CHAPITRE IV
Solution d’une difficulté. Hémoptysie. Hémorragies du cerveau et de ses membranes. Observations de Spallanzani sur les globules rouges du sang.
D’après ce que nous avons dit dans le chapitre précédent, il se présentera souvent une difficulté . Si, en effet , les extravasations ont lieu a travers les pores des capillaires, pourquoi dans les inflammations viscérales le sang ne s’extravase-t-il pas toujours dans toute son intégrité, tandis que, au contraire , le phénomène est limité , dans la plupart des cas , a la sortie partielle de ses élémens immédiats?
Pour résoudre cette difficulté, nous commencerons par noter que le sang , dans l’hémoptysie , s’extravase réellement dans son intégrité, et ce
n’est pas la seule matière colorante ou Phématosine , ainsi qu’on l’appelle maintenant , qui passe a travers les jîores des capillaires; mais il est également vrai que les hémoptysies, comparativement même aux maladies inflammatoires appartenant exclusivement a la cavité thoracique , sont les plus rares ; de sorte qu’il s’agirait d’une exception vis-a-vis d’une généralité. Nous ferons encore remarquer que l’hémoptysie n’est pas ordinairement accompagnée par autant de diathèse que les inflammations graves, et n’a point la marche de ces affections, excepté lorsque l’hémoptysie et l’inflammation se trouvent réunies dans le poumon. Le danger de l’hémoptysie est dans l’hémorragie, qu’il est parfois impossible d’arrêter, et dans les conséquences qu’elle peut avoir, détruisant par ses récidives successives le parenchyme du viscère ; d’où l’on pourrait croire que, dans l’hémoptysie, le réseau capillaire, se formant d’abord dans les capillaires des veines pulmonaires, disparaît successivement par l’hémorragie même; de sorte que les travaux consécutifs de ce réseau sont ainsi presque sans effet.