CHAPITRE VI
Examen de quelques exceptions illusoires relatives à l’extravasation du sérum. Hydropisie à la suite de la scarlatine. Pustules de la gale. Hydropisie consécutive aux fièvres intermittentes. Hydropisie dépendante de causes contre-stimulantes.
Nqiis allons maintenant examiner quelques faits *
particuliers qui paraissent, de prime abord, former autant d’exceptions au fait général vérifié dans le chapitre précédent. Toutes les extravasations de sérum ne proviennent pas d’un grand réseau capillaire inflammatoire bien évident. Il paraîtrait, au contraire , dans les cas dont on veut parler ici , qu’il ne peut pas y avoir de réseau inflammatoire , soit parce qu’on n’en voit pas de traces , soit parce que l’épanchement se fait parfois en si peu de temps , qu’on ne peut croire que le réseau ait
pu déjà se former. Nous en indiquerons quelques exemples , commençant par celui qui est fourni par la scarlatine. Souvent la période fébrile de cette affection, la considérant comme exanthème , est suivie par quelque hydropisie , ordinairement de
la poitrine ou de quelque partie externe , comme la
face, le scrotum ou autre portion des tégumens. II y a quelques années que la scarlatine régnait dans nos pays , et parmi les cas d’hydropisie consécutive, j’en observai un à la face d’un jeune enfant dont les paupières pouvaient être comparées, autant parleur forme que par leur volume , a la moitié d’un œuf de poule ; la peau était tellement distendue qu’elle en était devenue transparente autant que pâlo : l’épanchement s’était opéré en quelques heures. Ces hydropisies sont sans doute de diathèse sthénique, puisqu’on les guérit très bien par un traitement contre-stimulant; et ici la cause doit être la même que celle de la maladie, c’est-à-dire le virus de la scarlatine. Maintenant on peut se demander comment il se fait que le virus qui détermina d’abord une fièvre avec exanthème si prononcé que la desquamation