‹ Théorie de la phlogose [electronic resource]Chapitre 38 sur 55 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Les inflammations de la peau. Elles sont peu propres à y étudier tout ce qui a rapport au réseau capillaire, qui s’y trouve cependant. Flcgmon. Considérations comparatives entre l’inflammation du flegmonet celle des membranes viscérales. Pustules de la variole. Autres exanthèmes contagieux. Quelques mots sur la nature des virus contagieux.

Tout ce que nous avons dit j usqu’à présent sur le réseau capillaire est parfaitement applicable aux inflammations de toutes les membranes viscérales, qui sont les plus fréquentes et en même temps les plus graves ; ce qui fait précisément que nous avons voulu nous en occuper tout d’abord. Nous n’avons pas encore parlé des inflammations qui appartiennent à la peau; en général, elles sont moins importantes et fort peu concluantes relativement aux faits que nous tachons de nous procurer par l’observa-

tion. Nous n’avons donc pas pu nous en servir pour en tirer aucun éclaircissement; néanmoins on voudrait savoir quelle application on peut en faire aux inductions que nous avons établies sur lés autres maladies. Nous pouvons d’abord avancer, comme chose positive , que dans les inflammations de la peau il y a également formation de réseau capillaire, qui, du reste, constitue l’essence de l’inflammation , et sans lequel il ne peut y avoir inflammation nulle part. Il s’ensuit donc que les principales conditions nécessaires a la formation du réseau des membranes viscérales doivent se trouver également, soit en totalité , soit en partie, dans la peau enflammée , malgré que la peau ne laisse pas apercevoir ce réseau sur le vivant, comme on le voit sur la conjonctive et comme on le trouve , dans le cadavre , sur toutes les membranes viscérales enflammées. Si cependant il pouvait y avoir quelque différence dans l’essence de ce réseau , ce ne serait que relativement a son origine primitive. Pour mieux approfondir cette question , examinons le flegmon , qui offre le cas le plus simple d’inflammation de la peau.

L’engorgement capillaire des membranes viscérales est limité , il est vrai , en ce qu’il ne s’étend pas ordinairement a toutes les membranes a la fois ; souvent même il est circonscrit a une seule membrane, comme, par exemple , à la plèvre d’un seul coté et même a une partie seulement de cette plèvre : de toutes les manières, cependant, il a toujours une extension assez considérable. Le flegmon, au contraire , a une limite beaucoup plus circonscrite , de sorte qu’il n’occupe de la peau , qui est réellement l’organe auquel il appartient , qu’une très petite fraction qui sera parfois dans la proportion de un a plusieurs centaines. La cause de l’extension limitée de chaque réseau capillaire a une seule membrane, ou à une portion seulement de cette membrane, a été placée par nous dans la grande irrégularité qu’on trouve dans tous les capillaires, même a l’état de santé ; irrégularité qui doit avoir d’autant plus d’effet dans le cas dont nous parlons, que les membranes viscérales sont les plus riches en capillaires. En est-il de même pourl’engorgement capillaire du flegmon? Ou bien, dans celui-ci, la cause primitive du réseau capillaire serait-elle indépen-

dante de cette irrégularité ? Cette cause ne pourrait-elle pas être constituée par quelque agent tout- U-fait étranger au sang , et qui , commençant par stimuler les capillaires artériels de cette même partie, en augmenterait la force et la fréquence de contraction , d’où résulterait le premier engorgement des capillaires veineux correspondans ? Le flegmon ne peut par lui-même nous fournir des preuves suffisantes pour détruire ou confirmer ces conjectures ; nous ne savons , en effet , où chercher les faits qui nous amèneraient a découvrir cette cause primitive locale qui a produit le flegmon , et qui devrait cependant exister, si ce que nous avons supposé est vrai. Voyons si par quelque analogie nous pouvons parvenir à une juste induction.

A cet effet , nous étudierons les pustules de la petite vérole humaine et de la vaccine , qu’on peut

avec raison regarder comme autant de petits fleg-

mons. L’on voit ici clairement l’existence d’une cause , quelle qu’elle soit , provenant du dehors et

agissant localement, et il n’y a pas le moindre indice ni le moindre besoin d’une diathèse sthénique préexistante ; ce qui diffère essentiellement de

cë qui a lieu dans le cas d’engorgement capillaire des membranes viscérales , où la formation de l’engorgement local est précédée d’une diathèse générale sthénique bien évidente. Lorsqu’on inocule l’une ou l’autre de ces varioles, la cause externe est appliquée a la peau avec la matière appropriée. On ne peut pas dire que la première action stimulante dépend de la petite blessure ou piqûre , car pour inoculer le vaccin il suffit d’introduire l’aiguille au dessous de l’épiderme, et pour inoculer la variole, il résulte des expériences que j’ai faites vers le commencement de ce siècle, qu’il suffît d’appliquer la matière varioleuse sur l’épiderme , sans l’entamer, pour obtenir complètement l’effet de sa transmission. C’est ce qui arrive précisément pour la variole qu’on appelle, a tort, naturelle ou spontanée; et, en effet, la matière appliquée a la peau par l’effet du hasard ou par l’art y produit, parle stimulus qu’elle exerce localement, les petites inflammations locales, auxquelles, selon des circonstances qu’il est inutile de chercher ici , s’unit une plus ou moins grande quantité de diathèse générale. Il faudra attribuerencore a l’action d’une

cause locale les autres espèces de variole, ainsi que la rougeole, la scarlatine, la miliaire, et en un mot tous les exanthèmes qui peuvent se développer et se multiplier sur la peau , et qui s’y manifestent sous l’aspect d’inflammations locales , parfois très légères et a peine perceptibles. Dans tous ces cas, il s’agit toujours de matières évidemment contagieuses et différentes les unes des autres, d’après les différences qui s’offrent au regard de l’observateur.

Mais en quoi consistent donc , enfin , ces virus contagieux qui sont capables de produire des effets si nombreux et si remarquables sur la peau? La solution de pette question n’est certainement , pas nécessaire au sujet qui nous occupe; néanmoins il ne sera pas inutile d’en dire quelques mots. Gaubius, vers le milieu du dernier siècle , proposa , sur l’essence des virus contagieux , la même question, qu’il formula par cette demande bien simple : j£n animalcala P Demande qui peut être aussi comprise parmi celles auxquelles Bacon fait allusion : Prudens inter rogalio dimidiam scienliœ. Maintenant, si l’on exawine la nature des virus.

contagieux, on trouve qu’ils possèdent trois propriétés constantes et essentielles , c’est-a-dire : de se propager a l’infini , lorsqu’ils trouvent oii pouvoir se développer ; de conserver toujours dans leur propagation l’identité de l’espèce; de se reproduire par leur germe , lorsqu’ils sont appliqués où ils n’ont jamais existé , ou la où ils ont cessé d’exister depuis long-temps. Mais ces trois propriétés appartiennent exclusivement a la vie ; d’où il

suit nécessairement que les virus contagieux sont

formés d’une matière douée de vie. Nous avons déjà exposé cette doctrine en 1796, lorsque nous professions la pathologie a l’Université de Pavie , et nous l’avons depuis professée encore a la Clinique militaire de Milan.

Ici se bornent les quelques réflexions que nous avions à faire sur les exanthèmes qui sont le produit de l’application faite sur la surface de la peau de matières contagieuses provenant du dehors. Peut-on appliquer ce raisonnement auflegmon, qui, ne dépendant pas d’un virus contagieux, doit avoir quelque autre cause locale stimulante? On 11e saurait vraimentconjeclurer en quoi peut consister

celte cause, et comment elle pourrait s’insinuer dans la peau , comme cela arrive pour la matière subtile des virus contagieux; ajoutons que réellement il n’y a point ici contagion , a moins qu’il ne s’agisse de bubons vénériens et pestilentiels , qui n’ont aucun rapport avec le flegmon simple. Cette cause se trouverait-elle dans un principe quelconque existant depuis long-temps dans la peau ou né avec elle, et auquel le temps aurait fourni l’occasion de se développer, occasion qui lui aurait manqué jusqu’alors? J’ai vu souvent paraître des flegmons chez des individus d’un tempérament scrofuleux .

Si les médecins voulaient fixer un peu plus leur attention sur ce sujet, il est probable qu’avec le temps on pourrait recueillir assez de faits pour changer en certitude ce qui n’est encore qu’une

probabilité. Mais nous nous dispenserons de ces recherches qui ne sont pas nécessaires a notre but , et il nous suffît d’avoir démontré l’existence de causes locales stimulantes qui détex’minent sur la peau des infl animations locales indépendamment de toute préexistence d’une diathèse sthénique ; ce qui n.’est une condition nécessaire que pour la formation

primitive du réseau capillaire dans les membranes viscérales. Nous conclurons donc, quant au flegmon , que ne pouvant pas admettre, autant qu’on peut en juger jusqu’à présent, une cause externe dépendante d’un virus contagieux, comme cela a lieu pour la variole et pour les autres exanthèmes contagieux, nous ignorons complètement quelle aütre cause externe pourrait produire l’inflammation locale , susceptible d’augmentation et capable de déterminer une diathèse sthénique générale, non pas préexistante, mais consécutive a l’apparition de l’inflammation.

Il y a encore , relativement a la peaii , tous les cas d’inflammation dépendans de l’action d’une force mécanique externe, piqûres, dilacérations, coupures, contusions , etc. Ces Cas doivent être également classés parmi les inflammations locales produites par le stimulus exercé localement sur les parties solides et sur les capillaires veinèux par le sang qui est extravasé par la force mécanique, et qui excite des contractions plus fortes dans les câpillaires voisins restés intacts: d’où résultent la formation de l’engorgement et du réseau capillaire

veineux, et par suite les conséquences et les produits de l’inflammation. Nous ne nous en occuperons cependant pas davantage.

::: Oü L'üÜ fil ' Ofti'i T ■. )ï» l'i'lô* ifi eéh 9ft*teifi!!

-V'\V • ViY3c > J'ATOSS \\s>. < ',<$? \ v>\V>S’

Vi^i'AS J*, • A*. A . ’V\>Ï \V-A -, , A:, VA ■

*îj\V.vA?.WWftVi WVaWV* \Y>\<, .

-aqjuiKK au.ÿifon on aûo ■ .ttoiir, ! • *' .

.ssfttaüvjil» esfy Jnsf/flfMiyj e toi

Page 1