CHAPITRE VI
Ou sérum et du cruor du sang des maladies inflammatoires. La séparation du sérum est en proportion directe avec la formation de la couenne. — Remarques à ce sujet.
La seule observation qu^on puisse faire sur le* sérum, clans le cas qui nous occupe, c’est que, toutes choses égales d’ailleurs , il s’en sépare d’autant plus que l’inflammation est plus forte , de sorte que sérum et couenne augmentent en proportion directe; fait qui n’a presque pas été observé par les médecins, et qui est néanmoins très digne de remarque , car il est fécond en conséquences utiles , comme nous le verrons par la suite. II s’ensuit encore qu’a mesure que la quantité de sérum augmente, le caillot se rapetisse, comme nous l’avons
déjà fait observer; et cela s’opère lentement et selon le laps de temps accordé à la séparation spontanée , jusqu’à ce que la décomposition putride vienne mettre un terme a nos recherches sur les élémens immédiats. D’où l’on peut déduire également qu’un peu de sérum reste mêlé au caillot, et qu’il en reste encore dans la couenne , quoique en moindre quantité, car elle doit réellement au sérum ce plus ou moins de mollesse et de flexibilité qu’elle conserve lors même qu’elle est coriace. Et comme il arrive quelquefois, spécialement dans certaines inflammations lentes et peu graves , qu’il se sépare peu de sérum , alors tout le caillot reste mou , ainsi que la couenne superposée. Ce phénomène est très digne de remarque et peut avoir lieu aussi. , dans le cours des inflammations graves , a une époque avancée. Ceci indiquerait que la fibrine n’a plus autant de force pour se contracter; et non seulement elle forme une couenne moins consistante que celle des saignées précédentes, mais encore elle exprime du caillot une moindre quantité de-' sérum , car ce n’est que par la contraction de la fibrine que le sérum est séparé du caillot. Il est d’ailleurs si vrai
que la couenne coriace doit sa flexibilité au sérum qui s’y trouve encore mêlé, que si elle en est. entièrement privée , comme on peut le faire par l’action du calorique, elle devient solide, dure et presque friable.
Le cruor constitue la partie inférieure du caillot; ce qui prouve qu’il est plus pesant que la fibrine . On a encore une preuve de la plus grande gravité spécifique du cruor, dans le sédiment de cette substance qu’on trouve libre et détaché au fond de l’eau qui a servi a la saignée du pied ou de la main; la fibrine alors s’étant consolidée séparément, et le sérum restant mêlé a l’eau, le cruor est libre d’obéir a sa pesanteur, excepté la petite portion qui se mêle a l’eau et la colore en rouge. Relativement a la quantité de cet élément, on dirait au premier coup d’œil qu’elle surpasse , et de beaucoup par fois , la quantité de couenne ; mais nous verrons plus tard, et de manière a ne pas en douter, que tout ce qui paraît cruor, par sa couleur rouge, ne l’est réellement pas , quand on y regarde avec attention.