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CHAPITRE XIV

Considérations qui conduisent à la connaissance du mode de forina-

tion du réseau capillaire inflammatoire. Il obéit, en se formant, aux mêmes causes générales qui font que les artères se vident, tandis que les veines se remplissent. De toutes les membranes, la plèvre et la muqueuse bronchique sont les plus sujettes à la formation du réseau capillaire inflammatoire. Ce réseau capillaire étant un travail partiel doit avoir aussi sa cause particulière.

Il paraîtra étrange de prime abord de dire que la formation du réseau capillaire, phénomène qu'on est tenté de croire tout-a-fait particulier et uniquement propre a l’inflammation, obéit aux mêmes causes qui amènent la vacuité de l’arbre artériel et l’engorgement de l’arbre veineux , tels qu’on les trouve dans le cadavre sans aucune inflammation préexistante. Néanmoins nous verrons que ces deux phénomènes sont identiques , aux diffé-

ronces près qu’on doit attribuer a l’inflammation. Pour procéder méthodiquement dans l’éclaircissement de cette question, nous commencerons par exposer les faits suivans.

Il faut remarquer d’abord que les parties qui sontles plus exposées aux maladies inflammatoires, ou, en d’autres termes , aux maladies de stimulus accompagnées d’un réseau partiel capillaire, sont: les méninges dans le crâne , la plèvre et la membrane bronchique dans la poitrine, le péritoine dans l’abdomen. Toutes ces membranes sont extrêmement fournies de capillaires , condition essentielle a la formation du réseau constitué par ces petits vaisseaux ; et parmi elles la plèvre et la membrane bronchique sont le plus fréquemment enflammées. Cela dépendrait-il de ce que ces dernières ont une plus grande quantité de capillaires ? C’est ce qui n’est pas aisé a déterminer par

l’observation. Mais il est fort probable , d’un autre

côté, que le mouvement perpétuel et très considérable déterminé dans ces parties par la respiration doit contribuer a augmenter leur prédisposition au réseau inflammatoire. Cette induction est il la fois

facile et incontestable, quand on a observé que dans le réseau inflammatoire et meme dans tous les capillaires , lorsqu’il n’y a pas inflammation , le sang peut être mis en mouvement a l’aide de la pression la plus légère , et on le fait passer très aisément d’un petit vaisseau dans un autre. Or, cette facilité de passage ou de déplacement d’un lieu a un autre , même éloigné , est une condition qui , dans le cas d’inflammation, comme nous le verrons encore mieux bientôt , doit nécessairement faciliter la formation du réseau inflammatoire.

Nous rappellerons encore que dans les maladies inflammatoires, il y a augmentation du mouvement circulatoire du sang , et l’on reconnaît cette augmentation autant au plus grand nombre de pulsations du cœur et des artères , qu’a la force de ces mêmes pulsations. Le sang sera donc poussé , dans ce cas , avec une impulsion plus forte que de coutume, des capillaires artériels dans les veineux. Ceux-ci , ne pouvant contenir dans leur calibre ordinaire toute la quantité de sang qui leur arrive, se laisseront dilater, parce qu’ils sont susceptibles de dilatation , et se trouveront peu a peu gorgés de

sang. Mais avec ccs élémens seuls nous n’arriverons point à comprendre de quelle manière se forme un réseau capillaire partiel , c’est-a-dire limité dans un point déterminé de l’économie, comme, par exemple , a la plèvre , au péritoine , aux méninges , et même a une partie seulement de ces membranes , comme cela arrive par fois. Tout ce qu’on peut déduire de cette augmentation générale de circulation , c’est un engorgement général , une pléthore capillaire veineuse, si elle peut exister, mais jamais un engorgement partiel , qui , relativement h tout le corps, est toujours d’une extension très limitée.

Il faut convenir que l’augmentation générale du mouvement circulatoire, ou, en d’autres termes, de la maladie inflammatoire générale, précède presque toujours visiblement, et d’un laps de temps plus ou moins long , la formation du réseau capillaire partiel , ou , ce qui revient au même , l’apparition de.o symptômes de l’affection locale. Toutefois , malgré qu’un phénomène précède l’autre , il est difficile de comprendre comment cette admirable injection locale , ce réseau capillaire souvent fort épais et très étendu , peut être le produit de la seule

cause qui a déterminé la maladie générale. Dirat-on que cette meme cause générale s’est fixée plus particulièrement, ou a agi avec plus d’activité l'a oii il y a eu formation du réseau? Mais quelle est la cause qui a produit cette augmentation d’activité partielle ? Que doit-on entendre par cause générale fixée sur la partie où il y a eu formation du réseau ? Ce ne serait pas , dans ce cas , procéder par l’analyse pour arriver à une induction juste ; mais ce serait regarder comme chose prouvée ce qui reste encore a démontrer. Il est hors de doute qu’une fois que le sang aura été introduit et aura déterminé un fort engorgement dans une extension partielle de capillaires , il s’ensuivra une augmentation de stimulus dan s cette partie ; augmentation qui pourra avoir une certaine influence sur la partie même , se communiquer encore à toute l’économie , et augmenter de plus en plus la maladie ; mais il reste toujours a savoir quelle est la cause qui a commencé a produire un fort engorgement partiel de sang sur un point déterminé. Nous admettrons, si l’on veut, que le sang doit stimuler de plus en plus les capillaires a mesure qu’il s’y accumule ; mais il ne

saurait commencer son action extrêmement stimulante avant d’avoir été abondamment introduit Ta où il doit agir en stimulant. Dire le contraire serait admettre un effet qui précéderait la cause ; ce qui n’est pas seulement erroné, mai§ absurde. Il faut donc que ce phénomène partiel ait une cause partielle ; cause qui déjà d’avance peut être présumée appartenir a la partie même où se forme ce réseau capillaire limité. C’est précisément cette cause qu’il nous reste maintenant a chercher.

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