‹ Théorie de la phlogose [electronic resource]Chapitre 31 sur 55 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Suite de la solution du problème d’après l’observation faite sur les vaisseaux capillaires artériels.

Nous avons parlé jusqu'à présent de rameaux veineux avec leurs capillaires , et nous les avons examinés les uns et les autres dans leur origine , dans leur marclie et dans leur terminaison; tous ont été trouvés gorgés de sang et formant a eux seuls le réseau vasculaire de l’inflammation. Mais cela ne suffit pas encore pour résoudre complètement le problème que nous nous sommes proposé. Nous n’avons parlé ni des rameaux , ni des capillaires artériels ; or, nous demandera-t-on, où et combinent se trouvent-ils? La réponse est fort simple : ils sont a leur place , mais vides ou presque vides

de sang ; ce que nous allons éclaircir de manière à ce qu’il n’y reste pas le moindre doute. L’artère méningée moyenne, dont l’empreinte est marquée a la face interne du pariétal, est celle que nous choisissons ici pour cette observation. Pour celui qui est anatomiste, la dénomination suffit; mais si cependant on désire mieux s’en souvenir, qu’on regarde la première planche du cerveau dans l’ouvrage déjà cité de Vic.q-d’Azir. Le tronc de cette artère , lorsque la dure-mère est mise a nu, ainsi que nous l’avons dit plus haut, sort de la région temporale et monte au vertex, envoyant en avant vers la région frontale, et en arrière vers l’occiput, de nombreux rameaux qui se subdivisent également a mesure qu’ils s’avancent vers le sinus longitudinal ; ils s’amincissent aussi et forment entre eux plusieurs anastomoses. On peut très aisément suivre sur le cadavre les ramifications du tronc, et tout ce que l’œil peut apercevoir, tronc et rameaux, tout est vide ou presque vide de sang ; ces vaisseaux sont resserrés et affaissés, offrant un aspect bien différent des troncs veineux correspondans, de leurs rameaux et de leurs capillaires, qui sont tous

gorgés de sang. Cependant il est vrai de dire que ces rameaux artériels , quoique fort minces , ne le sont pas encore suffisamment pour pouvoir cire considérés comme des capillaires ; et Ton pourrait soupçonner par conséquent que si le tronc et scs premiers rameaux sont vides , en revanche les capillaires sont gorgés de sang. S’il en était ainsi , le même moyen artificiel dont on s’est servi pour faire mieux ressortir les petits capillaires veineux , devrait produire le même effet, et plus encore, sur les capillaires artériels ; la marche de la circulation nous en indique suffisamment le motif. En effet, ce sont, en résumé, les ramifications artérielles qui, plus ou moins amincies , donnent lieu ou, pour mieux dire , se changent en capillaires veineux : c’est ce qui a été vu par tous les observateurs qui ont étudié les phénomènes de la circulation sur de petits animaux vivans a sang chaud et a sang froid. Haller et Spallanzani, qui sont les plus grands observateurs qu’il y ait eu sur cette partie de la physiologie, ne nous ont laissé aucun doute sur la communication directe, facile et continuelle entre les capillaires artériels et les capil-

laires veineux , qui tonnent entre eux. un réseau dans lequel le sang circule très librement. Par conséquent, de la meme manière que nous avons pu taire passer aisément le sang des rameaux veineux dans les plus gros capillaires d’abord , et de ceux-ci aux plus petits , on devrait parvenir a faire passer le sang des capillaires veineux dans les petits vaisseaux artériels correspondans , qui sont vides, comme nous l’avons déjà dit ; et il paraîtrait enfin qu’on dût parvenir ainsi à faire passer au moins le sang dans quelques-uns des rameaux, assez visibles , qui proviennent du tronc de l’artère méningée. Mais cela n’arrive jamais ; tandis que par la moindre pression exercée sur de petits rameaux veineux , on peut refouler le sang vers le tronc d’où il a été chassé d’abord , et le pousser dans toutes les directions, avec une grande facilité, jusqu’aux plus petits capillaires ; ce qui fournit à l’observateur un spectacle des plus curieux. Supposons toutefois que les capillaires artériels seulement soient gorgés de sang, ce qui n’est certainement pas , on verrait alors le transport du sang s’opérer plus facilement encore sous la pression. En ellèt,

si les capillaires veineux trouvaient les capillaires artériels déjà distendus par le sang , ceux-ci , ayant derrière eux des rameaux d’un plus gros calibre et vides, présenteraient moins d’obstacles au passage du sang que lorsqu’on cherche à refouler le sang des petits fdamens veineux vers les rameaux veineux.

Je trouve dans mes notes que j’ai tenté jadis une injection partielle de l’artère méningée avec de la cire teinte en vert , dans le but de la voir pénétrer dans les moindres ramifications artérielles, et de mieux examiner de celte manière jusqu’où parvient le vide de ces ramifications. Je ne puis pas dire que j’ai vu l’injection s’étendre bien loin ; néanmoins, dans toute l’étendue qu’elle a parcourue ,>elle n’a pu pénétrer dans aucun des rameaux, ni petits, ni gros , que j’avais déjà marqués auparavant appartenir indubitablement aux veines. Cependant , quoique mon essai n’ait pas complètement réussi , il a pu suffire a me démontrer toujours mieux que dans toute l’étendue occupée par l’injection , les petits rameaux artériels n’arrivaient point jusqu’au réseau inflammatoire , et ne pouvaient

par conséquent en faire partie. Il est probable que le pronipt refroidissement de la cire liquide, rabaissement et la diminution de calibre des capillaires artériels , restés vides dans les derniers momens de la vie, auront empêché que l’injection ne pénétrât plus loin. J’aurais voulu faire , dans ces derniers temps, des injections avec le mercure, cherchant ensuite a le faire avancer lentement par son propre poids, comme cela se pratique pour injecter les vaisseaux lymphatiques, ou employant même une légère pression pour le faire passer du tronc de l’artère méningée a ses rameaux; mais depuis long -temps il n’est plus en mon pouvoir d’entreprendre de semblables expériences , comme je le pouvais par le passé. Je désire que d’autres puissent tenter ce qu’un sort malheureux m’a empêché de faire moi-même dans ces dernières temps; quoique cependant je crois que ce que j’ai fait jusqu’à présent suffit pour mettre hors de

doute ce que nous avons avancé,

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