‹ Théorie de la phlogose [electronic resource] (volume 2)Chapitre 52 sur 66 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Il y a déjà plusieurs années qu’un médecin , jeune encore, bien constitué, un peu gras et avec de bonnes couleurs , tomba malade avec des symptômes de péripneumonie. Il se traita d’abord luimême par les saignées et par tout ce qui constitue la méthode ordinaire anti-phlogistique. Toutefois,

la maladie faisant des progrès, il eut recours a un de ses maîtres qui la jugea lui aussi inflammatoire , mais plus grave qu’on ne l’avait cru d’abord , et se mit par conséquent a la traiter plus énergiquement encore. La jeunesse, la vigueur, le teint et l’embonpoint de ce malade, son régime fort nourrissant contribuèrent puissamment a ce que la maladie fût jugée inflammatoire et des plus graves. J’ai vu, en effet, beaucoup de médecins faire grand cas de ces apparences pour juger d’une maladie inflammatoire et de son intensité, et cependant le fait prouve assez souvent que ce sont des apparences bien trompeuses. Quoi qu’il en soit, la maladie , dans le cas qui nous occupe , ne put être arrêtée , malgré toute l’énergie du traitement anti-phlogistique et la persévérance avec laquelle il fut employé, et se termina par la mort.

J’avais connu ce médecin et je m’étais parfois trouvé avec lui auprès de quelques malades. Je fus conséquemment désireux pendant sa maladie de

recevoir journellement des nouvelles de son état * * 4 par quelques personnes qui fréquentaient sa maison ; et d’après tout ce que j’avais pu recueillir; je

doutais beaucoup de la nature de la diathèse, et je craignais une issue fatale, comme cela arriva bientôt; car la maladie fut de courte durée. On fit l'autopsie, a laquelle certaines considérations m’empêchèrent d’assister; j’appris, toutefois, de ceux qui examinèrent le cadavre, qu’à leur grande surprise, ils ne trouvèrent pas le moindre indice d’inflammation , ni au poumon , ni ailleurs.

Je n’ai pas rapporté cette observation avec tous les détails voulus, car je n’ai pas vu le malade non plus que le cadavre. Cependant, convaincu -des deux points principaux, c’est-à-dire que la maladie a été jugée et traitée pour une inflammation grave, et qu’on n’a trouvé à l’autops’e aucune trace d’inflammation préexistante , j’ai cru utile de rappeler un fait que j’ai retrouvé dans mes notes et qui convient également à mon but.

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