que celle de deux, celle de quatre que celle de trois... et ainsi de suite, cela serait conforme à la théorie des probabilités ; mais que, la production de l'or étant très irrégulière, et très irrégulière aussi celle de l'argent, la production additionnée des deux métaux évalués a la proportion de 15 1/2 soit très sul'flsamment régulière, voilà qui serait vraiment extraordinaire et presque miraculeux ! Aussi certains bimétallistes parlicnlièremcnl convaincus et enlhonsiaslcs n'hésitent-ils pas à se porter ici garants des bonnes inlenlions de la Providence. Malheureusement, les faits tels que nous les fournissent riiisloire et la statistique n’exigent ni ne jiislifienl à aucun degré l iiypolhèse de celte intervention surnaturelle; ils confirment, au contraire, notre théorie en même temps qu’ils sont éclairés par elle d'une lumière irrésistible. Par trois fois au moins depuis son établissement, c'est-à-dire depuis le commencement de ce siècle (la Providence étant apparemment trop absorbée par d’autres soins), le bimétallisme a été pi'is complètement eu défaut par des variations dans rulililé et dans la quantité de l’or et de l'argent qui dépassaient tout à fait les limih'S de son action compensatrice et il a, comme nous allons voir, finalement péri dans celte épreuve.
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20. De 1810 à 1830, il y eut un ralentissement simultané dans la production de l’or cl de l'argent provenant de la désorganisation des mines en Amérique. Conformément à notre théorie ci-dessus exposée, les prix des marchandises en monnaie baissèrent. M. de Laveleye a iui-même reconnu le fait de celle baisse dans la Bibliothèque univrrseltr, en mars 1882 {Des fonctions de la monnaie, p. 400), et dans le Journal des Économistes, en mars 1883 (la Crise cl la contraction monétaire,415). La crise fut longue et intense; mais,
comme le biméiallisme resla malsïré tout elTcclif. le législateur ne fut pas amené à prendre aucune mesure. toujours est-il que le parachute nempecha pas
la chute. ^ ,