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CHAPITRE VIII

Corollaires qui dérivent de la précédente exposition historique des

diverses opinions. Leur contradiction évidente , quoiqu’elles soient

toutes appuyées sur les faits. Un Italien a été le premier à émettre l’opinion relative à la faiblesse des vaisseaux capillaires enflammés.

Quelques corollaires , aussi évidens que curieux , relatifs a l’engorgement capillaire, dérivent de l’exposition historique qui précède. 1° Le siège de cet engorgement a été placé uniquement dans les capillaires artériels , par la plupart des observateurs et des théoriciens ; 2° par quelques autres , tout a la fois dans les capillaires artériels et veineux. 3° Personne ne l’a placé dans les capillaires veineux seulement , ce que nous faisons par-

ticulièrement remarquer. 4° Tous ceux qui ont cherché a tirer une induction quelconque sur l’en-

gorgement capillaire, cpiel que soit le siège qu’ils lui aient assigné , d’après les trois divisions exposées ci-dessus , ont été entre eux dans une contradiction manifeste. Et en effet, quanta ce dernier corollaire, les uns ont affirmé que les vaisseaux capillaires s’engorgent par spasme, ou , si l’on veut, par contraction de leurs parois , qu’on attribue a la force contractile augmentée; les autres, au contraire, attribuent le même effet a un relâchement et a une dilatation des parois des vaisseaux, dépendant, d’après eux , d’une diminution dans la force contractile , ou autrement d’une augmentation de faiblesse. Quant a ceux qui ont soutenu a la fois les deux opinions contraires , chose singulière, ils ne se sont réellement attachés qu’au fait; tant il est vrai que le simple fait observé grossièrement sans être réduit a ses élémens , et sans être étudié dans ses rapports , mène souvent a l’erreur! Les partisans du spasme ou force contractile des vaisseaux augmentée , se basèrent sur ce que , dans l’inflammation , le mouvement du sang est augmenté, sinon partiellement dans l’organe enflammé , du moins généralement par tout le corps ; fait incontesta-

ble et vérifié journellement par les médecins. Ceux qui parlent, au contraire, de relâchement et de faiblesse , s’appuient sur un autre fait non moins certain qu’on observe sur le cadavre dans toutes les inflammations viscérales: la dilatation notable des capillaires engorgées par l’inflammation; dilatation qui dépend d’un état tout opposé a celui du spasme ou de la contraction. J1 est a remarquer maintenant qu’une contradiction aussi évidente que celle-ci n’a jamais fixé l’attention de personne , comme il semble cependant que cela aurait du arriver, de sorte que jamais on n’a émis le moindre doute a cet égard, et chacun s’en est tenu à sa propre opinion. Pourtant on aurait pu au moins douter, ce me semble, de s’étre gravement trompé en observant le fait fondamental de l’engorgement capillaire, et de devoir précisément attribuer h cette erreur la contradiction des raisonnemens.

Il faut avouer que des deux opinions contraires , celle de la faiblesse des vaisseaux capillaires paraît, de prime abord , répugner davantage a la nature de l’inflammation, dont la marche est particulièrement caractérisée par une augmentation de mou-

vement et de force dans la circulation du sang, et dont la méthode curative consiste dans une diminution continuelle , opérée par les soustractions de sang et par les remèdes contre-stimulans , qui tendent a détruire cet excès de mouvement et de force. On oserait même croire cette opinion absurde, si la dilatation des capillaires enflammés et la stase ou le ralentissement du sang qu’ils contiennent n’était un fait tellement positif, qu’on ne peut d’aucune manière en douter. Telle était, en effet, l’opinion non seulement de J. Hunter, ainsi que nous l’avons vu , et de plusieurs de ses contemporains en Angleterre , mais la même doctrine fut encore professée «en Italie quelques années auparavant , appuyée sur des démonstrations mécaniques , et exposée d’ailleurs avec beaucoup de talent. En 1765, Yacca Berlingbieri, qui ensuite professa la médecine pratique a l’université de Pi se et y acquit quelque célébrité , publia un ouvrage sur X inflammation morbide , dans lequel il tâche de démontrer six propositions qui sont la base de sa théorie , et dont les deux premières seulement doivent être rappelées ici : — 1° Il ne peut ij avoir

inflammation dans aucune partie du corps sans (pic le sang s’y accumule et y stagne presque. 2° Ceci ne peut avoir lieu qu? autant que cette meme partie est dans un état de faiblesse ou absolue , ou relative.

Il faut remarquer ici que cette faiblesse se rapporte réellement aux plus petits vaisseaux de la partie enflammée. Au reste , quant au siège de l’engorgement, l’auteur doit être compté parmi ceux qui le placent dans les petites artérioles ; ce qui cadre mieux avec les théories mécaniques qu’il veut y appliquer. Occupons-nous maintenant de la solution du problème que nous avons posé , et tâchons d’éclaircir tous les doutes que la matière amenée a ce point doit nécessairement avoir laissés dans l’esprit de nos lecteurs.

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