CHAPITRE IV
Eu se coagulant à la suite d'une maladie inflammatoire, la couenne, c’est-à-dire la fibrine, acquiert trois propriétés principales : facililé à se séparer ; gravité spécifique moindre que celle du cruor; tendance à se consolider.
Nous venons de dire que dans les maladies inllammatoires , et surtout si elles sont intenses, le sang présente a l’œil observateur trois élémens immédiats , au lieu de deux , et bien distincts entre eux : le sérum, le caillot rouge et la couenne, qu’on désigne aussi aujourd’hui par le mot scientifique fibrine. Considérons maintenant ces trois élémens dans leur action de séparation réciproque; et d’abord parlons du plus remarquable des trois , c’est-à-dire de la fibrine.
La fibrine acquiert a la suite de l’inflammation trois propriétés bien évidentes :
1° Une plus grande facilité que dans l’état de santé a se séparer des deux autres élérnens. Et en effet, s’il n’en était pas ainsi, spécialement pour la séparation de la fibrine du sérum , on ne trouverait pas , comme cela arrive dans la plupart des maladies inflammatoires et plus promptement qu’ii l’état sain , une si grande quantité de sérum ,
qui parfois, surtout si l’inflammation est grave et avancée, surpasse debeaucoup le volume du caillot rouge. Ce qui prouve encore cette grande facilité qu’a la fibrine il se séparer du cruor , c’est que , dans les inflammations on trouve, bien isolée et pure av ec sa couleur blanchâtre , la plus ou moins grande portion de cette fibrine, qui, séparée du cruor cL du sérum, prend la forme de couenne.
2° Sa gravité spécifique est moindre que celle du cruor. En effet, en très peu de temps et avant même que le sang ait perdu sa couleur, la fibrine J encore sous forme liquide, commence a se répandre visiblement a la surface du cruor, surtout si elle doit s’en séparer en grande quantité; et à
mesure qu’elle augmente , elle se consolide , surnage et se fixe , devenue couenne , a la partie supérieure du caillot , formant avec lui une espèce dV/<? entourée par le sérum.
3° Plus forte tendance a se consolider. Parfois cette tendance est telle , que la couenne , quoique peu épaisse, est si dure que difficilement on peut la perforer avec un fer aigu poussé avec force ; d’où lui vient la dénomination de couenne larclacèe ou mieux encore coriace. Souvent il n’y a pas seulement tendance a se consolider, mais encore a se resserrer et a rapetisser sa surface , au point de devenir concave, ainsi que nous l’avons déj'a dit, et d’un plus petit diamètre que le reste du caillot rouge. Nous indiquerons plus loin la cause de ce phénomène; et nous le notons seulement ici pour
faire voir avec quelle force et avec quelle prompti-
tilde la fibrine fluide, après s’être séparée des autres élémens , se change en couenne solide. Alors toute la masse coagulée , cruor et fibrine , ou ce que l’on nomme île > représente un. sphéroïde d’un diamètre plus grand que celui de la couenne , et sur lequel cette même couennetantôt apparaît formée en cercle
déprimé et enfoncé, tantôt, au contraire, spécialement s’il y en a beaucoup , elle se lève en forme de goulot au dessus du caillot. J’ai remarqué aussi d’autres fois que cette tendance qu’a la fibrine à se resserrer est telle que la surface de la couenne , outre qu’elle est concave et d’un petit diamètre, est encore inégale , ridée et presque sillonnée en différentes directions.