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CHAPITRE Kl V

Trois inductions qui se déduisent de la présence de la couenne dans le sang. — Remarques.

Par cela même que la triple séparation du sang ou, ce qui revient au même, la formation de la couenne est produite par une maladie inflammatoire , on en tire les inductions suivantes :

1° La présence de la couenne, comme effet, prouve l’existence de la cause , c’est-à-dire l’inflammation.

2° Plus la couenne augmente, comparativement aux deux autres élémens et surtout à la masse du cruor, plus l’action de la cause doit avoir été forte; car, toutes choses égales d’ailleurs , l’effet doit être proportionné a la cause , qui est ici l’inflammation.

3° La force de consolidation de la fibrine prove-

nant de la meme cause qui sépare cet élément des deux autres, l’augmentation de force dans la consolidation et dans le resserrement de la couenne est une preuve que l’action de la cause est plus forte, et par cela meme la maladie inflammatoire plus intense.

Ces inductions sont justes et incontestables , confirmées par tout ce que l’on observe , la plupart des fois, dans les maladies inflammatoires. Cependant elles ne sont pas également confirmées dans toutes ces maladies, ni dans chacune de leur période, ni dans tous les cas, proportionnellement a l’intensité de la maladie, autant qu’on peut juger de cette intensité par les autres données , dont on ne manque pas. Il y a donc , selon l’expression vulgaire, des exceptions a la règle, et même pas trop rares, ou, pour mieux dire, il y a des cas également dans lesquels d’autres causes agissent conjointement a la cause essentielle , et sont très

propres a varier notablement l’effet sous les rap-

ports ou de l’apparition du phénomène, ou de sa durée , ou du degré d’intensité , ou de quelque autre enfin de ces conditions qui doivent ou peuvent

l'accompagner. Ces exceptions doivent être bien examinées pour savoir d’abord si elles sont garanties par le lait , afin que la réalité ne soit point ternie par l’exagération ou par l’erreur, et ensuite pour leur assigner les causes particulières d’où elles proviennent, causes qu’on doit tâcher d’éclaircir dans les différens cas, autant que possible. Procédant ainsi dans ces recherches, nous en retirerons beaucoup de profit ; et en effet , l’étude de ces exceptions contribuera a confirmer plutôt qu’a détruire ou a infirmer nos inductions générales , ce qui est d’un grand avantage pour la théorie. Et un avantage non moins précieux pour la pratique de l’art , c’est de nous tenir éloignés des deux défauts extrêmes : l’un est de considérer la couenne comme signe complètement faux et par conséquent d’aucune valeur quant a la direction du traitement ; l’autre , de la regarder , au contraire , comme indice infaillible de l’existence de l’inflammation , et mesure toujours certaine de son intensité. Nul doute pourtant que dans le premier cas on est plus souvent éloigné de la vérité que dans le second.

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